YO EL REY
(2) Memoria de las pinturas que Su Magestad (Dios le guarde) manda se traygan de russelas que quedaron de la casa mortuoria del Senor Infante que este en el cielo.
Quinze pinturas grandes y otras menores de lienzo pintadas al olio para la tapiceria del riunfo de la Iglesia, historia del santissimo sacramento que el Senor Infante imbio à las I :scalças reales de la Senora emperatriz en Madrid, que quedaron arrolladas en palacio en la ; leria de los Emperadores, à cargo de Juan de Benero, ayudado guarda-joyas del Senor 1 fante, que este en el cielo. (Copies dans les archives de la secrétairerie d’État espagnole, s x archives du Royaume.) PlNCHART : Messager des sciences historiques. XXXVI, 340.
Quinze grandes peintures et d’autres plus petites, sur toile, peintes à l’huile pour la tapisserie du Triomphe de l’Église, l’histoire du Saint Sacrement, que le Seigneur Infant a envoyée aux Déchaussées royales de madame l’Impératrice, à Madrid, qui sont restées enroulées au palais, dans la galerie des Empereurs, à charge de Jean de Benero, garde-joyaux adjoint du défunt Seigneur Infant.
Aux termes de ce mémoire, il y avait en 1648 quinze grandes peintures et un certain nombre de plus petites. Les premières formaient la suite complète que nous avons décrite et que les tapisseries du couvent des Dames religieuses déchaussées royales de Madrid reproduisent. Les petites pièces sont probablement les huit petits panneaux du musée de Madrid.
Les grandes toiles furent, dit-on, données par le comte-duc Olivarez à l’église du village de Loeches près de Madrid. Ce qui précède démontre le peu de fondement de cette assertion. Le comte-duc était tombé en disgrâce en 1643 et cinq ans plus tard seulement, les toiles arrivèrent en Espagne. Il n’est pas impossible cependant que Philippe IV les ait données au successeur d’Olivarez, son neveu D. Louis de Haro, et que celui-ci en ait fait présent à l’église de Loeches, une localité où Olivarez avait sa maison de campagne. Il est beaucoup plus probable cependant que le roi Philippe IV lui-même en fit cadeau à l’église des Carmélites déchaussées de Loeches.
Jusqu’au commencement de ce siècle, un certain nombre de tableaux de la suite restèrent dans cette église. Le voyage d’Espagne de Ponz et celui du père Pedro Antonio de la Puente énumèrent six pièces qui s’y conservaient vers 1770 : dans le sanctuaire du maître autel, le Triomphe de l’ Eucharistie sur la Philosophie et la Nature, ainsi que Abraham et Melchisêdech ; du côté de l’épître, au-dessus de la corniche, les Docteurs de l’Eglise avec St. Thomas d’Aquin, St. Norbert et Ste. Claire ; du côté de l’Évangile, les quatre Evangélistes. Dans le transept, du côté de l’épître, Elie qui reçoit la nourriture de l’ange et, de l’autre côté, les Israélites recueillant la Manne.
Ces tableaux furent enlevés par les Lrançais, en 1808. Deux en furent donnés au général Sebastiani qui les vendit au Louvre, pour la somme de 60,000 francs ; quatre autres furent acquis par M. Bourke, le ministre danois, à Madrid, qui les vendit, en 1818, au premier marquis de Westminster; ce sont : Abraham et Melchisêdech, les Docteurs de l’Église, les Évangélistes et les Israélites recueillant la Manne.
Le catalogue de la galerie du duc de Westminster qui nous fournit ces dernières particularités y ajoute que, lorsqu’on enleva les tableaux, ils tombèrent du chariot dans une fosse bourbeuse et que l’un d’eux, celui qui en i83o
était en possession de Sir Joshua Taylor, fut sérieusement endommagé ; le tableau en question représente, comme on l’a vu, le Triomphe de l’Amour divin. D’après le même catalogue, deux autres pièces, le Triomphe de l’Eglise et le Triomphe du Christianisme sur le Paganisme, sont restées à Loeches.
Nous nous défions de l’exactitude de ces renseignements et nous aimons mieux nous en tenir au fait, qu’à la fin du siècle dernier, il y avait à Loeches six tableaux, dont deux se trouvent actuellement au Louvre et quatre dans la galerie du duc de Westminster. Le septième connu serait celui de Joshua Taylor : nous n’avons pas retrouvé les traces des huit autres.
L’archiduc Léopold-Guillaume exécuta-t-il, en son entier, l’ordre royal ? La question peut se poser. En effet, si en Espagne on ne retrouve que six pièces, par contre, on en a retrouvé quelques autres, au siècle dernier, à
Bruxelles.
