‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 82 sur 284 · MARIE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

MARIE DE MÉDICIS

Dessin photographié par A. BRAUN.

Pl.

1 5 1 5 . Marie de Médicis.

Vienne. Collection Albertine, 440. Dessin exposé.

A la pierre noire et à la sanguine. H. 3o.5, L. 22.

La tête de la reine est vue de profil, les yeux légèrement levés vers le ciel, la coiffure et les bijoux sont les mêmes que dans le dessin précédent ; la naissance de la poitrine et du dos est indiquée par un simple trait. Dans le bas du dessin, on lit les mots: La Reyne Mère de France , tracés à la pierre noire de la même main qui inscrivit les noms sur plusieurs portraits dessinés par Rubens.

Le dessin est exquis, exécuté avec une grande délicatesse de modelé et de contour. Il est évident que Rubens, après avoir pris l’effigie de Marie de Médicis de trois quarts la dessina, immédiatement après, de profil, afin de pouvoir peindre la reine dans différentes attitudes.

Photographie : A. Braun.

i5i6. Marie de Médicis.

Londres. British Muséum.

A la plume. H. 6.5, L. 3.9.

La reine est vue de profil, jusqu’au milieu du cou, le regard dirigé droit devant elle, les cheveux relevés en une haute coiffure. Le dessin provient des collections Joshua Reynolds et Payne Knight.

Photographie : Morelli.

Michel Ophovius.

Weimar. Musée.

A la craie noire et à la sanguine, lavé d’encre de Chine. H. 3o, L. 18. 3.

Ophovius, que l’on désigne d’habitude comme le confesseur de Rubens, est assis dans un fauteuil, les mains posées sur les bras du siège. Il est plus âgé que dans son portrait peint du musée de La Haye (notre n° ioi3).

Dans ce dernier, il porte le costume de dominicain; ici, il a revêtu celui d’évêque, le camail sur les épaules, la croix épiscopale sortant de dessous ce vêtement. Il est vu presque de front, jusqu’à mi-corps et a la mine souriante.

Nous ne saurions admettre l’authenticité du dessin; il est de facture trop lourde, trop inhabile, comparé aux dessins authentiques du maître, toujours légers et gracieux.

Le dessin provient de la vente James Hazard (Bruxelles, 1789, n° 77) où il fut adjugé à 12 florins 5 sous. Il figura dans la collection Lawrence et dans la vente Guillaume II (La Haye, i85o, n° 2q5), où il fut retiré. Il passa par héritage dans la collection grand-ducale de Weimar.

La galerie Suermondt, à Aix-la-Chapelle, possède un portrait du confesseur de Rubens, aux crayons multicolores, légèrement touché (1).

Photographie : A. Braun.

1517. Philippe IV, roi d’Espagne.

Le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1018) mentionne: « le Portrait de Philippe IV, dessiné de profil en médaillon. Sur la même feuille, un Pénitent tenant un Crucifix, fait à la pierre noire, à demi-corps. « Ce dessin avec deux autres fut adjugé à 48 livres ig sous.

i5i8. Albert Rubens.

Bruxelles. Collection comte Duchastel-Dandelot.

A la craie noire et à la plume. H. 3 r , L. 20. Octogone.

Albert Rubens est vu de trois quarts, jusqu’à l’épaule. Il porte les cheveux longs, séparés sur le milieu de la tête, descendant sur les oreilles en boucles, le front est bas, le dessus de la tête extraordinairement plat, le sourcil droit relevé, le nez petit et gros par le bout, la pommette saillante, la lèvre inférieure proéminente. Autour du cou, il porte un col rabattu, à petits plis sommairement indiqués.

Dans le bas du dessin, on lit les mots: Dr Alhertus Rubens , d’une écriture du 17e siècle.

(1) Zeitschrift fiïr bildende Kunst, 1875, p. 77.

