LE CHRIST MORT SUR LES GENOUX DE LA VIERGE
Photographié d'après le dessin par A. BRAUN.
Pl. 387
i3i2. La Marque pour l’imprimerie plantinienne.
En parlant des dessins faits par Rubens pour illustrer les titres des Œuvres de Juste Lipse, publiées par l’officine plantinienne, en i63,7, nous avons décrit une marque de cette imprimerie, dessinée par Rubens. En faisant ce dessin, il dut se conformer à la symbolique de l’ancien emblème du compas dont l’une pointe est immobile et dont l’autre tourne. La principale innovation qu’il apporta dans la vignette, c'est de faire tenir le médaillon, non plus par un laboureur s’appuyant sur une bêche et par une femme portant une croix, symbolisant le Travail et la Constance, mais, par un Hercule, armé de sa massue, et par une femme, appuyant l’une main sur un socle et l’autre sur l’encadrement du médaillon.
Pareille marque, différente de celle des Opéra Lipsii, se rencontre pour la première fois, en petit format, en i63i, dans Fuligattus, Vita Roberti Bellarmini ; une autre gravure, signée par Christophe Jegher, du même dessin, mais en largeur, tandis que le premier est en hauteur, se trouve, la même année, dans Liberti Fromondi Labyrinthus ; une troisième reproduction, celle-ci également en largeur, mais en format plus petit, se rencontre sur le titre du troisième volume du même ouvrage, publié en i63q; une quatrième, plus petite encore, dans J. d’Assignies, Antidotum contra pestiferos morbos malœ linguæ, imprimé en
Après la mort de Rubens, la marque à l’Hercule, plus ou moins modifiée, dessinée par Erasme Quellin et gravée par Jean-Christophe Jegher, continue à être employée dans l’imprimerie plantinienne. En 1641, nous en trouvons une dans Eusebius Nierembergius, Theopoliticus ; en 1643, une autre dans Recueil des Traitez de paix ; la même année, une troisième dans de Arriaga, Disputationes Theologicæ ; une quatrième en hauteur dans les Bibliorum Concordantiœ de 1642.
La marque rubénienne, telle qu’elle est employée dans les œuvres de Lipsius fut reproduite sur bois par Christophe jegher et se rencontre dans Breviarium Romanum, pars œstiva, de 1770; gravée sur bois par Jean-Christophe Jegher, on la trouve dans Goltzius, Romance et Grcecce Antiquitates, tome I, publié en 1644. En format plus grand, gravé sur bois par un des jegher, mais non signée, on la trouve dans Francisais Vekenus, Disputationes Theologicæ de i655.
Gravure: V. S. 92, l’une des marques gravées par Christophe Jegher.
i3i3. Marque de l’imprimerie de van Keerberghen.
Un cartouche, dans lequel est représenté le globe terrestre, ceint d’une couronne de laurier, éclairé par le soleil qui est représenté sous la forme d’une tête de femme, entourée de rayons qui percent les nuages et des mots: Fovet et Ornât. Comme encadrement, dans le bas, deux cornes d’abondance et deux guirlandes de fleurs ; dans le haut, deux ailes étendues.
La gravure est signée : Pet. Paul Rubenius invent. Joan. Collaert sculpsit.
Gravures: V. S. 88, J. Collaert; 8g, Anonyme, sans l’inscription. La même composition a encore été gravée sur bois par un anonyme.
1314. La Marque de l’imprimerie de Jean Van Meurs.
Cette marque se compose d’un cartouche, dans lequel on voit une poule couvant ses œufs. Cet emblème est bordé de deux palmes et entouré d’un cadre, composé d’une tète de Minerve, d’un hibou, attribut de cette déesse et symbole de la nuit, d’une tête de Mercure et du coq, symbole du jour. Dans le haut, une lampe antique allumée, symbole de la lumière que la presse répand; en bas, le caducée et une trompette entrecroisés, symboles du Commerce et de la Renommée. Dans la partie supérieure, une banderole, entrelacée parmi les motifs allégoriques, porte la devise de Van Meurs, à laquelle toute la composition fait allusion : Noctu incubando diuque (Couvant nuit et jour). Le tout est représenté sur une draperie attachée dans le haut, flottante dans le bas.
La gravure est signée: Pet. Paul. Rubenius pinxit. Corn. Galle sculpsit.
