ROMULUS ET RÉMUS
e catalogue des tableaux qui se • trouvaient dans la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° i3g, un « Romulus et Rémus sur toile. « Dans un inventaire des tableaux appartenant à un membre de la famille Lunden, alliée à celle de Rubens, nous trouvons un « Romulus et Rémus, esquisse par Rubens, évaluée à 4 florins. »
Joshua Reynolds vit, en 1781, chez le banquier Danoot, à Bruxelles, une esquisse représentant la Découverte de Romulus et Rémus.
La galerie du palais de Sans-Souci, renferme une esquisse de Romulus et Rémus (H. 70, L. 96) qui nous semble être de la main du maitre.
Tout cela ne forme probablement qu’une seule et même pièce.
Dans la vente Siebrecht (Anvers, 1754), un tableau de Rubens, représentant Romulus et Rémus, fut adjugé à 140 florins.
(1) Un quadro in figura quasi quadrata rappresentante Romolo e Remo di Pietro Paolo Rubens scudi 600. L. NAPOLF.ONE ClTTADELLA : Notifie relative a Ferrare , 1864. P. 555.
(2) Mariette : Abecedario. Y, 1 38.
Peu de temps auparavant, J. B. Descamps en vit un chez M. Pasquier, à Rouen, traitant le même sujet. Celui-ci fut vendu en 1755. Dans une vente anonyme (Londres, 1776) un Romulus et Rémus fut adjugé à go livres sterling.
Dans la vente Stiers d’Aertselaer (Anvers, 1817), un tableau (Panneau. H. i32, L. 140), où l’on voyait Romulus et Rémus avec la Louve, et où les enfants s’amusaient d’un papillon, fut adjugé à 60 florins. Dans la seconde vente du même cabinet (Anvers, 1822), le même tableau fut adjugé à 52 florins. Dans le catalogue de cette dernière vente, il était attribué à Rubens et à Huysmans de Malines.
8o3. L’ENLÈVEMENT DES SABINES.
Londres. National Gallery, 38.
Panneau. H. 170, L. 235.
e fond représente des contructions grandioses, rappelant les palais de Rome du temps d’Auguste et nullement les maisons et les édifices publics du temps de Romulus. Les Romains se sont jetés sur les Sabines et les enlèvent de force. A droite, une femme gigantesque est hissée sur un cheval par le cavalier et par un compagnon qui l’assiste. Ces trois personnages forment un beau groupe. Puis une jeune femme est amenée plutôt de gré que de force ; une matrone, aux formes exubérantes, joint les mains d’une manière suppliante pour implorer du secours contre le guerrier qui l’enlève. Deux autres Romains entraînent de force une femme qui se débat et qu’une vieille cherche à retenir. A gauche, au second plan, les compagnons de Romulus escaladent les gradins sur lesquels sont assises les Sabines et les empoignent pour les enlever. Des cavaliers se montrent dans l’arène. Le roi de Rome assis sur son trône domine la scène et donne des ordres.
Hélène Fourment se reconnaît dans la femme du second plan qui porte la main à la poitrine.
C’est un travail de la dernière période du maître, ayant pour mérite sa fougue dramatique, mais exagérant les formes aussi bien que le mouvement. Les groupes du second plan nous laissent assez froid. Le groupe de la femme hissée à cheval est certes digne du maître; mais celui du milieu, ayant la matrone suppliante pour centre, est plutôt burlesque que saisissant ; celui de gauche où domine la femme aux jupons retroussés manque également de
retenue. Rubens n’était évidemment pas en veine quand il a composé cette pièce. Ses grandes qualités se retrouvent dans l’exécution : l’éclat de la couleur dans les personnages du premier plan, la gradation des tons cl’un plan à l’autre, les beaux corps rapidement et énergiquement rendus, baignant dans une atmosphère embrasée dénotent sa grande virtuosité.
Par l’action et par le ton de la lumière, l 'Enlèvement des Satines présente une grande analogie avec le Massacre des Innocents (notre n° 181), auquel il est bien inférieur comme force dramatique. Il date de la même époque, c’est-à-dire de i635 environ et est entièrement de la main de Rubens.
Il a appartenu au duc de Richelieu et de Piles l’a décrit (i). Dans la seconde moitié du siècle dernier, il appartenait à Madame Bosschaert d’Anvers, qui le vendit au duc d’Orléans pour 32.ooo francs (2) ; il fit ensuite partie de la galerie Angerstein, avec laquelle il passa dans la National Gallery, en 1824.
Une copie du tableau se trouve dans la galerie de l’Hermitage à St. Pétersbourg (n° 555, Toile. H. 182, L. 249).
Dans la vente du baron Willebroek (Bruxelles, 1781) une esquisse de Y Enlèvement des Satines, haute de 1 pied 10 pouces, large de 2 pieds g pouces, fut adjugée à 80 florins.
Gravures : V. S. 3o, Pitre Martenasie, 1769 ; 3i, Bolton. Non décrites : J. Stewart, J. Outrim, j. Young, dans la galerie Angerstein ; Anonyme, gravure sur bois.
Photographie du tableau de l’ H ermitage : A. Braun.
Voir planche 254.