Le modèle peut avoir une douzaine d’années, le dessin est donc fait vers 1626. La tête se présente absolument comme celle de l’aîné des fils de Rubens dans le tableau Albert et Nicolas Rubens de la galerie Liechtenstein (notre n° io36). Seulement, elle n’est pas coiffée du chapeau. Le col est le même que dans le tableau. On peut admettre que le dessin a servi d’étude pour le portrait peint.

Photographie : Alexandre.

Voir planche 423.

i5ig. Albert Rubens.

Nous connaissons par une gravure de Schiavonetti, un portrait d’enfant, intitulé Albert Rubens. Il est vu presque de face, les cheveux de moyenne longueur retombant sur le front et sur les oreilles, les yeux vifs, la mine souriante. Il est coiffé d’un chapeau à plume, posé sur le côté. Les vêtements sont indiqués jusque sur la moité de la poitrine.

Autant qu’on peut en juger par le fac-similé, le dessin paraît être de Rubens; il est permis de douter de l’exactitude du nom qu’on lui a donné. Par contre, il présente une grande ressemblance avec le portrait de l’enfant de Rubens que possède la collection de dessins du musée de Dresde (notre n° 1 526).

Gravure: V. S. 12g, L. Schiavonetti.

1020. Nicolas Rubens.

Vienne. Collection Albertine, 451.

A la pierrre noire et à la sanguine. H. 29, L. 22.

Tête d’enfant de deux ans environ, vue de trois quarts. Les cheveux de médiocre longueur retombent sur le front ; les yeux sont baissés et les épaules sommairement indiquées. Au cou, il porte un collier de perles.

C’est un superbe dessin, fait con amore , destiné probablement à servir d’étude pour un personnage de tableau et fait d’après nature. Il nous parait très probable que Rubens fit poser pour le faire l’un de ses propres enfants et nous croyons reconnaître dans les traits, encore peu accentués, ceux de son fils puîné Nicolas.

Un enfant, qui ressemble à celui-ci et qui porte au cou le même collier de perles, figure dans le tableau les Quatre parties du Monde (notre n° 83q).

Dans le bas, le dessin porte l’inscription à la plume: P. P. Rubbens, telle que nous le retrouvons sur plusieurs dessins authentiques.

Le dessin doit avoir été fait vers 1620.

Gravure: Grandauer, lithographie.

Photographies: A. Braun; Cari Haack.

Voir planche 424.

1521. Nicolas Rubens (?).

Vienne. Collection Albertine, 452.

A la plume, à la pierre d’Italie et à la sanguine. H. 23, L. 20

Un enfant, âgé de trois ou quatre ans, vu de profil, le visage tourné à gauche, la bouche légèrement ouverte, l’œil vif et intelligent. Le nez se relève par le bout qui est assez gros et coupé à pans rectilignes, les lèvres se contournent en ailes d’angelets, la tête est très allongée sur le haut du crâne. La partie supérieure d’un vêtement ouvert sur le devant est visible.

Fort beau dessin, très soigné. La ressemblance des traits avec ceux de Nicolas Rubens dans son portrait incontestable n’est pas assez prononcée pour que nous puissions affirmer avec quelque certitude que l’enfant représenté est Nicolas Rubens ou un autre fils du maître.

Photographie: Victor Angerer.

1 522 . Nicolas Rubens (?).

Paris. Collection Ravaisson.

A la plume et à la craie noire. H. 25, L. 19.

Ce portrait est pour ainsi dire la contre-épreuve du précédent. On y voit le jeune garçon de profil, tourné à droite, les cheveux arrangés de la même manière, le col et la partie supérieure du vêtement ouvert sur la poitrine sont également visibles. Seulement, la facture diffère considérablement. Dans le présent dessin, les traits sont faits au contour, à la plume, les cheveux sont également tracés à l’encre, les modelés sont indiqués à la pierre noire.

Photographie : E. Dontenvill.

Page 1