‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 38 sur 284 · G RAT IA · texte numérisé non relu

G RAT IA

ICCLESLÆ,

:XALTATIO.

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ionmi. \

Frontispice de AUGUSTINUS TORNIELLUS, Annales Sacri.

Gravé par THÉODORE GALLE.

Pl. 377

Frontispice de Thésaurus Moralis R. P. Francisci Labatce, Societatis Jesu.

Antverpiæ. Apud Hieronymum Verdussium. M.DC.LII. In-folio.

C’est le même frontispice qui a servi pour Mudzaert , Generale Kerckelycke Historié (Voir cette planche sous le n° 1294). Dans l’état qui a servi pour le présent ouvrage, les mots Centur. Magdeb., qui se trouvaient primitivement inscrits sur les livres posés par terre, à droite, ont été effacés et les mots Consensus S. S. Patrum ont été ajoutés sous les pieds de la femme qui tient la chaîne de médaillons, à droite du titre.

Frontispices de Corn, a Lapide , Commentaria in P entateuchum Mosis, in duodecim

Prophetas , etc. Antverpiæ. Apud Hæredes Martini Nutii. Anno M.DC. XVIII.

Les frontispices qui ornent les différents volumes des commentaires de la Bible par Cornélius a Lapide, sont mentionnés par Basan et par Voorhelm Schneevoogt dans l’œuvre de Rubens, mais n’ont aucun droit d’y figurer.

Gravures: V. S. 11, Anonyme; 14, Corn. Galle; 1 5 , Corn. Galle; 16, Corn. Galle.

Frontispice de Histoire curieuse de tout ce qui c'est passé à l’Entrée de la Reyne

Mère du Roy trèschrestien dans les villes des Pays-Bas ; Par le Sr de la Serre

Historiographe de France. A Anvers, en l’imprimerie plantinienne de

Balthasar Moretus. M.DC. XXXII. In-folio.

Le titre est écrit sur une draperie, tenue par deux anges. Dans la partie inférieure du frontispice, on voit Marie de Médicis et l’archiduchesse Isabelle qui se rencontrent et s’embrassent. Derrière la reine, les génies de la Justice, de l’Equité et de la Guerre lui offrent chacun une couronne. Derrière l’Archiduchesse, un ange montre une couronne de laurier, tenue par un bras qui passe à travers les nuages.

La planche est signée: Corn. Galle sculp.

Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent la composition de ce frontispice fi Rubens. En réalité, il a été dessiné, comme les autres planches du livre, par Nicolas Van der Horst. Le musée Plantin-Moretus conserve deux des dessins de ces planches, l'Entrée de Marie de Médicis à Bruxelles et le Portrait de Marie de Médicis (Salle II, nos 22 et 23), signées: « N. Van der Horst. « Le

ij octobre i63i, Balthasar Moretus paya à cet artiste, pour le frontispice et une autre planche, 48 florins (1).

Gravure: V. S. 27, Corneille Galle, le père.

127g. Frontispice de De Justitia et Jure ceterisque Virtutibus Cardinalibus libri

quatuor , auctore Leonardo Lessio e Societate Jesu. Editio quarta. Antverpiæ

ex officina plantiniana, Apud Balthasarem et Joannem Moretos fratres.

M.DC.XVII. In-folio.

Le titre est inscrit dans un cadre ovale qui occupe le milieu du frontispice. A gauche du cadre, et le tenant, le Bon Gouvernement ; à droite, l’Abondance, symbolisant les bienfaits de la Justice. Dans le haut, le Zodiaque avec les signes de la Vierge, de la Balance et du Lion, symbolisant le génie de la Justice et du Droit, équitable et fort, d’origine céleste. Dans le bas, un satyre et un homme, aux yeux bandés, sont enchaînés. Devant le premier, un arc, un carquois, une torche allumée, des fruits; devant le second, des armes et un casque, personnifications des mauvaises passions et de la barbarie domptées par le Droit et la Justice.

La planche est signée: Pet. Paid. Rubenius invent. Cor. Galleus, sculpsit.

