‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 2)Chapitre 15 sur 298 · FRONTISPICES ET ILLUSTRATIONS DE LIVRES · texte numérisé non relu

FRONTISPICES ET ILLUSTRATIONS DE LIVRES

1233. Frontispice de: Aedo y Gallart (Don Diego de), El mémorable y glorioso Viaje dcl infante Cardenal D. Fernando de Anstria. En Amberes en casa de Juan Cnobbart. M.DC.XXXV. In-4°.

La composition représente, à gauche, Mars triomphant, tenant de la main droite une courte épée, de la main gauche un trophée d'armes appuyé sur son épaule; à droite, une Victoire ailée, étendant d'une main une couronne, tenant de l'autre une palme posée sur le sol. Ces deux personnages sont debout devant des palmiers dont le feuillage forme une voûte au-dessus de leur tête. Dans ce feuillage est suspendu l'écusson du prince Ferdinand, coiffé du chapeau de Cardinal. Au-dessous des armoiries, un aigle qui tient un serpent dans les griffes, symbole du prince qui a écrasé l'armée des hérétiques. Dans les deux coins supérieurs, deux angelets qui tendent une couronne. Le titre est inscrit entre les deux personnages debout sur les côtés ; l'adresse de l'imprimeur sur un cartouche, dans le bas.

Le modèle original de ce frontispice, en grisaille peinte sur bois, parut dans la vente prince de Conti (Paris, 1777, n'' 246), où il fut adjugé, avec la grisaille d'un portrait de Charles I , par Van Dyck, à 120 livres. Mariette l'avait possédé auparavant.

Le même frontispice a servi pour la traduction française du livre publié sous le titre de " Aedo et Gallart (Don Diego de), Le Voyage dit, prince don Fernande, infant d'Espagne, cardinal. Tradnict de FEspagnol par le 5^ Jules Chifflet. En Anvers, chez Jean Cnobbaert l'an M.DC.XXXV. -> Le graveur a effacé le texte espagnol pour le remplacer par le texte français.

Gravures: V. S. Titres de livres, vignettes et culs-de-lampe 44, Marinus. La gravure est signée: - P. P. Rubens invent. Marinus sculps. «

1234-1240. Frontispice et Vignettes de Francisci Aguilonii e Societate Jcsu

Opticorum libri scx Philosophis juxta ac M athematicis utiles. Antverpiïe, ex

ofificina plantiniana. Apud Viduam et P'ilios Jo. Moreti M.DC.XIIL In-folio.

1234. Le frontispice montre le titre transcrit ci-dessus, taillé dans un socle rectangulaire, orné de consoles sur les côtés. Au-dessus du socle est assis, dans un hémicycle, le génie de l'Optique, tenant de la main droite un sceptre surmonté d'un œil et posant l'index de la main gauche sur le sommet d'une pyramide posée sur ses genoux. A sa droite se tient un aigle qui pose la serre sur une sphère terrestre ; à sa gauche, un paon à la queue déployée, symboles de Jupiter et de Junon. Un nimbe rayonnant entoure la tête de l'Optique. Les faces antérieures de l'hémicycle sont ornées de deux termes ; à . gauche. Mercure tenant la tête d'Argus et le caducée; à droite. Minerve, la déesse de la Science, tenant le bouclier à la tête de Méduse et la lance. Les deux divinités portent sur la tête une corbeille de fleurs, sur laquelle repose la partie antérieure de l'entablement de l'hémicycle, où deux lampes antiques brûlent. Sur la base est sculpté un singe cynocéphale qui, à gauche, tombe en faiblesse, au moment d'une éclipse lunaire et cjui, à droite, se redresse et lève les pattes de devant, plein de joie (i). Au-dessous de l'adresse, inscrite dans un cartouche entre les bases des deux stèles, on voit

(i) La signification de ce dernier emblème est expliquée par les mots suivants que l'on lit dans les liminaires de l'ouvrage: Et cynocephalus miro quodam consensu ipsa lunse solisque conjunctione visu déficit, quasi nulla manifestiore ratione lunœ defectioneni dolere possit, quam aspectus orhitate, quo sub novae lunée principium redeunte ipsa fera erecto corpore, manibusque in altum sublatis primum ejus exortum gratulatur (Fr. Aguilonii Opticorum libri sex. Lectori, 6'^ page).

divers instrumcMTts, une chiucitc, un compas, un lil ;'i iilcmil), une latte et un sextant.

La planche ne porte ni le nom du dessinateur ni celui du graveur.

Le dessin original de la gravure (IL 3o.5, L. ig.i) fait à la jjlumc et lavé à l'encre, est conservé au British Muséum, à Londres. La j^ilace du titre et de l'adresse de l'imprimeur est restée . vide ; les figures du singe cynocéphale sur la base des stèles manquent ; les lampes antiques dans le haut ne sont pas posées sur un socle comme dans la gravure. Ce socle a été indiqué par quelques traits. A gauche du dessin, près de cette indication rudimentaire, est écrit le mot basis.

La composition est gracieuse et coquette, mais manque de mouvement rubénien. Le dessin est fait avec une certaine maigreur et timidité.

Voir planche 355.

Les six vignettes se trouvent en tète des six livres qui composent l'ouvrage et se rapportent à leur contenu.

1235. Le premier livre traite de l'Organe de la Vue. La vignette représente un savant et cinq amours. Un de ces derniers a extrait du front d'un Cyclope l'œil unique et l'a déposé sur un cube hexagone. Là, un de ses compagnons en fait la dissection ; un second écoute la leçon ; un troisième montre ce groupe à l'angelet qui a extirpé l'œil ; le dernier appelle sur la démonstration scientifique l'attention d'un vieux savant assis à gauche, une plume à la main, dans une attitude de méditation, le même que nous retrouvons dans les vignetttes suivantes.

1236. Le second livre traite du Rayon visuel et de l'Horoptère. La vignette représente le vieux savant, dirigeant le ra3^on visuel vers le colosse de Rhodes, et un angelet, dirigeant l'axe optique vers le sommet de la coupole de St. Pierre. Six autres petits génies portent divers instruments.

1237. Le troisième livre traite de la Connaissance des objets communs. La vignette représente un groupe de trois angelets, dont le premier tient dans la main étendue une baguette droite. Le savant, se penchant dans son fauteuil, fermant un œil et étendant un doigt, désigne la nature de l'objet qu'on lui montre.

1238. Le quatrième livre a pour objet les " Faux Semblants, r, On y voit le savant accroupi devant une table, au bout de laquelle se dresse une planche où sont marqués deux petits cercles, qu'il regarde en faisant passer le rayon visuel par le sommet d'une petite tige, fixée près de lui dans la table. Trois angelets l'accompagnent; l'un montre sur la planche dressée l'un des cercles.

I23g. Le cinquième livre parle de la Clarté et de l'Obscurité. Sur une table, trois planchettes sont dressées, deux des trois parallèlement, la troisième perpendiculairement à l'une des deux premières qui est percée de deux trous. Une lumière brûle au milieu de la table; un angelet sur le côté, tient une lampe à deux feux. Sur la planche posée avant les deux autres, qui est dans l'ombre, se dessinent deux cercles lumineux. Le vieux savant suit attentivement l'opération.

1240. Le sixième livre est intitulé ^ des Projections r^. La vignette figure le vieux savant, un genou en terre, portant sur les épaules un planisphère. Derrière lui, dans le haut, un angelet tient un flambeau allumé, dont la clarté projette sur la terre l'ombre du planisphère. Deux angelets, dont l'un tient un compas regarde la figure que dessine l'ombre.

Les Vignettes ne portent aucun nom de dessinateur ou de graveur.

Le compte de Rubens avec Balthasar et Jean Moretus mentionne, à l'avoir du peintre, entre le 17 mars i5i3 et le 2 mai 1616, ce qui suit (Voir notre n° 882):

" Monsieur Pietro Paulo Rubenio d'inchontre doibt avoir.

" Pour aultant qu'il a retocqué les figures à'Aguilonius, Lipsii, Senecœ et quatre du Missel luy sont advouez opéra Boissardi montants . . fl. 35.

•0 Pour la délinéation des figures d'Aguilotiius, de deux vignets du Missel et deux figures dudit, Senecœ morieiis, Senecœ caput et J. Lipsius, touchants à feu nostre mère, montent. . . . . . . . . . fl. 112

Rubens a donc bien certainement dessiné et retouché ^ les fisfures «

d'Aguilonius. Par figures, il faut spécialement entendre ici les vignettes. Cependant, quoique le frontispice ne soit pas signé de lui et ne soit pas expressément désigné dans les comptes que nous venons de citer, on peut avec pleine sécurité, malgré la timidité de sa facture, le comprendre parmi " les figures « dessinées. Son style rappelle la première manière rubénienne, et l'on ne saurait admettre que le maître eût dessiné les vignettes et laissé à d'autres le soin de faire la planche principale.

Le 3 mars 161 2, les frères Moretus payèrent à Théodore Galle 7 florins pour la gravure d'une petite planche avec des yeux pour le livre du père Aguillon, celle cjui se trouve à la page 3. Le 20 mai i6i3, 36 florins lui furent payés pour les vignettes des livres 2 et 3 ; le 22 juin suivant, il reçut 72 florins pour les quatre autres ; la gravure du frontispice fut payée 72 florins le même jour (i).

