‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 115 sur 249 · J. DEL RIO · texte numérisé non relu

J. DEL RIO

Hierop ontfangen de somme van duesent gulden op rekeninghe den 3o september 1626.

Pietro Pauolo Rubens.

Noch ontfangen wt handen van Sr Guilliam Carn de somme van vyfhondert gulden waermede ick onderschreven kenne gheheelyck betaelt ende voldaen te wesen van het teghenwoordich contrackt ende tôt kennis ende bevestinghe der waerheyt hebbe ick dese quittancie met myn eyghen handt gheschreven ende onderteeckent. Tôt Antwerpen den 10 Mardi 1627.

Pietro Pauolo Rubens.

(1) Acta capitularia, 22 nov. 1619. Dominus Decanus gratias egit Dominis pro concessione sepulturæ suæ secundum formam 17 hujus in acta relatam et advocato notario publico passavit inslrumentum suæ permissionis de tabula in summo altari per D. Rubenium depingi facienda.

(2) 24 aprilis 1624. Placuit ad relationem ædituorum ut tabula depingenda in summo altari ob defectum latitudinis, ad implendum locum dilatetur, adglutinatis aliis tabulis, idque quam primum ne differatur occasio pingendi.

Et quoad renovandam fenestram vitream, quæ est quondam familiæ de Berchem, deputati sunt ad requirendum concessum D. Roccox cum consule fratre ut agant cum iis de familia et marcgravis ut consentiant in renovatione ad opus majoris luminis pro usu picturæ summi altaris.

3o aprilis. Retulit Dns Cantor quatenus illi de familia Berchem consenserint in renovatione fenestræ vitreæ, desiderantes tamen ut aliqua memoria insignum familiæ reponatur vel imaginis piæ.

L’ASSOMPTION DE LA VIERGE

Gravé par J. WITDOECK.

Pl. 125.

Le 16 août 1025, le Chapitre fit replacer sur l’autel des jardiniers la Vativité dit Christ par F. Floris, qui temporairement avait orné le maître-autel (i).

En 1025, on paya à Adrien Schut 8 florins pour enduire le panneau et )our peindre le cadre en noir. La même année, on paya 38 florins à Michel frindt pour agrandir le panneau qui était trop petit. En 1626, on paya .5 florins pour une once de bleu d’outremer employé au tableau du maitre-autel. )n paya à Pierre Vermeulen la somme de 18 florins pour tapisser le naitre-autel de bayette rouge, à défaut du tableau, pendant dix mois (2). Le \j février de la même année, le chapitre décida de faire célébrer les offices lans le chœur de la Circoncision, parce que Rubens avait fait savoir qu’il ne >ouvait peindre à son aise, si le chœur n’était pas vide (3). Le 11 mai 1626, [uatre hommes transportèrent le panneau de la maison de Rubens jusqu’à 'église et le mirent en place, aidés par les ouvriers de l’église. Ils reçurent in pourboire de 5 fl. 12 s. (4).

Le 3o septembre 1626, le tableau était terminé ; les chanoines se déclarèrent atisfaits de l’œuvre et consentirent à ce que l’héritier du doyen Del Rio >ayât à Rubens un acompte de mille florins (5).

Le même jour, Rubens signa la quittance de cette somme. Le 10 mars

(1) Acta capitularia 16 aug. 1625. Placuit Dominis ut tabula de Nativitate Domini per \ Floris nuper deposita ex summo altari restituatur ad altare hortulanorum ubi et olim a ). Thesaurario du Terne donatum fuisse asseritur.

(2) Item betaelt Adriaen Schut over het voors. paneel te prumueren ende de leyst te swerten. fl. 8.

Item betaelt Machiel Vrindt van het voors. paneel te vermederen d’welck te klein was. fl. 38.

Comptes de léglise N.-D à Anvers de 1625).

Item betaelt voor een once oltramarien tôt behoef van de schilderye vanden hoogen utaer fl. 45.

Item betaelt Peeter Vermeulen over het behanghen van den hoogen autaer met royen aey in plaetse ende by fault van het tafereel voor den tijd van tien maenden. (Comptes de église de 1626).

(3) Acta capitularia. 27 feb. 1626. Ad petitionem Domini Rubenii pictoris dicentis se ommode non posse pingere picturam summi altaris nisi habeat chorum vacuum placuit )ominis ut fiat pro tempore officium in choro Circumcisionis.

