‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 28 sur 284 · ANNALES · texte numérisé non relu

ANNALES

DVCVM SEV PRINCIPVM BRAMNTIÆ TOTIVSQ. BELGII.

TOMI TRES- Quorum Primo idlius Brabantiæ,] Secundo Belgii vniti Principvm res geilæ; Tertio Belgici tvmvltvs,] vfque ad Inuvcias anno m.dc.ixj pactas , enarran tur .

Cum Dvcvm Jeu Principvm. Imagimb-us, I et h rcut rerum per omnem Evropam j illuslriuin narratione .

% AXTVERPIÆ,

EX OFFICINA PLANT INIA$A;' Appel Baltlialàrem Moret^bip etVïduani Ioannis Moreti

Frontispice de FRANCISCI HARÆI Annales Ducum seu principuai brabantiæ.

Gravé par CORNEILLE GALLE, le père.

Pl. 367

grâce et conforme au subgect, que la Couronne obsidionale soit présentée au Roy par la ville de Dole, laquelle ville pourra estre figurée par une femme ayant un heaume en teste, offrant de la droicte la couronne au Roy, ou plustost la luy mettant sur la teste, et reposant la gauche sur un bouclier, sur lequel seront gravées les armoiries de ladite ville de Dole, et à ses pieds un chien qui est le hiérogliphe de la fidélité. Je vous envoyé dans un papier séparé les armoiries de la ville de Dole et sa devise. Le reste despendra de l’invention de Monsieur Rubbens, qui saura donner la grâce à toutes choses. « Le ii février, nouvelle réponse de Moretus : « Quand au frontispice de Dole, Monsr Rubbens trouve bon que la couronne obsidionale soit offerte au Roy, et non pas mise sur la teste: n’ayant loisir de faire luy mesme le dessein, donnera ordre à un autre peintre pour le faire. » Le i3 février, Philippe Chiffiet écrit : « Je suis bien aise que Mr Rubbens ayt voulu le soin de diriger le frontispice du siège de Dole : encore qu’un autre peintre le desseigne, il suffit que ce soit par la direction de sa main, de laquelle il ne sort rien qui ne soit digne d’admiration. » Le 5 mars, Moretus envoie le dessin à Corneille Galle à Bruxelles en lui recommandant de graver le portrait du roi aussi ressemblant que possible et de montrer le dessin à M. Philippe Chiffiet, le chapelain de son altesse, qui pourrait lui procurer le portrait du roi (i). Le g mars, Chiffiet a vu le dessin et écrit : « Hyer le Sr Cornele de Galle me mit en main le frontispice dont l’invention et la disposition sont très bien ; mais le plant de la figure du Roy ne m’a pas semblé tant bien assis : ledit Sieur de Galle a dit qu’il luy donneroit plus de grâce, et que demain il commenceroit d’y mettre la main. » Par les lettres suivantes de Philippe Chiffiet, nous voyons qu’il continue à surveiller le travail du graveur et apporte de légères modifications au dessin primitif (2).

Gravure: V. S. 65, Corn. Galle, le père. Le cuivre de la planche se

(1) Ick sende U. L. hier eenen nieuwen titel die voor aile d’ander titels moet gesneden worden : U. L. sal denselven aen myn heer Chiffiet capellaen van Syne hooghheydt toonen, eer dat Ghy denselven beghint. De tronie van Syne Coninghlycke Majesteyt moet soo seer naer ’t leven gemaeckt worden alst moghelyck is ; waar in myn heer Chiffiet oock sal konnen helpen, ende een contrefeytsel naer ’t leven besorgen. (Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondance de Balth. Moretus. Registre 1635-1642).

(2) Archives du musée Plantin-Moretus. Minutes des lettres de Balthasar Moretus à Philippe Chiffiet et à Corneille Galle ; lettres reçues de Philippe Chiffiet et de Corneille Galle, aux dates indiquées.

conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 79) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

Frontispice de Res Brasilia imperante Illustmo Comité J. Mauritio Nassoviœ etc. Comité. In-folio.

Le titre est entouré d’une guirlande de fruits, entremêlés d’enfants et de diverses armoiries. Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent le dessin à Rubens, sans aucune raison sérieuse.

Gravure: V. S. 5g, Anonyme.

Frontispice de R. P. Martini Bresseri Boxtellani Soc. Jes. Theologi de Conscientia libri VP Ad omnigenas conscientias dirigendas idonei. Antverpiæ, apud Viduam Joannis Cnobbari, anno'i638. In-40.

Le titre est écrit dans un cartouche, tenu par deux génies. En face, une femme affligée est assise, le coude du bras droit appuyé sur un cube; la main gauche, sur la poitrine. Sur la face antérieure du cube est sculpté un serpent qui se mord la queue et une épée avec une palme entre-croisées. Dans le haut, trois anges tenant l’un un fil à plomb, l’autre des balances, le troisième un niveau d’eau. Auprès de chacun, une banderole avec une inscription. La planche est belle, mais elle n’est pas de style rubénien. L’attribution au maitre est mal fondée.

Gravure: V. S. 80, Anonyme.

1250-1262 . Frontispice et planches du Breviarium Romanum ex decreto Sacro sancti Concilii Tridentini restitulum , Pii V Pont. Max. jussu editum et Clementis VIII auctoritate recognitum. Antverpiæ ex officina plantiniana apud Balthasarum et Joannem Moretos. M.DC.XIV. In-folio, et du Missale Romanum ex decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitulum , Pii V Pont. Max. jussu editum , et Clementis VIII auctoritate recognitum. Antverpiæ ex officina plantiniana apud Balthasarem et Joannem Moretos. M.DC.XIV. In-folio.

