‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 259 sur 302 · LA CHASSE AU SANGLIER · texte numérisé non relu

LA CHASSE AU SANGLIER

Dresde. Musée, 962.

Esquisse. Panneau. H. 1 37 , L. 168, 5.

l’arrière-plan s’élèvent de puissants troncs de chênes, dont l’un est entièrement entr’ouvert. Sur le devant, on voit un arbre gigantesque déraciné, entre les branches tortueuses duquel toute la chasse s’est engagée. Six piqueurs se tiennent près des racines. L’un d’entre eux sonne du cor, quatre sont armés de lances, le sixième d’une fourche; un peu plus à gauche, un septième retient les chiens. Au milieu de la composition, un cavalier qui se retourne hardiment sur son cheval enfonce une épée dans le corps du sanglier ; derrière lui, un second cavalier et, à droite, encore deux autres. Le sanglier s’est jeté entre les branches de l’arbre tombé, les chiens sont suspendus en grappe à son corps, s’allongeant, se repliant, courant, sautant pour saisir

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leur proie. Quelques-uns y ont réussi et la tiennent. D’autres se jettent en avant, sautent par-dessus ou se glissent au-dessous des branches. Sur le paysage sombre et lourd, la chasse se détache en tons fauves-clairs. Les effets de couleur et de lumière ne sont pas cherchés, le peintre ne voulait exprimer que le mouvement, l’enchevêtrement du groupe, la lutte violente. Il y a réussi et le morceau a une haute valeur.

C’est une esquisse fort avancée, peinte avec une bravoure merveilleuse. La couleur est très mince, avec quelques empâtements. Sur le devant, la clarté règne; sous bois, les ombres sont fortes; le contraste est grand entre la partie claire et la partie obscure.

Le paysage très largement traité est, comme le reste du morceau, de la main de Rubens. Les figures sont très librement brossées et le peintre ne s’est pas donné la peine de les terminer. Les contours des arbres et des figures sont nettement tracés.

Le tableau est des premiers temps du maître, de 1612 à i6i5.

Il fut acheté avec la collection de Rubens par le duc de Buckingham en 1627. Dans Ie catalogue de la collection du célèbre courtisan anglais, elle est décrite en ces termes: « Une chasse au sanglier dans laquelle sont représentés plusieurs chasseurs à pied et à cheval. H. 5’ 6”, L. 6’ (1). » Dans la vente du duc de Buckingham, qui eut lieu à Anvers en 1648, elle fut achetée par l’archiduc Léopold-Guillaume pour la galerie de Prague et acquise de cette dernière, en 174g, pour celle de Dresde, au prix de 800 florins.

Dans la collection du roi de Hollande Guillaume II se trouvait une répétition de cette esquisse, environ de la même dimension (Panneau. H. 123, L. i65). Ce tableau provenait de Madame de Nevel (?) d'Anvers. Il fut retenu, au prix de 20,000 florins dans la vente de la galerie du roi de Hollande en i85o. L’année suivante, dans la seconde vente de la même galerie, il fut adjugé à Scheveleer, à i7,g5o florins.

Une seconde copie (Toile. H. 68, L. 86) se trouve dans la galerie impériale de Vienne (n° 1199).

Dans la collection Adrien Hope, à Londres, se trouve un grand exemplaire de cette composition.

Gravures : V. S. 3i9, P. Soutman, 1642 (sans le paysage du fond et les deux cavaliers, à droite). Non citées: Deroy (lithographie); Lauters (lithographie)

(1) A Wild boar hunt wherein several huntsmen on foot and on horseback are represented. H. 5’ 6”, L. 6’. (Noël Sainsbury : Op. cit. 66).

d’après un exemplaire coupé aux quatre coins, probablement celui du cabinet de Guillaume II.

Photographies : A. Braun ; Photographische Gesellschaft.

La Chasse an Sanglier.

Le catalogue de la Pinacothèque de Munich (n° 781) attribue à Rubens une Chasse au Sanglier avec cinq chasseurs et six chiens. La bête est au milieu ; à droite, un des chasseurs sonne du cor ; à gauche, un autre enfonce sa lance dans la cuisse d’un chien (Toile. H. 202, L. 3oi). Le tableau,

jadis attribué à Snyders, n’est pas de Rubens, mais de son école. Il est visiblement inspiré par la Chasse an Sanglier, décrite au numéro précédent.

Dans la mortuaire de Rubens, il y avait une Chasse au Sanglier sur panneau qui fut cédée à Albert Rubens, le fils du peintre, au prix de 200 florins (1).

Dans la vente des tableaux appartenant aux couvents des Jésuites

supprimés, parut une Chasse au Sanglier, provenant des Jésuites d’Anvers (N° 3. Toile. H. 5 pieds 8 1/2 pouces, L. 8 pieds).

Dans la vente Snyers (Bruxelles, 1758), on adjugea une Chasse au Sanglier ,

les figures par Rubens, les animaux par Snyders, le paysage par Wildens

(H. 3 pieds, L. 5 pieds 2 pouces), à 340 florins.

Dans la vente sir Joshua Reynolds (Londres, 1790), lord Berwick acquit une Chasse au Sanglier à i65 guinées.

Dans la vente Samuel Rogers (Londres, i856) une Chasse au Sanglier fut adjugée à lord Ward pour 325 livres sterling 10 schellings.

Dans la galerie Lebrun, L. Le Grand a gravé une Chasse au Sanglier ,

attribuée pour les animaux à Snyders, pour la figure du chasseur à Rubens.

Cette dernière attribution n’est pas fondée.

Dans la galerie de Turin (T. I. pl. 3), ‘Lasinio a gravé une Chasse au

Sanglier , erronément attribuée à Rubens (V. S. 36).

Au musée de Lille (n° 467) se trouve une Chasse au Sanglier (Esquisse. Toile. H. 3o, L. 60) attribuée à Rubens. La bête, entourée d’une multitude de chiens, retourne la tête et saisit dans la gueule la patte de l’un d’eux.

(1) P. GÉNARD: La Succession de Rubens (Bulletin des Archives d’Anvers. II, 87-88).

Le tableau n’est pas de Rubens, mais probablement de Snyders. Il fut envoyé au musée de Lille par le gouvernement français, en 1873.

Dans la mortuaire de Rubens, il y avait une Chasse d’ Adonis non achevée qui fut vendue au commis Maes au prix de 114 florins. Une Chasse d’Atalante lui fut cédée à 36 florins. Une Chasse de Satyres et de Nymphes à 60 florins (1).

La Chasse de Méléagre et Atalante (Voir nos nos 637, 638, 63g).

La Chasse aux Marcassins.

Un chasseur précédé de ses chiens poursuit des marcassins, lesquels se réfugient vers une laie, qui se met en défense dans les roseaux.

Gravure: V. S. 35, Winstantley, d’après un tableau appartenant au comte de Darby.

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