LA VERTU TRIOMPHANTE
celle qui est debout et baisse la tête offrent une ressemblance frappante avec la seconde femme de Rubens ; dans le tableau du baron de Rothschild, on reconnaît le modèle du Chapeau de paille , Susanne Fourment. Les modèles de la Vierge et des deux saintes qui se trouvent dans le Repos en Egypte (notre n° 179), de même que les anges dans le buisson de roses, . se retrouvent dans le présent tableau et dans le suivant.
Les figures sont de la main de Rubens ; le paysage et les accessoires sont d'un élève, mais le maitre les a retouchés. L’œuvre date de i638 environ.
Dans la mortuaire de Rubens, il existait un tableau, intitulé Conversatie à la mode. Ce titre, que nous traduisons par celui de Société élégante, désigne évidemment la présente composition (1). Cette pièce fut laissée à Hélène Fourment au prix de 120 florins. Il serait téméraire de dire lequel des exemplaires du sujet est désigné ici. Il existait en outre une toile ébauchée d’une Conversatie à la mode, qui fut vendue au commis Maes pour la somme de 18 florins (2).
Le musée de Gotha possède une copie ancienne du présent tableau (N° 87. H. 71, L. io5), achetée par le duc Frédéric II, en 1720, à 800 thalers.
Le musée du Louvre expose un dessin (n° 556) d’une femme debout, tenant un éventail, personnage qui se retrouve avec des variantes dans les tableaux du musée de Madrid et du baron de Rothschild. Le Louvre expose un second dessin (n° 557) d’une jeune femme agenouillée appuyant la tête sur la main qui se rencontre dans les mêmes tableaux.
Le musée de Francfort possède un dessin de la femme, debout, qu’un cavalier tient par la taille et qu’un amour pousse en avant. Le dessin la représente relevant d’une main sa robe, telle qu’on la voit dans le tableau du musée de Madrid, dans celui du baron de Rothschild et dans la gravure de Jegher. La gravure de Clouwet la représente entourant de ses bras la taille de son cavalier.
Quatre dessins, appartenant au musée Fodor d’Amsterdam représentent différents personnages reproduits dans le Jardin d’ Amour. La femme représentée dans le second dessin du Louvre s’y retrouve avec des variantes. Un cinquième dessin, appartenant à la même collection, nous montre un seigneur, drapé dans un manteau, étendant une main et levant les yeux, personnage qui n’a pas été utilisé dans les tableaux.
(1) Conversatie doit s'entendre dans le sens de l’italien Couver sapone ; à la mode équivalait, dans le langage du temps, au fashionable moderne.
(2) Bulletin des Archives d'Anvers. II, 87 et 86.
Gravure: V. S. no, Pet. Clouwet. Dans cette gravure manquent la fontaine sous le portique et les personnes groupées autour de cette fontaine, les trois amours à gauche et celui qui plane au milieu près du portique.
Photographies : A. Braun ; J. Laurent.
Gravures et Photographies des dessins : La femme à l’éventail du Louvre a été lithographiée par Alphonse Leroy. Simon Watts grava en 1770, sous le nom d 'Hélène Fourment, le dessin de la femme debout que sa compagne assise prend par la manche (V. S. Portraits, 27). Bûcher reproduisit en lithographie le dessin du musée de Francfort.
Les deux dessins du Louvre ont été photographiés par A. Braun. Les cinq dessins du musée Fodor par Offenberg et celui du musée de Francfort par un anonyme.