‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 39 sur 284 · LA MARCHE DE SILÈNE · texte numérisé non relu

LA MARCHE DE SILÈNE

Gravé par CHRISTOPHE JEGHER.

Photographié d’après le dessin par A. BRAU

Pl. 38o.

Gravure: V. S. 3 7, Anonyme (Corneille Galle, le fils). De ce frontispice, comme d’un grand nombre d’autres, le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris conserve un exemplaire avant que les inscriptions ne fussent taillées dans la planche.

Voir planche 372.

Dans le même volume, il existe une planche, dont Voorhelm Schneevoogt attribue la composition à Rubens. C’est la représentation d’une scène de chasse, où l’infant Balthasar Charles, âgé de neuf ans, tua un sanglier d’un coup de fusil, le 26 janvier i638. Dans un paysage montagneux, on voit le jeune prince, à qui son père, habillé en chasseur, tend un fusil. De l’autre côté, un page élève la peau de la bête tuée et montre dans l’intérieur l’écusson de la maison d’Espagne. Dans le haut des airs trône Jupiter avec son aigle. Dans le bas, on voit galopper le sanglier blessé et un taureau, frappé mortellement d’un coup de fusil par le même prince, dans l’amphithéâtre. Au milieu du paysage se . dresse une grande plaque, couronnée des bustes de Minerve, de Diane et de Mercure, sur laquelle les hauts faits de l’Infant sont inscrits. La planche est signée: C. Galle sculp. Bruxelles , 1642.

Comme l’indique cette inscription, la planche a été gravée en 1642 ; elle a été imprimée la même année et publiée, en feuilles séparées, avec un titre et une dédicace, rédigés par Charles-Philippe de Marselaer, fils de Frédéric, tirés à 3oo exemplaires par Balthasar Moretus II. Ce travail fut

snyden het frontispicium door myn Heer Rubbens saligher gheteeckent waer toe ick niemandt bequaemer en vinde om met eere wt te voeren als Sr Cornelis Galle aen denwelcken morghen daerover dencke te sprecken ende U. E. van synen eysch te verwittighen (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre du 18 septembre 1 656, de Balth. Moretus à Fre'd. de Marselaer).

Alsoo Sr Cornelis Galle my te kennen ghegheven hadde, dat hy aan U. E. gheschreven hadde ende den prys van het frontispicium te snyden, ende dat hy denselve estimeerde op 28 & vlaems, soo en hebbe U. E. subiect voor desen niet gheschreven: maer nae dat U. E. brief van 27 lestleden ontfanghen hebbe, hebbe met hem over den selven pryse ghesprocken, ende met veele worden hebbe hem ghebrocht op de somme van 25 % vlaems, d’welck den allernaesten prys is voor denwelcken hy die soude willen aenveerden te snyden ; te meer alsoo hy voor synen eyghen winckel, sooveel wercks heeft, dat seer swaerlyck iemandt anders van syne handt kan ghedienen: gelyck ick beproeve inde plaeten die hy voor myne Missalia ende Breviaria is snijdende. (Ibid Lettre du 2 octobre 1 656) .

. . . . Terwylen U. E. syn werck van synen legatus met staede is oversiende,

sal aen Sr Cornelis Galle de eer ende sorghen van de plaeten recommanderen. (Ibid. Lettre du 23 décembre 1 656) .

porté en compte à Frédéric de Marselaer pour la somme de 247 florins 8 sous, le 10 mars 1642 (1).

Voici le titre de l’imprimé tel que Balthasar Moretus le rédigea ; « Serenissimi Hispaniarum Principis Balthasaris Caroli Venatio qua nono ætatis anno aprum taurumque conficiens belluæ fortitudinis et disciplinæ pæludia dédit, icône et stylo illustrata a Carolo Philippo de Marselaer toparcha de Parcq (2). «

Lorsque la dernière édition du Legatus de Frédéric de Marselaer parut en 1666, on y inséra la planche publiée par son fils Charles-Philippe en 1642. La composition ne saurait d’aucune façon être attribuée à Rubens.

Gravure: V. S. Allégories profanes, 67, C. Galle.

1288. Frontispice de Augustini Mascardi Silvarum libri IV. Ad Alexandrum

principem Estensem S. R. E. Cardinalem. Antverpiæ ex officina plantiniana.

M.DC.XXII. In-40.