Le livre de Lessius fut imprimé dans l’officine plantinienne en 1609, 1612, 1617, 1621, 1626 et i632. La première de ces éditions porte la mention de « seconde édition, « quoique l’ouvrage eût été imprimé plus d’une fois avant cette date, notamment à Louvain, à Paris et à Venise. Le titre des deux premières éditions plantiniennes n’était pas dessiné par Rubens. En 1617, la première planche étant usée, les frères Moretus en firent dessiner une nouvelle par leur ami Rubens. Balthasar en donna avis à Lessius, dans une lettre datée du i5 juillet 1617 (2). Le dessin fut payé 20 florins à Rubens (Voir notre n° 882).

En 1626, il était usé et fut retouché par Corneille Galle pour l’édition de cette année. Dans le nouvel état de la planche, la tète de la Vierge qui était en pleine lumière dans l’éditon précédente est assombrie par les nuages.

( 1 ) A0 1 63 1 , 17 Octobre. Pour les pourtraicts du titre de l'Entrée de la Reyne Mère et

de l’arbre de Génération d’icelle à Van der Horst 48 fl.

(Archives du musée Plantin-Moretus. By^ondere uitgaven , 1620-1 636).

(2) Porro frontispicii imaginem, quia vêtus jam attrita esset, ex Rubenii nostri ingenio novam depingi curavi, quæ postremam hanc editionem aliquatenus exornet (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balth. Moretus du i5 juillet 1617).

Gravure: V. S. 34, Corneille Galle, le père. Le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 70) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

Voir planche 36g.

1280. Portrait de Léonard Lessius pour l’ouvrage Leonardi Lessii e Societate

Jesu , Sacræ Theologice in Academia Lovaniensi quondam professons Opuscula.

Antverpiæ, ex officina plantiniana Apud Balthasarem Moretum, et viduam

Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XXVI. In-folio.

Le savant jésuite est assis dans un fauteuil, devant une table, sur laquelle est posé un pupitre. Il place une main sur la table et tient une plume dans l’autre main qui est levée, le coude étant appuyé sur le pupitre. Il médite sur ce qu’il va écrire dans le volume ouvert devant lui. Il est vêtu des habits de son ordre, y compris le bonnet carré et la toge. Contre le mur du fond, quelques livres sur une planche. Dans le bas, on lit dans un cartouche : Leonardus Lessius e Societate Jesu S. Theologice in Academia Lovaniensi prof essor. Obijt XV Januarij , anno M.DC.XXÎII. prope septuagenarius . La planche est signée Corn. Galle sculpsit. Le portrait a très probablement été dessiné par

Rubens d’après un tableau d’un autre maître. Mais c’est bien lui qui a fourni

le modèle au graveur. Le dessin du portrait de Lessius lui fut payé 12 florins par Balthasar Mo retus (Voir notre n° 882). La gravure fut payée y 5 florins à Théodore Galle, le 28 août 1626 (1).

Gravure : V. S. 252, Corn. Galle; 253, S. a Bolswert. La planche de

Bolswert représente Lessius assis à une table, sur laquelle se trouvent plusieurs livres, l’une main tient une plume, l’autre repose sur le bras de son fauteuil, auquel est suspendu un rosaire. Cette gravure n’a pas été faite d'après Rubens.

Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de la planche de Galle (Salle XIX, n° 72) qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après

P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

(1) A0 1626, den 28 Augusti. Cornelis gesneden het conterfeytsel van Lessius in folio. 75 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).

1281. Frontispice de Justi Lipsii V. C. Opéra omnia , postremuni ab ipso ancta et

recensita: mine pnmum copioso rerum indice illnstrata. Antverpiæ, ex officina

plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC. XXXVII. In-folio.

On lit ce titre dans la baie d’une porte en style rustique, qui est surmontée du portrait en médaillon de Juste Lipse. Sur les extrémités du fronton de cette porte siègent la Philosophie et la Politique, deux des sciences dont l’auteur s’est occupé. La porte est flanquée de deux gaines, portant les têtes de Tacite et de Sénèque, les deux écrivains que Juste Lipse a commentés avec prédilection. Sur le côté gauche, Minerve et Bellone ; sur le côté droit, Mercure et la Prudence, symboles des sciences de la Guerre et de la Paix que Juste Lipse a cultivées; dans le bas, des armes romaines et un bas-relief, représentant la Louve avec Romulus et Rémus, symbolisant ses études sur les Antiquités romaines. La planche est signée: Pet. Paul. Rubenius invenit. Corn. Galleus sculpsit.

Le musée Plantin-Moretus conserve le dessin original, à la plume, lavé à l’encre H. 3o, L. 19,7 (Salle II, n° 36). Il fut payé à Rubens 20 florins (Voir notre n° 882).