(i) 1612. Den 3 maert. Gesneden voor den boeck van P. Aguilion een plaettien

7 gui-

Gravure du Frontispice: V. S. Titres de livres i, Anonyme. Le frontispice est gravé par Tliéodore Galle.

Gravure des Vignettes: V. S. Titres de livres 82, J. B. Barbé. Les vignettes sont gravées par le même artiste et non par J. B. Barbé.

Photographie du dessin original du frontispice: G. Praetorius.

1241. Frontispice de Bernardi Bauhiisii et Baldiiini Cabillavi e soc. Jesxi Epigrammata. Caroli Malapertii ex eadem soc. Poeiiiata. Antverpiœ ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M. DC. XXXIV, in-24.

Le titre est inscrit dans une plaque posée sur un socle et dans ce socle lui-même. L'adresse se trouve au-dessous de la composition. La plaque est couronnée d'une tête de Muse et d'une tête de Minerve, apposées en forme d'Hermathène. Une couronne, d'où jaillissent des rayons, est posée verticalement sur les deux tètes. Du côté de la Muse, une lyre se voit derrière la plaque ; du côté de Minerve, un bouclier. Sur le dessin original, Rubens décrit comme suit la composition en quelques mots adressés à Balthasar Moretus : '- Vous avez ici une Muse, ou la Poésie, et Minerve, ou le Courage, réunies en forme d'Hermathène. J'ai remplacé Mercure par une Muse ce que de nombreux exemples autorisent à faire. J'ignore si mon projet vous plaira, quant à moi, je me réjouis, pour ne pas dire je me félicite de cette invention. Notez que la Muse a une plume sur la tête, attribut qui la distingue d'Apollon (i). r^

Le British Muséum possède de Rubens une étude pour un Hermathène, tracé en quelques traits, qui montre la plus grande analogie avec les têtes que nous voyons dans le présent frontispice.

161 3. Den 20 meij. Gesneden voor den boeck van P. Agillion 2 platen daer hy met een ooghe siet op een stoxken, dander den colossus in perspectief 18 gui. stuck 36 gui.

i6i3. Den 22 junij. Gesneden voor den boeck van P. Agillion de opdcorum 4 plaeten te weeten pro libro i, 4, 5, 6 lot 18 gui. deen door dander ailes te saemen 72 gui.

Gesneden den tytel P. Agillion de opticorum voor ailes 72 gui.

(Archives du Musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle aux frères Balthasar et Jean Moretus).

(1) Habes hic Musam sive Poesim cum Minerva seu Virtute forma Hermatenis conjunctam, nam Musam pro Mercurio apposui quod pluribus exemplis licet. Nescio an tibi commentum placebit, ego certe mihi hoc invento valde placeo ne dicam gratulor. Nota quod Musa habeat Pennam in capite, qua differt ab Apolline.

Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 3o) possède le dessin original que Rubens fit pour le frontispice des épigrammes de Bauhusius, Cabillavius et Malapertius (Fait à la plume. H. 12, L. 17). Comme les autres dessins in-24°, il fut payé 5 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882).

Bauhusius était mort depuis i5 ans, lorsque l'édition de ses épigrammes, ornée du frontispice gravé, parut dans l'imprimerie plantinienne. Il est probable que Balthasar Moretus en le faisant exécuter voulut satisfaire au désir exprimé par l'auteur lors de la publication de la première édition de ses épigrammes (Plantin, i6i5). Dans une lettre, datée du premier avril i5i5, Bauhusius fait connaître à son éditeur le plaisir qu'il aurait à voir son livre orné d'un frontispice gravé et indique Rubens comme celui qui serait le mieux à même de trouver quelque chose de convenable (i). Le 12 octobre suivant, il lui indique même les personnages qu'il voudrait voir figurer dans le frontispice : c'étaient les Muses, Mnémosyne, Apollon, tout le Parnasse (2).

Moretus ne fit point, en ce moment, un bon accueil à la proposition de Bauhusius. ^ Les beaux caractères et le nom de Jésus qui ornent le titre rendent toute illustration superflue, répond-il à l'auteur; mes graveurs ont d'ailleurs les mains bien pleines à tailler les planches des Bréviaires et des Missels (3). - Mais il est fort probable que, dix-neuf ans après, il se souvint du vœu de l'auteur et y voulut donner satisfaction en commandant à Rubens un frontispice, où les indications de Bauhusius sont évidemment suivies.

Gravure non citée : Corn. Galle, le père. La planche n'est pas signée.

(i) In fronte libri, mi Morete, plures sunt, qui iconem aliquam desiderent (Ita enim passim jam fieri videmus, ita Heinsii prodeunt, ita nuper P. Surii Carmina Atrebati prodierunt, ita quoque vos ipsi fecistis in meditationihus R. P, Provincialis nostri aliisque libris). Mire enim Lectorem recréât, emtorem allicit, libruni ornât, neque pretium multum auget. Et libelli nostri pretium tantum patiamur crescere, est enim satis exiguum. D. Rubenus divino illo ingenio suo inveniet scio aliquid appositurum et lauro meae conveniens, et ordini in quo sum et Pietati. Salutem illi a me officiosissimam (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Bauhusius à Balthasar Moretus du i'' avril 161 5. Registre LXXVI, p. 485).

(2) Coram etiam de frontispicio agemus, explicabo clare quid velim fieri (nam R°. P. Viceprovinciali placer pulcram aliquam libro frontem praeponi). Excogitavi Parnassum sacrum, Musas, Mnemosynen, Apollinem, omnia sacra. (Ibid. Registre. LXXVI. p. 497).

(3) Lettre de Balth. Moretus à Bauhusius du 22 octobre i6i5. Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettres Latines de 161 5 à 1620. Page 3.

1242. Frontispice de La Magdeleinc de F. Rcini de Beauvais Capucin de la province des Pais-Bas. A Tournay chez Charles Martin, 1617. In-8'^.

Le titre se trouve écrit sur un rocher formant le fond d'une estampe, dont le sujet principal est l'apparition de Jésus-Christ, sous la forme d'un jardinier, tenant sa bêche, à la Madeleine, tenant un vase à parfums. Derrière ces figures sont deux palmiers qui rejoignent leurs branches et servent de siège à deux enfants qui soutiennent l'écusson des armes de Marie de Longueval, à qui le livre est dédié. Dans les coins supérieurs, à gauche, un pélican nourrissant ses jeunes, avec l'inscription: Jusques au sang; à droite, un phénix s'élevant des flammes avec les mots: Toiisjoitrs unique. Dans le bas, l'adresse entre deux M couronnés. La planche ne porte pas de nom. Nous croyons pouvoir toutefois l'attribuer à Rubens. La composition est anologue à d'autres planches, à celle, par exemple, de Aedo et Gallart, le Voyage du prince don Fernande, et à celle de Thomas a Jesu de Contemplatione divina. L'exécution en outre est bien dans la manière du maître.

Gravure: V. S. 42, Anon3'me (dans la manière de Jean Collaert).

Frontispice de Biœus (Jacobus), Numismata imperatorutn romanorum aurea argentea a C. Julio Cœsare usque ad Valentinianum Aug . Antverpiœ, 1617. In-folio. (V^oir GoLTZius, notre no 1270).

1243. Frontispice de Imperaiorum Romanorum Numismata aurea a Julio Cœsare ad Heraclium continua série collecta et ex archetypis expressa. Industria et manu Jacobi de Bie. Accedit brevis et Historica eonindem explicatio. Antverpise, T3^pis Gerardi Wolsschatii et Henrici Aertsii. M.DC.XV In-4°.

Le titre est inscrit sur un écusson ovale, entouré d'une guirlande de feuilles. Le génie de la Monnaie s'appuie sur cet écusson du bras gauche, qui tient une corne d'abondance. De la main droite, elle soulève une balance, dans laquelle elle pèse des monnaies. A côté d'elle, l'enclume, le marteau, les tenailles du monnayeur. Derrière elle, une niche. A droite, un chapiteau et un fût de colonne brisée.

La planche ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur. Elle fut faite d'après le dessin de Rubens, probablement par Jacques De Bie. C'est ce que nous apprend la correspondance de ce graveur et éditeur avec Nicolas

Rockox. Ce dernier écrit, le 3 janvier 1611: " Je vous envoyé icy ce que Mons"" Rubens at conceu touchant le frontispice de vostre livre, ce qui me plaist fort ; en cas que le trouvez bon, il le mettrat au net. C'est la déesse Moneta. •" Le 22 janvier suivant : ^ J'ay aussy délivré à Monsieur Rubens le frontispice de la Moneta pour le mettre à net. y Le 26 février de la même année, il lui écrit encore: - Je vous envoyé icy ce que Monsieur Rubens at désigné pour le premier feuUet de vostre livre, vous pourez adviser si le laisserez tailler à Cornille Galle, ou si le ferez vous mesmes ; en quel cas, il vous faudrat bien considérer ce qu'il at escript du costet de la figure, à prendre quelque belle teste de Rome en la bague hors des fastes de Goltzius. La figure est du tout à l'antique jusques aux pieds (i). ^

Comme la gravure n'est évidemment pas faite par Corneille Galle, il faut l'attribuer à Jacques De Bie.

