SUSANNE FOURMENT
Dessin photographié par CARL HAACK.
Pl
1499- Isabelle Brant.
Londres. National Gallery, io.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 25.5, L 19.
Isabelle Brant, en buste, vue de trois quarts, le visage tourné vers la gauche, les cheveux relevés au sommet de la tête et ornés au chignon de quelques fleurs ou pendant en petites boucles le long des joues et dans le cou. Elle porte un collier de perles fines. La robe est fortement décolletée; une fraise en dentelle relevée entoure le cou, le corsage est serrant, les manches bouffantes. Le visage est placide et serein, les pommettes très saillantes, le menton en pointe.
C’est une étude pour le portrait d’Isabelle Brant de la Galerie royale de Windsor (notre n° 895). Dans le tableau, le modèle est exécuté jusqu’à mi-corps, les mains sur la ceinture; dans le dessin, le buste seul est vu, les bras manquent.
Le dessin caractérise mieux que le tableau les traits d’Isabelle Brant ; seulement, dans l’une comme dans l’autre l’effigie, la différence des traits avec ceux que nous connaissons par d’autres peintures est très sensible, au point de nous faire douter si le portrait est bien nommé.
Le dessin provient de la collection du duc de Tallard (Paris, 1756, n° 3 1 5 du Catalogue, adjugé à 160 livres 1 sou) et de celle de sir Robert Peel. Il
est toujours resté sans nom, quoique l’identité du modèle avec celui du tableau
de Windsor ne souffre point de doute.
Photographie : Morelli.
i5oo. Isabelle Brant.
Le catalogue de la vente Guillaume II, roi de Hollande (La Haye, i85o), mentionne, sous le n° 284, le « Portrait de la première femme de l’artiste. Elle est représentée assise dans une chaise, les mains jointes, et est coiffée d’un chapeau orné d’une plume. Dessin d’un très beau faire, à la pierre d’Italie. « Il fut adjugé à sir Thomas Lawrence pour la somme de 3io florins. Il reparut dans la vente de ce dernier (Londres, 1860), et fut adjugé, avec un
dessin du portrait de Rubens, à M. Tiffen pour la somme de 88 guinées.
Waagen mentionne dans la collection Stirling (Art Treasures. IV, 450), un portrait d’Isabelle Brant par Rubens, largement dessiné à la craie.
i5oi. Le duc de Buckingham.
Vienne. Collection Albertine, 437.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 38, L. 26,3.
Le duc est représenté de trois quarts, tourné vers la droite; les cheveux longs et bouclés, relevés sur le front et retombant par-dessus les oreilles, les yeux regardant de travers avec une expression hautaine, les fines moustaches retroussées, la barbiche en pointe. Le col, rabattu et montant haut dans le cou, est sommairement indiqué; la tête seule est terminée, mais faite avec une grande perfection.
Ce superbe dessin a servi d’étude pour le portrait peint que possède la galerie du Palais Pitti à Florence (notre n° 906).
Il porte en haut l’inscription: Hertoch van Bockengom P. P. Rubbens, tracée à la pierre noire de la même main que celle qui authentiqua, probablement dans la maison même de Rubens, plusieurs des dessins appartenant actuellement à la collection Albertine, à Vienne.
Il fut exécuté à Paris, en iÔ25, au moment où Rubens y rencontra le fameux favori de Charles I, venu pour épouser par procuration la princesse Henriette.
Photographie: A. Braun.
Voir planche 419.
i5o2. La duchesse de Buckingham (née Catherine Manners).
Vienne. Collection Albertine, q38.
A la craie noire et à la sanguine. H. 37, L. 26.3.
Pendant du portrait précédent. La duchesse de Buckingham est vue de trois quarts, la tête tournée vers la gauche, le regard dirigé vers le spectateur, les cheveux ramenés en arrière au-dessus du front et formant de grosses touffes sur les tempes ; une énorme perle en forme de poire dans les oreilles, un collier de perles rondes au cou. Les épaules sont vaguement indiquées, les traits du visage ne sont guère plus fortement accusés. Les yeux seuls, très doux d’expression, sont nettement dessinés.
