LA PÈCHE MIRACULEUSE
Photographié d'après le dessin par A. BRAUN.
1306. Le Sénèque mourant dans le bain est la figure principale du tableau La Mort de Sénèque (Voir notre n° 812). Elle reproduit la statue du pécheur africain du musée du Louvre; Rubens l’a placée dans une niche. Cette planche est signée : Corn. Galle sculp.
130 7. Le Buste de Sénèque est dessiné par Rubens d’après un marbre antique qui se trouvait dans sa collection (Voir notre n° 8i3).
C’est la même tête que Rubens fit graver sur le frontispice, en remplacement du médaillon de Sénèque qui se trouvait sur le frontispice de l’édition de i6o5. C’est la même encore qui figure dans le tableau Juste Lipse et ses élèves (Voir notre n° 977).
Cette planche n’est pas signée.
Aucune de ces trois planches ne porte le nom du dessinateur, mais la déclaration faite par Balthasar Moretus dans les liminaires du livre nous apprend que Rubens dessina les deux portraits de Sénèque d’après l’antique. Dans une lettre écrite, le 4 août 1614, à François Lucas, Balthasar Moretus dit qu’il restait encore deux portraits de Sénèque à graver, que Rubens avait peint pour lui d’après des modèles antiques (1). Dans une lettre du 5 mars i6i5 à Hubertus Audeiantius, il déclare que, non seulement ces deux portraits mais encore celui de Lipsius, ont été dessinés par Rubens (2). Dans la préface au lecteur, il constate que Rubens dessina le portrait de Lipsius avec autant de fidélité que d’élégance, non seulement d’après son propre jugement, mais aussi d'après celui de nombreux amis de Lipsius (3).
Gravures: Le frontispice, V. S. Frontispices 64, Anonyme (Théodore Galle); le portrait de Juste Lipse, V. S. Portraits 255, Corn. Galle, le père; Sénèque
nostri nunc est, inde spero ornatiori cultu et artificiosa magis positura exibit, ut cum spectabili quoque arte in æs incidatur (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Jean Woverius à Balthasar Moretus, de i6i3).
(1) Senecam philosophum, ex postrema Lipsii recognitione, typis nostris absolvimus, et superioribus nundinis divulgavimus. At restât etiamnunc duplex Senecæ imago, quæ ex archetypis antiquis Rubenius nobis depinxit, incidenda, quæ novam hanc editionem deinceps illustret (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus à François Lucas, 4 août 1614).
(2) Annæus Seneca a postrema Lipsii roù p.axaptroü manu, jam tandem prodit, duplici philosophi imagine, et sapientissimi interpretis effigie, a Petro Rubenio quant accuratissime expressa, insignitus (Ibid. Lettre de Balthasar Moretus à Hubert Audeiantius du 5 mars 1 6 1 5 ) .
(3) At Lipsiana etiam imagine, Senecæ operum titulo præfixa, te firmari et oblectari desidero ; quam Rubenius non minus ex fide quant eleganter, nec suo unius sed pluriunt Lipsii cultorum judicio, formavit, aptissimoque Prudentiæ et Doctrinæ parergo insignivit.
dans le bain, V. S. Histoire et allégories profanes 40, Corn. Galle, le père; la tête de Sénèque, V. S. Ibid. 41, Corn. Galle, le père.
Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre du frontispice et du portrait de Juste Lipse (Salle XIX, n° 78), qui ont été utilisés dans Titres et portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l' imprimerie plantinienne.
Frontispice de Anales de Flandes por Emanuel Sueyro. En Anvers, en casa de Pedro y Juan Beleros. M.DC.XXIV. In-folio.
Le titre est écrit sur un piédestal cylindrique, au-dessus duquel siège le génie des Pays-Bas. Derrière le génie, un trophée d’armes. A droite du piédestal, Cérès, symbole de l’Agriculture; à gauche, Mercure, personnifiant le Commerce. Dans le bas, deux dieux marins, figurant probablement l’Escaut et la Lys.
Le titre n’est pas signé. Il n’y a pas de raison sérieuse pour l’attribuer à Rubens. Entre les liminaires et le texte du livre se trouve le portrait de l’auteur Emanuel Sueiro, gravé par Pierre De Jode, d’après Rubens, que nous avons décrit dans notre n° io65.
Gravure: V. S. 4, Anonyme (P. De Jode?).
Frontispice de Obras de Cornelio Tacito. Amberes.
Basan et Voorhelm Schneevoogt décrivent ce frontispice en ces termes: « Ce titre est écrit sur un piédestal, sur lequel la Renommée est assise, et aux côtés duquel sont Minerve et Mars ; au bas est une caverne, dans laquelle on voit la louve romaine ; à côté de cette caverne sont deux figures représentant chacune un fleuve. « La planche, sans nom de graveur et de dessinateur, manque d’authenticité.
