UNE ÉTUDE POUR LA CHUTE DES RÉPROUVÉS
Dessin photographié par MORELLI.
Pl. 400
7° Un quatrième plan de la tour où les trois étages inférieurs sont restés les mêmes que dans le plan précédent, mais où les étages supérieurs et la calotte sont changés et dessinés par Rubens, dit la tradition.
8° Un plan de la façade latérale, au Rempart Ste. Catherine, avec l’inscription: Authentica delineatio sacristies exterius in platea « Kattevest « dicta.
g0 Une vue de l’église du côté du jardin : Delineatio authentica ab ipso Rubenio templi partis inférions et superioris. Parte hortiLS.
io° Lemaître autel avec les mots: P. P. Rubens — S eu potius P. Agillon. ii° Un plan de la voûte, avec l'inscription: Authentica delineatio ab ipso P. P. Rubenio fornicis navis templi ante combustionem.
12° L’encadrement de l’écusson du roi d’Espagne, placé dans la voûte au-dessus du maître-autel, avec l’inscription: P. P. Rub. Supra altare maj. in fornice.
A l’exception de la dernière, les inscriptions que nous reproduisons ont été mises sur ces dessins au dix-huitième siècle. Elles prouvent que les plans de l’église sont attribués à Pierre Huyssens par celui qui les a recueillis et que la tour et d’autres parties da bâtiment sont mises sur le compte de Rubens. Leur examen nous a donné la conviction que Rubens est resté étranger à tous ces dessins, excepté au dernier qui est de sa main.
La collection Albertine possède de lui les dessins de la voûte d’une des chapelles de l’église des Jésuites et d’un autel qui rappelle le maître-autel de la même église. Nous décrivons ci-après ces trois dernières pièces.
Le catalogue de la vente des tableaux provenant du Collège des Jésuites à Anvers (Anvers, 1776) mentionne, sous le n° 4: « Un portique surmonté de la Ste. Vierge et de quatre Anges. Panneau. H. 3 pieds 8 pouces, L. 2 pieds. » Sous le n° 42 : “ Un Dessein, croquis à la plume, représentant un Autel d’ordre dorique, surmonté de la Ste. Vierge, sur papier. » Sous le n° 43 : « Un plafond allégorique croquis à la plume et quelques coups de pinceau, d’un bon goût; les Figures bien touchées. Panneau. » Sous le n° 522 : « Dessein à la
plume. Un portique de l’Ordre Ionique surmonté d’un Saint et d’un Ange; signé P. P. Rubens. H. 1 pied 3 pouces, L. g 1 1 2 pouces. »
Ces dessins ou esquisses sont attribués à Rubens.
i35g. Les armoiries du roi d’Espagne et leur encadrement.
Dessin à la plume, légèrement lavé à l’encre de Chine.
Dans la collection des plans que possèdent les archives de l’église St. Charles Borromée et que nous venons de décrire, se trouve un dessin de
l'encadrement des armoiries du roi d’Espagne, placées, autrefois, dans la voûte au-dessus du maître autel de l’église des jésuites. L’écusson est resté vide, une couronne le surmonte, des ornements en forme de cartouche et la chaîne de l’ordre de la Toison d’or l’entourent. Ce projet n’a pas été exécuté; celui qui fut adopté, et qui n’est autre que le motif répété dans toute la voûte de l’autel, ressemble vaguement au croquis de Rubens. Le dessin porte l’inscription: P. P. Rub. Supra altare maj. in fornice. Les armoiries du roi d’Espagne ont été détruites du temps de la révolution française ; on les a remplacées par le nom de Jésus, ce qui a pour conséquence singulière que ce nom est entouré du collier de la Toison d’or et surmonté de la couronne royale.
i36o. Voûte de la Chapelle de Notre-Dame dans l’ancienne église
des Jésuites a Anvers.
Vienne. Collection Albertine, 428.
A la plume, lavé d’encre de Chine et de bistre. H. 48.5, L. 35.
Le dessin représente exactement le plafond de la chapelle de Notre-Dame de l’église des Jésuites, à Anvers, et a évidemment servi de modèle aux sculpteurs qui ont exécuté les ornements.
La voûte est divisée en nombreux compartiments. Dans celui qui occupe le centre, on voit le nom de Marie, entouré de rayons alternativement droits et serpentants. Au-dessous du nom, deux anges en adoration; au-dessus, deux anges jubilants. A gauche et à droite, trois compartiments de forme demi-circulaire, ornés d’une tête de chérubin, à laquelle est attachée une guirlande de fruits. Ces compartiments représentent d’un côté et simulent de l’autre l’échancrure de la voûte par la baie des fenêtres. Au-dessus du compartiment central, l’arche d’alliance entre deux anges qui tendent des couronnes; au-dessous, l’autel des sacrifices, entre deux anges sonnant de la trompette. Entre les compartiments des côtés latéraux et ceux du milieu, quatre angelets, portant l’un une fleur de lis, l’autre une couronne de roses, le troisième un miroir, le quatrième un vase précieux. Entre le compartiment supérieur et celui du milieu, un croissant flanqué de deux têtes de chérubins; entre le compartiment inférieur et celui du milieu, une étoile flanquée de deux têtes de chérubins. L’arche d’alliance, l’autel des sacrifices, la fleur de lis, la couronne de roses, le miroir, le vase, l’étoile et le croissant sont autant d’attributs de Marie. La division des compartiments est indiquée par des lignes tirées à l’équerre
et au compas, probablement par l’architecte. C’est un fort beau dessin ; malheureusement, dans l’exécution le sculpteur a interprété les motifs avec trop de lourdeur, défaut que présente d’ailleurs l’architecture rubénienne en général.