L’original de ce dessin se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle II, n° io). C’est une grisaille peinte sur panneau de ig centimètres de haut sur 20,5 centimètres de large, peinte d’une main légère mais sûre.
Jean Van Meurs fut l’associé des frères Balthasar et Jean Moretus, de 1618 à 162g. C’est entre ces deux dates que la marque doit avoir été peinte. Il est probable que c’est de la grisaille du musée Plantin-Moretus qu’il s’agit dans l’article suivant du compte de Rubens à Balthasar Moretus: « Pour compte de la peinture de Jean Van Meurs cincquante fl. « (Voir notre n° 882).
La marque se rencontre pour la première fois dans Serenissimi principis Ferdinandi Hispaniarum inj antis S. R. E. Cardinalis triumphalis Introitus in Flandriœ Metropolim Gandavum. Auctore Guilielmo Bccano. Antverpiæ, ex officina Joannis Meursii. Anno M.DC. XXXVI.
Gravures: V. S. 86, Corn. Galle, le père; 87, Alexandre Voet. Nous connaissons en outre cinq reproductions de cette composition gravées sur bois par Christophe Jegher (1). La composition gravée par Christophe Jegher, assez sérieusement modifiée dans la disposition de ses éléments, fut employée par Jacques Van Meurs, fils de Jean, dans les Acta Sanctorum, en i658.
La marque de Meursius a encore été gravée par Corneille Galle, dans un riche encadrement. Dans le haut, deux anges tenant des palmes et une couronne et deux génies des vents; à gauche, à côté du cartouche, Hercule, tenant Cerbère enchaîné; à droite, Minerve, ayant à côté d’elle une chimère; dans le bas, des instruments de mathématiques et d’astronomie.
La marque de l’imprimerie de Van Parijs.
Voorhelm Schneevoogt mentionne encore sous le n° 90, et d’après Basan (n° 77), un cul de lampe, composé d’un cartouche, dans lequel est un pélican. L’on voit, dans le fond, un St. François qui reçoit les stigmates et une banderole sur laquelle on lit l’inscription : Ver us Pelicanus alit suo sanguine.
Le pélican avec cette divise est la marque d’imprimerie de Guillaume Van Parys et de sa veuve qui s’en servirent de 1670 à i58g. La composition ne saurait donc être attribuée à Rubens. Il est vrai que dans les marques employées par cette firme, que nous avons vues, le St. François ne se rencontre pas.
V ignettes diverses .
Le même auteur décrit sous les nos 84 et 85, d’après Basan (nos 71 et 72): « Une vignette pour un livre dédié à Urbain VIII. Le cartouche, qui a pour supports St. Pierre et St. Paul, est couronné d’une tiare et de deux clefs passées en sautoir. « Cette vignette a été dessinée pour l’imprimerie plantinienne par Érasme Quellin. Le dessin original se conserve au musée Plantin-Moretus (salle II, n° 34). La gravure fut employée, avec les armes de Clément XI, sur le titre du Psautier plantinien de 1713.
Gravures: V. S. 84 et 85, Anonyme (Corn. Galle, le fils).
(1) Voir G. VAN HAVRE: Marques typographiques des imprimeurs et libraires anversois II, pp. 33-43.
Sous le n° g3, Voorhelm Schneevoogt décrit une vignette: « Dans un ovale est représenté, au sein des nues, l’Amour versant son philtre dans un vase. Aux côtés de l’ovale sont deux enfants jouant de la flûte; la flûte de gauche est entourée d’épis de blé, celle de droite, d’un pampre. Sous l’ovale est écrit: Materiam superavit opus. Au bas, le titre: Dius amor opéré... maximum semet dédit. «
Gravure: V. S. g3, Anonyme.
Sous le n° 8g (Histoire et Allégories profanes), il mentionne des armoiries portant pour blason une levrette et deux cors de chasse. Il y a deux femmes servant de supports et deux enfants au-dessus, qui tiennent chacun un cartouche armoirié; sur celui à gauche on lit: Logica; sur celui à droite, Physica; dans les armoiries : Confidenter .
Gravure: V. S. 8g, Lommelin.
Sous le n° go : “ Armoiries portant pour blason trois coquilles, à chaque côté du cartouche, il y en a quatre autres, avec un arbre et un panier de fruits. n Probablement du même graveur que le numéro précédent. Pas plus que pour la précédente, il n’existe de raison pour attribuer cette pièce à Rubens.
Gravure: V. S. Histoire et Allégories profanes, go, Anonyme.