‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 81 sur 284 · LE MARQUIS DE LEGANÈS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE LEGANÈS

Dessin photographié par A. BRAUN.

Pl. 421

front et les yeux largement fendus. Ainsi que la peinture de la même personne, le dessin est fait avec une grande fermeté de touche et de tous points admirables. Dans le bas, le dessin porte l’inscription à la plume: P. P. Rubbens, qui se rencontre sur d’autres dessins de parfaite authenticité et qui a été tracée, non pas, il est vrai, de la main du maître, mais par quelqu’un de son entourage. Dans le haut, on lit les mots : Suster van Heer Rubbens (Sœur de Messire Rubens), écrits de la main du contemporain qui inscrivit sur les dessins le nom de plusieurs des personnages portraiturés par le maître. Par « Sœur de Rubens, » il faut entendre sa belle-sœur, l’une des sœurs d’Hélène Fourment. Il s’agit ici de Susanne, qui épousa en secondes noces Arnold Lunden et qui est connue sous le nom de Mademoiselle Lunden et du Chapeau de Paille (Voir notre n° 949).

Gravure: Grandauer (lithographie).

Photographie : Cari Haack.

Voir planche 420.

1507. Une fille de Gerbier.

Weimar. Musée.

A la pierre noire, rehaussé de blanc.

Une enfant, âgée de trois ans environ, vue de face et jusqu’aux genoux, les cheveux séparés sur le milieu du front, les yeux très grands, un petit bijou attaché à un ruban autour du cou, tenant l’une main sur la poitrine, relevant de l’autre son tablier. Ce beau dessin, très soigné, porte le nom de « jeune fils de Rubens; « il représente une jeune fille et offre une grande ressemblance, tant dans les traits que dans le costume, avec le portrait de la fille de Gerbier que possède le comte Spencer (notre n° 957).

Photographie: Schwier.

i5o8. Ferdinand de Gonzague.

Stockholm. Musée national.

A la pierre noire et à la sanguine.

Tête de jeune garçon, vue de trois quarts, tournée vers la droite, les yeux baissés, la tête allongée, les joues bombées vers le bas, les cheveux courts. Le col plat et le vêtement sont rapidement indiqués.

Le nom du modèle nous est indiqué par une inscription datant de la première moitié du 18e siècle et ainsi conçue: Ferdinando Gonzaga Cardinale di Mantova or Duca, fatto in presenza sua da P. P. Rubens. Plus bas on lit: Ce portrait a été donné à M. Crozat par M . le Comte de Cailus. 1126.

Suivant cette inscription, le personnage représenté par Rubens serait Ferdinand de Gonzague, second fils de Vincent I, duc de Mantoue, né le 24 mai i587, cardinal en i6o5, duc de Mantoue en 1612, après la mort de son frère. Rubens partit pour l’Italie le 8 mai 1600. En admettant qu’il ait été engagé au service du duc de Mantoue aussitôt après son arrivée et qu’il ait immédiatement dessiné les fils de son protecteur, Ferdinand aurait eu i3 ans et quelques mois. L’original du portrait que nous décrivons ne nous paraît pas avoir dix ans. En admettant donc que le dessin représente un enfant du duc de Mantoue, nous croyons qu’il est plus raisonnable d’y voir le troisième fils, Vincent II, né le 7 janvier 1594.

Photographie: Anonyme.

i5og. François de Gonzague.

Stockholm. Musée national.

A la pierre noire et à la sanguine.

Tête de jeune garçon, vue de trois quarts, tournée vers la droite, le regard dirigé de côté, les cheveux courts, la tête enfoncée dans les épaules et fortement rejetée en arrière, le col faiblement indiqué.

L’âge est incertain; il pourrait être de 16 ans. Dans la partie inférieure du dessin, on lit l’inscription suivante, tracée dans la première moitié du 18e siècle: Francesco Gonzaga Principe di Mantova fu da poi duca , fatto in presenza di S. A. da P. P. Rubens. Plus bas : M. le Comte de Cailus a donné ce portrait à M. Crozat. 1121 .

