LA SAINTE FAMILLE
l’agneau divin et le livre aux sept fermoirs sont portés sur des nuages. Du côté gauche du titre se trouve St. Pierre, étendant les clefs ; du côté droit, St. Paul, les mains appuyées sur la garde du glaive. Dans le bas, l’Église catholique, personnifiée par une femme coiffée de la tiare, tenant d’une main un flambeau allumé, de l’autre, un livre. Deux anges, à côté d’elle, tiennent un flambeau et une lampe qu’ils ont allumés au flambeau de l’Église. Un troisième tient un flambeau seulement. Dans le bas, à droite, un Indien accepte une lampe qu’un angelet lui tend et un nègre étend les mains vers l’Église. A gauche, un homme, un hérétique sans doute, ferme de ses mains les yeux pour ne pas voir la lumière qu’elle répand; un second personnage, un juif probablement, drapé dans un manteau, qui lui couvre la tête invective l’Église. L’adresse est inscrite dans le bas de la gravure sur une pancarte à moitié déroulée; sur le carquois de l’Indien, on lit: P. P. Rubens inv. L. Vorsterm. sculp.
Gravure: V. S. 22, Luc Vorsterman.
Frontispice de Vitœ patrum. De Vita et Verbis Seniorum Libri X Historiam eremeticam complectentes . Opéra et studio Heriberti Rosweydi Ultrajectini , e Soc. Jesu Theologi. Antverpiæ ex officina plantiniana Apud Viduam et Filios Jo. Moreti M.DC.XV. In-folio.
Idem. Editio Secunda. Antverpiæ ex officina plantiniana M.DC. XXVIII. In-folio.
Au frontispice de la première édition de cet ouvrage, on lit le titre dans l’ouverture d’un portique d’ordre corinthien, sur les côtés duquel on voit les ermites St. Paul et St. Antoine; dans les quatre coins de la planche, on voit, dans des bas-reliefs, le prophète Élie, St. Jean Baptiste, Ste. Eugénie et Ste. Euphrosine. La planche n’est pas signée. Le dessin et la gravure sont
Rubbens te willen eijschen ende dan hier oversenden (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Corneille Galle, le jeune, à Balth. Moretus, datée du 18 mars 1639).
Den titel van P. Bartholomeus de los Rios heeft mijn heer Rubens geinventeert : E. Quellinus sal die teeckenen ende daer naer sal aen U. L. gesonden worden (Ibid. Lettre de Balth. Moretus à Corn. Galle, le jeune, datée du 11 avril 1639).
Ick heb wel ontfanghen de teekeninghe met de plaete voor P. Rios. Den titel van Quellinius staet mij wel aen, maer P. Rios seijt dat hij hem niet wel aen en staet, doch hy en verstaet die const niet, en is daerin onverstandigh (Ibid. Lettre de Corn. Galle, le jeune, à Balth. Moretus du i5 mai 16.39).
de Théodore Galle, à qui Balthasar Moretus les paya 73 florins, le 25 mai i6i3 (1).
Gravure: V. S. 74, Anonyme (Théodore Galle). Le musée Plantin Moretus conserve le cuivre de cette planche (salle XIX, n° 5g), qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne.
Dans le frontispice de la seconde édition du livre, le titre est écrit sur une draperie, suspendue aux branches d’un arbre. Dans la partie supérieure, on voit une grotte dans laquelle se trouvent deux ermites, St. Paul et St. Antoine; plus haut, le prophète Élie et St. Jean Baptiste. A droite et à gauche du titre sont étagées quatre figures symboliques : le Silence, la
Mortification, la Méditation et la Prière. Dans la partie inférieure de la planche, Ste. Eugénie et Ste. Euphrosine, agenouillées.
La planche est signée Corn. Galle sculp. , mais il y a des épreuves non signées. Elle a été dessinée par Abraham Van Diepenbeeck, à qui Balthasar Moretus, le 12 septembre 1627, paya de ce chef 20 florins (2).
Il avait cependant été question de confier ce travail à Rubens et le père Rosvveydus s’était déclaré en faveur de cet artiste, comme il ressort d’une lettre de Balthasar Moretus à Antoine de Winghe (3). Nous ignorons la raison qui fit préférer un autre peintre. Probablement Rubens refusa-t-il le travail, parce qu’il avait dessiné en 1617 un titre pour l’édition flamande du même ouvrage.
La planche fut gravée par Corneille Galle et payée go florins à Théodore Galle, le g octobre 1627 (4).
Gravure: V. S. 7 5, Corneille Galle (le père). Le cuivre de la planche
(1) A0 1 6 1 5 . Den 25 mey, gesneden ende van teeckenen, den tytel Vita
Patrum in-folio met cooper en ailes te samen. gui. 73
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de Théod. Galle).
(2) A0 1627. 12 september, aen Abraham van Diepenbeck voor teeckenen van
den nieuwen tytel van Vitæ patrum. fl. 20.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Registre: Bij^ondere uitgaven. 1620-163 6).
(3) Quas a duabus pæne septimanis ad R. V. P. dedi, accepisse confido. Harum mihi materiam præbent litteræ ad sororium meum Gallæum scriptæ de novo Vitarum patrum titulo: quem non tantum R. P. Rosweydus, sed et R. P. ab Habbeck, R. P. V. nomine commendarunt, quasi vêtus ipsi omnino displiceret. Memini commendantibus respondisse mirare me, R. P. V. jam sublimibus Rubenii inventionibus delectari, quæ humiles aliorum præferre olim consuevit. (Lettre du 8 décembre 1627. Archives du musée Plantin-Moretus).
