‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 192 sur 302 · RUBENS A L’AGE DE 60 ANS · texte numérisé non relu

RUBENS A L’AGE DE 60 ANS

Vienne. Galerie impe'riale, 1180.

Toile. H. 109, L. 83.

l est vu debout jusqu’aux genoux et de trois quarts; ses traits sont fatigués, les poils de sa moustache et de sa barbiche devenus raides ; ses cheveux commencent à grisonner et sont plus longs que jadis ; il n’a guère de barbe sur les joues. Son grand chapeau est crânement posé de travers : un col aux plis mous lui tombe sur les épaules ; de son grand manteau sortent les deux mains, l’une nue et appuyée sur la garde de son épée, l’autre couverte d’un gant gris et tenant le second gant. Dans le fond, à gauche, on voit une colonne.

Il a réellement 60 ans ; sa figure est amaigrie, sa moustache et sa barbiche se sont éclaircies et n’ont plus l’élégante frisure de jadis ; la figure aussi s’est amincie et s’effile vers le menton ; l’œil, jadis si vif, est devenu mat et terne, le nez osseux, les joues se sont creusées ; Rubens 11’est plus que l’ombre de lui-même, ses prunelles alourdies retombent sur les yeux, dont les coins sont anguleux et sous lesquels la peau se poche. La pose est élégante et distinguée au plus haut degré.

Comme peinture, l’œuvre est admirable ; la fatigue de la figure est rendue avec une vérité saisissante. Une pleine lumière, sans ardeur, tombe sur le visage affaibli ; cette froide clarté fait ressortir davantage encore la ruine de la belle tète. Lui qui toujours peint si largement et dont les traits étaient si énergiquement accusés, est ici fondu, ratatiné : son pinceau n’a pas cherché

à le cacher. 11 est d’expression douce et rêveuse, comme un malade qui s’est habillé une fois encore pour jouir du soleil et dont l’œil morne indique la crainte du bruit et de la fatigue.

La tête est entièrement peinte par Rubens, il s’est fait aider par un élève dans les vêtements, qu’il a cependant retouchés et rehaussés de lumières.

Le tableau porte à gauche sur la colonne l’inscription P. P. RVBINS, d’authencité suspecte.

Il a été fait vers i63g.

Le musée du Louvre possède un dessin de Rubens qui est une étude pour ce portrait. Ce dessin a été gravé par Simon Watts, en 1768, lorsqu’il appartenait à Thomas Hudson (V. S. 26).

Gravures: V. S. 79, A. J. Prenner; 80, J. Kovatsch. Non citée:

]. Lindner.

Photographie: Loevvy.

Pierre-Paul Rubens.

Voorhelm Schneevoogt cite encore les portraits suivants de P. -P. Rubens:

38. Rubens porte le grand chapeau, sans glands au galon, un col uni, un vêtement supérieur bordé de fourrure. Le portrait semble être une variante de fantaisie (G. Maile, 1817.)

71. Un portrait de Rubens par Joan De Visscher, d’après Van Dyck. C’est la tète de Rubens telle qu’elle figure sur un tableau de Van Dyck à la National Gallery de Londres, n° qg. La gravure du tableau entier, par W. Holl, figure dans Voorhelm Schneevoogt sous les nos 72 et 78. Il représente un inconnu qui s’entretient avec un ami, tandis qu’un nègre apporte une statue.

74. Portrait gravé par E. Hess. Rubens est vu de trois quarts, il a la tête penchée; il porte la moustache et la barbiche; les joues sont presque dégarnies de barbe; le nez est très droit et très effilé. Un grand col, entouré d’une large bordure de dentelle, est rabattu sur son habit; une chaîne d’or entoure son cou, les extrémités en disparaissent dans le pourpoint. Le chapeau est d’une forme particulière, le fond en est bossué, les bords en sont disgracieux et rabattus.

75. Portrait gravé par P. H. Jonxis et n° 76 par Wm Woollett. Rubens, dans un âge avancé, regardant par une fenêtre. Le portrait peint que nous avons vu, en 1887, à Londres, chez un marchand de tableaux, ne représente

pas Rubens et n’est pas de sa main. On l’a attribué sans plus de raison à Van Dyck. Quand Woollett le grava, il se trouvait dans la collection du comte Godolphin. En 1801, il fut adjugé dans la vente John Purling à 79guinées; en i8i5, dans la vente Coxe, à 65 guinées ; en i83o, il appartenait à Edward Grey (i)

77. Un portrait de fantaisie, rappelant celui de Rubens, sans nom du modèle, du peintre ni du graveur. Inscription : “ Opgedragen aan mijnen kunstvriend A. W. H. De Man. Gravé par E. W. J. Bagelaar.

81. Rubens couronné par des Génies, gravé par J. R. Pierron, 1791. C’est le frontispice de quelque publication.

82. La gravure par F. C. Bagehold, signalée par Voorhelm Schneevoogt dans le cabinet des estampes du musée de Dresde, n’existe pas dans cette collection.

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