Le même frontispice servit à la seconde édition de l'ouvrage publiée par Pierre et Jean Bellerus, à Anvers, en 1627. On remplaça, dans le titre, les mots, à partir de collecta, par - collecta et édita ex Musaeo Excell™ Principis Caroli Croyi Ducis Arschotani etc. Industria et manu Jacobi de Bie in ses incisa: et a Joanne Hemelario Canonico Cath. Eccl. Antverp. brevi et Historico Commentario explicata. Antverpiae, Apud Petrum et Joannem Belleros. A° M.DC.XXVIL

Gravure: V. S. 32, Anonyme (Jac. de Bie).

Voir planche 356.

1244. Frontispice de Biblia sacra cuiii glossa ordinaria. Duaci, Balth. Bellerus suis et Joannis Keerbergii Antverpiani Sumptibus. x\nno 1617. Li-folio.

Le titre est inscrit sur le devant d'un piédestal qui s'élève sur un soubassement. A gauche du piédestal, un stèle, figurant un prêtre de l'Ancienne Loi, supporte un médaillon dans lequel sont inscrits deux triangles qui se coupent, les noms de six livres de la Bible et le nom de Jéhovah ; trois têtes de séraphins entourent ce médaillon. Au pied du stèle, les tables de la Loi, un encensoir, trois volumes, sur lesquels est posée la coiffure en forme de croissant du grand prêtre. Le stèle de droite figure la Nouvelle Loi: une femme

(i) Lettres de Nicolas Rockox dans la Correspondance de Jacques de Bie, conserve'e à la Bibliothèque royale de Bruxelles, Section des Manuscrits.

portant les habits des prêtres catholiques, tenant d'une main les clefs de St. Pierre et le crucifix, soutient de l'autre un médaillon, dans lequel est inscrit le nom de Jésus et qui est entouré des attributs des quatre évangélistes. Au-dessus du piédestal, dans une niche, la Théologie est debout, tenant un flambeau de chaque main, ayant à côté d'elle une roue, des livres et deux lampes. Au-dessus de sa tête plane le St. Esprit. L'adresse de l'imprimeur est inscrite dans un cartouche flanqué de deux têtes de bouc, entouré de deux cornes d'abondance et surmonté d'une tête d'ange, fixée sur deux trompettes qui s'entrecroisent. Ce cartouche orne le devant du soubassement.

La planche porte les inscriptions : Pet. Paul Rubeniiis invent. Joan Collaert smlpsit.

La même plaque servit à imprimer le frontispice de la Bible en six volumes publiée par Jean Meursius à Anvers, en 1634. Le titre et l'adresse furent seuls effacés et remplacés.

Gravure: V. S. 6, Jean Collaert.

Voir planche SSy.

1245. Frontispice de Jacobi Bidermani e Soc. Jèsn Heroum epistolae, Epigrammata et Herodias. Antverpise ex Officina Plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXIV. In-24.

Sur la face antérieure d'un autel antique, flanqué de deux têtes d'anges et reposant sur deux griffes de lions, une lyre est debout, entourée d'une couronne de lierre. A côté de la lyre, sur l'autel, un plateau et une buire, dont les anciens se servaient dans les sacrifices. Comme Rubens l'indique par une inscription sur le dessin original, l'autel, le plateau et la buire figurent la Piété, la Religion et les choses sacrées. La lyre et la couronne de lierre S3'mbo]isent la Poésie.

Comme les autres dessins in-24°, celui-ci fut payé à Rubens, par Balthasar Moretus, 5 florins (Voir n° 882).

Le musée Plantin-Moretus (Salle III, n° 2g) a conservé le dessin original, fait à la plume (H. 16, L. 10, 5). Il porte de la main de Rubens l'inscription suivante : '^ Ara, Patera et Simpulum Pietatem, Religionem et Sacra indicant. Lira et Hederacea Corona Poesim. -

Le 25 janvier 1634, Balthasar Moretus annota dans son registre des ouvriers : - a Carolo Mallerie pro titulo Bidermanni 3 fl. -^

Gravure non citée, Charles Mallery.

1246. Frontispice de Venerabilis patris D. Liidovici Blosii Monasterii Laetiensis ordinis S. Benedidi in Hnnnonia abhatis opéra, cura et studio R. D. Antonii de Winghe abbatis et Monachorum ejusdem Monasterii aucta, ornata, illustrata. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M. DC. XXXII. In-folio.

Le titre est écrit sur deux pages d'un livre ouvert, tenu par quatre femmes, personnifiant les quatre vertus monachiques, la Contemplation, la Mansuétude, l'Humilité et la Mortification. L'auteur du livre, agenouillé sur le côté, présente son ouvrage au Christ et à sa mère, assis dans les nuages. A côté d'eux voltigent sept angelets, portant divers attributs qui font allusion aux titres des divers livres de l'ouvrage. C'est l'auteur lui-même qui donne cette explication du frontispice dans la dédicace de son livre (i). Les allégories des vertus monastiques rappellent les divers écrits dans lesquels Blosius formula les devoirs de la vie claustrale, spécialement son Instnidio Vifœ Asceticœ. La présence du Christ et de la Vierge est justifiée par la dévotion spéciale que Blosius avait vouée à Marie et à son fils.

La planche n'est pas signée. Elle fut gravée par Corneille Galle, en i63i. Le 12 août de cette année, Balthasar Moretus paya à Théodore Galle la somme de g5 florins pour la gravure et le cuivre (2).

Le frontispice ne porte pas le nom de Rubens. Il est cependant bien du maitre. Selon le compte de Balthasar Moretus, cité dans notre ï\° 882, il lui fut payé 20 florins. Nous avons un second témoignage formel concernant l'exactitude de l'attribution. Balthasar Moretus ayant envoyé un projet du frontispice à l'abbé Antoine de Winghe, l'éditeur de l'ouvrage, celui-ci, dans une lettre qui ne nous a pas été conservée, critiqua la place qu'occupe la Vierge dans la composition. Balthasar Moretus lui répondit, le 11 septembre i63i : " L'erreur

(i) D. O. M. Homini-Deo virginis filio Virgini Hominis-Dei matri volumen lucubrationum suarum dictatum, ditatum, dotatum, donatum a quadriga virtutum devota mysticœ theologice contemplatione benevola morum mansuetudine submissa animi humilitate discreta corporis mortificatione gloriœ Dei animarum bono pietati instruendee fidei adstruendae suavis et amabilis bonae voluntatis auctoi- fautorq. Ludovicus Blosius abbas Laetiensis applaudentibus et alludentibus ad libi-orum titulos et insignia sanctis angelis AOaOAOriKni: KAI ENAOAOriKnS offert, dicat, consecrat.

(2) Anne i63i, den 12 Augusto. Cornelis gesneden tytel in folio van Blosius met cooper, gS. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes des Galle).

que vous trouvez à reprendre dans le frontispice n'a pas été commise par le graveur Galle, mais par le peintre Rubens ; or, celui-ci n'avouera pas qu'il s'est trompé, mais soutiendra qu'il a bien réfléchi et a eu raison de faire le dessin tel (ju'il l'a fait, et de placer Jésus-Christ dans la partie supérieure, quoique sa mère soit à sa droite. En effet, l'Ecriture dit : la Reine se tenant à sa droite (i). «

Le dessin original, à la plume, lavé de bistre et rehaussé de blanc (H. 3o, L. 20.6), se trouve dans la collection Malcolm (n"^ 583 du catalogue). Elle provient de la vente Mariette (n° ici du catalogue); de la vente van Maarseveen (Amsterdam, I7g3) et de la vente Lawrence (Londres, i836-i838).

Gravure: V. S. 7, Anonyme (Corneille Galle, le père). Le cabinet des

estampes de la Bibliothèque nationale, à Paris, possède une épreuve de la

gravure sans le titre. Le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-

Moretus (Salle XIX, 11° 54) et a été utilisé dans Tihxs et Portraits gravés d'après

P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinieu ne. Anvers, Imprimerie plantinienne, 1877.

Voir planche 358.

Frontispice de Jacobus Bonfrcrius, Pentatcuchus Moysis commentario illustratus. Antverpise. Ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum et Viduam Joannis Moreti et Jo. Meursium. M.DC.XXV. In-folio.

Basan et "S'oorhelm Schneevoogt attribuent le dessin de ce frontispice à Rubens, sans aucun fondement. Le titre est entouré de onze médaillons, représentant des sujets empruntés au Pentateuque.

L'estampe est gravée par Théodore Galle, à qui Balthasar Moretus la paya jS florins, le 27 août lôaS (2).

Gravure: V. S. Anonyme (Théodore Galle).

(i) Errorem quem (Reverentia Vestra) in imagine frontispicii reprehendit, non sculpter Galleus, sed pictor Rubenius commisit : at hic haud fatebitur errorem, sed certa ratione et judicio sic pinxisse: Jesum Christum sublimiori loco apparere, etsi Deipara a dextris ejus, juxta sacrœ Scripturae legem : Adstitit Regina a dextris ejus (Lettre de Balthasar Moretus à Antoine de Winghe du 11 septembre i63i. Archives du musée Plantin-Moretus. Lettres latines de 1628 à i633, p. 218).

(2) A° 1625, den 27 Augusti gesneden den t vtel in folio pentateucum Bonfrer. fl. 75. (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes des Galle, fol. 62 r°).

1247- Frontispice de R. P. Oliveri Bonarti Societ. Jesu Theologi in Ecclesiasticiim commentarins . Antverpise, apud Joannem Meursium. Anno M. DC. XXXIV In-folio.

