‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 136 sur 302 · EN PIED, TENANT UN ÉVENTAIL EN PLUMES A LA MAIN · texte numérisé non relu

EN PIED, TENANT UN ÉVENTAIL EN PLUMES A LA MAIN

St. Pétersbourg. Musée de l’Ermitage, 5j6.

Panneau. H. 187, L. 86.

a seconde femme de Rubens est représentée debout, en pied, de grandeur naturelle. Elle porte un chapeau noir, dont le large bord est recourbé sur un des côtés et rattaché par une aigrette, dont les plumes descendent par-dessus le bord opposé. Le chapeau est ceint d’un ruban pourpre. Elle porte une fraise en dentelle posée horizontalement, une robe de soie noire avec une échancrure carrée sur la poitrine qui découvre la moitié des seins. Autour du cou est passé le même collier que porte Isabelle Brant dans le portrait que possède le musée de l’Ermitage, sous le n° 5y5. Les manches de la robe sont blanches, avec des rubans mauves, les manchettes

sont en dentelle. La figure est fine, mais l’expression insignifiante. Les yeux sont grands, le nez fin, les cheveux frisés ; les mains posées sur la ceinture sont d’un modelé admirable. Dans la droite, elle tient une plume d’autruche en guise d’éventail. Une écharpe vaporeuse flotte derrière elle. Le fond est formé par un nuage obscur qui laisse voir le ciel bleu dans le haut, la rougeur du couchant dans le bas ; sur le sol, de la verdure.

Ce portrait est une œuvre admirable, de tout premier ordre ; il est élégant de pose, peint avec soin et amour et cependant largement traité. Hélène Fourment était jeune encore, sa beauté n’avait pas les proportions florissantes de plus tard. Il date de peu de temps après le mariage, i63i ou i632, et est entièrement de la main de Rubens.

Il doit avoir été retouché dans les derniers temps, car toutes les gravures, ainsi que la photographie de Hans Hanfstaengl, représentent Hélène Fourment avec une chaine qui vient se rattacher par un seul côté à la broche que le modèle porte sur le corsage, tandis que la photographie toute récente de Braun montre cette chaine rattachée des deux côtés à la broche.

Gravures : V. S. 108, Mac Ardell (premier état « Antoine Van Dyke pinxit, » second état « Reubens pinxit ») ; iog, L. Sailliar, 1783 (Van Dyke Pinx.) ; no, T. Chambars, 1767 (Van Dyke pinxit). Toutes ces gravures furent faites lorsque le tableau se trouvait à Houghton Hall dans la collection du comte Orford, Sir Robert Walpole. Le buste de ce portrait a été gravé à l’eau-forte par un anonyme (V. S. 112). Le même buste fut lithographié par Deveria et par L. Van den Wildenberg.

Photographies : A. Braun ; Hans Hanfstaengl, Berlin.

Voir planche 288.

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