LE RETOUR DES CHAMPS
Florence. Palais Pitti, 14.
Panneau. H. 122, L. 195.
droite, on voit un groupe d’arbres sur le bord d’une rivière ; au premier plan, cinq paysannes retournant du travail des champs. La première porte une fourche, les deux suivantes, des râteaux ; la quatrième, une botte de navets ; la dernière, des herbages. Au milieu d’elles marche un laboureur, portant une fourche et leur donnant des ordres. Par le chemin qui s’enfonce dans le paysage, un troupeau de moutons regagne la bergerie. A gauche, un paysan conduit un char à foin vide attelé de deux chevaux, l’un blanc sur lequel il est monté, l’autre brun. Plus loin, des chevaux paissent dans la prairie. Vers le milieu du tableau, au second plan, on voit du foin en meules que deux paysans chargent sur un char. Des arbres sont distribues dans la plaine. Dans le fond, on voit la ville de Malines. Le ciel est coupé de nuages d’un blanc chaud, à droite; gris de fer, au milieu et rares à gauche. Sur le site est répandue une profusion de lumière blonde et chaude, opposée à de fortes ombres, dans laquelle baignent les arbres d’un vert brunâtre et les figures d’un admirable ton velouté.
Le paysage est riche en accidents, mais naturel. C’est la véritable poésie des champs, pénétrante et simple, mais rendue d’une manière large.
La végétation est traitée de telle façon que le vert ne perce nulle part. Dans les arbres de droite règne le brun chaud ; dans les feuillages épars et légers, le ton jaunâtre des rayons du soleil couchant qui dorent tout le site.
C’est un travail admirable datant des dernières années de Rubens. Il fut fait aux environs de Perk, vers 1637.
Luc Van Uden a peint le paysage que Rubens a largement retouché et où il a répandu la lumière.
Le tableau a fait partie de la collection du duc de Richelieu et a été décrit par de Piles (Œuvres. IV, 3qi).
Il fut transporté à Paris, à la fin du siècle dernier, et figure dans le Manuel du Muséum français de i8o3, n° 53q, où il est gravé au trait. Les mesures que l’on y donne sont de pure fantaisie.
La collection Albertine de Vienne possède un dessin en couleur, formant une étude pour le groupe des cinq paysannes et du paysan qui figurent dans ce paysage.
Gravé par SCHELTE A BOLSWERT.
Gravures: V. S. 524, S. a Bolswert ; Ibid. Franc. Vivares, 1775. Non citées : Paradisi ; Anonyme (J. van Merlen exc.), avec le titre l'Automne.
Photographie : A. Braun.
Voir planche 332.
U11 paysage avec l'enfant prodigue.
Voir notre n° 260.