‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 59 sur 284 · ÉTUDE POUR LA CHUTE DES RÉPROUVÉS · texte numérisé non relu

ÉTUDE POUR LA CHUTE DES RÉPROUVÉS

Dessin photographié par MORELLI.

Pl. 401.

Quand, par la porte principale, on pénétrait dans la cour, on voyait, droit devant soi, l’arcade centrale du portique; à gauche, la maison ancienne de modeste apparence ; à droite, le somptueux édifice élevé par Rubens sur les terrains vagues compris dans son acquisition. On traversait un porche sous lequel, à droite, s’ouvrait une double arcade conduisant à un escalier monumental, dont on voyait, à travers trois autres arcades en plein cintre, la rampe richement ornée. Parvenu dans la cour, on avait derrière soi la façade postérieure du vestibule. A la hauteur du premier étage de cette façade, régnait un mur couvert d’une peinture décorative, dont la partie inférieure représentait une galerie ouverte, dans laquelle se trouvait le peintre avec sa femme, son lévrier et deux perroquets ; dans la partie supérieure, une fresque représentait Andromède délivrée par Persée, telle que Rubens l’a peinte dans le tableau du musée de Berlin (notre n° 665). Entre les fenêtres de l’étage supérieur, des cariatides étaient peintes ou sculptées.

La façade latérale du nouveau bâtiment semblait divisée en un rez-de-chaussée et deux étages. Le rez-de-chaussée était simulé et ne formait qu'un tout avec le premier étage fictif. Au milieu de cette façade s’ouvrait une large porte surmontée d’une rosace; de chaque côté de la rosace, deux fenêtres. Dans la partie inférieure et au-dessus de la porte, des bustes antiques dans des niches. Entre les fenêtres de l’étage simulé, des bustes sur piédestaux.

Au-dessus des fenêtres et de la rosace, cinq peintures en forme de bas-reliefs. Les sujets de ces dernières compositions, pour autant que les reproductions microscopiques de la gravure nous permettent de les reconnaître, étaient: à côté du Persée et Andromède , dans la façade postérieure du porche, un sujet mythologique que nous ne retrouvons pas dans les tableaux de Rubens et dont nous ne saurions déterminer avec exactitude le sujet. Sur la façade latérale: la Marche de Silène , le Jugement de Pâris, un sujet inconnu, un tableau où l’on voit couronner une femme, un cinquième représentant un sacrifice antique. Entre les fenêtres de l’étage supérieur, des cariathides peintes.

La façade postérieure du côté du jardin avait deux fenêtres et une porte vitrée, mesurant toutes trois, comme les fenêtres de la façade antérieure, la hauteur du rez-de-chaussée et d’un étage. Entre les fenêtres, sous le toit, étaient placées ou peintes deux statues.

Sur la façade de derrière, entre le premier et le second étage, trois peintures représentant : un sacrifice païen, rappelant la Chute du Paganisme , un Héros couronné par la Victoire et Pluton enlevant Proserpine. Aucune de ces

compositions, excepté Persée et Andromède , ne concorde avec les mêmes sujets traités par Rubens dans ses tableaux.

Au fond de la cour, séparant celle-ci du jardin, le portique. Il a trois arcades ; les deux latérales sont semi-circulaires ; le cintre de la baie centrale est à pans coupés. Au-dessus des ouvertures, un buste de satyre et un de satyresse. Au-dessus de la balustrade, couronnant le portique, les statues de Minerve et de Mercure et deux vases. Entre les baies des arcades latérales et les deux bustes qui les surmontent, on lit, sur des tablettes, des inscriptions empruntées à la dixième satire de Juvénal. A gauche:

Permittes ipsis expendere numinibus, quid

Conveniat nobis, rebusque sit utile nostris.

Carior est illis homo quam sibi.

A droite:

Orandum est ut sit mens sana in corpore sano.

Fortem posce animum et mortis terrore carentem.

Nesciat irasci, cupiat nihil.

Dans le coin de la cour, à droite, était construite une grotte, dans la concavité de laquelle un berger, accompagné d’un cerf, jouait de la cornemuse; du sol, un puissant jet d’eau s’élançait.

Le jardin était divisé en parterres symétriques, ornés de vases; la partie située au sud et séparée du reste par une haie, semble avoir servi de potager. A l’intérieur du pavillon, au fond du jardin, se trouvait une statue d’Hercule; à droite et à gauche, entre quatre colonnettes, les statues de Bacchus et de Cérès; dans une lucarne élevée, formant niche, une statue de l’Abondance.

Le portique et le pavillon furent construits par ordre de Rubens et évidemment d’après ses dessins ou indications.

Après la mort de Rubens, sa maison passa en différentes mains. Peu après 1763, elle subit une transformation qui lui donna sa forme actuelle. Le portique entre la cour et le jardin et le pavillon au bout du jardin existent encore.

