UNE ETABLE ET UN PAYSAGE OU IL NEIGE
une répétition en avait déjà été acquise par sir Dudley Carleton. Il faut donc croire qu’il s’agit ici d’une seconde répétition du même tableau, avec des modifications.
Nous voyons par la même correspondance que, en 1021, Rubens travaillait à une autre Chasse aux Lions , destinée à être offerte au marquis de Hamilton par lord Digby et dont les personnages étaient de grandeur naturelle. C’est probablement celle que nous allons décrire.
ii53. LA CHASSE AU LION ET A LA LIONNE.
u milieu de la composition, un cavalier coiffé d’un turban a été assailli par un lion ; le cheval a été jeté par terre ; le lion a planté ses griffes dans le corps du cavalier et le tire par-dessus sa monture. Une de ses pattes de derrière est posée sur un homme renversé qui enfonce son épée dans le corps du fauve. La lionne, se dressant sur ses pattes de derrière, les pattes de devant en l’air, se jette sur le cavalier. A droite, un second cavalier à turban, dont le cheval se cabre violemment. A gauche, encore deux cavaliers, dont l’un blesse la lionne de son épée et dont l’autre cherche à l’atteindre de sa lance. Par terre, du même côté, un homme foulé aux pieds des chevaux, un tronçon de lance à la main. La composition est d’une hardiesse exagérée, d’un effet éparpillé, d’un mouvement incohérent. C’est peut-être la Chasse aux Lions , à laquelle Rubens travaillait en 1621 et que lord Digby lui avait commandée pour être offerte au marquis de Hamilton (Voir la fin du numéro précédent).
Une chasse correspondant à la gravure de Soutman que nous venons de décrire fut rachetée dans la vente lord Northwick (Londres, i85g) à iSj livres 10 schellings.
Sur la gravure de cette chasse, Soutman dit de lui-même: invenit , effigiavit , et excudit, en même temps qu’il qualifie Rubens de inventor. Il pourrait bien avoir exécuté ce tableau et d’autres, dont la gravure porte la même mention, d’après les dessins ou les esquisses de Rubens.
Gravures: V. S. 3i3, P. Soutman; 3 1 4, W. De Leeuw ; Malbeste et Le Bas, 1772.
Le 28 mai 1619, Rubens s’adresse à sir Dudley Carleton, afin qu’il demande pour le peintre aux Etats-Généraux de la Hollande le privilège de ses gravures. Il est dit dans la lettre que l’ambassadeur anglais leur a offert
l’estampe d’une Chasse et d’une Pêche miraculeuse. M. Henri Hymans croit que l’estampe de Soutman est désignée ici (i) ; nous croyons plutôt que les deux gravures étaient faites par Schelte a Boisvert.
Voir planche 322.
ii54. LA CHASSE AUX LIONS ET AUX TIGRES.
Dresde. Musée, 972.
Toile H 240, L. 317.
u milieu du tableau, un cheval blanc, monté par un cavalier vêtu de vert et portant un turban blanc, se cabre sous l’attaque d’un lion qui l’assaillit et qui lui enfonce ses griffes dans la croupe, en même temps qu’il mord l’épaule du cavalier. A gauche, un lion tient entre les griffes un homme vivant étendu par terre et regarde d’un œil furieux un cavalier au vêtement rouge et au turban blanc, qui cherche à percer le fauve, tandis que son cheval brun envoie une ruade en s’enfuyant. A droite, deux cavaliers en cuirasse, coiffés de casques, l’un armé d’une épée, l’autre d’une lance, frappent de leurs armes le lion qui attaque le premier cavalier. Plus bas, une lionne tenant un lionceau entre les dents et cherchant à le sauver. Par terre, un tigre mort percé d’une lance qui s’est rompue et dont une partie lui est restée dans le corps. Le tableau est composé avec le feu et l’heureuse hardiesse de Rubens. Sur un petit espace, beaucoup d’hommes et d’animaux qui se meuvent fougueusement et composent un groupe compact et saisissant.
La composition est du maître, la peinture est de ses collaborateurs. Le coloris est mou et mat, la lumière monotone, les ombres foncées, les contours tranchés. C’est un travail d’élève fait d’après le dessin du maître, mais non retouché par lui.
Le tableau fut probablement exécuté vers 1618.
Il fut acheté en 1742 par de Brais dans la galerie Carignan. Mariette dit qu’il se trouvait en 1747 chez M. Cormery, de qui il fut acheté pour le roi de Pologne, électeur de Saxe.
Smith dit qu’il a vendu en 1826 à Robert Peel l’esquisse du présent tableau (Panneau. H. 73,5, L. 104,5) au prix de 100 guinées.
