LE CHRIST EN CROIX
Photographié d'après le dessin par HOOGWINKEL.
Pl. 386
cette composition rubénienne : - L'étoile du soir, dominant la tête de la très pieuse princesse, désigne l'Espagne sa patrie ; le cordon de monnaies, la série de ses aïeux. A droite, la couronne impériale, le laurier, le sceptre et la palme indiquent qu’elle est la fille de Philippe II, la petite-fille de Charles V et la descendante de tant d’illustres empereurs de la maison d'Autriche. Du côté gauche, une touffe de lis atteste que le sang royal des Valois coulait dans ses veines. Les génies des deux côtés de son portrait symbolisent, par le caducée et la foudre qu’ils portent, les guerres qu’elle a soutenues et la paix quelle a procurée. Au milieu se trouve un autel antique du Salut, contre lequel se dressent des serpents, comme il est représenté dans les monnaies romaines. La tourterelle, dans le bas, est le symbole du veuvage ; le gouvernail et le globe sur lesquels elle est perchée, signifient que la Belgique a dù le salut à son gouvernement (i). -
Dans un premier état de la planche, le Zodiaque autour du portrait manque. Dans la lettre, dont nous venons de traduire un fragment, Moretus prie Philippe Chifflet de demander à son frère sous quel signe l'Infante était née. Quand il eut reçu ce renseignement, il fit graver le Zodiaque, en plaçant au-dessus de la tête de l'Archiduchesse le signe de la Vierge, se rapportant au mois d’aoùt. Balthasar Moretus était certes bien en droit de qualifier la composition rubénienne d'ingénieuse.
La planche est signée: Pet. Pau!. Rubens pinxit. Corn. Galle scuîpsit. On la rencontre assez fréquemment sans les inscriptions et sans les signes du Zodiaque.
i Imaginem Ser™ae principis- cum Tristani libello inservierit. Bruxeilas tuo arbitrant a Corn. Gallæo. rehngendam mittam. D. Rubenius Zodiaci signum. sub quo nata esser 5er=^ supra caput ejus collocari desiderarat, et Tristano mandaram, ut abs te vel Expert30 D. Fraîre tuo horoscopium ejus inquiriret: an inquisierit ignoro. Porro iDgeniosum est imaginis parergon. Hesperus capiti pientissimæ principis imminens, patriam eius Hispaniam indicat : nurnismata connexa Prosapiæ seriem. A dextra. corona Cæsarea. laurea. sceptrum, palma. illam Philippi II filiam, Caroli Y neptem, et tôt Austriacæ domus imperatorum proneptem désignant. Lilia ab altéra parte supremum Yalesiorum sanguinem in illam derivari testantur. Genii uîrimque Bellum et Pacem, quod sustinuit, et quant procuravit. fulmine et caduceo exprïmunî. Media moles Ara salutis est cum anguibus, ut in nummis Romanorum apparet. Turtur viduitatis symbolum, Gubernaculo et Globo insidens. saiutem Belgii ab ejus regimine dépendisse signircat. Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Balîh. Moretus à Philippe Chiiflet du 29 janvier i63q).
Le dessin fut payé à Rubens 12 florins; la gravure à Jean Galle 38 florins, le 2 janvier 1634 (1).
Gravure: V. S. Portraits 2o5, Corneille Galle, le père.
Frontispice de Nicolas Turlot , Trésor de la doctrine chrestienne et de Nie. Tnrlot, Thésaurus doctrinæ christianœ (Voir Scribanius , Politico-Christianus, notre n° 1307).
i3ii. Portrait de Jean van Havre pour Arx Virtutis sive de Ver a Animi Tranquillitate satyrce très , auctore Joanne van Havre Wallœi toparcha. Antverpiæ, ex oflicina plantiniana. M.DC. XXVII. In-40.
Jean van Havre est vu de trois quarts; il est coiffé d’une petite calotte serrante, porte les moustaches retroussées, au menton la barbe déployée en éventail. Au cou, il a une fraise tuyautée; une quadruple chaîne d’or se voit sur la poitrine, sous le vêtement supérieur, ouvert et garni de fourrures. Le portrait est entouré d’un encadrement de feuillage, retenu dans le haut par des rubans. Sur une tablette, au-dessous du portrait, on lit: D. Joannes van Havre , Wallœi toparcha , vir consularis Gand. Sur cette tablette sont posées deux lampes antiques allumées. Dans le haut de la planche, on lit la devise de Jean van Havre: Nescit labi Virtus. La planche n’est pas signée. Elle est gravée par Corneille Galle et fut payée à Théodore Galle 44 florins (2).
Quoique le dessin ne figure point sur la liste de ceux que Balthasar Moretus lui paya, il n’y a point à douter qu’il ne soit réellement de Rubens.
Gravure: V. S. Portraits, 25i, Anonyme (Corn. Galle). Le musée Plantin- Moretus (salle XIX, 84). conserve le cuivre de cette planche, qui a servi dans Titres et Portraits gravés d’après P. P. Rubens pour l’imprimerie plantinienne. Voir planche 379.
(1) A0 1634, Den 2 Januari, Co. Galle gesneden tytel pinture de infante voor
vercleynen, snyden en coper fl. 38.
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de Jean Galle).