Dans le haut du dessin, on lit, de la même écriture que l’inscription sur le dessin précédent, les mots: Hertoginne van Bockengom P. P. Rubbens F.
Catherine Manners, fille du comte de Rutland, naquit en i6o3, et épousa le duc de Buckingham en 1620; elle avait donc 22 ans lorsque Rubens la dessina en 1025.
Photographie : Cari Haack.
1503. L’empereur Charles-Quint a cheval.
Paris. Louvre, 20185. Dessins expose's, 553.
A la plume, lavé de bistre sur crayon. H. 29, L. 21. 5.
L’Empereur est vu presque de face, sa monture dessinée en raccourci est tournée vers le spectateur. Il tient d’une main les rênes, de l’autre un bâton de commandement appuyé sur la jambe. Sa tête est nue, les cheveux crépus, la barbe pleine. La poitrine et les bras sont couverts d’une cuirasse ; de larges haut-de-chausses tailladés couvrent la partie supérieure des jambes.
Dans le fond sont esquissés un arbre et un peu de feuillage. La tête est
dessinée sur un fragment de papier intercalé dans le dessin primitif.
Le travail est sommaire et bien de la main de Rubens. Dans le coin inférieur, à droite, on voit les lettres V. ci (Van Dyck). Le dessin porte le nom de l’archiduc Albert au catalogue des dessins du Louvre.
Voir le numéro suivant.
Photographie : A. Braun.
1504. L’empereur Charles-Quint a cheval.
Weimar. Musée.
A la plume, lavé de bistre. H. 66, L. 40.
Le cavalier est identique à celui du numéro précédent, de même que sa monture, sa toilette et sa pose. Le fond aussi est le même; seulement, dans le haut du dessin, une bande de papier a été ajoutée, sur laquelle le feuillage
de l’arbre, que l’on voit à gauche, et une touffe de feuilles de palmiers, dont on
n’aperçoit que les extrémités dans le dessin du Louvre, sont plus complètement représentés. La tête, qui n’est pas rapportée, présente les mêmes traits que
dans le numéro précédent ; seulement, dans ce dernier, le menton est plus carré. En général, le présent dessin est beaucoup plus terminé et semble être l’œuvre définitive à laquelle l’autre servit d’esquisse.
Il provient de la vente Guillaume II (La Haye, i85o), dont le catalogue le mentionne sous le n° 282 et le désigne comme un chef-d’œuvre. Il fut retiré de la vente et passa par héritage à la grande-duchesse de Weimar. Il a appartenu à sir Thomas Lawrence.
Photographie: A. Braun.
i5o5 Hélène Fourment.
St-Pétersbourg. Ermitage, 342.
A la pierre noire, lavé d’encre de Chine. H. 18.2, L. 14.3.
Hélène Fourment est vue presque de front; d’un côté de la tête, ses cheveux sont relevés sur l’oreille et roulés en natte ; de l’autre côté, ils sont flottants et retombent sur l’épaule. Un collier de perles, une chaîne et une broche sur le corsage, ainsi que les seins à moitié nus, sont légèrement indiqués. Le dessin est une étude pour le portrait d'Hélène Fourment que possède le musée de La Haye (notre n° g36) ; il ne montre le modèle que jusqu’à la taille et omet les mains que l’on voit dans la peinture.
Comme le tableau, il date de i63q environ.
Photographies : A. Braun ; Hans Hanfstaengl.
i5o6. Susanne Fourment.
Vienne. Collection Albertine, 442. Dessin exposé.
A la craie noire et à la sanguine. H. 34, L. 26.
Elle est vue de trois quarts, tournée vers la droite, en buste, nu-tête, les cheveux relevés et roulés en natte, le front très vaste et bombé, les yeux énormes, le nez droit et fin, aux narines bien accentuées, la lèvre supérieure très nettement dessinée, la lèvre inférieure plus molle. Dans les oreilles, des pendants en or, le col du vêtement supérieur raide et relevé, la robe faiblement indiquée. La tête n’est point belle; le bas du visage remarquablement court et étroit est en disproportion frappante avec le vaste