Corneille Galle, le père, le grava. Ce travail et le cuivre de la planche furent payés à Jean Galle 90 florins, le 11 décembre i63q (1).

Gravure: V. S. 33, Corn. Galle, le père. Le musée Plantin-Moretus a conservé le cuivre de la planche (Salle XIX, n° 58). Il a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

Ce frontispice a été copié pour servir d’encadrement à des portraits de la Historia de la Vida y Hechos del Emperor Carlos V par Prucencio de Sandoval.

Voir planche 370.

1282. Vignette pour le titre des Opéra Justi Lipsii. Plantin, 1637. In-folio.

Une vignette, dessinée par Rubens, fut employée sür les titres des tomes 2, 3, 4 et 5 des Œuvres de Juste Lipse. Elle représente la Marque

(1) A0 1634, den 11 December. Co. Galle gesneden den tijtel voor opéra Lipsii voor snyden en coper 90 gui.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).

Frontispice de la Peinture de la Sérénissime, princesse Isabelle Claire Eugénie, infante d’Espagne.

Pl. 378.

Gravé par CORNEILLE GALLE le père

de l’imprimerie plantinienne. Dans un médaillon, entouré d’une couronne de feuillage, on voit une main sortant des nuages et tenant un compas qui trace un cercle sur une tablette. Entre les pieds du compas est entrelacée une banderole, sur laquelle on lit les mots: Labore et Constantia. Le médaillon est tenu par Hercule (Labor) et par une femme, appuyant la main sur un socle (Constantia). Le tout est entouré d’un encadrement architectural. Sur les pieds-droits, qui portent une voûte, deux lampes antiques brûlent. Rubens ne s’est pas conformé à l’intention symbolique qui fit choisir cet emblème par Plantin. Le célèbre imprimeur adopta pour marque un compas appuyé sur un pied (Constantia) et tournant de l’autre (Labor). Dans la vignette de Rubens, les deux pieds reposent sur la tablette.

Le musée Plantin-Moretus conserve le dessin original (Salle II, n° 32) à la plume lavé d’encre (H. 20, L. 27). La vignette fut gravée par Corneille Galle le père et payée 29 florins à Jean Galle, le 10 mai i636 (1). Dans cette somme étaient comprises les modifications apportées au dessin. Les principales modifications en question sont les suivantes. Dans le dessin, il y a dans le haut un ornement se composant de feuillage et d’une banderole, qui disparait dans la gravure. L’étoile au-dessus du médaillon au compas est placée, dans le dessin, entre deux branches de palmiers, qui manquent dans la gravure. Sous le médaillon, on voit, dans le dessin, le crâne d’un bœuf entre deux cornes d’abondance. Ce motif est remplacé, dans la gravure, par une tête d’ange avec deux guirlandes de fruits.

Il est fort probable que Rubens fit ce dessin, non pas pour servir de marque d’imprimeur en 1637, mais pour être gravé dans un plat d’argent. En effet, le i5 mars i63o, Balthasar Moretus paya à Théodore Galle 36 florins « pour avoir gravé la marque au compas dans un plat d’argent (2). » Dans cette hypothèse, le dessin daterait d’avant le voyage de Rubens à Madrid et Londres, c’est-à-dire d’avant le mois d’août 1628. En i636, Corneille Galle aurait apporté les modifications que nous venons de signaler en décrivant la vignette gravée pour les œuvres de Juste Lipse.

Gravure : V. S. 91, Anonyme (Corneille Galle, le père). La même marque

(1) A0 1 636, den 10 meij, Cornelis Galle nieu gesneden eenen tytel voor opéra Lipsii eenen passer 1/2 pagie en de teeckeninghe verandert voor snyden en coper te saemen. 29 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).

(2) i63o, den i5 meert gesneden in een silveren talloor den passer naer Rubbens. 36 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).

a été reproduite plusieurs fois eu gravure sur bois par Christophe Jegher (V. S. 92) et par Jean-Christophe Jegher, avec des modifications variant toujours.

Frontispice de Philippus Prudens Caroli V. Imp. filius Lusitaniœ, Algabriæ, Indice, Brasiliœ légitimas rex demonstratus a D. Joanne Caramuel Lobkowitz. Antverpiæ ex ofïïcina plantiniana Balthasaris Moreti M.DC. XXXIX. In-folio.