Dans le haut de la planche, la Sagesse siège sur les nuages, dans une niche, ornée sur le devant de colonnes torses. Une auréole de rayons tortueux entoure sa tête. Elle tient un livre ouvert qu'un homme agenouillé (l'auteur, Jésus, fils de Syrach) soutient d'une main, tandis qu'il élève l'autre. Sur les côtés, deux anges portent également le livre. Sur l'une des pages, on lit le titre de l'ouvrage, sur l'autre les mots : Ego in altissiniis habitavi et Tlironus mens in columna nubis etc. Ecclesiastici cap. XXIV. A droite, une colonnade; à gauche, dans le haut, le ciel étoile,; plus bas, de gros nuages d'où s'échappent la foudre, la pluie et la grêle; tout en bas, six hommes et femmes, qui, dans une grotte obscure, sous la terre, lèvent les yeux et les mains vers la Sagesse. Dans le fond, le paysage du paradis terrestre, avec les quatre fleuves découlant d'une source comm.une.

La figure de la Sagesse trônant dans les nuages et la colonnade à droite sont expliqués par les mots que l'on lit sur l'une des pages du livre ouvert. La lumière qui jaillit d'elle et la nuée d'où sort l'orage se retrouvent dans le verset 5 du Chapitre XXIV : « C'est moi qui ai fait naitre dans le ciel une lumière qui ne s'éteindra jamais et qui ai couvert toute la terre comme d'un nuage. ^ Le paradis et les hommes qui implorent la Sagesse trouvent probablement leur explication dans ces autres versets du Chapitre XXIV de l'Ecclésiastique : " V. 40. Je suis la Sagesse qui ai fait couler des fleuves de moi, -^ et: " V. 45. Je pénétrerai jusqu'au plus profond de la terre, je lancerai mes regards sur tous ceux qui dorment et j'éclairerai tous ceux qui espèrent dans le Seigneur. ^

La gravure est signée: Pet. Paul Rubenins invent. Corn. Galle sctilp.

Le dessin original se trouve dans l'Albertine à Vienne n° 413. Il est fait à la plume, relevé de blanc, de gris et de noir (H. 32.3, L. 19.6). Il provient de la vente Ploos van Amstel (Catalogue T. i. P. 262, n" 1960). Mariette (Abecedario V. 140) dit que Hecquet l'a possédé.

Gravure: V. S. 8, Corneille Galle.

Photographie du dessin original : Cari Haack.

Frontispice de Las Obras en verso de Don Francisco de Borja, Principe de Esquilache. Amberes en la emprenta Plantiniana de Balthasar Moreto M.DC.LXIII. (Voir Mascardus).

1248. Frontispice de Jacobus Bosius, Cntx tnuniphans et gloriosa. Antverpiae, ex Officina Flantiniana, Apud Balthasarcm et Joanncni Moretos. M.DC.XVII In-folio.

Le titre est inscrit sur un piédestal demi-circidairc, sur lequel le Christ est debout, tenant d'une main la croix, de l'autre la montrant. A ses pieds sont assises, sur le piédestal, deux femmes, personnifiant, celle de gauche, la Foi religieuse, celle de droite, l'Amour divin. Au-dessus de la première brille le monogramme du labarum; au-dessus de la seconde, le T symbolique, rappelant la forme de la Croix et la marque qui, selon le prophète, devait sauver de la mort tous ceux qui la portaient au front. Sur le soubassement du piédestal, le globe terrestre se trouve à gauche ; la tiare et les clefs de St. Pierre, à droite. L'adresse est inscrite sur un cartouche fixé sur le devant du soubassement. La planche est signée : Pet. Paul Riibeniiis invenit. Corn. Gnl/eits sculpsit.

Le dessin fut payé 20 florins à Rubens par Balthasar Moretus (\"oir notre n° 882).

Il passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 439) et dans la vente Muilman (Amsterdam, 1773, n° 572). Le catalogue de cette dernière vente le décrit comme très beau, fait à la plume, lavé à l'encre de Chine (haut de 12 1/2, large de 8 pouces). Il fut adjugé pour 10 florins à Yver.

La gravure fut faite par Corneille Galle le père et payé jS florins par Balthasar Moretus à Théodore Galle (i).

Gravure: V. S. 18, Corn. Galle, le père. Le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 55) et a été utilisé dans les Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.

Voir planche 35g.

Frontispice de Veritas et subliinis Excellentia verbi incarnati Jesu Christi D. N. Auctore P. Francisco Bourgoini Parisino Congregationis Oratorii.

Basan mentionne ce frontispice dans l'œuvre de Rubens comme très douteux, c'est-à-dire apocryphe.

Gravure: V. S. 73, Anonyme.

(i) A« 1616 van den 5 october tôt den 2g meij A" 1617. Gesneden tytel de cruce Bosius in folio naer rubbens met cooper ■ 75 gui.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus, Comptes des Galle, fol. 53 V).

1249- Frontispice de Jean Boyvin, Le Siège de la ville de Dole capitale de la Franche-Comté et son heureuse délivrance : Descrits par M. Jean Boyvin^ Conseiller de Sa Majest en son Souverain Parlement à Dole. A Anvers, en l'imprimerie plantinienne de Balthasar Moretus. M. DC. XXXVIII. In-4°.

Le titre est inscrit sur un socle semi-circulaire, faisant saillie sur un soubassement. Celui-ci sert de piédestal à un groupe, composé d'une femme casquée, représentant la ville de Dole, agenouillée devant Philippe IV, lui offrant d'une main une couronne obsidionale et appuyant l'autre sur l'écusson des armoiries de la ville. Derrière elle, un génie, accompagné d'un chien, tient d'une main une enseigne, surmontée de deux mains entrelacées entourées d'une couronne, sous laquelle on lit le mot Fides; de l'autre main, elle tient une corne d'abondance, symbolisant le bien-être découlant de la Fidélité au roi. Philippe IV est assis à droite, vêtu d'un manteau royal, coiffé de la couronne, tenant le bâton du commandement d'une main et acceptant de l'autre la couronne obsidionale. A côté du titre, sur le devant du piédestal, on voit, à droite, la balance de la Justice et diverses armes avec les mots Justitia et Armis, la devise de la ville de Dole ; à gauche, les armes de l'Espagne. L'adresse se trouve sous le piédestal. La planche est signée C. Galle f. Le nom du dessinateur manque.

Le dessin fut fait par Érasme Ouellin ; il est conservé au musée Plantin- Moretus (Salle II, n° 40); il est au lavis (H. ig, L. 13.4). Il fut payé à Erasme Quellin la somme de i5 florins, le 9 mars i538 (i).

Cependant Rubens y collabora, ne fut ce que par ses conseils ; ce n'est donc pas sans raison que l'on inscrit la planche dans son iconographie et que nous l'y maintenons. Cette participation ressort de la correspondance de Balthasar Moretus avec Philippe Chifflet, qui revoyait les épreuves du livre de son compatriote Jean Boyvin. Le 17 janvier i538, Chifflet écrit de Bruxelles à Moretus, en parlant de l'édition plantinienne du Siège de Dole : ^ Un frontispice de Monsieur Rubens l'orneroit grandement. -^ Moretus lui répond, le premier février i638 : - J'ay parlé à Mons'" Rubbens pour le frontispice. Il désire que V. R. luy donne le suject. Il dit qu'il faudroit mettre au frontispice Coronam obsidionalem : sed cui deferenda sit, haeret. -^ Le même jour, Chifflet écrit: " Quand au Frontispice ce que je vous en puis dire est, qu'il sera de bonne

(1) 9 Maert i638. Aen Erasm Quellinus voor den titel du Siège de Dole fl. i5.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Registre: Bij^ondere Uitgaven 1637-1667).

grâce et conforme au subgect, que la Couronne obsidionale soit présentée au Roy par la ville de Dole, laciuelle ville pourra estre figurée par une femme ayant un heaume en teste, offrant de la droicte la couronne au Kuy, ou plustost la luy mettant sur la teste, et reposant la gauche sur un bouclier, sur lequel seront gravées les armoiries de ladite ville de Dole, et à ses pieds un chien qui est le hiérogliphe de la fidélité. Je vous envoyé dans un papier séparé les armoiries de la ville de Dole et sa devise. Le reste despendra de l'invention de Monsieur Rubbens, qui saura donner la grâce à toutes choses. r> Le II février, nouvelle réponse de Moretus : - Quand au frontispice de Dole, Mons'' Rubbens trouve bon que la couronne obsidionale soit offerte au Roy, et non pas mise sur la teste: n'ayant loisir de faire lu}^ mesme le dessein, donnera ordre à un autre peintre pour le faire. - Le i3 février, Philippe Chifflet écrit : - Je suis bien aise que M"' Rubbens a3't voulu le soin de diriger le frontispice du siège de Dole : encore qu'un autre peintre le desseigne, il suffit que ce soit par la direction de sa main, de laquelle il ne sort rien qui ne soit digne d'admiration. - Le 5 mars, Moretus envoie le dessin à Corneille Galle à Bruxelles en lui recommandant de graver le portrait du roi aussi ressemblant que possible et de montrer le dessin à M. Philippe Chifflet, le chapelain de son altesse, qui pourrait lui procurer le portrait du roi (i). Le g mars, Chifflet a vu le dessin et écrit : - Hyer le S'" Cornele de Galle me mit en main le frontispice dont l'invention et la disposition sont très bien ; mais le plant de la figure du Roy ne m'a pas semblé tant bien assis : ledit Sieur de Galle a dit qu'il luy donneroit plus de grâce, et que demain il commenceroit d'y mettre la main. •> Par les lettres suivantes de Philippe Chifflet, nous voyons qu'il continue à surveiller le travail du graveur et apporte de légères modifications au dessin primitif (2).