Dans le second envoi fait au musée de Rennes par le gouvernement
(1) HENRI HYMANS: Histoire de la gravure dans l'école de Rubens. P. 124.
français, sous Napoléon I, se trouvait une Chasse au Tigre et au Lion (H. g pieds il pouces, L. 7 pieds g pouces), provenant de Munich.
Gravures: V. S. 3i2, J. Suyderhoef (Dédicace: In Adfectus et Venerationis Pignus Idoneum Leoninam Venationem Judoco Vander Graft Cognato suo P. Soutman, Editor D. D. D.); C. F. Letellier. Non décrite: Fr. Hanfstaengl (lithographie).
Photographie : A. Braun.
Voir planche 323.
n55. LA CHASSE AUX FIONS ET AUX TIGRES.
Rome. Palais Corsini.
ème composition que le tableau précédent, excepté que le présent montre, au premier plan, un groupe de deux hommes qui ne se trouve pas dans l’exemplaire du musée de Dresde. Le premier de ces hommes, couché par terre, se défend contre l’attaque d’un lion ; l’autre a saisi l’animal féroce par les mâchoires et lui déchire la gueule. Il est assez probable que cette chasse fut exécutée par Rubens lors de son séjour en Italie.
On la voit figurer dans le cabinet de tableaux des archiducs Albert et Isabelle, peint par Jean Breughel dans la Vue et dans la Vue et l'Odorat , appartenant au musée de Madrid (nos 1228 et 1237).
Photographie : Fiorani.
La Chasse aux Lions.
Cobham. Galerie de lord Darnley.
Esquisse. Panneau. H. 44, L. 60.
Trois cavaliers combattent deux lions. L’un des hommes est assailli par l’un des fauves qui a sauté sur la croupe du cheval et plante ses crocs dans l’épaule et dans le front du chasseur. Ce groupe est entièrement emprunté à la Chasse aux Lions et aux Tigres du musée de Dresde (notre n° iiÔq). De l’autre côté du tableau, deux cavaliers coiffés de casques et armés de lances, combattent un lion qui s’est dressé sur ses pattes de derrière. Par terre, d’un côté, un tigre mort, percé d’une lance; de l’autre côté, un homme mort.
L’esquisse, qui est un pastiche rubénien, se trouvait dans le cabinet de M. de Julienne lorsqu’elle fut gravée par J. Moyreau. Elle ne se rencontre pas dans le catalogue de la vente de cet amateur (Paris, 1767). Dans une vente anonyme (Londres, 1792), elle fut adjugée à 44 guinées.
Dans la vente Crabbe (Paris, 1890) se trouvait un second exemplaire de cette composition (Toile. H. 43, L. 62), provenant de la collection du baron Denon.
Gravure: V. S. 33, J. Moyreau.
Dans la vente de Fraula (Bruxelles, 1738), on adjugea une Chasse aux Lions , attribuée à Rubens, renfermant sept figures et mesurant 9 pieds de haut sur i3 pieds 10 pouces de large, à io5 florins.
Dans une vente anonyme (Londres, 1812), une Chasse aux Lions fut adjugée à Hill, au prix de 189 livres sterling.
ii56. LA CHASSE AUX LOUPS ET AUX RENARDS.
Londres. Collection de lord Ashburton.
Toile. H. 247, L. 3y5.
droite, on voit un cavalier monté sur un cheval pommelé, blanc et noir. Il est vêtu d’une jaquette verte, de hauts-de-chausses bleus, de bottes jaunes ; une casquette noire est posée sur les longs cheveux. Il a tiré l’épée ; son cheval se cabre devant les loups. A côté de lui, une amazone sur un cheval de couleur sombre ; elle porte un chapeau à plumes, une robe rouge, un corsage noir. Ses cheveux blonds sont renfermés dans un réseau ; sur le poing, elle porte un faucon. Devant eux courent trois domestiques, le premier sonnant du cor, le second brandissant une massue, le troisième armé d'une lance. Un troisième cavalier, vu de front et monté sur un cheval brun et blanc, arrive sur le théâtre de la chasse en galoppant et en brandissant sa lance. Deux hommes, dont l’un est vêtu d’une jaquette rouge et dont l’autre ne montre que la tête, attaquent les loups à coups de lance. Dans le fond, un cavalier très petit galoppe en poursuivant un renard. Au premier plan, on aperçoit deux loups et trois renards. Le premier renard se trouve à droite sous le pied du cheval pommelé ; le second est étendu mort au milieu de la composition; le troisième, tout penaud, se tient plus à gauche. Un des