Le titre est gravé sur un petit monument, supportant le portrait de Virgile, en médaillon, derrière lequel sont passées la flûte champêtre et la trompette héroïque. A gauche, contre un palmier, le génie de la Poésie épique, le pied appuyé sur un casque, touche de la lyre en chantant ; à droite, le génie de la poésie bucolique joue des pipeaux rustiques devant un bocage. Dans la partie inférieure, à côté de l’adresse, les masques de la tragédie et de la comédie; au-dessus, Pégase, sculpté dans un médaillon. La planche est signée : Pet. Paul. Rubenius pinxit. Th. Galleus incidit.

Le dessin du frontispice fut payé à Rubens 12 florins par Balthasar Moretus (Voir n° 882). La gravure fut payée 32 florins à Théodore Galle (3).

Gravure: V. S. q3, Théod. Galle. Le musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 83) possède le cuivre de cette planche, qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne. La même planche servit en i65q pour la première et en i663 pour la seconde édition plantinienne de Las Obras de Don Francisco de Borja, principe de Esquilache.

(1) Archives du muse'e Plantin-Moretus. Grand-Livre, 1624-1655. Fol. 55.

(2) Ibid. Correspondance, 1635-1642, p. 421-422.

(3) A0 1622, den 26 februari gesneden den tytel in-40 heel pagie naer Rubbens,

Augustini Mascardi met cooper en herteeckenen te samen 32 fl.

(Archives du musée Plantin-Moretus, Comptes de Théodore Galle).

Planches du Missale Romanum ex decreto sacrosancti Concilii T ridentini restitutum

Pii V. pont. max. jnssu editum et Clementis VIII auctoritate recognitum.

Antverpiæ apud societatem Librorum Officii Ecclesiastici M.DC. XXVII.

Prostant apud Hieronymum Verdussium. In-folio.

Le 3 juin 1624, l’imprimeur Jean Van Keerberghen d’Anvers, obtint du pape Urbain VIII un privilège pour imprimer les Missels, Bréviaires, Diurnaux et Offices de la Vierge. Dès avant 1610, il avait exécuté des livres liturgiques. Il vint à mourir en 1626 et son fils Jean, conjointement avec

Jérôme Verdussen, continua l’exploitation du privilège. Celui-ci avait été

accordé au détriment de la typographie plantinienne qui, jusqu’alors, en avait possédé le monopole. Jean Moretus I ne s’était pas opposé à ce que ce

concurrent imprimât les livres liturgiques et Balthasar Moretus permit au

vieux Van Keerberghen de profiter en paix de la tolérance de son père; mais il s’opposa à ce que son fils et l’associé de celui-ci continuassent à jouir de la même faveur (1). Ses réclamations furent écoutées; l’officine plantinienne garda dans la suite, le monopole d’imprimer les livres liturgiques. S’il y a lieu de s’étonner de cette infraction, faite par le pape lui-même au privilège accordé par ses prédécesseurs à la famille de Plantin, il n’est pas moins surprenant que les éditions de la Société des Livres Ecclésiastiques soient illustrées par des compositions rubéniennes. Et pourtant, il en est ainsi. Dès que Jean Van Keerberghen le fils et Jérôme Verdussen se furent associés pour exploiter le privilège du 3 juin 1624, ils firent graver une série de planches dont ils illustrèrent un missel in-folio qu’ils publièrent en 1627 et qui comprend neuf planches, gravées pour la plupart d’après des compositions de Rubens.

(1) Keerbergius (jam a mensibus aliquot vita functus) cui parens meus p. m. ut quorumdam nescio quid melius et levions pretii a tali typographo exspectantium opinioni satisfaceret, libros ecclesiasticos cudendi licentiam liberaliter indulserat, haud ita pridem ante mortem, cum nomen suum passim vilere animadverteret, Societatis librorum Officii Ecclesiastici titulum, libris suis præfixit: filio suo potissimum, et Hieronymo Verdussio juniori, quicum venditionem communicarat, dolum excogitantibus, et me velut ejusdem Societatis socium appellantibus. Nuper vero seniore Joanne Keerbergio vita functo Libellum supplicem Concilio regio exhibui ; ut in primis titulus iste Societatis in Libris omnibus Keerbergianis mandato regio tolleretur : deinde ne juniori Keerbergio eosdem cudendi, sed absolvendi tantum quos pater incepisset facultas daretur (Lettre de Balth. Moretus à Herman Hugo, du second jour de Pâques 1627; Archives du musée Plantin-Moretus. Litteræ Latinæ, 1620-1628, p. 292).