Les deux chapelles latérales de l’église des Jésuites furent construites en 1025 (1). C’est donc à cette date qu’il faut placer le présent dessin.
Photographie : A. Braun.
Voir planche 3g3.
i36i. Modèle d’un autel de la Vierge.
Vienne. Collection Albertine, 427.
A la plume, relevé de bistre. H. 52, L. 26.
Un autel de la Vierge. Des deux côtés du retable, une paire de colonnes torses, d’ordre ionique, partagées dans le sens de la hauteur en quatre sections ; la première, à partir du bas, et la troisième sont ornées de cannelures ; la seconde et la quatrième de sculptures, représentant des anges se jouant entre des feuillages. Le couronnement est formé par deux ornements en forme de volute, sur lesquels, de chaque côté, est assis un ange, tenant d’une main une palme, de l’autre une couronne, qu’il tend vers la Vierge immaculée. Celle-ci, debout sur le croissant et entourée de rayons, couronne le tout et s’élève sur un socle richement orné. Dans la partie inférieure du dessin, une main du 17e siècle a écrit les mots: Altare P. P. Rubenii propria manu delineatum. C’est un beau dessin soigneusement fait, entièrement de la main de Rubens. La statue de la Vierge a été ajoutée postérieurement. La facture dénote un travail datant de i6i5 environ. En cette année, on allait construire le maître autel de l’église des Jésuites à Anvers, avec lequel le présent projet offre de l’analogie ; seulement chaque partie de l’autel construit, prise à part, présente de notables différences avec le dessin.
Photographie: A. Braun.
i3Ô2. La Maison de Rubens.
On range dans l’iconographie de Rubens les deux estampes de Harrewijn, reproduisant des vues de la maison de Rubens, et cela non sans raison. Il est
(1) PAPEBROCHIUS : Synopsis Annalium Antverpiensium , p. 37.
évident, en effet, que le maître, s’il n’a pas fourni lui-même les plans des bâtiments aux architectes et les dessins des ornements et des statues aux sculpteurs, a donné au moins l’idée des uns et des autres, que l’ensemble et les parties ont été exécutés d’après ses conceptions et interprètent ses idées en matière d’architecture et d’ornementation. C’est pourquoi, nous donnons ici la description de cette maison, telle que nous la connaissons par les gravures et par les documents écrits.
La plus ancienne des estampes de Harrewijn est datée de 1684. Elle représente la cour avec les bâtiments, qui la bordent des deux côtés, et avec le portique, qui s’ouvre dans le fond. A travers les trois arcades de ce portique, on distingue les parterres, les charmilles et le pavillon qui s’élève au fond du jardin.
La seconde estampe est datée de 1692. Dans sa partie supérieure, elle figure une coupe longitudinale de la propriété, qui permet de voir la façade latérale et la façade postérieure du bâtiment principal, le jardin, l’entrée de la remise, les écuries, un pavillon en lattis à l’extrémité sud du jardin, et le pavillon à colonnades au fond. Dans sa partie inférieure, la même estampe offre une vue de la façade principale, la coupe d’une haute salle ronde en forme de dôme, servant de chapelle, et la vue d’une chambre à coucher dont le plafond est en calotte.
A front de rue, l’estampe de Harrewijn représente la façade de l’hôtel de Rubens comme une construction fort disparate. Au nord, c’est-à-dire dans la partie la plus rapprochée de la place de Meir, on voit une habitation à porte cochère, ayant cinq fenêtres au rez-de-chaussée et six à l’unique étage. Un modeste pignon s’élève dans la partie du toit surplombant la porte; un second, de même forme, au milieu du bâtiment; un troisième, beaucoup plus considérable, s’élève à l’extrémité septentrionale de la façade; une girouette couronne ce dernier pignon élégant, datant évidemment du XVIe siècle. C’était la maison que Rubens acheta en 1611 et qu’il habita, depuis lors, avec sa famille. Au milieu de la façade multiple, gravée par Harrewijn, s’élève un bâtiment, ayant, au rez-de-chaussée, cinq énormes fenêtres cintrées, mesurant au moins cinq mètres de hauteur. Une rangée de cinq croisées basses, sous le toit, surmontent les premières. C’est la construction que fit élever Rubens, qu’il orna richement et dans laquelle il établit son atelier. Plus au sud, on voit un bâtiment à trois issues: une porte cochère que nous savons être celle de la remise et deux portes cintrées, donnant accès dans deux maisons d’aspect bourgeois, que Rubens louait à des particuliers.