‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 139 sur 249 · SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

SAINT AUGUSTIN

Prague. Église de St. Thomas ou des Augustins.

Toile. H. 254, L. 175.

e Saint évêque se tient debout sur le bord de la mer ; il est vêtu de ses habits pontificaux. La tête courbée et les mains étendues, il regarde l’enfant Jésus qui fait mine de vouloir épuiser la mer dans un petit puits qu’il a creusé dans le sable. Dans les airs plane un ange portant dans la main droite la mitre et la crosse de l’évêque ; dans la gauche, le cœur symbole du saint. Fond gris clair.

Le tableau est inférieur en mérite au St. Thomas qui figure plus bas dans le maître autel de l’église des Augustins ; c’est probablement l’œuvre d’un élève. Il fut commandé en 1637, par la comtesse Hélène Martinitz, née Werschovitz, placé en 1639 et payé, avec le St. Thomas , gq5 florins. Il est de forme ovale, mais placé dans un cadre rectangulaire en bas, échancré en haut (Voir le Martyre de St. Thomas).

Gravure : V. S. n, Alex Voet junior.

Dans la gravure, l’ange planant dans le ciel manque ; le saint est coiffé de la mitre et tient la crosse en main.

Il existe une autre gravure, signée Jac. Neeffc (V. S. 12), représentant St. Augustin et l’enfant Jésus, tous les deux dans des poses différentes de celles qu’ils ont dans la gravure de Voet. L’attribution de cette composition à Rubens est suspecte.

Avec l’inscription S. Augustinus, A. Melar (V. S. i3) a gravé le St. Éloi du revers des volets de YÉrection de la croix (Voir n° 278).

3g3. SAINT AUGUSTIN ENTRE LE CHRIST ET LA VIERGE.

Madrid. Académie de San Fernando, 498.

Toile. H. 243, L. 187.

e Saint est agenouillé au milieu du tableau sur une couple de livres. Les mains repliées sur la poitrine, il regarde le ciel avec une expression extatique. Devant lui se tient le Christ, le milieu du corps entouré d’un linge blanc, taché par le sang qui s’écoule de la plaie qu’il porte au côté. De la main gauche, le Sauveur tient une croix et incline légèrement la tête sur l’épaule droite pour regarder le Saint. A droite se trouve la sainte Vierge, sous la forme d’une belle et jeune femme. Autour de sa tête, comme autour de celle de son fils, rayonne doucement une auréole. Autour de ses épaules flotte un gaze léger ; elle porte une robe d’un beau rouge, un manteau bleu et violet. De la main droite, elle presse la mamelle pour en faire jaillir le lait. Une mitre et une crosse se trouvent par terre, à gauche. Dans le ciel, des nuages clairs.

Le Christ a des chairs rosées aux ombres bleuâtres ; le dessin de son corps est d’une correction académique un peu sèche. La Vierge a une figure douce, au profil pur. Les traits du Saint sont ceux que Rubens prête d’ordinaire à St. Dominique.

Le tableau est de la toute première époque du maître et pourrait bien dater du séjour qu’il fit en Espagne, en i6o3.

Il provient du collège des Jésuites d’Alcala de Hénarès. Don Antonio Ponz en parle et dit qu’au moment où il écrivait son livre (1772), le tableau venait d’être transporté à la maison des Jésuites de S. Isidoro, à Madrid. C’est de là qu’il a passé à l’Académie de San Fernando, entre 1829 et i852 (1).

(1) PEDRO ANT. de la PUENTE : Viage de Espaha. Madrid, Joachim Ibarra 1772. I, p. 3o6.

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