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128g. La première est une Annonciation , où l’on voit la Vierge agenouillée devant son prie-Dieu et se relevant à l’approche de l’ange Gabriel. Celui-ci, accompagné de deux angelets, descend du ciel, l’une main étendue, l’autre montrant le St. Esprit qui plane dans le haut. Derrière la Vierge, une corbeille à ouvrage. Au-dessus d’elle, un ciel de lit. La collection Albertine de Vienne, n° 388, possède le dessin original de Rubens, d’après lequel la gravure fut exécutée. Il est fait à la plume, réhaussé de bistre, de noir et de gris (H. 3o, L. 20).

Photographie: Cari Haack.

Voir planche 373.

IA Adoration des Bergers reproduit le tableau de l’église de la Madeleine, à Lille, que nous avons décrit sous le n° i5i.

L’ Adoration des Rois reproduit le tableau de l’église de St. Jean, à Malines, décrit sous notre n° 162.

Le Calvaire représente le Christ mort sur la croix, la tête retombant sur la poitrine; la Vierge, à gauche, les mains jointes à la hauteur de la ceinture lève les yeux vers son fils; St. jean, une main sur la poitrine, l’autre étendue, regarde également le Sauveur avec une expression compâtissante. La composition ne nous parait point être de Rubens.

La Résurrection du Christ reproduit le Christ du Missel plantinien et les angelets qui l’entourent. Quatre grands anges soulèvent en volant la pierre du tombeau; trois soldats et un chien sont endormis par terre; ces figures accessoires ne sont point de Rubens.

La planche de l'Ascension manque.

La Descente du St. Esprit montre la Vierge assise sur une estrade, élevée de trois marches, dans une salle entourée de colonnes. Deux apôtres, debout ou assis, l’entourent, la plupart étendent les mains en signe d’étonnement. La composition ne saurait être attribuée à Rubens.

La Cène. Dans une salle reproduisant exactement celle de la Cène du Missel plantinien, le Christ, levant une hostie, est assis à table, au milieu de la composition. St. Jean pose la tête sur la poitrine du Sauveur; six apôtres sont assis à droite, cinq à gauche. Judas se trouve au premier plan, tournant le visage vers le spectateur et tenant une bourse. Sur la table, se trouve un agneau rôti. La composition n’est point de Rubens, quoique conçue entièrement dans son style.

L’ Assomption de la Vierge reproduit le tableau du musée de Dusseldorf que nous avons décrit sous le n° 358. La gravure est rectangulaire dans le haut.

Photographié d'après le dessin, par A. BRAUN.

Le Christ manque; des anges qui portent la Vierge, les quatre inférieurs sont seuls conservés.

La Toussaint reproduit, dans le haut, la Trinité de la planche correspondante du Missel plantinien. Les Saints et Saintes diffèrent. Ste. Catherine est assise sur sa roue, au milieu de la composition, tenant dans les mains croisées la palme du martyre. Une autre martyre est agenouillée à droite, tenant une palme à la main. Du même côté, on distingue des moines, parmi lesquels, tout en bas, St. François d’Assise. A gauche, on remarque St. Laurent, St. Georges, St. Sébastien, St. Grégoire. La plupart de ces Saints sont empruntés au frontispice de la Generale Legende der Heylighen de Ribadineira et Rosweydus (Voir n° I2g3), où ils sont représentés dans la même attitude.

Gravures : Les gravures de ce Missel ne sont pas décrites. Elles ne portent pas de signature. La facture fine et brillante permet d’attribuer le travail à Jean Collaert, qui a gravé de la même manière, d’après Rubens, pour Jérôme Verdussen, les frontispices de 7 Vaders boeck par Rosweydus et de De Kerckelycke Historié par Mudzaert.

1290. Frontispice de Diverses pièces pour la Défense de la Roy ne Mère du roy très-chrestien Louys XIII faites et reveues par Messire Mathieu de Morgues Sr de St. Germain. Anvers. Imprimerie plantinienne, 1637.- In-folio.