Dans la Gazette d'Amsterdam, du mois de mai 172 7, on lit : « Bruxelles, le 21 mai 1727. Six tableaux de Rubens, fameux peintre, représentant les Triomphes de l’Église et l’Entrée du Cardinal-Infant, qu’on croyoit perdus ou volés, ont été trouvés au sommier de la chapelle royale (de la cour), dans un endroit fort obscur, lorsqu’on étoit occupé à réparer les appartemens du
palais pour l’arrivée du comte de Daun. Ces pièces sont d’une grandeur
extraordinaire et occupent toute la grande galerie de la cour, où elles sont tendues. On sçait par l’histoire que Rubens les a peints deux fois, ainsi les tableaux pareils se trouvent à l’Escurial en Espagne. Comme ces pièces ont été cachées au moins 25 ans, dans des endroits fort délabrés et qu’on ne les a vues ici que du temps de l’électeur de Bavière, on a donné ordre à un fort habile peintre (Jean Van Orley) de les raccommoder. »
Laissant de côté certaines inexactitudes évidentes de ce récit et ne tenant compte que du fait principal, nous apprenons qu’un certain nombre des
Triomphes existaient à Bruxelles, en originaux ou en copies. Ils disparurent bientôt, et à jamais, peu de temps après leur découverte. Dans l’incendie du palais de Bruxelles, arrivé le 4 février 1731, les toiles des Triomphes de l’Eglise qui se trouvaient dans cet édifice furent consumées (1). Les auteurs diffèrent sur le nombre des pièces qui périrent ainsi. Les uns disent sept ; les autres, six ; les autres, dix. Le peintre Égide-Joseph Smeyers, contemporain
(1) ALPH. WAUTERS : Les tapisseries bruxelloises. P. 241. — DESCAMPS : Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant. Rouen, 1769. P. 97. — MENSAERT : Le peintre amateur et curieux. Bruxelles, 1763. I. 8.
du désastre et auteur d’un catalogue raisonné manuscrit des principales œuvres de Rubens, dont une copie autographe nous a été conservée par Mois (B. R. de Brux. Ms. 5723, p. i36), affirme que quatre peintures originales des Triomphes ont péri dans l’incendie du palais. Sa version nous parait la plus digne de foi, et il est bien possible aussi que les quatre pièces fussent des originaux qui, en 1648, pour l’une ou l’autre raison, ne furent pas envoyés en Espagne.
Il existe plusieurs copies de quelques-uns de ces tableaux.
Dans la vente des tableaux provenant des ci-devant Jésuites, faite le 12 mai 1777, à Bruxelles, on trouve cinq^sujets des triomphes: le Temps découvre la Vérité, le Triomphe de l’Eucharistie, le Triomphe du Christianisme, le Prophète Elie et le Triomphe de l’Église.
Dans la seconde moitié du siècle dernier, dix copies existaient dans l’église des Carmes déchaussés de Bruxelles (1). Six de ces copies furent données, en 1811, par le préfet du département de la Dyle, à l’église de Goyck (2).
Plus tard, ces tableaux disparurent. En 1862, on découvrit les copies de sept Triomphes dans l’imprimerie Mertens, à Bruxelles. Elles furent vendues peu après à M. Mera, consul de Belgique à Marseille (3). C’étaient le Triomphe de la . Charité, de la Nouvelle Loi, du Christianisme, les Israélites recueillant la Manne, Abraham et Melchisêdech, Elie et la Transportation de l’Arche.
Toutes ces copies étaient de la grandeur des originaux. Nous avons déjà mentionné les trois copies réduites qui se trouvent dans l’église de St. Pierre, à Gand, et les huit plus petites encore du musée de Madrid. L’église de St. Gilles à Bruges possède également la copie de deux pièces de la série. Les Triomphes de l’Eucharistie, possédées jadis par l’abbaye de St. Pierre, à Gand, étaient au nombre de quatre. Ils avaient été achetés, en décembre 1779, de Philippe Spruyt, au prix de 40 livres de gros (4).
Plusieurs fois, les Triomphe et Figures de l’Eucharistie furent reproduits par les tapissiers de Bruxelles.
Nous avons mentionné l’exemplaire qui se trouve au couvent des Dames religieuses déchaussées royales de Madrid, ainsi que les pièces que possèdent M. le baron Erlanger, MM. Ferrié, Bracquenié et Vayson.
(1) Descamps et Mensaert : loc. cit.
(2) A. WAUTERS : Histoire des environs de Bruxelles. I, 264.
(3) H. HYMANS : Revue universelle des Arts. XVI, 212. — Journal des Beaux-Arts, 1862,
(4) Messager des sciences historiques. 1876, p. 21 r.