‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 76 sur 192 · LE SERPENT D’AIRAIN · texte numérisé non relu

LE SERPENT D’AIRAIN

partie du milieu, à droite de la composition. (Suites) 4g, Anonyme (le groupe du dragon et d’autres monstres entremêlés dans la partie inférieure de la composition) ; 5o, Anonyme (le dragon du même groupe).

La National Gallery de Londres possède quatre dessins et le British Muséum un cinquième, qui sont des études pour différentes parties de cette composition. Les divers fragments représentent la partie supérieure et la partie centrale du tableau.

La gravure de Soutman a probablement été faite d’après un dessin de ce genre. Dans la vente Crozat, un dessin représentant la Chute des Anges, gravée par Soutman, fut vendue, avec une autre pièce, 66 livres.

Voir planche 26.

g3BIS. LA CHUTE DES RÉPROUVÉS.

Aix-la-Chapelle. Collection Suermondt.

Panneau. H. 118, L. 92.

a composition de cette Chute des Réprouvés est la même que celle du numéro précédent. Le tableau est qualifié d’esquisse terminée de celui de la Pinacothèque de Munich. On ne saurait admettre que jamais Rubens ait achevé à un tel point une esquisse quelconque, et dans le cas présent le travail définitif ne serait pas poussé beaucoup plus loin que l’étude.

Alfred Woltmann et Waagen qualifient ce morceau de large, hardi, magistral dans l’exécution, et l’appellent la plus parfaite des œuvres de Rubens dans son genre (1).

Nous ne partageons point cet enthousiasme, mais nous croyons le travail de la main de Rubens. Les défauts de la composition et certaines exagérations de très mauvais goût que nous avons signalées déjà dans le tableau de Munich et que Rubens ne commit plus dans la suite, nous font croire que ce travail date du séjour de Rubens en Italie. C’est un pendant de l 'Assomption des Justes, de la Pinacothèque de Munich, qui a les mêmes dimensions et des faiblesses analogues. Nous croyons que les deux œuvres datent de la même époque.

(1) A. WOLTMANN : die Galerie Suermondt. (Zeitschrift fur bildende Kunst, 1874. P. 294.) — G. F. WAAGEN : Kleine Schriften. Stuttgart, 1875. P. 280.

Le tableau porte, sur la face postérieure du panneau, le sceau de la corporation de St. Luc, à Anvers, représentant le blason de cette association artistique, avec la légende : Segel van St. Lucas guide iy33. Ce sceau atteste que, postérieurement à cette année, la corporation de St. Luc a eu à émettre son jugement sur la valeur du tableau. Le fait se passa en 1754 et est relaté de la manière suivante dans le registre des résolutions des doyens de la gilde (1) :

« Aujourd’hui le 21 septembre 1754, séance du serment actuel et ancien. On apporta certain tableau représentant le Jugement dernier, peint sur panneau, haut, dans le cadre, de 4 pieds et 1 1/2 pouces et large de 3 pieds 2 1/2 pouces. Cette œuvre ayant été vue et mûrement examinée par les doyens, ils l’ont jugée avoir été peinte d’une manière fort soigneuse par Pierre-Paul Rubens et, en signe de la vérité, le susdit tableau a été marqué au dos du cachet en cire rouge de cette chambre.

« Fait et jugé par nous soussignés, à la date comme dessus. »

Suivent onze signatures de doyens.

Le tableau fut vendu dans la collection Dutartre, Paris, 1804, 4000 fr., à Delastre.

Vente Pitschaft, 1811, i3g6 fr., à de Castres.

Le tableau fut offert en vente au musée de Berlin, avec le reste de la collection Suermondt, en 1874, mais ne fut pas compris dans l’achat, parce que le prix demandé dépassait de beaucoup l’évaluation de la direction du musée.

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