Les dessins que Rubens fit pour le Breviarum Romanum plantinien, in-folio, consistent en un frontispice et une suite de dix planches.

I25o. Le Frontispice. Le frontispice représente un piédestal, sur la face

antérieure duquel le titre est inscrit. L’adresse de l’imprimeur est gravée dans un cartouche sculpté sur le piédestal, au-dessous du titre. Sur le piédestal siège l’Église catholique, coiffée de la tiare, tenant d’une main la crosse pontificale et de l’autre un livre, debout sur ses genoux, sur les pages ouvertes duquel on lit : Cantate Domino canticum novum. Laits ejus in ecclesia sanctorum. Deux anges balancent l’encensoir à ses côtés. Dans la fumée de l’encens, on lit, à gauche : Dirigatur Domine oratio mea ; à droite : sicut incensum in conspectu tuo. A gauche du titre, St. Pierre se tient debout, les clefs en main ; à droite, St. Paul, les mains appuyées sur le glaive. Sur la pierre qui les porte, on lit sous le premier apôtre : Estote prudentes et vigilate in orationibus ; au-dessous du second, on lit : Orationi instate , vigilantes in ea in graliarum actione. Dans la partie inférieure du piédestal, les armes du pape Paul V. A gauche et à droite, des instruments de musique anciens portent les inscriptions: Laudate Dominum in chordis et organo et Laudate Dominum in psalterio et cithara.

La disposition des figures et les inscriptions furent fournies à Rubens par Balthasar Moretus qui fit plusieurs croquis du frontispice, conservés dans les archives du musée Plantin-Moretus.

En 1628, les armoiries du pape Paul V furent effacées du frontispice et remplacées par celles d’Urbain VIII (1).

Voir planche 36o.

Les dix planches du Bréviaire représentent :

1201 . Le Roi David. Le psalmiste est revêtu de son manteau royal, la couronne et le sceptre posés par terre devant lui ; il est agenouillé, une main sur la poitrine, l’autre étendue, implorant la miséricorde d’un ange, qui, armé d’une épée flamboyante, apparaît dans les airs, prêt à frapper les sujets du roi. Au second plan, on voit un grand nombre de ceux-ci, en partie étendus morts par terre, en partie s’enfuyant, frappés de terreur. Dans le lointain, les édifices de Jérusalem.

1252. L’Annonciation. Marie était agenouillée devant son prie-Dieu; à la vue de l’ange, elle étend la main et se lève à moitié, effrayée par l’apparition. Gabriel a mis un genou en terre, s’incline humblement devant la Vierge et étend les mains vers elle. Dans le haut des airs apparaît le St. Esprit, entouré d’anges, dont trois répandent des fleurs.

(1) Anno 1628 den 3i Augusto. Wuijt gedaen in den tytel van den brevier in folio het waepen van den pans, ende hersneden. 3 gui

(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes Théodore Galle).

Le dessin original de Y Annonciation passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 432).

Voir planche 36i.

1253. L’ Adoration des Bergers. L’enfant Jésus est couché dans la crèche, la tête environnée d’une auréole rayonnante. Sa mère, un genou en terre, se tient au chevet; St. Joseph est debout, à côté d’elle. Un berger agenouillé; un second debout, appuyé sur sa houlette; une bergère, une cruche au lait sur la tête; une seconde, coiffée d’un chapeau de paille et tenant un panier à la main se trouvent de l’autre côté. Un chien aboie sur le devant.

Le dessin original de Y Adoration des Bergers , à la plume, lavé à l’encre de Chine (H. 10 1/2, L. 7 pouces), passa dans les ventes Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 430) ; Gérard Hoet (La Haye, 1760, n° 243), adjugé à Fouket pour 41 florins; Muilman (Amsterdam, 1773, n° g65), 14 florins à Neyman ; Neyman (Paris, 1776, n° 755), ni florins.

1254. L’ Adoration des Rois. L’enfant Jésus est assis dans un berceau en bois sculpté, placé sur une estrade; à droite, la Vierge et St. Joseph, debout; à gauche, un vieux roi agenouillé, une coupe remplie de pièces d’or devant lui; le roi nègre, tenant un ensensoir; le troisième roi, tenant un vase à myrrhe, debout, à gauche, dans une attitude respectueuse ; un page nègre et trois serviteurs, au second plan ; une colonnade, un paysage et des gens de la suite, dans le fond.

1255. La Résurrection. Le Christ s’élève tout rayonnant dans les airs, en sortant de son tombeau. Dans la main gauche, il tient une palme ; son linceul glisse de ses épaules. Un de ses gardes est encore couché endormi par terre, deux s’éveillent pleins d’effroi, trois autres s’enfuient éperdus de terreur. Quelques têtes d’angelets flottent dans la gloire qui entoure le Christ.

L'Ascension. Le Christ s’est élevé dans le haut des airs, les deux mains étendues, les yeux levés au ciel. Sur le sol, la Vierge est agenouillée, St. Jean est appuyé sur un genou, neuf autres apôtres sont debout. Tous dirigent leurs regards vers le Sauveur.

Le dessin original de Y Ascension passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 433).

1256. La Descente du St. Esprit. La Vierge est assise au milieu des apôtres et des disciples, les deux mains dans le giron, la tète, entourée d’une nimbe, levée vers le St. Esprit. Sur le devant, un apôtre à genoux, le buste renversé. A droite, un apôtre qui lève la main au-dessus de la tête comme pour

FRANCISCI HAKÆïj/

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