‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 124 sur 302 · JEAN FABER · texte numérisé non relu

JEAN FABER

(Né à Bamberg, enseignait la médecine à Rome dans la première moitié du XVIIe siècle).

e médecin Jean Faber raconte, dans son Rerum medicarum Novæ Hispanice thésaurus, que Rubens lui peignit, à Rome, un coq (actuellement au musée Suermondt à Aix-la-Chapelle) et son portrait, en reconnaissance de ce que le docteur l’avait guéri d’une pleurésie. Voici comment le fait est rapporté : « Enfin je citerai Pierre-Paul Rubens, savant amateur d’antiquités en marbre et en bronze, qui lui-même, ainsi que son frère Philippe, célèbre par les livres qu’il a publiés, furent jadis les disciples de Juste Lipse, auquel ils auraient mérité de succéder dans sa chaire. Mais Pierre-Paul Rubens est un exemple insigne d’une fortune bien rare. En effet, s’étant rendu célèbre par son art de peintre dans l'Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, la France, l’Angleterre et l’Espagne, il réussit, à Anvers, dans l’espace de vingt ans environ, à tirer de cette source plus de deux cent mille pièces d’or. Un jour, à Rome, je réussis, avec l’aide de Dieu, à le guérir d’une pleurésie, dont il était gravement malade. Il me peignit à cette occasion un coq sur lequel il inscrivit ces paroles

(1) CRUZADA Villaamil : Op. cit. P. 142. — C. JUSTI : Die Spanische Brautfalirt des Prin^en von Wales im Jahre 1623 (Deutsche Rundschau. August x 883, p. 197).

badines, mais savantes cependant : A l’homme illustre Jean Faber, docteur en médécine , mon Esculape , je dédie cette œuvre en accomplissement de mon vœu fait pour le rétablissement de ma santé , à un moment ou j’étais condamné. Il peignit également mon portrait fort ressemblant dans un grand tableau fort estimé par les peintres, à cause de l’exécution éminemment artistique (i). -

L’exécution du portrait de Faber et du coq doit avoir eu lieu à la suite de la maladie que fit Pierre-Paul Rubens au mois de juillet i6o5 (2). A cette époque, les frères Rubens étaient en relation avec Faber, qui, la même année, fit imprimer par Jean Moretus, à Anvers, son livre : Joannis Bambergensis,

Medici Romani , In Imagines illustrium ex Fulvii Ursini Bibliotheca Antverpiœ a Theodoro Gallœo expressas commentarius (3).

Johannes Farrugia.

Une des quatre têtes de nègres (voir notre numéro 858) porte dans l’iconograghie rubénienne le nom de Johannes Farrugia. Nous ignorons pour quel motif.

Gravures: V. S. 247, M (i83o) ; 248, Jos. Longhi, 1801.

(1) « Petrus Paulus Rubenius demum, antiquitatum in marmore et aere cornus ac promus, qui et ipse Germanus, cum fratre Philippo libris editis claro, ambo olim Lipsii discipuli, digni ipsius cathedræ successores esse poterunt. Sed et in hoc quoque rarissimæ fortunæ Petrus Paulus exemplum est insigne, quod arte pingendi per Germaniam, Belgiam, Italiam, Galliam, Angliam et Hispaniam adeo inclaruerit ut viginti circiter annorum spatio Antwerpiæ sibi ultra ducenta aureorum millia ex hac ipsa nutricula süa lucri fuerit. Hune cum olim Romæ pleuritide graviter laborantem, per Dei gratiam sanitati restituissem, gallum mihi depinxit gallinaceum, cui jocosa haec verba, erudita tamen, subscripsit : Pro sainte. — V. C. Joanni Fabro M. D. Æsculapio meo — olim damnatus. L. M. votum solvo. Verum quoque effigiem meam mihi simillimam in magna tabula coloribus expressit, quæ ob artis praestantiam magni

a pictoribus aestimatur. « Rerum medicarum Novœ Hispaniœ thésaurus, seu Plantarum

historia ex F. Hernandez... relationibus a Nardo Ant. Reccho collecta cum notis et lucubrationibus variorum. Romæ, Mascardi, 1 65 1 , p. 83 r (Cité par MARIETTE: Abecedario. V, 64).

(2) CH. RUELENS : Correspondance de Rubens (Lettre de Philippe Rubens à Erycius

Puteanus) I, 338.

(3) Ibid, pp. 3o8 et 349.

928. FERDINAND, LE CARDINAL-INFANT D’ESPAGNE (Gouverneur des Pays-Bas, 1609-1641).

Munich. Pinacothèque, 790.

Toile. H. 1 18, L. 84.

l est vu de trois quarts jusqu’aux genoux. Il porte ses habits de cardinal, une barrette ronde sur la tête, un livre à la main. Peinture pleine de fraicheur, bonne figure de jeune homme. Peint par Rubens, probablement en 1628-1629, à Madrid. Le tableau provient de la galerie de Dusseldorf.

La Spécification des tableaux trouvés à la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° ii3, * Un pourtrait du Cardinal-infant en habit rouge, sur toile; -> c’est probablement le présent tableau.

Lorsque le Cardinal-infant fut sur le point de faire son entrée solennelle à Anvers, on avait besoin de son portrait pour le reproduire sur les arcs de triomphe. En ce moment, Rubens possédait un portrait qu’il avait fait naguère à Madrid, mais qui ne ressemblait plus. On s’adressa à Van Dyck qui venait de peindre, en 1634, le nouveau gouverneur des Pays-Bas. Comme il faisait valoir des prétentions trop élevées, on se contenta d’un portrait que possédait Salomon Noveliers (1). Le portrait que Rubens possédait en i635 doit être celui de la pinacothèque de Munich.

Waagen (Treasures. III, q58) signale une répétition de ce portrait dans la collection du comte Spencer, à Althorp.

Gravures : V. S. 223, Alex. Voet. Ce portrait représente le Cardinal-infant dans un ovale, sans livre à la main. Voorhelm Schneevoogt se trompe en disant que le modèle tient un volume. Les nos 223 et 224 sont une seule et même pièce.

(1) Voir plus haut: Tome III, p. 332 et Bulletin des Archives. VI, 437 et 470.

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