Dans le ciel constellé luttent deux signes du Zodiaque, le Lion, figurant le roi d’Espagne, et le Dragon, représentant les prétendants au trône du Portugal ; le premier a planté ses griffes dans la tète de son adversaire et va le tuer de son épée. La planche est signée : E. Quellinus pinxit. J. Neeffs sculpsit. « Nonobstant les mots Quellinus pinxit , » dit Voorhelm Schneevoogt, “ bien des gens sont persuadés que cette compositon est de l’invention de Rubens. » Basan l’avait dit avant lui et y avait ajouté « Et cela n’est pas tout-à-fait hors de vraisemblance. « Cette opinion n’est ni vraie ni vraisemblable. Le dessin fut fait par Érasme Quellin. Le musée Plantin-Moretus en possède l’original signé E. Quellinius invenit. Le 14 août i638, Quellin porta en compte à Balthasar Moretus 24 florins pour le frontispice du livre du père Caramuel (1). Gravure: V. S. 56, Jac. Neeffs.

1283. Frontispice de Summa Conciliorum omnium: quœ a S. Petro usque ad Gregorium XV. papam celebrata sunt , juxta Chronologiam Annalium Illmi Card. Baronii præcipue , et aliorum illustr. virorum Ecclesiaslica historicaque monumenta. Auctore R. P. F. Francisco Longo a Coriolano. Ordinis Fratr. Minorum S. Francisci Capucinorum. Antverpiæ, ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum, et Viduarn Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC. XXIII. In-folio.

Le titre est écrit sur la face antérieure d’un piédestal, au-dessus duquel siège la Papauté, tenant d’une main la crosse, de l’autre un écusson aux armes de Grégoire XV. Elle est entourée par les pères de l’église; plus bas, à gauche du piédestal, St. Pierre qui tend les clefs à la Papauté; à droite, St. Paul

(1) 1 638. 14 Augustij. Item door order van P. M. Caramuel een voorblat voor den boeck van de probatie legit. van de croone portugael. 24 gui.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Facture d’Érasme Quellin).

qui montre de la main l’auguste assemblée à laquelle il renvoie. Dans le bas, au milieu, l’adresse de l’imprimeur; à gauche et à droite, la Fausseté et l’Hérésie enchainées. La planche n’est pas signée.

Elle est dessinée par Rubens qui reçut 20 florins pour ce travail (Voir notre n° 882) et gravée par Corneille Galle. Le g octobre 1622, Théodore Galle porta de ce chef en compte une somme de 75 florins (1). Mariette dit qu’il a vu le dessin original de cette planche (2).

Gravure: V. S. 67, Anonyme (Corn. Galle, le père). Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris possède un exemplaire de la planche où l’inscription n’est pas encore gravée, mais inscrite de la main de Balthasar Moretus.

Le cuivre de la planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 67) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne .

1284. Frontispice de Luitprandi Subdiaconi Toletani diaconi tandem Cremonensis episcopi Opéra quae extant Chronicon et adversaria nunc primum in lucem exeunt P. Hieronymi de la Higuera Societ. Jesu presbyteri D. Laurentii Rampez de Prado consiliarii regii notis illuslrata. Antverpiæ, ex offlcina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XL. In-folio.

Le titre est inscrit sur un piédestal circulaire, au-dessus duquel siège l’Histoire. D’une main, elle tient un flambeau allumé, symbole de la lumière qu’elle répand ; de l'autre, elle écrit dans un livre. A ses côtés, un phénix, perché sur le globe terrestre, personnifie l’Immortalité. A droite, se voit un olivier, auquel sont suspendues les clefs et la tiare papales. Une femme attache au tronc de cet arbre une chaîne, formée des portraits en médaillon des papes dont Luitprand a écrit la biographie. A gauche, on voit un palmier, au sommet duquel est perché un aigle, tenant une couronne de laurier dans le bec et une couronne comtale dans la serre, probablement une allusion au nom de l’auteur Laurent Ramirez de Prado. Mercure enroule autour du tronc une chaîne, formée des médaillons des empereurs et des rois de l’Europe dont l’auteur a

(1) A0 1622, den 9 October Cornelis gesneden den grooten tytel in-folio Somma

Consiliorum 75 gui.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de The'odore Galle).

(2) MARIETTE : Abecedario. V, 140.