(2) A0 1626. Den 3o mey, Cornelis gesneden het conterfeytsel van Joannes van Havre met cooper en letteren ailes te samen (Ibid. Comptes de Théodore Galle).
44 8ul-
Frontispice de P. Augustinus van Teylinghen, H et Paradys der Wellusticheyt.
Antwerpen, bij Jan Cnobbaert, i63o, in 8°.
Basan et Voorhelm Schneevoogt décrivent ce frontispice de la manière suivante : « Ce titre flamand est écrit sur un piédestal, au-dessus duquel est l’enfant Jésus, rayonnant de gloire et tenant sa croix. Aux côtés sont deux figures de femmes, dont l’une tient un miroir et l’autre un cœur enflammé. « Nous n’avons pas réussi à trouver cette pièce.
Gravure: V. S. 54, Anonyme.
Frontispice de Johan Angelii a Werdenhagen J. C. C., de Rebus publicis
Hanseaticis Tractatus. Francofurti, apud Math. Merianum (1641). In-folio.
Le frontispice de ce livre a été gravé d’après le tableau de la Statue de
Cérès (notre n° 582) gravé par Corneille Galle (Y. S. Vierges, i56). Dans la
gravure, la statue de la Vierge a remplacé celle de Cérès. Dans le frontispice, le titre a été mis dans la niche, au lieu de la statue. Au-dessus de la niche, on voit les armoiries de l’empereur d’Autriche; dans le bas, les écussons des villes de Lubeck, Cologne, Brunswick et Dantzig.
Gravure: Non citée, Anonyme.
Voorhelm Schneevoogt mentionne encore dans l’œuvre de Rubens quelques frontispices gravés et imprimés longtemps après la mort de Rubens et dans la composition desquels il n’est intervenu pour rien. Ce sont:
Kerkelyke Historié door Hazart. Anvers, 1671. Gravé par Lommelin (V. S. 36).
Lux Evangelica per Henricum Engel grave. Anvers, Ve Jean Cnobbart, 1648. Gravé par Snyers (V. S. 40).
Philomathi Muscs- juvéniles , Anvers, Plantin, 1654 (V. S. 55).
Après avoir décrit la série des frontispices de livres connus, Voorhelm Schneevoogt en mentionne six dont les titres sont en blanc et lui sont restés inconnus. Quatre de ces frontispices (nos 78 à 81) sont sans nom de peintre ni de graveur; nous en avons décrit un, le n° 80: Bresserus , de Conscientia Pas plus que celui-ci, les trois autres n’ont à faire valoir des droits pour figurer dans l’œuvre de Rubens. Deux des six, les nos 76 et 77, portent le nom de Rubens comme dessinateur.
Voici comment Voorhelm Schneevoogt décrit le premier (n° 76), dont il a
trouvé un exemplaire au cabinet des estampes du musée de Dresde: « Un titre en deux compartiments. Celui d’en haut renferme une représentation symbolique, où deux enfants portent une croix. Au second (c’est-à-dire dans le compartiment inférieur), deux colonnes forment un champ carré pour l’intitulé du livre; la colonne à gauche porte les symboles de la paix; celle à droite, les instruments de la passion de J. C. A gauche : P. Rubenius inv. Sans nom de graveur. « C’est la description très imparfaite d’une épreuve avant les inscriptions du frontispice de l 'Imitation de Jésus Christ , traduite par Philippe Chifflet et publiée pour la première fois à Anvers, dans l’imprimerie plantinienne, en 1644. La planche ne porte pas de nom de peintre. Celui qui se trouve sur l’exemplaire du musée de Dresde, y a été ajouté frauduleusement (1). Les autres planches du livre étant dessinées par Nicolas Van der Horst, il est plus que probable que le frontispice a été composé par le même artiste.
Le second frontispice (n° 77) est décrit par Voorhelm Schneevoogt en ces termes: « Un titre en blanc. Une sainte, entourée d’un nuage et ayant l’hostie en mains, est debout sur un dragon, qui plane au-dessus d’une mer agitée, où l’on voit, à droite, un navire de guerre et deux planches avec l’inscription: Penitentia tabula 2a post naufragium. En bas est une coquille ouverte, environnée d’autres coquillages, qui devait probablement recevoir l’intitulé du livre. Au-dessus de la planche est écrit dans une gloire: Attende et Audi. A gauche, Rubbens pinx. Sans nom de graveur. « C’est la description de l’état primitif d’une planche qui, plus tard, subit un changement assez considérable, consistant dans le remplacement du coquillage, ouvert et montrant l’intérieur de ses deux valves, par une seule grande coquille, dans laquelle le titre est inscrit. Ce titre est : Sacrum Oratorium piarum imaginum immaculatœ Mariæ, Auctore R. P. Petro Bivero. Antverpiæ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC. XXXIV. L’inscription Rubbens pinx. est apocryphe et tracée de la même façon et probablement par la même main que sur le frontispice de J. J. Courvoisier, Le Lys divin (V. S. 3g).
(1) M. le Dr Max Lehrs, conservateur du Cabinet des Estampes du musée de Dresde, à qui nous avions communiqué nos doutes sur l’authenticité de cette inscription, nous écrit que les mots P. Rubenius inv. ont, en effet, été inscrits à la plume sur l’estampe, mais d’une manière assez habile pour tromper l’œil le plus exercé.
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