‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 263 sur 302 · UNE LIONNE ÉTENDUE PAR TERRE · texte numérisé non relu

UNE LIONNE ÉTENDUE PAR TERRE

Somerley. Collection du comte de Normanton.

ne lionne de grandeur naturelle, luttant contre la mort, les mâchoires ouvertes. La facture, très vraie et magistrale, correspond à celle de Daniel dans la fosse aux lions (notre n° i3o) de Hamilton palace (1). Si Rubens s’était borné à étudier les animaux, dit Smith, cette œuvre l’aurait placé au premier rang des peintres de ce genre (2).

Dans la vente Schwanberg (La Haye, 1809), le tableau avait été adjugé à Beauvais pour la somme de 1046 francs.

Il fut exposé à la Royal Academy de Londres, en 1882, et adjugé à lord Normanton dans la vente S. W. Taylor (Londres, 1823), à 3io guinées.

(1) WAAGEN : Treasures. IV,

(2) Smith : Catalogue. II, 808.

Gravé par SCHELTE A BOLSWERT.

Quatre études de Lions.

Abraham Blooteling a gravé quatre feuilles d 'Etudes de Lions :

1. Un lion et une lionne. Tous deux debout; la lionne lève une des pattes de devant; elle est vue de derrière; le lion, vu de face, montre les dents. Dans le fond, un roc.

2. Deux lions couchés. L’un endormi, la tête sur le sol; l’autre éveillé.

3. Deux jeunes lions gambadant. Tous deux dressés sur les pattes de derrière; l’un, vu de face, pose une patte sur le dos de son compagnon; l’autre retourne la tête et la montre presque de profil.

La partie supérieure de cette étude correspond au tableau de la galerie de S. M. le roi des Belges que nous avons décrite sous le n° ii65.

4. Deux lions dans une grotte. Ils sont debout ; l’un est vu de face ; l’autre lève la tête et ouvre largement la gueule.

La plupart des lions gravés ici figurent sur la feuille d’études que possède la collection Albertine à Vienne et sur le tableau représentant Daniel dans la fosse aux Lions (notre n° i3o).

Les lions du n° 1 se trouvent à droite de ce tableau, le mâle montre les dents et fait la grimace en voyant une tête de mort à ses pieds ; ceux du n° 2 se trouvent sur le devant, à gauche; ceux du n° 4 se trouvent plus haut dans l’enfoncement de la grotte. Les trois autres lions du tableau ne sont pas reproduits par la gravure. Il s’en suit que Blooteling a choisi trois de ses quatre sujets dans le tableau de Daniel dans la fosse aux lions et le quatrième dans un tableau dont celui de S. M. Léopold II nous conserve la partie supérieure.

M. Menke d’Anvers possède deux petits tableaux du temps et de l'école de Rubens, représentant deux de ces quatre études de lions.

Gravures: V. S. 42, A. Blooteling. Les quatre feuilles de Blooteling ont été copiées par un graveur anonyme dans un recueil ayant pour titre : « Études des différents Lions gravés d’après Rubens, Rembrant et autres à l’usage des artistes et des amateurs. » Les deux lions du n° 4 ont été copiés par Deroy (V. S. 46).

Wenceslas Hollar (V. S. 432) a gravé une feuille de lions où l’on voit, à droite, le lion couché et éveillé du n° 2 de Blooteling et, au-dessus de lui, le lion endormi du même numéro; à droite encore, coupé par le bord de la gravure, le lion debout qui se voit à l’extrême gauche du tableau de Daniel dans la fosse aux lions ; à gauche, les deux lions du n° 1 de Blooteling et le lion à la gueule ouverte du n° 4.

Les mêmes lions sont gravés par R. Gaywood (V. S. 44). Les trois lions du devant de la même pièce sont gravés par un anonyme, qui les a représentés dans une caverne (V. S. 45).