Le titre est inscrit sur un piédestal, au-dessus duquel siège un génie qui calme deux lions, symboles des deux personnes royales, aux dissentiments desquelles l’ouvrage est consacré. Dans le haut, à gauche, on voit une colombe rapportant la branche de l’olivier; à droite, un aigle armé de la foudre, qui va détruire un nid de reptiles. A côté du piédestal, à droite, le Temps qui enfonce la Discorde dans un puits; à gauche, le Temps qui retire la Vérité d’un puits. Sur le soubassement du piédestal, on voit, d’un côté, le soleil grandissant dans les nuages ; de l’autre côté, le même astre dont les rayons sont arrêtés par les nuages qu’il a produits lui-même; au milieu, le dragon qui périt par les flèches de Phébus-Apollon. Autant d’emblèmes se rapportant aux calomniateurs et à l’inanité de leurs efforts pour entretenir la discorde entre Marie de Médicis et son fils Louis XIII.

La planche n’est pas signée.

Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent la composition à Rubens ; elle a été dessinée en réalité par Érasme Quellin, son disciple; mais le maître

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avait été consulté et en a probablement donné l’idée première. Le 18 juin 1637, Balthasar Moretus paya le dessin 24 florins à Érasme Quellin. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 5o) possède cette pièce, signée: E. Quellinius delin. (H. 28,3, L. 18). Balthasar Moretus avait lui-même suggéré l’idée de demander l’avis de Rubens. Le 10 février 1637, il écrit à Mathieu de Morgues: « J’ay parlé avec Monsr vostre frère d’un frontispice qui se pourrait faire pour donner quelque lustre au tiltre de l’œuvre. J’attendray l’avis de V. R., après Monsr Rubens pourra contribuer au dessin. « Le 21 mars suivant, le frère de Mathieu de Morgues, Mr Duverdier, écrit à l’imprimeur: « Encore que je

scache que vous avez en singulière recommandation tout ce qui concerne le contentement de la Royne, je ne laisseray pourtant de vous supplier très humblement de vous souvenir de faire travailler à son ouvrage. Mr de St. Germain vous en prie bien fort et a assuré Sa Majesté ces jours passez qu’il y avoit quinze jours qu’on l’avoit commencé. Vous prendrez aussi la peyne de voir Mr Rubens pour le frontispice. « Le 3 avril, Balthasar Moretus lui répond: “ Monsr Rubens a conceu le frontispice et a donné la charge à un aultre maistre de le délinéer. »

La planche fut gravée par Corneille Galle. Dans une lettre du 20 juin 1637, Balthasar Moretus écrit à l’abbé de St. Germain: « J’envoye les feuilles imprimées et ensemble le crayon du Frontispice corrigé selon vostre advis; s’il est au contentement de V. R., elle pourra le faire délivrer par Monsr son frère au tailleur Cornille Galle (1). »

Les corrections, dont il est question ici, sont indiquées sur de petits carrés de papier attachés au dessin original.

Gravure: V. S. 20, Anonyme (Corneille Galle, le père). Le cuivre de cette planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° y5) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.

Une copie de ce frontispice fut faite pour une édition in-40 du livre de Mathieu de Morgues, publiée sans nom d’imprimeur et sans date.

(1) Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondance de Balthasar Moretus avec l’abbé Duverdier et Mathieu de Morgues.

1291. Frontispice de De Kerckelycke Historié van de gheboorte Onses Heeren Jesu Christi tôt het tegenwoordich jaer M .DC.XXII door F. Dionysium Mudzaert Religieus-Canonick van O. L. Vrouwete Tongerloo , der Ordre van Premonstreyt. Tôt Antwerpen, bij Hieronymus Verdussen, in de Kamerstrate in den Rooden Leeuw. Ad. DC.XXII. In-folio.

Le titre est gravé sur la face antérieure d’un piédestal, au haut duquel trône l’Église catholique. Elle tient d’une main la Croix, de l’autre la tiare; le St. Esprit plane au-dessus d’elle. A côté d’elle, sur le globe terrestre, est perché le phénix. A gauche, un ange porte le flambeau, symbole de la lumière que répand l’Église ; à droite, un second ange porte l’anneau du serpent qui se mord la queue, symbole de l’Éternité. A côté du piédestal, à gauche, la Vérité, qui appuie le pied sur trois livres intitulés : Lex, Prophetœ , Gratia et montre, dans un livre ouvert qu’elle tient, les mots: Veritas Vincit. A droite, l'Histoire, représentée par une vieille femme, qui tient un cordon auquel sont attachés les médaillons des papes. Dans le bas, l’adresse de l’imprimeur est inscrite sur une pierre, au-dessus de laquelle une tête de lion, tenant dans la gueule un anneau, auquel sont enchainées l’Erreur et l’Hérésie. A côté de cette dernière, deux livres avec l’inscription Centur. Magdeb. désignant l’histoire de l’église écrite par les protestants (Centuriatus Magdeburgici).

