‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 71 sur 284 · BACCHUS ENFANT · texte numérisé non relu

BACCHUS ENFANT

Dessin photographie' par A. BRAUN.

Pl. 412.

1432 L’Image de la Vierge Miraculeuse de la Chiesa Nuova a Rome.

Paris. Louvre, 22010.

A la pierre noire et à la sanguine. H. 45, L. 34.

Copie faite par Rubens du tableau miraculeux de la Madone, encastré dans sa peinture qui se trouve au maître autel de la Chiesa Nuova, à Rome (notre n° 2o3). La Vierge, vue de face, tient devant elle son fils, également vu de face et levant une main. Autour du cadre, Rubens a dessiné huit angelets volants, quatre à droite, quatre à gauche; autour de ceux-ci, on voit un plus grand nombre de têtes d’anges. Cet entourage doit être une étude pour le tableau; cependant, dans ce dernier, la plus grande partie des anges ont des poses différentes. Le cadre de l’image de la Madone, ovale dans le tableau, a ici la forme d’un cartouche rectangulaire, aux coins coupés en bas, de forme contournée en haut.

La collection Albertine de Vienne (n° 41 1) possède une ébauche du tableau du Chiesa Nuova, à la plume, lavé de bistre (H. 28, L. 15,4), provenant de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1002) et attribué erronément à Rubens.

Photographie : Cari Haack.

1433. La Tête de la Vierge.

Vienne. Collection Albertine, 457.

A la craie noire et à la sanguine. H. 19 3, L. 17.6.

La tête est tournée de trois quarts et légèrement inclinée, les yeux sont baissés, l’expression est d’une grande douceur. Les cheveux légèrement crepelés et partagés au milieu du front sont arrangés avec un certain abandon gracieux. Le travail est très soigné, surtout dans les chairs.

Dans le coin inférieur à droite se trouve une signature P. P. Rubbens, tracée à l’encre, qui est fausse, mais de date ancienne et que l’on retrouve uniquement sur les- dessins originaux appartenant à l’Albertine. Nous présumons que ces dessins proviennent de la mortuaire de Rubens et sont restés réunis jusqu’au moment où le duc Albert de Saxe-Teschen en devint propriétaire.

Le dessin est une étude pour la tête de la Vierge dans le tableau St. Ildefonse reçoit la chasuble de la main de la Vierge (notre n° 456). Le tableau la reproduit identiquement, à l’exception du voile qui, dans le dessin, se voit sur le haut de la tête et qui, dans le tableau, retombe dans le cou.

Photographie : Cari Haack.

Voir planche 408.

1434. L’enfant Jésus et St. Jean qui s’embrassent.

Weimar. Musée.

Au lavis et à l’encre de Chine.

Deux enfants assis, vus de trois quarts, s’embrassent; les têtes se touchent; les bras de l’enfant à droite sont posés sur les épaules de l’autre ; ce dernier pose la main sur le bras de son compagnon. Les deux enfants sont nus, une mince draperie seule flotte sur leur corps. C’est une étude pour un enfant Jésus jouant avec le petit St. Jean; étude qui n’a pas été utilisée.

Le dessin est fort détérioré et a subi de grandes restaurations. Il présente bien le caractère rubénien et mérite d’être considéré comme authentique.

Photographie: A. Braun.

iq35. L’Érection de la Croix.

Paris. Louvre, 20188. Dessins exposés, 549.

A la pierre noire et à la sanguine, vigoureusement lavé d’encre de Chine et d’aquarelle et rehaussé de blanc sur papier gris. H. 38.7, L. 42.8.

Première pensée du triptyque peint pour l’église Ste. Walburge, à Anvers (nos nos 275-285). Cette ébauche réunit le panneau principal et les deux volets du triptyque dans une même composition. Un second projet, que nous avons décrit sous les nos 2j5-2J7hls’ a conservé la réunion des trois parties en un seul groupement. Ce second projet, peint par Rubens et gravé par Witdoeck, s’éloigne assez notablement de l’œuvre définitive ; nous avons fait ressortir les points de divergence.

