‹ L'œuvre de MeyerbeerChapitre 9 sur 25 · L ETOILE DU NORD · texte numérisé non relu

L ETOILE DU NORD

Au second acte se noue l'action. Peters est dans un camp russe, où la soldatesque se livre à toutes les distractions, danses, chansons, destinées à permettre aux conspirateurs d'exécuter leur complot. Peters est précisément en train de se griser avec des vivandières, sous une tente, et il ne manquerait pas d'être pris si, par un bienheureux hasard, le factionnaire n'était autre que Catherine elle-même, qui a réussi à se faire enrégimenter pour suivre Pierre. Elle voit le danger, mais on vient la relever de sa faction. Alors elle n'hésite pas à souffleter le caporal qui veut l'entraîner. Saisie par les soldats, elle se précipite dans la tente aux pieds de Pierre le Grand qui, étant ivre, ne la reconnait pas et ordonne qu'on la fusille.

A l'acte suivant Pierre pleure, non sur la mort, mais sur la folie de Catherine. Elle a bien réussi à s'échapper des mains des soldats en se jetant dans la rivière, mais n'a survécu que privée de la raison. Heureusement tout s'arrange dans les opéras comiques de l'ancien répertoire, et au dernier tableau, Pierre le Grand place la couronne impériale sur la tête de la grande Catherine.

La partition de l'Étoile du Nord est la plus

longue, la plus compliquée et la plus difficile à jouer de toutes celles de son auteur. On y trouve, dès l'ouverture, le mélange des orchestres militaire et symphonique, avec le thème d'une prière qui deviendra un leitmotiv de l'œuvre. La couleur locale, dans cette œuvre, a été très recherchée par l'auteur, dans de nombreux chœurs hollandais, des rondes, des chansons, au premier acte. Un duo entre Pierre et Catherine est aussi à signaler, avec la prière de Catherine à sa mère morte, dont le motif est exposé dans l'ouverture, comme nous l'avons dit.

A la fin du second acte se trouve un ensemble où quatre thèmes se font entendre simultanément : une marche sacrée, un pas redoublé, une fanfare et un chœur, sans se contrarier nullement. Ce procédé a été imité par Wagner, dans l'ouverture du Tannhàuser, où sont réunis deux motifs, et dans celle des Maîtres chanteurs, où trois thèmes sont superposés.

L'élément comique de VÈtoile du Nord est constitué par le petit pâtissier Danilowitz et sa fiancée Prascovia,qui chantent de fort jolis morceaux d'opéra-comique et par le grenadier Gritzenko,qui donne la note bouffe.

A côté de cela, on relève des pages du plus

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