écrit l’histoire. Une banderole, portant les mots: P ace et Bello, entoure le palmier. L’arbre symbolise la Paix ; des armes déposées à son pied figurent la Guerre. L’Enlèvement d’Europe par Jupiter est figuré en bas-relief sur le soubassement du piédestal. Cette partie de la composition symbolise notre partie du monde ou vécurent les personnages dont l’auteur raconte la vie.

La planche est signée: « E. Quellinius delineavit. Pet. Paul. Rubenius invenit. Corn. Galleus junior sculpsit. » Rubens a donc indiqué à Quellin les motifs à traiter et celui-ci les a dessinés. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 38) possède le dessin original signé: E. Quellinius delin. Il est fait à la plume, lavé de bistre (H. 28, L. 18,7). Il fut payé 24 florins à Érasme Quellin, le 25 mai i63g (1).

Gravure: V. S. 38, Corneille Galle junior.

Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de cette planche qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne .

Portrait du Comte-duc d’Olivarez pour Luitprandi opéra. Plantin. 1640. In-folio.

Ce portrait fut dessiné par Érasme Quellin d’après celui que Rubens avait peint en grisaille pour être gravé par Pontius. Les ornements qui entourent le médaillon sont simplifiés dans la présente répétition (Voir notre n° ion). Le musée Plantin-Moretus possède l’original du dessin d’Érasme Quellin (Salle II, n° 37), à la plume, lavé de bistre (H. 26,5 L. 18), qui fut payé 18 florins à Érasme Quellin, le 24 novembre i63g (2).

Gravure: V. S. Portraits, 264, Corn. Galle, le jeune.

Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de cette planche (Salle XIX, n° 77) qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

(1) A° 1639, 25 Meij. Item een boeck van del Prado. 24 fl.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Facture d’Erasme Quellin).

(2) 1639. 24 November. A Erasmus Quellinus voor de teeckeninghe van Conte Duca 18 fl. (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Registre By^ondere uitgaven , 1637-1667).

PORTRAIT DE JEAN VAN HAVRE pour ARX VIRTUTIS.

Gravé par CORNEILLE GALLE.

Pl. 3/g

1285. Frontispice de Maphœi S. R. E. Card. Barberini mine Urbani pp. VIII

pœmata. Antverpiæ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti M.DC. XXXIV. In-4°.

Le titre est inscrit dans l’ouverture d’une voûte, au-dessus de laquelle on voit Samson, découvrant une ruche d’abeilles dans la gueule d’un lion, dont il ouvre violemment les mâchoires, allusion aux trois abeilles des armes des Barberini. A gauche, une lyre contre le tronc d’un arbre; à droite, un rocher dans les crevasses duquel croît un arbre. La planche est signée Pet. Paul. Rubens pinxit. Corn. Galle sculpsit. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 3i) possède le dessin original, fait à la plume (H. ig, L. 14,5) et payé 12 florins à Rubens (Voir notre n° 882). Quoique simple, le frontispice est admirable de mouvement et de force.

Gravure: V. S. 41, Corn. Galle, le père.

Le cuivre de cette planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 82) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

Voir planche 371.

1286. Portrait du Pape Urbain VIII pour Maphœi pœmata , Plantin, 1634.

In-40.

Le pape est vu de trois quarts, portant moustache et barbiche, coiffé de la calotte, vêtu de la pèlerine. Mariette ( Abecedario . V, i33) dit que le portrait est fait d’après une gravure reproduisant le buste que sculpta le Bernin. La planche porte le titre Urbanus VIII . Barberinus Pont. Max. Elle est signée Cor. Galle fe. Le dessin fut payé à Rubens 12 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure de cette planche et de la précédente fut payée à Jean Galle 60 florins, le 3 février 1634 (1).

Gravure: V. S. Portraits, 22g, Corn, Galle, le père.

Le cuivre de la planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 85) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

(1) A0 i63q. Den 3 Februarij. Co. Galle gesneden den Paus en eenen tytel Samson naer Rubens voor de 2 platen en coper . . . . . . 60 fl.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).

1287. Frontispice de Legatus Frederici de Marselaer equitis, topcirchœ de Parck cos. Bmx : ad Philippum IV Hispaniarum regem. Editio secunda ab ipso auctore aucta et recensita. Antverpiæ ex officina plantiniana M.DC.LXVI. In-folio.