Un anonyme (V. S. 47), probablement Deroy, a gravé séparément les deux lions attelés au char de la Reine dans le Mariage de Henri IV avec Marie de Médicis accompli à Lyons (notre n° 736).

Lions et Tigres dans un paysage.

Dresde. Muse'e, 982.

Toile. H. 200.5, L. 369.5.

Une tigresse est couchée contre la paroi d’un roc et allaite trois jeunes. De la hauteur descend un tigre avec un lièvre dans la gueule. Au milieu, un lion s’arrête près d’an tas d’ossements. A gauche, un paysage, dans lequel on voit une Chasse au Lion.

Le tableau n’est pas de Rubens auquel, naguère encore, il était attribué; il est probablement de la main de Wildens. Le lion est particulièrement faible. La tigresse allaitant ses petits se rencontre aussi dans le Faune pressant une grappe de raisins du musée de Dresde, n° 974 (notre n° 610). Le musée de l’académie des Beaux-Arts de Vienne possède une copie de cette tigresse.

Dans la vente Van Schorel (Anvers, 1774), on adjugea, à 403 florins, une panthère avec ses petits, de grandeur naturelle, fond de paysage; c’est probablement la même tigresse peinte séparément. Dans la vente sir Joshua Reynolds (Londres, 1795), une composition semblable fut adjugée à 110 guinées.

Gravures: V. S. 3 7, J. E. Ridinger. La tigresse a été gravée séparément par N. Rhein, 1790 (V. S. 38), d’après un tableau appartenant au comte de Lamberg; par S. Graenicher (V. S. 3g) et par Deroy (V. S. 3gbis).

Photographie : (Tigresse du musée de l’académie de Vienne) V. Angerer.

Tigres jouant avec des Enfants dans un paysage.

Wenceslas Hollar a gravé une seconde feuille d’animaux empruntés à Rubens. Ce sont trois tigres couchés par terre dans un paysage ; deux enfants sont montés sur le dos de deux des fauves, le troisième tigre met la patte sur des raisins. La scène est empruntée au tableau Pan et Syrinx avec

trois tigres (notre n° 66 1), le même probablement que celui que Rubens offrit à sir Dudley Carleton, en 1618, en échange de marbres antiques (notre n° 65q) et qu’il décrivit de la manière suivante : « Léopards faits d’après nature, avec des Satyres et des Nymphes. Original de ma main, à l’exception d’un très beau paysage fait de la main d’un artiste habile dans ce genre. »

Gravure : V. S. 431, W. Hollar.

Un Paysage avec deux Tigres.

Dans la vente Cuypers de Rymenam (Bruxelles, 1802), on adjugea à 125 florins un tableau représentant deux tigres dans un paysage. L’un, assis sur son train de derrière et vu de face, regarde devant lui ; l’autre couché tourne la tête vers le premier. Près d’eux, de gros troncs d’arbres H. 4, L. 7 pieds.

Gravure : V. S. 48, Brookshaw.

Le Lion et la Souris.

Dans la collection du comte de Yarborough se trouvait, en 184g, un tableau attribué à Rubens, représentant un lion et une souris. Le premier de ces animaux, faisant de vains efforts pour se délivrer et rampant plein de rage, est, dit-on, une puissante conception (1).

Perroquets et autres Oiseaux.

Dans Y Exhibition of old Masters de l’année 1884 (n° ig3) figurait un tableau attribué à Rubens, appartenant au comte de Leicester et représentant des Perroquets et autres oiseaux sur un tronc d’arbre.

Un perroquet.

Dans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840), on adjugea, au prix de 600 francs, à Durez un Perroquet posé sur un socle, attribué à Rubens (Panneau. H. 47, L. 37). C’était une étude pour le perroquet de la Sainte Famille du musée d’Anvers (notre n° 21 5) ou, plus probablement, une copie de cet oiseau.

(1) The Art Union , 1849. P. 205.

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