‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 140 sur 249 · SAINTE BARBE · texte numérisé non relu

SAINTE BARBE

a Sainte, debout, tient dans la droite une palme. Elle a les yeux baissés ; ses cheveux descendent en larges boucles dans le cou. A gauche, la tour percée de trois fenêtres carrées. Figure lourde et disgracieuse se détachant sur un fond sombre. Comme la plupart des estampes gravées par Vorsterman, celle-ci a été faite d’après un tableau datant d’avant 1623. La galerie de Sans-Souci à Potsdam possède une copie de cette composition.

Gravure: V. S. 21, L. Vorsterman.

3g5. SAINTE BARBE.

a Sainte est debout, tenant dans la main droite une palme ; de la gauche, elle ramène sa draperie sur la poitrine. Belle et jeune tête, entourée d’une auréole, avec une expression pleine de grâce ; corps solidement bâti. A sa gauche, la tour qui lui a servi de prison montre sa lourde porte, ses murs épais percés de meurtrières et d’une petite fenêtre ronde garnie de solides barreaux. A sa droite, on voit un bout de paysage par-dessus une balustrade. Dans le ciel volent deux angelets dans un nuage, l’un portant une couronne de roses, l’autre une tige de lis. Par terre, une lourde épée et quelques roses.

Gravures : V. S. 18, S. a Bolswert ; 19, Anonyme (Queradt exc.) ; 20, P. Schenk. La même sainte, portant une tour au lieu d’un lis, est gravé sur un fond blanc par Math. Borrekens (V. S. 24) et par Pierre de Bailliu (V. S. 25).

Voir planche i36.

Sainte Barbe.

Schelte a Bolswert a encore gravé une Ste. Barbe (V. S. 23). Elle est debout, tenant une palme dans la main droite levée. La main gauche relève la draperie qui enveloppe la martyre. A côté d’elle, la tour, en forme de dôme. Cette gravure correspond parfaitement à la Ste. Catherine gravée par

Vorsterman (V. S. 34), d’après un marbre antique, dessiné probablemenLpar Rubens. Seulement les attributs sont changés : la palme remplace l’épée, la tour est substituée à la roue.

Voorhelm Schneevoogt cite encore trois estampes représentant Ste. Barbe : n° 22, par Panneels, n° 26, par un anonyme (Galle exc.), n° 2 7, par N. Bazin. Les deux premières ne portent pas de nom de peintre et leur attribution est fort hasardée.

Sainte Barbe.

Sujet d’un des plafonds de l’église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 3i).

Saint Basile.

Sujet d’un des plafonds de l’église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 21). 3g6. LA CONVERSION DE SAINT BAVON.

Gand. Eglise de St. Bavon.

Toile cintrée. H. 471, L. 281.

e tableau renferme deux actions superposées. La scène supérieure se passe sur un escalier menant à une galerie ouverte. Le comte Allowin, qui plus tard devint St. Bavon, portant une armure complète, couvert d’un manteau rouge, a monté l’escalier, et, parvenu à un petit palier, il met un genou en terre devant St. Amand et l’abbé Florbert. Deux pages le suivent ; l’un, le plus petit, habillé de jaune, tient son épée, l’autre relève la traîne de son manteau. Derrière lui, deux nobles personnages montent l’escalier, l’un de noir habillé a une tête superbe, l’autre porte un béret à plume. Des portes qui s’ouvrent dans un péristyle élevé sortent l’évêque et l’abbé, tous deux mitrés, vêtus de leurs habits pontificaux. Suivis de quatre moines, ils s’avancent vers St. Bavon qui est agenouillé, deux degrés plus bas. Cette partie figure la réception du saint au couvent.

Contre la paroi latérale de l’escalier se passe une scène différente. Un homme à la figure noble, aux cheveux grisonnants, habillé d’un large vêtement noir, doublé de fourrure, et portant une chaine d’or au cou, distribue à des pauvres, agenouillés sur les degrés, l’argent que deux pages lui apportent

dans des plats d’or. Le groupe des pauvres se compose de deux femmes et d’un vieillard. La première femme, à gauche, tient dans ses bras deux enfants, dont l’un au maillot ; elle est vêtue d’une robe couleur bronze et gris ; un tissu blanc encapuchonné sa tête. La seconde tient un enfant à la mamelle. Devant elle, on voit la tête d’un second enfant ; à droite se trouve le vieillard portant un vêtement aux reflets cuivrés. Tous trois étendent la main vers le distributeur d’aumônes ; ils ont les bras et le buste entièrement ou à moitié nus. Le peintre a cherché l’effet de son coloris dans l’opposition des carnations claires et chaudes de la partie inférieure, aux tons des riches vêtements de la partie supérieure. Par là, le tableau se rapproche du St. Rock, d’Alost. Dans tous les deux, une scène noble, se déployant dans le haut, charme l’œil, tandis que, dans le bas, la misère étale ses souffrances.