Rubens lui-même a fourni l’explication de ce frontispice. Nous traduisons son texte, qui nous fournit un second exemple, non moins remarquable que le premier, de la fécondité du peintre à créer des allégories et à mettre des allusions jusque dans les plus petits détails de ses frontispices. « Au haut de la composition, dit-il, parcourant et protégeant tout, veille l’œil de la Divine Providence, l’arbitre et le maître des ambassades. Plus bas, on voit la Politique, ou l’art de régner. La forme carrée du socle indique la stabilité de son règne; elle est coiffée de tours comme Cybèle, parce qu’elle construit des villes, les gouverne et les conserve ; dans ses cheveux passent des pavots et des épis de blé, parce qu’elle est la nourricière des peuples et procure un repos assuré aux citoyens. Le collier en forme de serpent qui entoure son cou symbolise l’Éternité. C’est là une façon que les Romains donnaient parfois à leurs colliers, comme on peut le voir dans Antonius Augustinus et dans la collection de Lelio Pasqualini, à Rome, où j’ai vu moi-même et tenu en main un antique collier de cette forme, en or, fort habilement tressé.

« A côté de la Politique volent deux génies propices, dont l’un représente la Victoire, l’autre le Gouvernement du monde. Sous leurs auspices, on peut présager qu’à l’intérieur et à l’extérieur tout prospérera.

« A droite, Minerve, déesse de la Prudence, se tient debout, car « la Vierge née du cerveau de Jupiter brille par la Sagesse ». Mercure lui tend la main droite, car lui « l’interprète et le messager des dieux, » maître dans l’art de bien dire et de persuader, mérite à juste titre d’être le dieu tutélaire et le chef des ambassadeurs, qui, eux, sont les envoyés des princes, les représentants des dieux sur la terre, comme lui est le messager des dieux. En effet, les conseils, obtenus dans le sanctuaire de Minerve, doivent être traduits par le langage, pour que l’ambassadeur atteigne son but et termine heureusement sa tâche difficile.

» Le caducée dans la main de Minerve est le symbole de la Paix. Les ambassadeurs sont créés plutôt pour contracter des amitiés et conclure des traités que pour les rompre; c’est pourquoi, ils sont considérés comme sacrés et inviolables, quoique parfois ils soient impliqués dans des affaires fâcheuses. Dans la guerre de Troie, Homère aussi ne s’est servi d’aucun autre dieu que de Minerve, comme habile dans l’art de la Guerre et de la Discussion.

» Le hibou, à côté de Minerve, et le coq, à côté de Mercure, indiquent la Vigilance de l’ambassadeur.

« Sur le soubassement, au-dessous de Minerve, on voit une couronne d’olivier. Cet attribut fut décerné autrefois à la déesse et à Thémistocle dans une assemblée publique de la Grèce, en témoignage de leur Prudence. La branche de palmier, passée dans la couronne, indique la Prudence victorieuse.

» Sous Mercure, on voit une couronne civique, parce que l’action des ambassadeurs, qui s’acquittent avec honnêteté et avec zèle de leurs fonctions, procure le salut des citoyens. Cet heureux effet est désigné par le rameau d’olivier passé dans la couronne.

« La Corne d’Amalthée, pleine de couronnes, de sceptres et de fruits divers, que l’on voit sous le titre, désigne les bienfaits et les avantages que l’on peut espérer des ambassades.

» C’est à peu près la même idée que représentent les enfants jouant et s’ébattant, qui, dans les médailles et dans les marbres antiques, figurent toujours le Bonheur des Temps (i). «

(i) In frontispicium Legati nobilissimi ac amplissimi viri D. Frederici de Marselaer, equitis aurati, Toparcliæ de Parck, Elewjrt, etc. P. Pauli Rubenii elucidatio.

In suprema tabulæ parte excubat vigil cuncta lustrantis ac sospitantis Divinæ Providentiæ oculus, Legationum arbiter ac moderator.

Infra stat Politice, sive Ars dominandi, forma quadrata stabilitatem Imperii designans : ipsa turrita instar Cybeles, quia urbes struit, régit & conservât. Papaveribus autem & aristis redimita est, quod nutrix Populorum sit, & securam civibus quietem præstet. Torquis Anguineus collo ejus circumvolutus circulum sive Æternitatem exprimit, ab hoc ornatu non alienus : nam torques Romanorum eam reddebant figuram ; ut videre licet apud Antonium Augustinum, & egomet in Musæo Lælii Pasqualini Romæ, Torquem, inquam, aureum antiquum subtiliter mehercle intextum hac forma vidi, & manibus meis tractavi.