La maison achetée par Rubens en 1611 a complètement disparu; celle qu’il a construite et où se trouvaient ses ateliers n’a pas été démolie ; elle a été remaniée. Dans la bâtisse du dix-huitième siècle, on retrouverait facilement la plus grande partie de l’édifice où Rubens a créé ses immortels chefs-d’œuvre.

Gravure: V. S. Suites 28, Harrewijn, d’après le dessin de J. van Croes. Voir planches 394 et 3g5.

Un monument funéraire.

Le tombeau est entouré d’une arcade en style corinthien. Sur un soubassement porté par quatre chérubins, deux femmes se tiennent debout, l’une portant la main à la draperie qui couvre sa tête, l’autre tenant en main un disque. Elles se trouvent à côté d’une tablette, propre à recevoir une inscription. Au-dessus de cette tablette, deux pigeons, l’un attristé, l’autre s’envolant. Plus haut, un ovale entouré d’un encadrement et surmonté d’un socle, sur lequel brûle une lampe et devant lequel deux torches allumées sont croisées.

Le seul titre que l’on peut faire valoir pour attribuer le projet de ce monument à Rubens, c’est la mention de son nom sur la gravure que Pierre Clouwet en a exécutée. Nous ignorons à quel personnage il était destiné.

Gravure: V. S. Allégories sacrées, 53, Pet. Paul Rubenius pinxit, Petrus Clouwet sculpsit.

i363. L’épitaphe de Jean Gevartius.

Dans la chapelle des cordonniers de la cathédrale d’Anvers se trouvait le monument sépulcral de Jean Gevartius, père de Gaspar, l’ami de Rubens.

Une plaque, portant une inscription commémorative, est surmontée du buste du défunt, placé dans une niche ; au-dessus de cette niche, une lampe antique brûle et de chaque côté descend une torsade de feuillage ; au-dessous, une colombe, portant dans le bec un rameau d’olivier, avec l’inscription : Non semper imbres. D’un côté de la plaque, une statue de la Paix debout, tendant de la main droite un caducée vers une vipère qui se dresse à ses pieds et portant dans la main gauche un rameau d’olivier ; de l’autre côté, la statue de la Justice tenant les balances et un rouleau de papier. Sous la Paix, le nom EIPHNH et l’inscription SERVANTI BENEDICTIO ; sous la Justice, le nom AIKH et l’inscription VIOLANTI ANA0HMA. Dans la partie inférieure, la plaque est ornée de l’écusson de la famille Gevaerts.

La gravure est signée: Pet. Paul Rubenius delin. Lommelin sculp.

Dans le premier état, la gravure mentionne les noms des deux fils du défunt, Charles et Gaspar, et celui de Jean fils de Gaspar, mort à l’âge de douze ans, sans la mention de la date de leur mort. Dans le second état, la date de la mort et l’âge de Gaspar sont indiqués. Jean Gevaerts mourut en i6i3 ; le style du monument présente un caractère rubénien assez prononcé pour que nous croyions pouvoir admettre l’attribution du projet au maître. Si le monument a été exécuté vers i6i3, Artus Quellin, né en 1609, ne saurait l’avoir exécuté.

Voorhelm Schneevoogt mentionne un état où le nom de Rubens est remplacé par celui de Quellin.

Gravure: Allégories sacrées V. S. 54, Lommelin.

Un monument funéraire.

Dans sa description des églises d’Anvers, Mois mentionne dans la cathédrale, au dernier pilier des petites nefs, tout près de la chapelle de la Vierge, le monument sépulcral de la famille De Moy, exécuté par Artus Quellin, d’après les dessins de Rubens. Ce tombeau, de même que le précédent a été détruit pendant la Révolution française. Impossible de se faire une idée du fondement de l’attribution.

Dessin d'un plat.

Le catalogue de la vente du duc de Tallard (Paris, 1756) mentionne, sous le n° 407: “ Deux desseins, dont un titre de livre très bien composé, et le dessein d’un plat, autour duquel sont plusieurs anges qui tiennent les instruments de la passion. Il a été exécuté pour la cathédrale d’Anvers.

Ces deux dessins furent adjugés à 89 livres 19 sous.

L'Aiguière de Charles I. (Voir notre n° 688).

1364. Un Hermathène.

British Muséum.

Dessin à la plume.

Une tête de Minerve et une tête de Mercure accolées, dessinées à grands traits par Rubens. Le dessin porte les inscriptions suivantes, tracées de la main du maître: tout en haut: Hermathene; sur le casque et le pétase: Ex ferro aid ebeno aut ex electro; sur les chairs: Ex ebore-, à droite, en bas, sur le fond: Memnonia nigra et altr.. Auro. Ces inscriptions sont évidemment des indications destinées au sculpteur

Photographie : Pretorius.

Gravure: Ce dessin a été gravé dans Antique Greek and Roman coins , gems etc. Engraved from Original Drawings of Rubens by G. Van der Gucht.

Le même Hermathène, modifié dans les détails et surmontant une tablette en pierre de taille, a encore été gravé par un anonyme qui est probablement Corneille Galle (V. S. Histoire et Allégories profanes, 94 : Anonyme).

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