La composition que nous fait connaître le dessin du Louvre diffère plus considérablement encore de l’esquisse peinte. Elle montre la croix soulevée, non

du côté gauche de la composition, mais du côté droit, de sorte que le pied se rapproche du groupe de la Vierge et de St. Jean et non de celui de l’officier et des soldats romains. Les deux bourreaux qui soulèvent la Croix par sa partie la plus élevée, c’est-à-dire l’homme en cuirasse et celui qui se trouve derrière lui, manquent dans le dessin. La pose du personnage qui tire à la corde et celle du vieux bourreau qui entoure de ses bras la partie inférieure de la croix diffèrent sensiblement. Le chien se trouve du côté des soldats romains, mais derrière le cheval de l’officier; St. Jean touche de la main l’épaule de Marie. Ces deux derniers personnages se trouvent placés contre le bord gauche du dessin. A droite, le bord coupe le corps de l’officier. Il est

possible qu’une partie de la pièce ait été enlevée sur les deux côtés.

Ce dessin, extrêmement intéressant, est d’un travail vigoureux, peu terminé dans les détails, n’accentuant que les groupes principaux.

Il date de 1610. Il a fait partie de la collection de l’évêque de Gand

Antoine Triest et de celle de Crozat. Dans cette dernière, il fut vendu

(Paris, 1741, n° 816), avec un autre dessin, au prix de 2Ô7 livres. Il fut acheté dans la vente Lempereur (Paris, 1773, n° 203), au prix de 404 livres.

Photographie: A. Braun.

Voir planche 409.

1436. Le Christ de l’Érection de la Croix.

Paris. Collection Henri Lacroix.

A la craie noire, retouché de blanc, lavé à l’encre de Chine. H. 4 5 , L. 36.

Le Christ, tel qu’il figure dans l 'Elévation de la Croix, est représenté jusqu’à la ceinture. La main gauche est dessinée à part. Ce superbe dessin est évidemment une étude pour le tableau dont il reproduit le personnage principal. Il date donc de 1610.

Il provient des collections sir Thomas Lawrence et Verstegh.

1437. L’Assomption de la Vierge.

Vienne. Collection Albertine, 394.

A la plume, rehaussé de bistre. H. 29, L. 23.

La Vierge monte dans les airs, les bras étendus, la tête rejetée dans le cou. Elle contemple extatiquement les splendeurs du ciel; un ange tient une

couronne au-dessus de sa tête ; au-dessous d’elle vole en rangs serrés un épais groupe d’anges, entouré de nuages.

La Vierge ressemble à celle de V Assomption gravée par Schelte à Bolswert (Tableau du musée de Bruxelles, notre n° 355), sans que l’on puisse dire que le dessin constitue une étude pour ce tableau.

iq38. Un Ange terrassant le Dragon infernal.

Nous connaissons par une gravure fac-similé un dessin, de Rubens, représentant un ange perçant d’une lance un des cous d’un dragon à sept têtes ; au-dessous de ce monstre, qui se tord furieusement, deux autres damnés sont précipités. Le dragon est dessiné en noir relevé de blanc. Le groupe est une étude pour la Religion triomphe de l’Idolâtrie et du Vice (P Immaculée Conception) de la Pinacothèque de Munich (notre n° 384). C’est probablement la reproduction d’un dessin de la collection du roi Guillaume II (n° 3oq du catalogue de i85o), adjugé à Roos, pour la somme de 35 florins.

Gravure non citée: Léon Noël. Inscriptions: * Fac-similé d’un dessin

original de Rubens. Publication de la France Littéraire, salon de 1840. »

143g. Une Étude d’Angelets.

Vienne. Collection Albertine, 412.

A la plume. H. 33.7, L. 21.6.

Croquis de vingt-neuf angelets, isolés ou disposés par groupes, remplissant une grande feuille de papier. Ils rappellent les petits bambins ailés qui, dans les compositions religieuses de Rubens, peuplent les cieux.

Certaines parties ont servi dans des tableaux du maitre. Ainsi un groupe et deux anges que l’on voit à gauche, en haut, se retrouve dans P Adoration des Bergers de la Pinacothèque de Munich (notre n° 149). Un groupe de quatre anges, qui occupe le milieu, figure dans le Couronnement de la Vierge du musée de Bruxelles (notre n° 362).

Photographie : A. Braun.

Voir planche 410.

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