Juxta Politicen duo Genii Propitii advolant, quorum unus Victoriam, alter Regimen Orbis Terrarum repræsentat. Illorum auspiciis cuncta domi forisque bene cessura, ad Imperium prorogandum & diu conservandum, ominari licet.

Adstat a dextro latere Prudentiæ Numen Minerva, nempe

Consilio sata Virgo Jovis de vertice pollens.

Hæc Mercurio dextram porrigit. Nam ille

Divum interpres, et nuntius Hermes,

Eloquii, inquam, Suadæque magister, videtur merito commeantium Legatorum Deus Tutelaris ac præses haberi ; cum, ut ille Deorum, ita hi Principum, qui Deos in terris referunt, nuntii sint. Enimvero consilia ex adytis Minervæ probe petita per eloquium in actum producenda sunt, & aptissimis ad rem verbis exponenda, ut Legatus finem suum consequatur, & ardua quæque negotia commode perficiat.

Ce frontispice ne parut qu’en 1666, longtemps après la mort de Rubens. Il était dessiné en i638. Au commencement de mars de cette année, de Marselaer écrivit à Balthasar Moretus: « Rubens a si grandiosement composé le frontispice de la nouvelle édition de notre Legatus, qu’il est difficile de dire ce que l’on doit y admirer davantage son esprit et sa science, son obligeance et son affection ou bien son talent. Le portrait de l’ambassadeur, sa dignité, son rang se montrent aux yeux des spectateurs dans ce dessin comme résumés en une médaille. Lorsque j’obtins de lui ce dessin, après trois années de sollicitation, je me souvins de Pierre Mathieu, qui, lorsque le roi lui fit le reproche : « En bonne foy, vous écrivez longtemps, » répondit : « Ouy da, Monsieur, mais c’est pour longtemps (1). «

La bibliothèque de Bruxelles, département des Manuscrits, possède un exemplaire du frontispice, avec le texte explicatif, écrit de la main de Rubens.

La planche fut gravée par Corneille Galle, le fils, en i656, au prix de i5o florins, comme il ressort de la correspondance de Balthasar Moretus II avec Frédéric de Marselaer (2).

Caduceus Pacis symbolutn est: ideoque ad conciliandas magis amicitias, & fœdera percutienda, quam ad dissolvenda, instituti videntur Legati, eaque ratione sacrosancti & inviolabiles habentur, quamquam interdum tristioribus quoque negotiis implicentur. Hinc etiam Homero solus omnium fere Deorum Mercurius in bello Trojano contentionis & pugnæ expers servatur.

Noctua & Gallus Gallinaceus Vigilantiam Legati désignant.

In basi sub Minerva Corona Oleagina est, huic Deæ peculiaris, & Themistocli olirn, in publico Græciæ conventu, cum elogio Prudentiæ décréta. Palma huic inserta, nempe Prudentia victrix.

Sub Mercurio Civica Corona est, quod opéra Legatorum (quos Ramus felicis olivæ indicat) probe ac strenue negotia publica tractantium cives serventur.

Cornua Amaltheæ, Coronis, Sceptris, & variis fructibus referta, bona & commoda e Legationibus speranda désignant.

Idem fere signifïcat Lusus ille puerulorum lascivientium & exultantium, quo omnis Antiquitas in marmoribus & nummis Temporum Felicitatem repræsentavit.

(1) Frontispicium novo Legato nostro cl. Rubenius sesquipedali tabella sic expressit, ut utrum ingenio ac doctrinæ, an vero curæ et affectui, an denique artifîcio plus tribuendum sit, ambigere sane liceat. Adeo universa Legati, imago, dignitas, conditioque, ut brevi sigillo, intuentium oculis dehneata occurrit. Quam iconem dum triennio toto vix impetravi, memini modo responsi Pétri Mathei quod ad hæc increpationis Regia verba : « en bonne foy, vous escrivez long temps » reposuit : « Ouy da, Monsieur, mais c’est pour long temps » (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Fre'd. de Marselaer reçue le 6 mars 1 638) .

(2) Nu teghenwordigh become door brengher deser het coper om op het selve te doen

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