Gravure: V. S. 55, Corn. Galle, le père. Le cuivre de la planche se

(i) îck sende U. L. hier eenen nieuwen titel die voor aile dander titels moet gesneden worden : U. L. sal denselven aen myn heer Ciiifflet capellaen van Syne hooghheydt toonen, eer dat Gliy denselven beghint. De Ironie van Syne Coninghlycke Majesteyt moet soo seer naer 't leven gemaeckt worden alst moghelyck is ; waar in myn heer Chifflet oock sal konnen helpen, ende een contrefeytsel naer "t leven besorgen. (Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondance de Balih. Moretus. Registre 1635-1642).

(2) Archives du muse'e Planiin-Moretus. Minutes des lettres de Balthasar Moretus à Philippe Chifflet et à Corneille Galle; lettres reçues de Philippe Chifflet et de Corneille Galle, aux dates indiquées.

conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° yg) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Riibens pour l'imprimerie plantinienne.

Frontispice de Rcs Brasiliœ imperante îllust""> Comité J. Mauritio Nassoviœ etc. Comité. In-folio.

Le titre est entouré d'une guirlande de fruits, entremêlés d'enfants et de diverses armoiries. Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent le dessin à Rubens, sans aucune raison sérieuse.

Gravure: V. S. Sg, Anonyme.

Frontispice de R. P. Martini Bresseri Boxtellani Soc. Jes. Theologi de Conscientia libri VI. Ad omnigenas conscientias dirigendas idonei. Antverpise, apud Viduam Joannis Cnobbari, anno i638. In-40.

Le titre est écrit dans un cartouche, tenu par deux génies. En face, une femme affligée est assise, le coude du bras droit appuyé sur un cube; la main gauche, sur la poitrine. Sur la face antérieure du cube est sculpté un serpent qui se mord la queue et une épée avec une palme entre-croisées. Dans le haut, trois anges tenant l'un un fil à plomb, l'autre des balances, le troisième un niveau d'eau. Auprès de chacun, une banderole avec une inscription. La planche est belle, mais elle n'est pas de style rubénien. L'attribution au maitre est mal fondée.

Gravure: V. S. 80, Anonyme.

1 250-1262. Frontispice et -planches du Breviariuin Romamim ex decreto Sacra sancti Concilii Tridcntini resiitutiim, PU V Pont. Max. jussn editum et Clementis VIII aiictoritate recogjiitiiin. Antverpise ex officina plantiniana apud Balthasarum et Joannem Moretos. M.DC.XIV. In-folio, et du Missale Roinaiiuiii ex decreto Sacrosancii Concilii Tridcntini restitutitm, PU V Pont. Max. jussn editiim, et Clementis VIII anctoritate recognitum. Antverpise ex officina plantiniana apud Balthasarem et Joannem Moretos. M.DC.XIV. In-folio. Les dessins que Rubens fit pour le Breviarum Romanuni plantmien, in-folio,

consistent en un frontispice et une suite de dix planches.

i25o. Le Frontispice. Le frontispice représente un piédestal, sur la face

antérieure duquel le titre est inscrit. L'adresse de l'imiirimeur est gravée dans un cartouche sculpté sur le piédestal, au-dessous du titre. Sur le pi(';dcstal siège l'Église catholique, coiffée de la tiare, tenant d'une main la crosse pontificale et de l'autre un livre, debout sur ses genoux, sur les pages ouvertes duquel on lit : Cantate Domino caiiticitin tiovinn. Laiis cjiis in ccclesia sanctoruni. Deux anges balancent l'encensoir à ses côtés. Dans la fumée de l'encens, on lit, à gauche : Dirigatur Domine oratio mca ; à droite : siciit iiiccnsum in conspectu tuo. A gauche du titre. St. Pierre se tient debout, les clefs en main ; à droite. St. Paul, les mains appuyées sur le glaive. Sur la pierre qui les porte, on lit sous le premier apôtre : Estote prudentes et vigilate in orationibus ; au-dessous du second, on lit : Orationi instate, vigilantes in ea in gratianmi actione. Dans la partie inférieure du piédestal, les armes du pape Paul V. A gauche et à droite, des instruments de musique anciens portent les inscriptions: Laudate Dominiun in chordis et organo et Laudate Doniinum in psalterio et cithara.

La disposition des figures et les inscriptions furent fournies à Rubens par Balthasar Moretus qui fit plusieurs croquis du frontispice, conservés dans les archives du musée Plantin-Moretus.

En 1628, les armoiries du pape Paul V furent effacées du frontispice et remplacées par celles d'Urbain VIII (i).

Voir planche 36o.

Les dix planches du Bréviaire représentent :

125 r. Le Roi David. Le psalmiste est revêtu de son manteau royal, la couronne et le sceptre posés par terre devant lui ; il est agenouillé, une main sur la poitrine, l'autre étendue, implorant la miséricorde d'un ange, qui, armé d'une épée flamboyante, apparaît dans les airs, prêt à frapper les sujets du roi. Au second plan, on voit un grand nombre de ceux-ci, en partie étendus morts par terre, en partie s'enfuyant, frappés de terreur. Dans le lointain, les édifices de Jérusalem.

1252. L'Annonciation. Marie était agenouillée devant son prie-Dieu; à la vue de l'ange, elle étend la main et se lève à moitié, effrayée par l'apparition. Gabriel a mis un genou en terre, s'incline humblement devant la Vierge et étend les mains vers elle. Dans le haut des airs apparaît le St. Esprit, entouré d'anges, dont trois répandent des fleurs.

(i) Anno 1628 den 3i Augusto. Wuijt gedaen in den tytel van den brevier in folio het waepen van den paus, ende hersneden. 3 gui

(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes The'odore Galle).

Le dessin original de V Annonciation passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 432).

Voir planche 36i.

1253. L'Adoration des Bergers. L'enfant Jésus est couché dans la crèche, la tète environnée d'une auréole rayonnante. Sa mère, un genou en terre, se tient au chevet; St. Joseph est debout, à côté d'elle. Un berger agenouillé; un second debout, appuyé sur sa houlette; une bergère, une cruche au lait sur la tête; une seconde, coiffée d'un chapeau de paille et tenant un panier à la main se trouvent de l'autre côté. Un chien aboie sur le devant.

Le dessin original de V Adoration des Bergers, à la plume, lavé à l'encre de Chine (H. 10 1/2, L. 7 pouces), passa dans les ventes Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 430) ; Gérard Hoet (La Haye, 1760, n° 243), adjugé à Fouket pour 41 florins; Muilman (Amsterdam, 1773, n^ g55), 14 florins à Neyman ; Neyman (Paris, 1776, n» 755), m florins.

1254. L'Adoration des Rois. L'enfant Jésus est assis dans un berceau en bois sculpté, placé sur une estrade ; à droite, la Vierge et St. Joseph, debout; à gauche, un vieux roi agenouillé, une coupe remplie de pièces d'or devant lui; le roi nègre, tenant un ensensoir; le troisième roi, tenant un vase à myrrhe, debout, à gauche, dans une attitude respectueuse ; un page nègre et trois serviteurs, au second plan ; une colonnade, un paysage et des gens de la suite, dans le fond.

1255. La Résurrection. Le Christ s'élève tout rayonnant dans les airs, en sortant de son tombeau. Dans la main gauche, il tient une palme ; son linceul glisse de ses épaules. Un de ses gardes est encore couché endormi par terre, deux s'éveillent pleins d'effroi, trois autres s'enfuient éperdus de terreur. Quelques têtes d'angelets flottent dans la gloire qui entoure le Christ.

L'Ascension. Le Christ s'est élevé dans le haut des airs, les deux mains étendues, les yeux levés au ciel. Sur le sol, la Vierge est agenouillée. St. Jean est appuyé sur un genou, neuf autres apôtres sont debout. Tous dirigent leurs regards vers le Sauveur.

Le dessin original de V Ascension passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 433).

1256. La Descente du St. Esprit. La Vierge est assise au milieu des apôtres et des disciples, les deux mains dans le giron, la tète, entourée d'une nimbe, levée vers le St. Esprit. Sur le devant, un apôtre à genoux, le buste renversé. A droite, un apôtre qui lève la main au-dessus de la tète comme pour

protéger ses yeux contre la lumière trop vive. En tout, cjuinze personnages. Dans la paroi du fond, trois fenêtres en plein cintre sont percées.

Le dessin original de la Descente du St. Esprit passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n" 43i).

1257. La dernière Cène. Le Christ, assis au bout de la table, à droite, bénit le pain; Judas, sur le devant, vu de profil, dirige la tète vers lui. Deux apôtres, également au premier plan, montrent du doigt le traître. Par terre, un chien ronge un os. La salle est éclairée par deux lampes. Au dehors, la lune brille dans le ciel.

1258. L' Assomption de la Vierge. 'La. Vierge s'appuie d'un genou sur un banc de nuages, porté par des angelets, et étend les deux mains, pleine d'une joyeuse attente, en voyant le ciel s'ouvrir devant elle. Dans le bas, une sainte femme est agenouillée auprès du tombeau vide, dans lequel elle montre des fleurs; deux des apôtres se penchent au-dessus de la tombe, deux autres étendent les bras vers le ciel.

