‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 174 sur 249 · LA DERNIÈRE COMMUNION DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE COMMUNION DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Gravé par COLLEYE.

Pl. 146

Le tableau de Rubens est évidemment inspiré par les chefs-d’œuvre d’Augustin Carrache et du Dominiquin, ayant la Communion de St. Jérôme pour sujet. Mais le travail du maître anversois s’élève à une hauteur incommensurable au-dessus de ces tableaux célèbres. Il a transformé les compositions de ses prédécesseurs en les imitant. La profondeur du sentiment, l’ordonnance serrée, la sobriété dans les détails, la grande unité de l’action donnent à son œuvre une puissance dramatique sans pareille.

Le tableau date de 1619, mais l’exécution diffère sensiblement de toute autre œuvre de la même époque, par le puissant effet du clair-obscur où l’on ne reconnaît guère le peintre lumineux par excellence. Si le fond est opaque, chaque figure a une transparence, une ténuité de couleur, une simplicité dans le faire qui trahissent la touche du maître. Cette touche est bien plus large et plus moelleuse que dans ses autres œuvres de la même époque, elle rappelle plutôt les tableaux de ses derniers temps que celle de sa seconde manière. Nous remarquons ici, ce que nous constatons dans un très

petit nombre de ses chefs-d’œuvre : quand une émotion profonde le saisit,

il oublie sa routine et ses procédés habituels et se crée un style spécial et original pour donner une forme appropriée à une inspiration intense et neuve.

Le British Muséum possède un dessin représentant une étude pour deux têtes des moines figurant dans la Dernière Communion de St. François.

Le tableau est entièrement de la main de Rubens.

Il fut fait pour Jaspar Charles qui le paya j5 o florins, le 17 mai 1619, et en fit don à l’église des Récollets d’Anvers. Il y était placé sur l’autel

de St. François, en sortant du chœur, à gauche. La famille Van de Werve

d’Anvers possède la quittance du maître, dont voici la traduction : « Je soussigné reconnais avoir reçu des mains de Monsieur Jaspar Charles la somme de sept cent et cinquante florins pour entier paiement d’un tableau fait de ma main et se trouvant dans l’église de St. François, à Anvers. En témoignage de quoi, j’ai écrit et signé cette quittance, ce 17 mai 161g (1) ».

Pietro Pauolo Rubens.

(1) le onderschreven bekenne ontfanghe te hebben ut handen van Mijnheer Jaspar Charles de somme van seven hondert en vijftich guldens, tôt volcomen betaelinghe van een stuck schilderije door mijne handt gemaeckt staende in Ste Franciscus kercke tôt Antwerpen. Ende t’oirconde der waerheyt hebbe ic dese quittancie geschreven ende onderteekent. Desen 17 may 1619.

Pietro Pauolo Rubens.

(Copie dans la collection de Mr le chevalier Gustave Van Havre.)

Le tableau fut transporté à Paris, en 1794, et revint à Anvers en i&i5. Il fut restauré à cette époque et a été de nouveau nettoyé, il y a trois ou quatre ans. A en juger d’après la gravure de Snyers, il a été rétréci sur les deux côtés et dans le bas.

Gravures: V. S. 41, Hendrick Snyers. Non décrites: Flor. Brant, Franc. Lauvvers, Colleye (lithographie).

Voir planche 146.

43o. TÈTE D’ÉTUDE.

Naples. Musée, VI, 16.

Toile. H. 3o, L. 3o (environ).

ète d’étude pour le moine qui est agenouillé dans le tableau précédent et croise les mains fermées sur la poitrine. La figure, réprésentée jusqu’aux épaules, est légèrement brossée et a bien l’expression que le peintre lui a conservée dans le tableau.

Page 1