(4) Item betaelt den 11 mei 1626 aen vier mans die het panneel van Rubbens gedragen ebben tôt in de kerk ende helpen stellen, beneffens de wercklieden vande kercke die mede eholpen hebben voor drinckgelt gegeven fl. 5 st. 12. (Comptes de réglise .)

(5) Acta capitularia. 3o sept. 1626. Consenserunt Domini ut solvatur Domino Rubenio ictori per heredem D. Decani Del Rio mille florenos ad computum tabulæ in summo altari ositæ déclarantes sibi placere picturam.

IÔ2 7, il reçut du sieur Guillaume Carn la somme de 5oo florins pour entier acquittement du prix. Cette quittance et l’original du contrat appartiennent actuellement à M. le baron G. de St. Génois, à Gand.

Le 6 janvier 1624, le doyen Del Rio mourut : il fut enterré dans le chœur de la cathédrale. Au-dessus de la porte du chœur, du côté de l’Évangile, on plaça l’épitaphe : « D. O. M. Piæque Mémorisé Admodum Reverendi Nobilisque Viri Joannis Del Rio J. U. L. Cathedralis hujus Ecclesiæ Decani et Episcopatus Vicarii Generalis qui soluta pictura hujus Summi Altaris, fundatoque sibi perpetuo anniversario tam in hac quam in Cathedrali Brugensi variisque legatis relictis ad subsidium fundationis Collegii Societatis Jesu Antverpiensis aliosq. pios usus pietatem posteris testatam reliquit. Quod mori potuit hic deposuit A° MDCXXIV. VI Januarii ætatis suæ LXVIII. Beatam æternitatem lector animæ apprecare ».

Les frères Robert et Jean de Noie avaient entrepris de faire le maître autel pour i6,5oo florins ; il leur fut payé en réalité 19,900 ou 20,000 florins. Nul doute que Rubens ne prit part à la composition de cette œuvre. La première pierre en fut posée, le 2 mai 1624, Par Charles-Alexandre, duc de Croy, comte de Fontenoy et chevalier de la Toison d’or et par le chancelier Pecquius. Le tableau d’Abraham Matthyssens, derrière le maître autel, fut achevé et placé en 1634.

On connaît la forme de l’autel par la gravure quÆrien Lommelin en fit et qui se trouve dans le Théâtre des plans de toutes les villes des Pays-Bas (Amsterdam, Fréd. de Wit.) Sur un entablement supporté par six colonnes d’ordre corinthien, on voyait une statue du Christ, dans une niche, tenant à la main la couronne destinée à la Vierge. Dans le fronton, qui surmontait la niche, on voyait Dieu le père ; le St. Esprit planait entre les deux autres personnes de la Trinité. Deux anges tenant une palme et une couronne étaient assis sur l’entablement aux extrémités duquel se dressaient deux candélabres. Cet autel fut vendu par les agents de la Convention nationale, le 18 brumaire an VII (8 novembre 1798), au prix de 25o francs, payables en assignats. Suivant la description qui en fut faite dans le procès-verbal de la vente, l’entablement était en marbre tigré de différentes couleurs et les colonnes en marbre blanc.

L’autel actuel est l’œuvre de l’architecte Jean Blom et fut construit en 1824.

Le tableau fut transporté à Paris, en 1794, et nous revint au mois de décembre 18 1 5. A cette époque, il fut nettoyé par Van Regemorter. Il fut restauré, en 1877, par MM. Sacré, restaurateur, et Van den Heuvel, parqueteur,

sous la surveillance d’une commission d’artistes. On paya à M. Sacré 800 et à M. Van den Heuvel 3,285 fr. La Commune paya 1,100 fr. ; la Province, 733,33 ; l’État 733,33 fr. ; l’Église, i,5i8.34 fr.

Suivant Waagen, M. Nichols possédait une réduction du retable très vivement peinte, d’un ton chaud et fort harmonieux. D’après sa description, on ne saurait prendre cette pièce pour une esquisse, quoiqu’il lui donne ce nom (1). Une esquisse achevée du tableau de la cathédrale d’Anvers, peut-être la même pièce que la précédente, est mentionnée dans le catalogue des tableaux vendus, en 1788, au refuge de l’évêché de Gand. Elle mesurait 3o pouces de haut sur 20 de large, elle fut portée à 1220 florins, mais ne fut pas adjugée.