La planche est signée : Pet. Paul. Rubens inv., Joan. Collaert sculp.

Le dessin original se trouve au musée Teyler, à Haarlem. Sur le dessin, l’adresse et les figures de l’Erreur et de l’Hérésie manquent.

Gravure: V. S. 35, Jean Collaert. Le même frontispice a servi pour l’édition de 1624, avec le titre : « Generale Kerckelycke Historié van het begin der werelt tôt na de geboorte Christi M .DC .XXIV door F. Dionysium Mudzaert. Tôt Antwerpen by Hieronymus Verdussen. M.DC.XXIIII. «

Le même titre a encore servi pour: Thésaurus Moralis R. P. Francisci Labatœ Societatis Jesu. Antverpiæ apud Hieronymum Verdussium M.DC.LII (V. S. 70). Voir planche 374.

Frontispice de Caroli Neapolis Anaptyxis ad Fastos Ovidii Nasonis. Antverpiæ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXVIIII. In-folio.

Le titre est inscrit sur le devant d’un piédestal circulaire, supportant une niche, dans laquelle est posé le médaillon de Numa Pompilius. A droite du piédestal, César, une statuette de la Victoire dans l’une et un globe terrestre dans l’autre main. A gauche, Romulus portant de longs cheveux et

une longue barbe, la main appuyée sur une haute canne ou sceptre, la tête ceinte d’une couronne de lauriers. Les deux personnages symbolisent le commencement et la fin de la république romaine. Dans le haut, sur le couronnement du monument, Apollon et Diane, assis, symbolisant le soleil et la lune; entre les deux, la tête de Janus, entourée du Zodiaque, symbole de l’Année. L’adresse de l’imprimeur est inscrite dans un cartouche, à côté duquel on voit la Louve avec Romulus et Remus et des objets appartenant aux sacrifices romains.

La planche est signée: E. Quellinus pinxit. J. Neeffs sculpsit.

Comme pour la plupart des frontispices, faits par Érasme Quellin pour Balthasar Moretus, entre 1637 et 1640, la participation de Rubens a été invoquée pour la composition de celui-ci. Cela ressort de la correspondance de l’imprimeur avec l’auteur. Le 28 novembre 1637, Balthasar Moretus écrit à Carolus Neapolis: « Quant au frontispice, ainsi que moi-même, Rubens hésite encore à choisir un motif. Je vous prie de nous indiquer plutôt ce qui vous plait à vous-mème (1). « Et comme l’auteur ne voyait dans cette demande qu’un moyen de gagner du temps, l’imprimeur lui écrit, le 8 mars i638: « Je vous prie de m’excuser lorsque je vous dis que vous vous faites une fausse idée de mon caractère et de celui de Rubens en pensant que c’est uniquement pour trainer les choses en longueur que nous vous demandons de nous dire votre avis sur le frontispice de votre livre. Nous aimons bien d’apprendre l’avis de l’auteur pour être confirmés dans le nôtre ou pour le changer. Ce que vous nous suggérez nous plaît et le pinceau de Rubens le fera encore mieux ressortir (2). »

Quoique l’intervention de Rubens ait donc été promise, Érasme Quellin seul exécuta le dessin. Il lui fut payé 24 florins, le 4 mars r638. Le dessin original, à la plume et à la pierre noire, lavé de bistre (H. 29,5. L. 19) est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 43). Il est signé E. Qùellinius inventor. Dans la bandelette passée autour de la tête de Numa, on lit le nom de ce roi de Rome. Dans la gravure il est omis.

Gravure: Non citée, Jac. Neeffs.

(1) At pro imagine tituli Rubenius mecum adhuc hæret quid argumenti seligat. Te quæso, lllme Domine, quid potissimum ipse malis præscribas (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus du 28 novembre i63y).

(2) Ignosce, Illrae Domine, haud recte de meo vel Rubenii ingenio censes, quod fallendo tempori tuum de libri imagine judicium requiri existimes ; libentes enim auctoris ipsius sententiam intelligimus, ut nostram deinde vel firmemus vel mutemus. Placent quæ suggeris, eaque Rubenii penicillum magis illustrabit (Ibid. Lettre du 8 mars 1 638) .

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