Gravure: V. S. 5 1 , Anonyme.
i3o8. Frontispice de De Contemplatione divina libri s ex, Auctore R. P. F. Thoma a Jesu Carmelitannn excalceatorum in Belgio et Ger mania Provinciali. Antverpiæ ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum, Viduam Jo. Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XX. In-8°.
Le titre est écrit sur une draperie tenue par deux anges A côté de la
draperie, la bienheureuse Thérèse de Jésus et le bienheureux Joannes de Cruce, debout dans un paysage et contemplant le nom de Jéhovah qui brille dans le haut des airs.
La planche n’est pas signée. Le dessin fut payé 8 florins à Rubens par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure fut payée 25 florins à Théodore Galle (1).
Gravure: V. S. 17, Anonyme (Théodore Galle).
Frontispice de R. P. ^ acobi Tirini Antverpiani e Societate Jesu Commentarius in Vêtus et Novum Testamentum tomis tribus coinprehensus . Antverpiæ, apud Martinum Nutium. Anno M.DC. XXXII. In-folio.
Le titre est écrit dans un médaillon entouré des attributs des quatre évangélistes. Des deux côtés, St. Pierre et St. Paul ; dans le haut, la Vierge et les Saints, adorant la Trinité ; dans le bas, Moïse et Aaron.
La planche est signée : Corn. Galle sculp. Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent, à tort, la composition à Rubens.
Gravure: V. S. 71, Corn. Galle.
i3og. Frontispice de Annales Sacri et ex profanis praecipui, ab orbe condito ad eumdem Christi passione redemptum: auctore Augustino Torniello Congregationis S. Pauli clerico regulari: Ab eodem quarta hac editione recogniti, et sexcentis locis aucti et locupletati. Antverpiæ, ex offlcina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum et Viduam Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC. XX. 2 vol. In-folio.
Le titre est écrit sur un panneau encadré dans un motif d’architecture. A côté de ce panneau se trouvent les statues de Moïse et d’un prophète, représentant la Loi et les Prophètes. Dans le fronton, on voit, au milieu, la Trinité régnant sur l’Univers; sur les côtés, dans des médaillons, le déluge, symbole de la Justice divine, et l’arc-en-ciel apparaissant à Noé, symbole de la paix conclue entre Dieu et les hommes. Dans le soubassement, un bas-relief représente le Christ, donnant les clefs à St, Pierre et écartant les
(1) A0 1620. Den 29 february gesneden een tytel in 8° Contemplatione divina P. Tomas. 25 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de Théodore Galle).
chefs de la synagogue, en leur disant: Auferetur a vobis regnum. Ce bas-relief symbolise l’avènement de la nouvelle et la chute de l’ancienne Loi.
La planche n’est pas signée.
Le dessin fut payé 20 florins à Rubens (Voir notre n° 882).
Il passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754). Sous le n° 440, le catalogue le décrit de cette manière: « Un autre dessin pour un frontispice représentant Moïse et Aaron, à la plume, un peu lavé. »
La gravure fut faite par Théodore Galle et payée yS florins, le 3o mars 1620 (1).
Gravure: V. S. 3, Anonyme (Théod. Galle). Le même frontispice servit pour les deux volumes de l’ouvrage. Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris en possède une épreuve avant les inscriptions imprimées. Celles-ci y sont écrites de la main de Balthasar Moretus.
Le cuivre de cette planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 53) et fut utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne .
i3io. Frontispice de La Peinture de la Sérénissime princesse Isabelle-Claire-
Eugénie , infante d’Espagne (par Jean Tristan). A Anvers, en l’imprimerie
plantinienne. M.DC. XXXIV. In-40.
Dans une lettre écrite, le 23 janvier 1634, à Philippe Chifflet, qui se proposait de publier l’Éloge de l’archiduchesse Isabelle, Balthasar Moretus dit qu’il est inutile de faire graver un nouveau titre pour cet ouvrage, puisqu’il peut utiliser celui que Rubens avait dessiné pour le livre de Jean Tristan (2). Dans une lettre du 29 janvier suivant, il donne l’explication de
(1) A0 1620, Den 3o Meert gesneden in den Anales Tournelli den tytel met
cooper ailes 75 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
(2) Obsidionem Ostendæ e Bibliotheca mea mitto, cui annexa Narratio Bartholomæi Casai. Addo Gallicam Tristani Picturam quam tuo elogio approbasti. Imago in eadem est Serenissimæ atque æternæ memoriæ Principis cum inger.ioso accuratissimi Rubenii emblemate. Nulla opus a lia imagine quæ tuo Elogio præfigatur : tantum delendus titulus Picturæ et Elogii tui substituendus (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balth. Moretus à Philippe Chifflet du 23 janvier 1634).