D’après cette inscription, le jeune homme représenté serait François, fils de Vincent I, duc de Mantoue, né le 7 mai i586, qui succéda à son père en 1612, mais ne régna que dix mois. Il avait 14 ans quand Rubens arriva en Italie.

Photographie : Anonyme.

i5io. Le marquis de Leganès.

Vienne. Collection Albertine, 43g.

Aux trois crayons. H. 38, L. 27.5.

Le marquis de Leganès est vu presque de face, légèrement tourné vers la droite. Ses cheveux, de moyenne longueur, forment des boucles autour du front. Il porte les moustaches relevées en croc et une petite barbiche. La figure, très régulière, est d’aspect légèrement replet dans le bas, l’expression du regard est altière. La tête est dessinée avec grand soin, admirable témoignage du talent magistral que déployait Rubens dans ces sortes de travaux.

Le dessin, fait en 1627, est évidemment une étude pour le portrait peint du Marquis (Voir notre n° 974). La fraise qui enserre et cache le cou est légèrement indiquée. Dans le bas, la main, qui a inscrit heureusement le nom sur plusieurs portraits, a tracé, à la pierre noire, les mots : Marquis del (ou de la) geness.

Photographie : A. Braun (sous la désignation: Portrait d’homme , tête vue de face , n° 835 des photographies d’après les dessins de Vienne).

Voir planche 421.

i5ii. Lucas de Leyde.

Le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1016) mentionne un portrait de Lucas de Leyde par Rubens, avec les attributs des arts qu’il professait et une branche de laurier qui en couronne la bordure. Ce portrait était dessiné au bistre, rehaussé de blanc, d’un fini précieux ; il faisait pendant à celui de Tobias Stimmer, exécuté de la même manière.

Adjugé à 36 livres 1 sou.

i5i2. L’Empereur Maximilien I.

Vienne. Collection Albertine, 475.

A la plume. H. 21, L. 16,8.

L’Empereur est vu de profil, tourné à droite, les cheveux longs, coupés en brosse sur le front, tombant dans le cou et se retournant en boucles, le

nez long et effilé, le menton proéminent. Le prince est couvert d’une armure sommairement dessinée. Le dessin porte la signature P. P. Rubbens /., ancienne, mais non authentique.

Photographie : Cari Haack.

i5i3. Théodore Mayerne.

Londres. British Muséum.

On a exposé depuis peu, dans les galeries du British Muséum, un portrait de Théodore Mayerne, dessiné par Rubens, probablement une étude pour le portrait peint mentionné sous notre n° gg3.

1514. Marie de Médicis.

Paris. Louvre, 20224. Dessins exposés, 554.

Aux crayons rouge, noir et blanc, sur papier gris. H. 35.6, L. 27.8.

La reine est vue presque de front, légèrement tournée vers la gauche; ses cheveux sont relevés sur le front et sur les tempes; elle porte un collier de perles et des pendants d’oreille, formés, chacun, d’une grosse perle. Le haut des épaules est seul indiqué. Le dessin est très caressé et d’exécution magistrale. Il a évidemment servi d’étude pour les tableaux de la galerie de Médicis, dans lesquels la reine est généralement représentée avec la coiffure et les bijoux qu’elle porte dans le présent dessin. Il doit donc avoir été fait au moment où Rubens commença à peindre l 'Histoire de Marie de Médicis , c’est à dire en 1622.

Lorsque le dessin fut gravé par Paul Chenay, il faisait partie de la collection du comte Nils Bark ; il fut acquis par le musée du Louvre, en i853, au prix de 2000 frs.; antérieurement, il avait fait partie des collections Crozat et comte de Tessin.

Gravure: V. S. 164, Paul Chenay. Le dessin est reproduit dans la Gazette des Beaux-Arts, 1884, I, 33.

Photographie: A. Braun.

Voir planche 422.

Page 1