Le dessin original de l'Assomption passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 434).

I25g. La Totissaint. Dans le haut, la Trinité, le Père et le Fils, les pieds appuyés sur le globe, le Saint Esprit planant au-dessus d'eux. La Vierge, debout un peu plus bas, près de son fils, joint les mains d'un air suppliant, en dirigeant le regard vers lui. Plus bas, en hémicycle, les saints apôtres d'un côté, les saintes femmes de l'autre; dans la partie inférieure, la masse des saints : St. Sébastien et St. Georges à gauche. St. Laurent et St. Grégoire à droite, se reconnaissent facilement.

Le dessin original de la Toussaint se trouve dans la collection Albertine n° 395 (H. 29.5, L. 20). Il est fait à la plume, rehaussé de bistre et très soigné.

Photographie: Cad Haack.

Voir planche 362.

Voorhelm Schneevoogt cite encore dans l'œuvre de Rubens deux gravures de la Toussaint qui font partie d'autres suites du Missel et ne sont pas faites d'après des dessins du maître (V. S. Allégories sacrées n° 36, Anonyme (Joan. Galle exe.) et n° 37, Anonyme (Gillis Hendricx exe).

Pour le Missale Roiiiaiium, les mêmes planches furent employées, excepté le David et le frontispice du Bréviaire. Ce dernier fut remplacé par une vignette représentant la Cène.

i26o. La Cène. Cette vignette et l'encadrement VArbre de Jesse', que nous mentionnons plus loin sont probablement - les deux vignets du Missel r, mentionnés dans l'Avoir du compte de Rubens avec les frères Moretus (Voir notre no 882).

Rubens dessina spécialement pour le Missel une planche le Calvaire et un encadrement VArbre de Jessé.

1261. Le Calvaire. On y voit le Christ attaché à la Croix et un ange recueillant le sang qui jaillit de sa poitrine; dans le bas, Marie et St. Jean debout à côté de la croix: elle, les mains jointes, la têle levée vers son fils; lui, pleurant et tenant son manteau devant les yeux ; la Madeleine agenouillée ; deux soldats à cheval, au second plan.

Cette planche dessinée par Rubens ne figure pas dans son compte avec les Moretus.

Les encadrements représentent :

1262. L! Arbre de Jessé, en regard de l'Annonciation. La série des ancêtres se développe des deux côtés de la page, reliée par les branches de l'arbre allégorique. La Vierge trône dans le haut, deux rois sont agenouillés devant elle.

Le dessin original de la main de Rubens de Y Arbre de Jessé se trouve dans la collection des dessins du Louvre n° 20216 (H. 3o,g L. 20,2). Il est fait à la plume et lavé à l'encre de Chine. En sens inverse de la gravure.

Photographie : A. Braun.

Cet encadrement est le seul qui soit dessiné par Rubens.

Les premières scènes de l'Evangile, en regard de l'Adoration des Bergers. Dans les quatres coins, on voit les Evangélistes ; dans le haut, l'Annonciation ; dans le bas, la Circoncision ; à droite, l'Apparition de l'ange aux Bergers et la Visite des Bergers à l'étable ; à gauche, la Visite de Marie à Elisabeth et l'Enfant Jésus couché dans la crèche et adoré par Marie et Joseph.

La suite des scènes de l'Évangile, en regard de l'Adoration des Rois. Dans le haut, le départ des rois mages ; à gauche, leur Visite à Hérode et la Fuite en Egypte; à droite, le Massacre des Lmocents et le Baptême du Christ; dans le bas, entre deux anges agenouillés, les Noces de Canaan.

La Passion, en regard du Calvaire. Dans le haut, la Cène ; à gauche, le Christ dans le Jardin des Olives et le Couronnement d'Épines ; à droite, la Flagellation et le Portement de la Croix; dans le bas, le Sacrifice de la Messe, un prêtre élevant l'hostie, des deux côtés de l'autel des fidèles agenouillés ; dans les coins inférieurs, à droite et à gauche, des anges balançant des encensoirs.

Les Événements de l'Evangile après la Résurrection , en icgard de In Résurrection du Christ. IJans le Iraut, les saintes femmes allant au tombeau et y trouvant l'ange; à gauche, deux disciples visitant le tombeau vide et le Christ en pèlerin rencontrant deux disciples sur la route d'iimaus ; à droite, le Christ visitant sa mère, et le Christ en jardinier avec Marthe; dans le bas, l'Incrédulité de St. Thomas. Dans les deux coins supérieurs, St. Michel terrassant le dragon et un ange terrassant la mort; dans le bas, à gauche et à droite, un ange agenouillé devant la Croix.

La Prédication du Christ, en regard de l'Ascension. Dans le haut, le Christ auprès du lac de Gethsemané ; à gauche, la Pèche miraculeuse et le Sermon de la Montagne; à droite, le Christ confiant les clefs de l'église à St. Pierre et la dernière Cène; dans le bas, la Transfiguration.

Les Actes des Apôtres, en regard de la Descente du St. Esprit. Dans le haut, la Prédication de St. Pierre ; à gauche, St. Pierre et St. Jean guérissant le boiteux à la porte du temple et St. Pierre en prison; à droite, la Résurrection de Tabitha et St. Pierre délivré de prison par un ange; dans le bas, la Conversion de St. Paul, le Martyre de St. Etienne et le martyre de St.

Paul.

Scènes de l'ancien Testament figurant r Eucharistie , en regard de la dernière Cène. Dans le haut, Caïn et Abel ; à gauche, Abraham et Melchisédech et la Manne ; à droite, le Sacrifice d'Abraham et Gédéon portant le pain ; dans le bas, le Christ et ses disciples mangeant l'agneau pascal.

Six scènes de la Vie de la Vierge, en regard de l'Assomption. Dans le haut, le Couronnement de la Vierge ; à gauche, Tx^scension et l'Immaculée Conception ; à droite, Marie avec Joseph et la Vierge terrassant le dragon ; dans le bas, la mort de Marie. Dans les quatre coins, quatre médaillons tenus par des anges et représentant des attributs de la Vierge.

Le Sermon de la Montagne, en regard de la Toussaint. Dans le haut, le Christ préchant ; à gauche et à droite, trois Béatitudes ; en bas, les deux autres : le martyre de St. Etienne, représentant ceux qui souffrent la persécution pour la Justice ; la Reine de Saba, personnifiant les pacifiques ; l'Annonciation figurant la pureté du cœur; un jeune homme apportant un présent à deux vieillards représente la béatitude des pauvres d'esprit ; le Mariage de la Vierge, celle des cœurs doux; la Madeleine oignant les pieds du Sauveur, celle des affligés ; un riche qui fait l'aumône et un homme qui enterre un mort représentent les miséricordieux ; l'Offrande au temple avec Zacharie et Anne figure la béatitude de ceux qui ont soif et faim de la Justice.

En 1612, Rubens fut chargé par Jean et Balthasar Moretus de dessiner des planches pour le Bréviaire in-folio d'une composition nouvelle (i).

Il reçut, entre i5i3 et 1616, i32 florins pour les dessins des planches du Bréviaire et du Missel. Le compte de Moretus énumère les dix planches du Bréviaire, à l'exception de l'Adoration des Rois; il y ajoute le Calvaire du Missel, ainsi qu'un Christ entre les larrons qui n'a été gravé dans aucun des deux livres liturgiques (2). Il convient d'ajouter que les encadrements ne sont pas portés sur le compte de Rubens et que, au contraire, le dessin en est payé à Théodore Galle. Ce dernier doit donc être regardé comme l'auteur du dessin aussi bien que de la gravure, à l'exception toutefois de VAj'bre de Jessê qui porte bien certainement le cachet rubénien.

En 1612, Théodore Galle commença à graver les encadrements. Le 25 septembre, il reçut yS florins pour l'encadrement en regard de V Adoration des Bergers, cuivre et dessin compris ; le 10 octobre, la même somme pour l'encadrement en regard de V Assomption ; le 24 décembre, la même somme pour l'encadrement en regard du Calvaire; le 7 janvier i6i3, i5o florins pour les encadrements en regard de V Ascension et de la Cène. Le i3 février, on lui paie jS florins pour VAscension, gravée d'après le dessin de Rubens, et autant pour V Adoration des Rois ; la même somme lui est payée, le 7 mars, pour les encadrements en regard de la Résurrection, de V Adoration des Rois, de l'Annonciation, de la Pentecôte et de la Toussaint ; le 10 février 1614, une même somme lui est payée pour le David; le 12 avril, 65 florins lui sont payés pour V Adoration des Bergers, autant pour la Résurrection, pour la Descente du St. Esprit et pour l'Assomption de la Vierge; le i5 mai, 75 florins lui sont payés pour le frontispice du Bréviaire et autant pour l'Annonciation; 65 florins pour la Dernière Cène et pour la Toussaint (3).

(1) Het brevier in folio sal alleen met coperen figuren wesen, die daertoe nieuw van Petro Rubbenio hebbe doen inventeren en teelcenen, en suUen desghelycks in het eerste ghesneden wesen. (Lettre du 10 mars 1614 de Jean Moretus II à Jean Hasrey à Madrid. Archives du musée Plantin-Moretus, Registre XIII, p. 217).