Gravures: V. S. 12, S. a Bolswert (Dédicace: Magnifico et clarissimo Domino Lucæ Lancelotto j. u. q. doctori musarum amico, picturæ atque statuariæ cultori in amici obsequii symbolum. D. C. Q. Martinus vanden Enden) ; r3, Coenr. Waumans (le groupe de la Vierge sans la partie inférieure) ; 1 5 , Anonyme ; 16 et 36, Anonyme (Jacques Chéreau exc.) ; 17, P. Tardieu ;

3q, A. Lommelin. Non décrites : Anonyme (Audran exc.) grande copie carrée de l’estampe de Bolswert ; Anonyme (petite copie carrée de la même estampe) ; V Voet (La Vierge seule, semblable à celle de Waumans, seulement à côté ie l’ange qui tient une couronne, il y en a un second ; le voile de la

Vierge s’élève au-dessus de la tête sans en faire le tour) ; Van Genck

lithographie d’après le tableau).

La gravure de Schelte a Bolswert présente de nombreuses et importantes différences avec le tableau. L’ange qui, dans le haut de ce dernier, contre le :adre, tient la couronne d’une main, la tient des deux mains dans la gravure. \ gauche du tableau, il y a trois petits anges ; dans la gravure, il y en a quatre. L’ange qui, à droite, se croise les bras sur la poitrine, se trouve le

second dans le tableau, le premier dans la gravure. Les draperies de la Vierge

diffèrent. En bas, la grotte est très visible dans la gravure, mais à peine ndiquée dans le tableau. La figure de l’apôtre, à l’extrême gauche, est

presque entièrement cachée dans le cadre du tableau, elle est tout à fait visible lans la gravure. Le St. Jean étend les deux mains dans la gravure ; dans le ableau, l’une n’est qu’à moitié levée. Dans le tableau, il y a, au second dan, trois apôtres ; dans la gravure, il y en a quatre dont l’un étend les nains, ce qui ne se voit pas dans la peinture. Il y a, en outre, dans la

(1) WAAGEN : Treasures. IV, 240.

gravure, un apôtre qui se courbe sur le tombeau et qui manque dans le tableau. Celui-ci a deux femmes agenouillées sur le devant, la gravure une ; la gravure a deux figures de femmes debout derrière le tombeau, le tableau trois. Contre la grotte, un des quatre apôtres étend les bras, ce qu’il ne fait pas dans la gravure. Dans cette dernière, on voit la pierre enlevée du tombeau; le tableau ne la montre pas. Le linceul, le tombeau et la femme qui tient le linceul sont autrement dessinés dans le tableau que dans la gravure. Il y a donc eu un remaniement complet d’un projet primitif.

La planche de Lommelin est extrêmement mal gravée, non seulement au point de vue du maniement du burin, mais encore au point de vue de l’exactitude du dessin. On dirait que le travail est fait de mémoire, tant les proportions et les positions sont faussées. L’ensemble de l’estampe ferait croire que, lorsqu’elle fut faite, le tableau était plus large qu’à présent. Deux centimètres gravés, correspondant à environ 20 centimètres peints, sont, dirait-on, enlevés à gauche du tableau. La différence provient de l’inexactitude du graveur et non d’une modification que le tableau aurait subie postérieurement.

Dans la gravure publiée par Chereau, il manque deux têtes d’apôtres et plusieurs anges. Dans celle de Tardieu, il manque, dans le haut, l’ange qui accepte la couronne. Les numéros 16 et 36 sont identiques, l’un a l’inscription, l’autre ne l’a pas. V. S. s’est trompé sur la mesure du n° 36 et a pris les deux numéros pour deux planches différentes. Lommelin a gravé une seconde fois le tableau. Cette seconde reproduction, de format plus petit, représente le tableau, ainsi que l’autel dans lequel il se trouvait; on la trouve dans le Théâtre des plans de tontes les villes des Pays-Bas (Amsterdam, Frederick de Wit).

Photographie : G. Hermans.

Voir planche 124.

36o. L’ASSOMPTION DE LA VIERGE.

Vienne. Galerie Lichtenstein, 92.

Toile cintrée. H. 504, L 352.

a Vierge, de formes juvéniles, vêtue d’une robe d’un blanc grisâtre et d’un manteau rouge, s’élève dans les airs, les bras étendus, agenouillée sur les nuasres. Elle a oublié la terre et est attirée vers le ciel par un immense désir de revoir son fils. Autour d’elle planent sept anges. En

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