Du côté gauche, près du distributeur d’aumônes, se tiennent trois femmes, l’épouse de Bavon, jeune encore et vêtue d’une belle robe rouge bordée d’hermine, regardant avec attendrissement le comte qui entre au couvent, et deux suivantes, dont l’une porte un haut bonnet d’une étoffe légère et joint les mains en signe de pitié et dont l’autre ne montre que le profil.

Le fond se compose de l’architecture des escaliers et de la galerie. A droite et entre la colonnade, on distingue un ciel gris strié de nuages. A gauche, dans le bas, les armes de l’évêque Triest sont représentées.

C’est un tableau d’autel pompeux, mouvementé, bien ordonné, comme on les voulait à l’époque du peintre. De nos jours, ces groupes de belles femmes et de beaux seigneurs, ces étalages de chairs nues surtout, ne seraient plus admis dans les églises. C’est probablement là une des raisons pour lesquelles l’œuvre fut reléguée, en 1719, dans une chapelle de l’ambulatoire.

Le tableau a perdu sa fraîcheur et son éclat, il est recouvert d’un enduit brunâtre et monotone qui voile son aspect primitif et laisse plutôt deviner qu’apercevoir ses qualités. Il a dû être un travail supérieur et éclatant, un des plus parfaits dans son genre que Rubens ait produits. Les motifs traités par le peintre fournissaient ample matière à une scène brillante. Dans le bas, les chairs nues de tons différents ; sur le côté, les superbes figures de femmes aux riches draperies ; dans le haut, le cortège fastueux des prélats et des chevaliers. La composition, puissamment agencée, est aussi belle que savante. Dans la partie inférieure, le groupe serré des pauvres est d’un mouvement énergique ; le noble et calme groupe des femmes à mi-hauteur relie la partie inférieure de la composition à la partie supérieure.

Pour autant qu’il soit possible d’en juger par la peinture dans son état

actuel, les figures de la partie inférieure nous semblent être de la main de Rubens, celles qui occupent le haut du tableau paraissent peintes par un élève et retouchées par le maître.

Le tableau fut exécuté en 1624, et commandé par l’évêque Triest, de Gand.

Les archives du royaume de Belgique possèdent une lettre écrite par Rubens (1), le ig mars 1614, par laquelle il rappelle à l’archiduc Albert que, deux ans auparavant, il lui avait montré un dessin colorié, fait de sa main, pour le tableau avec volets qu’il se proposait de peindre pour le maître autel de la cathédrale de Gand et qui lui avait été demandé par l’évêque Maes. La mort de ce prélat vint interrompre le travail et quoique le chapitre eût tout approuvé, les peines que Rubens s’était données pour le dessin du tableau et de l’autel de marbre restèrent sans récompense. Le successeur de l’évêque Maes, François-Henri Van der Burch résolut de faire construire l’autel en marbre, avec une statue de St. Bavon et sans aucune peinture. L’artiste se plaint qu’ainsi le pays et l’église seront privés du plus beau tableau qu’il eût encore fait. Il prie l’archiduc d’écrire à l’évêque de Gand qu’il a vu les dessins, qu’ils lui paraissent bons et que le prélat ferait bien de les examiner avant de prendre une résolution définitive. Sur l’original de cette lettre, le prince inscrivit l’ordre de prier l’évêque de faire venir le tableau peint par Rubens et de le faire achever. L’évêque ne se laissa pas convaincre par la prière du peintre ni par l’intercession de l’archiduc. Le ig janvier i6i5, un autel en marbre fut commandé à Robert de Noie, d’Anvers, au prix de 5ooo florins ; il devait être terminé le premier août 1616. Au milieu de l’autel, dans une niche, devait figurer une statue haute de six pieds (2).

(1) A. PlNCHART : Archives des arts. II. 166.

(2) Den XIXsten Januarij 16 1 5 es Mr Robert de Nolle Beeldesnydere van zijnen stijle wonende binnen Antwerpen veraccordeert met Eerweerde heeren den Bisschop van Ghendt ende proost Deken ende capittele vande cathédrale kercke van Ste Baefs aldaer angaende het maecken vanden hooghen aultaer van toetsteen ende allebastre, ailes soo hiernaer staet ghespecifieert. Den welcken hij heeft aenghenomen ende belooft wel ende loffelick te maecken, stellen en volcommen onthier ende den eersten dach van ougste XVR zesthiene voor de somme van vyf duusent Carolus guidais te betaelene te wetene twee duysent guldens ghereet, andere een duysent guldens binnen eenen jare van date deser ofte emmers naer datter ghereetscap zijn zal vande stoffe die hy tôt Ghendt zal leveren, ende de resterende twee duysent guldens als het werck loffelick gherecht ende ghemaeckt zal wesen metsgaders 00k ghevisiteert by lieden hen dies verstaende ende by heurlieden verclaert hetzelve werck behooriyck ghemaeckt te zyne volghens den patroon ofte modelle by de heeren vanden capittele gheteeckent ende het inhouden van desen

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