‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 70 sur 284 · ST. PIERRE TENANT SA CROIX · texte numérisé non relu

ST. PIERRE TENANT SA CROIX

Dessin photographié par CARL HAACK.

Pl. 411

Sur le dessin, on lit les annotations écrites de la main de Rubens, dans le haut: Soli Deo Gloria; dans le bas: « Si ha da avertire che l’opéra riuscerebbo molto diversa da questi scizzi, li quali sono fatti leggierissimamente da primo colpo per demostrar solo il pensiero, ma poi si farebbono li dissegni como anco la pittura con ogni studio e diligenza. « Comme nous l’avons fait remarquer pour le dessin Abraham , Isaac et Jacob (notre n° 1420), cette inscription prouve que les deux pièces sont des croquis destinés à fixer une première idée de deux tableaux qui n’ont pas été exécutés. Comme son pendant, le présent dessin provient de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1004).

Photographie : A. Braun.

1424. Un Fragment de Moïse et le Serpent d’airain.

Londres. Collection Malcolm, 596.

A la pierre noire, lavé de bistre, retouché à la plume et rehaussé de blanc. H. 38, L. 61.

Le catalogue de la collection Malcolm décrit le dessin en ces termes: « Un groupe de six figures en raccourci. Ce dessin splendide rappelle la manière grandiose de Michel-Ange ; il est évident que Rubens avait devant les yeux des parties de la fresque du Jugement dernier. »

Le dessin provient des collections W. Y. Ottley et sir Thomas Lawrence.

1425. La Défaite de Sennacherib.

Vienne. Collection Albertine, 387.

A la plume. H. 227, L. 3 1 5 .

Dans les airs, on aperçoit un ange qui, le bras levé, lance la foudre. Sur la terre, un grand fouillis de cavaliers, fuyant éperdus. Sennacherib, coiffé d’un casque et tenant un javelot à la main, regarde l’apparition du messager céleste, pendant que son cheval l’emporte dans un galop furieux. Devant et derrière lui, des guerriers mis en fuite ou levant, atterrés, les yeux vers l’ange vengeur. Au premier plan, un cheval qui se cabre, un autre qui est tombé, des morts et des mourants jonchant le sol.

Le dessin est fait d’une main légère et sûre, sans retouches, ni reprises.

La maigreur du travail nous le fait ranger parmi les travaux de la première époque du maître, vers 1612. Hormis la disposition générale, il n’a rien de commun avec la Défaite de Sennacherïb de la Pinacothèque de Munich (notre n° 124), et paraît être une idée première, mais bientôt abandonnée de cette composition.

Dans la vente Mariette (Paris, 1775, n° ioo5), il fut vendu, avec deux autres dessins, 19 livres.

Photographie: A. Braun.

1426. Une Étude de dix Lions et d’un Chien.

Vienne. Collection Albertine, 499.

A la plume. H. 35, L. 22.

Dix lions dessinés dans différentes attitudes. En haut, une lionne vue de derrière et un lion vu de côté; au milieu, deux lions marchant ensemble; dans le bas, une tête de lion et trois lions couchés, dont l’un dort et dont un autre ouvre la gueule. En face des deux lions du milieu, une levrette assise sur le derrière. En deux endroits différents de la feuille, encore deux croquis de têtes de lions.

De ces dix lions, sept ont été utilisés dans le tableau Daniel dans la fosse aux Lions (notre n° i3o); la lionne et le lion d’en haut, ainsi que les quatre lions et le croquis de lion d’en bas. Dans le tableau, il n’y a qu’un lion et une lionne qui ne se retrouvent pas sur le dessin. Blooteling en a utilisé la plus grande partie dans les quatre feuilles de lions, gravées par lui. Hollar aussi a gravé cinq des fauves de ce dessin dans la seconde des deux feuilles de lions gravés par lui (Voir notre volume IV, page 353).

Les deux lions du milieu, marchant de pair, se retrouvent dans le tableau le Mariage de Henri IV avec Marie de Médicis (notre n° 736).

Ces derniers sont groupés de la même manière dans le dessin et dans le tableau. Le groupement des lions dans le tableau Daniel dans la fosse aux Lions diffère de celui du dessin.

Celui-ci date de 1618 environ.

Il a passé dans la vente Antoine Rutgers (Amsterdam, 1778), où il fut vendu 12 florins.

Voir planche 406.

1427. Un Lion couché.

Vienne. Collection Albertine, 498.

A la sanguine. H. 26, L. 35.5.

Lion couché, dont le corps est vu de côté, la tête de trois quarts ; la queue est repliée par terre le long des pattes. Le dessin porte l’inscription en caractères d’impression: Opus manu pro: Pétri Pauli Rubenii.

Le dessin reproduit exactement le lion couché dans le bas de la feuille décrite dans le numéro précédent ; il est très soigné et a beaucoup de caractère.

Photographie : Cari Haack.

1428. Une Étude de Lionne.

Londres. National Gallery.

A la pierre noire, lavé de blanc, sur un fond teinté de jaune. H. 39, L. 23.5.

Lionne vue de derrière, la patte gauche antérieure levée. Elle reproduit la lionne qui se trouve dans le haut du dessin décrit sous notre n° 1426 et provient des collections sir Thomas Lawrence et M. Troward.

Photographie : Morelli .

142g. Une Bergère présentant un œuf.

Vienne. Collection Albertine, 480.

A la craie noire rehaussé de blanc. H. 37.5, L. 26.7.

Une bergère accroupie, le buste légèrement penché, la main et le bras droit appuyés sur le genou, la main gauche étendue tenant un œuf. Le vêtement simple consiste en une robe, dont le jupon plissé se rattache au corsage. Les cheveux sont ramenés en arrière et roulés en une natte tressée. Le profil du visage est à moitié perdu.

Le dessin, d’une exécution large et aisée, est évidemment fait d’après nature.

C’est une étude pour l’une des bergères de Y Adoration des Bergers (notre n° i5o). Seulement, dans le tableau, la main qui tient l’œuf est tournée la

paume en bas et, au bras qui repose sur le genou, un panier est suspendu. Comme le tableau, le dessin date de 1620 environ.

Photographie : A. Braun.

1430. Une Bergère offrant un agneau.

Vienne. Collection Albertine. Pièce expose'e, 47g.

A la craie noire et blanche. H. 37.5, L. 26.7.

La même jeune femme que la précédente, dans la même toilette et dans la même pose ; seulement, le profil est plus perdu et le buste est penché davantage. Dans ses mains levées, elle tient un agneau vaguement esquissé par le maitre.

C’est une étude pour une Adoration des Bergers qui n’a pas été utilisée. Elle a été faite au même moment et d’après le même modèle que la précédente, et a le même caractère.

Photographie: A. Braun.

Voir planche 407.

1431. Une Bergère agenouillée.

Vienne. Collection Albertine, 478.

A la craie noire et blanche. H. 42.2, L. 34.5.

Une bergère, vue de profil, est agenouillée, les mains croisées sur la poitrine. . L’arrangement des cheveux est le même que pour les figures précédentes, mais le modèle est différent. La tète est plus ronde, l’oreille moins allongée. La toilette aussi diffère : ici le corsage se termine par une basque qui tombe sur le jupon; celui-ci est retroussé sur le devant.

L’étude a été utilisée dans Y Adoration des Bergers , appartenant actuellement au musée de Marseille (notre n° 168). Seulement, dans le tableau, le peintre a donné au personnage une tête de vieille femme et l’a coiffé d’un tissu couvrant la chevelure et retombant dans la nuque.

Comme le tableau, le dessin date de 1620 environ.

Photographie: Cari Haack.

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