(2) Rubens doibt avoir : Pour la de'line'ation de Nativitas Domini, Annunciatio B. Marias, David pœnitens, Missio Spiritus Sancti, Assumptio B. Mariœ, Omnes Sancti, Cœna Domini, Resurrectio Domini, Crucifixus cum Latronibus et Crucifixus defunctus et Frontispicium Breviarii. i32 fl.

(Grand livre A (1610-1618), p. 178. Archives du muse'e Plantin-Moretus).

(3) A° 1612 den 2 5 September;

L'édition du Missel in folio de i6i3 parut avec Y Adoration des Rois et l'Ascension du CJirist d'après les dessins de Rubens et huit des nouveaux encadrements. L'édition du Missel de 1614 comprend toutes les planches de Rubens et tous les nouveaux encadrements. Ces illustrations remplaçaient une série de gravures d'après Martin De Vos.

L'édition du Bréviaire de 1614 renferme toutes les planches nouvelles

Gesneden een lyst voor den Missael in-folio pro nativitate domini, met teekenen cooper en ailes te samen yS gui.

Den 10 October.

Gesneden een lyst voor den Missael in folio pro Assumtio B. Mariœ met teekenen en cooper en ailes te samen. j5 gui.

Den 24 December.

Gesneden een lyst voor den missael in folio pro canone misse met teekenen cooper en ailes te samen. y 5 gui.

A° i6i3 den 7 January.

Gesneden voor den missael in folio een lyst pro ascentione domini yS gui.

Gesneden een lyst voor den missael in folio pro solemnitate corpus Cristi. jS gui.

Den i3 February.

Gesneden de hemelvaert van ons heer geteeckent van Rubenius voor den missael in folio. yS gui.

Noch gesneden de 3 coninghen voor den missael in folio van Rubenius geteeckent. y5 gui.

Den 7 Maert.

Gesneden voor den missael in folio een lyst pro Resurrectione domini.

Noch gesneden voor den missael een lyst pro Epiphania.

Gesneden voor den missael in folio een lyst proprium missEe de tempore.

Gesneden voor den missael in folio een lyst pro pentecoste.

Gesneden voor den missael in folio een lyst omnium sanctorum.

A" 16 14 den 10 february.

Gesneden voor den brevier in folio den Davidt Rubbens.

Den 12 April

Gesneden voor den brevier in folio de Kersnacht Rubbens.

Gesneden voor den brevier in folio de Verrysenis ons heeren.

Gesneden voor den brevier in folio den Sinxen.

Gesneden voor den brevier in folio ons L. Vrouw hemelvaert.

Den i5 Mey.

Gesneden den tytel van den brevier in folio. 75 gui.

Van snyden de bootschap van den brevier in folio. 75 gui.

Van snyden het avontmael in den brevier in folio. 65 gui.

Van snyden den alderheylighen in den brevier in folio. 65 gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

gui.

Les Missels avec les planches de Rubens furent souvent réimprimés. En i63i, les cuivres étaient usés et durent être gravés à nouveau. Le 4 octobre de cette année, Balthasar Moretus paya 780 florins à Corneille Galle le père pour la série des dix planches (i). Jusqu'en 1672, ces planches, retouchées ou copiées, servirent dans les Missels plantiniens.

Les mêmes dessins furent gravés, en i6i5, en moindre format, pour l'édition in-4° du Bréviaire (2). La même année et l'année suivante, ils furent gravés une seconde fois pour l'édition in-8°.

Trois de ces dessins, l'Adoration des Rois, l'Ascension et la Descente du St. Esprit, furent gravés sur bois en format in-folio par Christophe Jegher, en 1626 et en 1627. et servirent à remplacer des planches gravées par Antoine Van Leest, d'après Pierre Van der Borght, dans les Missels ornés de planches xylographiques.

Christophe Jegher grava encore sur bois pour le Bréviaire in-4", en 1627, la planche de l'Ascension et, en 1642, celle de la Trinité. En 1628, il grava, en format in-8°, l'Ascension, en i63i, l'Assomption; en i635, une seconde Ascension.

Gravures: V. S. Suites 8. A tout ce que Basan et Schneevoogt disent des différentes suites et graveurs des planches du Missel, il convient de subsituer ce que nous en disons plus haut : Théodore Galle est le graveur de la suite de 1613-1614, Corneille Galle, le père, ^celui de la suite de i63i. Théodore Galle a encore gravé les suites in-4° et in-8°.

(i) i63i. Den 4" October Cornelis (Galle) gesneden 10 platen naer Rubbens voor den missael in folio a 78 gulden 't stock met het cooper 780 gui.

(2) 1° A° 161 5 den 25 meij,

Gesneden voor den brevier in-4° de drij Coninghen naer Rubbens verkleynt in ailes. 32 gui.

A° 161 5. Van den 2 5 meij tôt den 3 october.

Gesneden voor den brevier in-4° naer Rubbens verkleijnt, vijf plaeten te weeten den davidt, de bootschap, de kersnacht, hemelvaert van ons heeren, den sinxen tôt 32 gui. stuck deen door dander. 160 gui.

A° 161 5. Van den 3 october tôt den 3o december.

2 plaeten verkleijnt naer Rubbens tôt 32 gui. met verkleijnen en cooper. 64 gui.

Gesneden voor den brevier in-8" 6 platen te weten den davidt, de botscap, drij conighen, avontmael, ons heeren hemelvaert, het cruys, tôt 26 flor. stuck in ailes. ' i56 gui.

Van A° i6i5 den 3o december tôt A" 1616 den 28 junij.

Gesneden de 3 resterende figuren van den brevier in-S" van beste te weeten, ons heeren hemelvaert, de verrijsenis ons he., alderheylighen tôt 26 gui. 78 gui.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théod. Galle).

Il faut probablement entendre sous le nom de Théodore Galle, non seulement cet artiste lui-même, mais encore les collaborateurs qu'il employait dans son atelier.

La planche de l'Adoration des Bergers a été copiée par Basan (V. S. Nouveau Testament, 41, et par un anonyme (Michael Snyders exe. V. S. 46).

Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris conserve des épreuves retouchées de la main de Rubens du frontispice du Bréviaire, des gravures de l'Adoration des Bergers, de l'Adoration des Rois, de l'Ascension, de la Cène, de l'Assomption de la Vierge et de la Toussaint.

Le frontispice du Bréviaire a été copié pour servir de frontispice à un Missale Romammi, imprimé à Toulon par Sim. Martillers et Sim. Belgrand, en 1621.

Dans un Missel in-folio, publié à Cologne, en 162g, par Corneille Van Egmont l'encadrement avec l'arbre de Jessé est copié et les autres planches du missel rubénien sont librement imitées.

1253. Frontispice de Philippus Chiffletius, Sacrosandi et Œcumenici Concilii Tridentini canones et décréta. Antverpise ex officina plantiniana Balthasaris Moreti M.DC.XL. In-i2°.

Le frontispice représente un encadrement de porte, avec fronton de style renaissance. Dans la baie, le titre est inscrit. Dans le bas de la planche, on voit les démons, les dragons, la duplicité et l'erreur enchainés. Dans le haut, on voit, en format minusx;ule, une représentation d'une séance du Concile.

Ce petit frontispice, passablement insignifiant, a été dessiné par Erasme Quellin et lui fut payé 3 florins par Balthasar Moretus, le i5 janvier 1640. Longtemps avant cette date, Philippe Chifflet avait manifesté le désir de voir faire le dessin par Rubens et avait indiqué certains personnages, qui selon lui devraient y trouver place. Le 23 septembre i538, il écrit à l'imprimeur, son ami Balthasar Moretus. " Si vous faites un frontispice au Concile, les images des Empereurs Charles V et Ferdinande son Père, y viendroient bien à propos, par le soin qu'ils ont pris à le procurer. Celle de St. Charles Borromée méritroit d'estre au-dessus. Mais tout cela, je le laisse à vostre discrétion, et à l'invention de Monsieur Rubens. Les Elsevirs excellent aujourd'huy en ces petits enrichissements, qui donnent beaucoup de grâce à leurs éditions. » A la fin de l'année i63g, il revient encore sur la composition du

frontispice et lui propose un sujet allégorique, dessiné par Van der Horst. Le 12 décembre de cette année, Moretus lui répond que cet emblème ne lui plaît guère et il promet de ne rien faire sans consulter Rubens. Le 27 du même mois, Chifflet écrit à son imprimeur : ^ L'invention de Monsieur Rubens ne peut estre que belle et agréable, ni vostre jugement que très solide ; ainsy tel que vous ferez le frontispice, il ne peut estre aussi receu qu'avec tout applaudissement. »i

Chifflet espérait donc toujours de recevoir un frontispice dessiné par Rubens ; Balthasar Moretus ne veut pas lui enlever cette illusion, mais cherche néanmoins à lui faire comprendre la vérité. Le 12 janvier 1640, il lui écrit : '. J'ai été très occupé ces jours derniers et ai dû différer la réponse à plusieurs de vos lettres. Mais j'ai attendu le dessin du frontispice, que Quellin a exécuté d'après les indications de Rubens, afin de pouvoir vous l'envoyer en même temps que ma lettre. Si ce projet ne déplait pas à Votre Révérence, je la prierai de l'envoyer en mon nom à Corneille Galle avec le cuivre pour la gravure. Je vous renvoie l'emblème dessiné par Van der Horst (i). ^

Rubens peut avoir été consulté par Quellin et lui avoir donné son avis, mais sa collaboration a été évidemment peu sérieuse. Chifflet qui avait vu le dessin et la gravure terminée, vers la fin de janvier 1640, n'abandonna point l'idée que le travail était réellement du grand maitre et après la mort de ce dernier, il écrit encore, le 6 juin 1640, à Balthasar Moretus: - Le frontispice sera trouvé beau à Rome. Je pense que c'est le dernier dessein du S'' Rubens, que Dieu ait en gloire. Nous pouvons dire, pour sa mémoire, qu'il a esté le plus sçavant peintre du monde (2). -

Gravure non citée : Corneille Galle, le fils. Une copie en sens inverse de la même planche servit de frontispice à l'édition du même ouvrage publié par Jean Verdussen à Anvers. Cette dernière édition est sans date, l'approbation est du 20 mars 1644.

