LES LIONS AMOUREUX
St. Pétersbourg. Ermitage, 592.
Toile. H. 128, L. 249.
e lionne est couchée sur un banc de rocher, guettant amoureusement un lion qui, à gauche, la gueule ouverte, tient les yeux fixés sur elle. Derrière elle, un second lion, ébauché seulement, qui semble exhaler ses plaintes d’amant rebuté. La femelle est superbe, l’expression de son mal d’amour terrible ; l’attitude des lions n’est pas moins admirable. Ce sont des animaux vrais, mais dramatisés. Le paysage est de Wildens; la lionne de Rubens, les lions retouchés par lui. La date est incertaine, probablement de i6i5 à 1618. Le tableau provient de la collection Walpole.
Dans la mortuaire de Nicolas Rockox, l’ami et le protecteur de Rubens, se trouvait « Une peinture à l’huile sur toile, encadrée, représentant trois lions faite par Mr Rubens (1). «
Gravures: V. S. 40, William Walker ; 41, Hen. Mackworth.
Voir planche 328.
ii65. DEUX JEUNES LIONS.
Bruxelles. Galerie de S. M. le roi des Belges.
Toile. H. 59, L. 73.
eux jeunes lions, dont le premier est vu de face, la gueule ouverte, la patte posée sur le dos de son compagnon. Celui-ci est étendu 1 de son long sur le devant ; la tète est vue de trois-quarts, la gueule est ouverte, une patte est déployée. La facture est large et ferme ; dans les poils fauves, une lumière dorée se joue ; le fond est sombre.
(1) Eene schilderye op doeck olieverwe in syne lyst wesende drye leeuwen geschildert by den heer Rubens. (H. Van CUYCK : Levenschets van Nikolaas Rockox den jongere. P. 104).
Le tableau fut acheté à la vente du duc de Bedford (Londres, 1827), à 80 guinées, par le baron Stockmar pour Léopold, duc de Saxe-Cobourg, plus tard roi des Belges.
Un tableau semblable, probablement le même, représentant « Deux lions de grandeur naturelle, rugissant dans un paysage (H. 110, L. 166) » fut successivement adjugé dans la vente de Proli (Anvers, 1785), à 168 florins ; dans la vente del Marmol (Bruxelles, 1791), à 3oo florins; dans la vente Cuypers de Rymenam (Bruxelles, 1802), à 280 florins.
Ces deux lions forment la partie supérieure d’une des quatre études de lions gravées par A. Blooteling. Dans la gravure, le lion qui parait couché dans le tableau se dresse sur les pattes de derrière et étend les pattes de devant; le second se dresse derrière lui. Dans cette forme, le groupe complet, signalé comme tableau de l’école de Rubens (Toile. H. 146, L. 1 56) , se trouvait dans la vente Sellar de Londres (Paris, 1889).
Les deux mêmes lions, vus en entier, debout, se retrouvent dans le tableau de la pinacothèque de Munich, n° 957, où ils sont représentés poursuivant un daim.
Gravures : Non décrites : Ch. Waltner ; de Marteau (lithographie).
Photographie du tableau de la collection Sellar : Dixon.