(4) A0 1627, den 9 October. Cornelis Galle gesneden vitas patrum den tytel i5 po(nd). 90 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 60) et fut utilisé dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
1296 Frontispice de H Vaders Boeck. ’t Leven ende Spreucken der Vaderen beschreven door den H. Hieronymus priester, ende andere verscheyde Autheurcn In thien boecken by een vergadert door Heribertus Rosweydus Priester der Societeyt Jesu. ’t Antwerpen by Hieronymus Verdussen inde Cammerstraet inden royen Leeuw. Anno 1617. In-folio.
Le titre est inscrit sur une draperie, suspendue devant l’ouverture d’une niche. Dans le haut, sur la voûte, sont assis le prophète Élie et St. Jean Baptiste. A côté du titre sont debout St. Paul et St. Antoine, ermites ; dans le bas sont agenouillées Ste. Eugénie et Ste. Paule.
La planche est signée : Pet. Paul. Rubenius invenit. Joan. Collaert sculp. Gravure: V. S. 72, Jean Collaert. Une copie de ce frontispice, signée Gilis Boghe fec., a servi pour l’édition du même ouvrage, publiée à Bruges, en 169g, par Ignatius Van Pee.
1297-1301. Planches de Philippi Rubenii Electorum libri II. In quibus antiqui Ritus, Emendationes, Censurœ. Ejusdem ad Justum Lipsium Poëmatia. Antverpiæ, ex officina plantiniana, Apud Joannem Moretum. M.DC.VIII. In-40.
Ce volume renferme six planches.
1297. i° Iconismus statuez togatee. La statue de Titus, au musée du Vatican, vue sous trois aspects différents, l’un de face; le second de profil, tourné à gauche; le troisième de profil, tourné à droite, pour montrer comment les Romains se drapaient dans la toge.
1298. 20 Iconismus circensium et Missionis Mappœ. Cette planche représente, à gauche, le préteur jetant son mouchoir et donnant ainsi aux chars du cirque le signal du départ. A droite, un char attelé de quatre chevaux et monté par deux hommes; un troisième personnage court à côté des chevaux. La composition est emprunté à un bas-relief, trouvé près de la porte Nomentane.
1299. 3° Iconismus duplicis statuez tunicatæ. Elle représente une statue de Minerve assise, qui se trouvait alors dans les jardins du cardinal Cesi, et la Flore Farnèse, alors dans le palais Farnèse à Rome, actuellement au musée de Naples. Ces statues montrent la manière dont les dames romaines portaient la tunique.
1300. 4° Une tête de prêtre coiffé de Y Apex et cette coiffure elle-même, dessinées d’après deux pierres, dont l’une se trouvait au Capitole, l’autre dans l’arc de triomphe de Fabius.
1301. 5° Iconismus apicis in lapide clivi Capitolini. La représentation de Y Apex et de plusieurs ustensiles des sacrifices, tels qu’ils se trouvent représentés sur un bas-relief conservé au Capitole et provenant de l’entablement du temple de la Concorde à Rome.
6° Une médaille de Faustine, face et revers, d'après un exemplaire de la collection de Nicolas Rockox.
Les planches i, 2, 3 et 5 portent la signature: Corn. Galle sculp.
11 est certain que Pierre-Paul Rubens fournit à son frère les dessins de ces diverses planches, la dernière exceptée. Philippe Rubens l’atteste à la page 122 de son livre, en disant que non seulement la main habile, mais encore le jugement pénétrant et sûr de son frère l’aidèrent dans la composition de ses Electa (i).
Il est évident, comme le remarque M. Ch. Ruelens, que Rubens, en faisant ces dessins d’après l’antique, transforme quelque peu ses modèles et leur imprime son cachet personnel (2).
Gravure: V. S. 61, Corneille Galle (le père).
La planche Iconismus statuœ togatæ fut employée dans le livre d’Albert Rubens: de Re Vestiaria Veterum (Antverpiæ, Plantin, i665. P. 109). Une copie réduite s’en trouve dans Hieronymus Bossius , de Toga romana (Amstelodami, sumptibus Andreæ Frisii, 1671. P. 82). La statue vue de face de Y Iconismus slatuœ togatæ , la ' planche 4 et le Pileus de la planche 5 sont reproduits dans Anselmus Solerius, de Pileo (Amstelodami, Sumptibus Andreæ Frisii, 1671. Pp. 1 58, 25o et 252).
i3o2. Portrait de Philippe Rubens pour S. Asterii Amaseœ Homiliœ Grœce
et Latine nunc primum editæ Philippo Rubenio interprète. Ejusdem Rubenii
Carmina, Orationcs et Epistolœ selectiores itemque Amicorum in vita functum
pietas. Antverpiæ, ex officina plantiniana, Apud Viduam et Filios Joannis
Moreti. M.DC.XV. In-40.
Le portrait est placé en tête de la Vie de Philippe Rubens par Jean
(1) Discupio enim aliquod hic exstare amoris et grati in ipsum (P. P. Rubenium) animi monimentum, qui tum artifici manu, tum acri certoque judicio non parum in Electis me juvit.
(2) CH. RUELENS: Correspondance de Rubens. I, i3.