(i) Varie his diebus occupatior, ad non unas tuas distuli responsum : sed et parergon tituli Concilii exspectavi, ut ex Rubenii prœscripto a Quellino delineatum una mitterein. Quod si R. V. haud displiceat, tradet meo nomine isthic Cornelio Gallœo, una cum œre in quo incidat. Remitto emblema a vestro isthic Van der Horst elaboratum.

(2) Archives du musée Plantin-Moretus : Correspondance de Balthasar Moretus et de Philippe Chifflet. Lettres aux dates indique'es.

1264. Frontispice de Balthasar Cordertus, Catena sexaginta qiiinqiie grœcorum patriim in S. Lucain. Antverpiae, ex officina plantiniana. M. DC. XXVIII. In-folio.

Le titre est inscrit sur une peau de bœuf, surmontée de la tête de cet animal, attribut de St. Luc. La peau est maintenue, à gauche, par un aigle, attribut de St. Jean; à droite, par un lion, attribut de St. Marc. Dans le haut, on voit un ange, attribut de St. Mathieu. St. Luc est assis au-dessus de la tète de boîuf, lisant un rouleau manuscrit qui représente son Évangile. La Vérité, presqu'entièrement nue, lui passe au cou une chaine formée de médaillons, qui figurent les 65 pères cités dans l'ouvrage. Le St. Esprit, planant à sa droite, l'inspire. A gauche du titre. St. Augustin se tient debout, tenant d'une main un livre fermé, élevant de l'autre un cœur enflammé, percé d'une flèche. De l'autre côté. St. Grégoire de Nazianze, tenant d'une main un livre ouvert, y indique de l'autre un passage. Dans le bas du frontispice, les armoiries de l'empereur Ferdinand II, à qui l'ouvrage est dédié. L'adresse est gravée au-dessous du frontispice. La planche ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur. Nous savons qu'elle a été dessinée par Rubens. La facture citée dans notre n° 882 prouve qu'elle lui fut pa3'ée 20 florins.

L'auteur du livre ayant fait la remarque que la Vérité lui paraissait trop peu vêtue, Moretus lui répondit que Rubens se l'était représentée toute nue et qu'elle était assez couverte comme il l'avait dessinée (i).

Le 8 septembre 1628, la gravure de la planche faite par Corneille- Galle fut payée 80 florins à Théodore Galle (2).

Le dessin, peint en grisaille, passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n° 436). En i83o, il appartenait à John Smith l'auteur du Catalogue (3).

Gravure : V. S. 10, Anonyme (Corneille Galle). La plaque gravée se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 5y) et a été utilisée dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.

(i) Cœterum quœ (R. Y.) in litteris ad R. P. Heribertum (Rosweydum) monuit, serius intellexi, frontispiciis omnibus jam impressis. Veritatem, quam nudam finxit, satis se texisse arbitratus est Rubenius (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus à Corderius du 24 novembre 1628).

(2) A° 1628 den 8 September. Cornelis gesneden den tytel in-folio Catene patrum. 80 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Compte de Théodore Galle).

(3) Smith : Catalogue. II, 1280.

Frontispice de Balthasar Corderius, Expositio patrnin grœcorum in Psalmos. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XLIII. In-folio.

Le titre est inscrit sur le rideau, fermant le tabernacle de l'ancienne Loi, Derrière le rideau, on voit le grand-prêtre, l'encensoir à la main. Au premier plan est agenouillé le roi David, chantant les psaumes en s'accompagnant de la harpe. Les anges dans le ciel, les justes sur la terre et les reprouvés dans les flammes se joignent à lui pour célébrer la Divinité. Sur l'entablement auquel est attaché le rideau, deux anges sont assis portant des écussons ; sur l'un sont représentés trois L (Lingua), avec la devise: Omnis lingua confiteatur domino; sur l'autre, une lyre, avec les- mots: Cœlesiinni, Terrestrium, Infernoriun.

Voorhelm Schneevoogt attribue cette planche à Rubens. Elle fut publiée en 1643, trois ans après la mort du peintre. En réalité, elle a été dessinée par Érasme Quellin, à qui Balthasar Moretus II la pa3^a 24 florins, le 22 avril 1641. La gravure fut payée 72 florins à Pierre De Jode, le 26 septembre 1642 (i).

Le dessin original et la planche gravée sont conservés au musée Plantin-Moretus, le premier Salle II, n° 52; la seconde Salle XIX, n° 68.

Gravure: V. S. 21, Anonyme (Pierre De Jode).

1265. Vignette sur le titre de Balthasar Corderins, Catena Patriun grœconim in Sanctum Joannein. Antverpise. Ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M'.DC.XXX. In-folio.

Le titre de cet ouvrage est orné d'une vignette, représentant les armoiries du roi de Hongrie et de Bohême Ferdinand, plus tard Empereur, sous le nom de Ferdinand III. L'écusson est entouré du collier de la Toison d'or et d'une couronne massive, coiTiposée, à gauche, de feuilles de laurier, à droite, de différentes fleurs. Les tenants sont un aigle à gauche, un paon à droite, symboles de Jupiter et de Junon. Tous deux tiennent un flambeau nuptial, allusion au mariage de Ferdinand III et de Marie-Thérèse d'Espagne, fille

(i) Augustus 1641. Adi 22. betaelt aen Erasmus Quellinus voor het teeckenen van.... Tirulus Catenae in Psalmos fol. fl. 24.

1642 Septembre, Adi 26. betaelt aen P. de Jode voor eene plaete van den Tytel van Corderius in Psalmos twee en seventich guld. val. fl. 72.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Registre Bij^ondere uitgaven, 1 637-1667).

de Philippe III, qui était sur le point de se conclure, et à l'occasion duqviel, en i63o, l'auteur dédia son livre au roi fiancé. Dans le haut, un arc-en-ciel avec une étoile au milieu, symbole de la ])rillantc alliance.

La planche n'est pas signée. Mais la correspondance de Balthasar Moretus nous apprend que Rubens est l'auteur du dessin. Le 5 juillet i53o, il écrivit à Balthasar Cordier: ^ Monsieur Rubens est de retour (d'Angleterre). Je l'ai chargé d'entourer de quelqu'ornement les armoiries du roi pour en orner le titre. Il a promis d'exécuter ce travail en quelques jours. Je me chargerai ensuite de le faire graver (i). '^ Le 2 août, il écrivit à Balthasar Cordier: '^ Je vous envoie, en même temps qu'une feuille du P. Herman Hugo, les doubles feuilles de la Catena. Celle-ci est achevée aujourd'hui, à l'exception des préfaces que je n'imprimerai pas avant que je n'ai appris la décision de Votre Kévérence touchant le titre du Roi. L'Apelles de notre siècle, Rubens, a orné les armoiries du souverain d'une allégorie du mariage ; je les ferai graver pour les imprimer sur le titre (2). «

Le 14 août, Balthasar Moretus paya la gravure de la vignette 28 florins à Corneille Galle, le père (3).

Gravure: V. S. 83, Corneille Galle, le père.

F'rontispice de Le Lys divin et le Satnson mystique preschez par le révérend père Jean Jaques Courvoisier, provincial des Minimes des Pays-Bas, en la ville de Lille, Pan 1637. In-4°. Bruxelles. Godefroy Schoevaerts, i638.

Le titre est inscrit dans un cartouche. A gauche se trouve un ange tenant la Croix, la tiare et les clefs papales, figurant l'Eglise; à gauche, un ange, tenant d'une main un rayon de miel, montrant de l'autre le lion entouré d'abeilles, allusion à Samson. Dans le bas, un cartouche portant un lis et

(i) Dominus Rubenius hue rediit : arma Régis, quae titulum exornent, ipsi parergo aliquo illustranda commisi. Promisit se intra paucos dies curaturum Incisio deinde mihi curas (Archives du Musée Plantin-Moretus. Correspondance de Balthasar Moretus. Lettre à Balthasar Cordier du 5 juillet i63o).

(2) Duernionibus Catenœ folium P. Hermanni Hugonis jungo. Illa hodie absolvitur prœter preefationes quas omitto, donec de titulo Régis R. V. significet : cujus arma nuptiali parergo œvi nostri Appelles Rubenius illustravit ; quse in ses jam incidenda in frontispicio apponentur. (Ibid. 2 août i63o).

(3) ]63o. Den 14 Augusto. Cornelis gesneden het vvaepen van den Keyzer beiaelt. 28 fl. (Ibid. Comptes des Galle).

deux bas-reliefs, l'un avec l'inscription: Pascitur inter lilia, l'autre avec les mots: Germinabit ut lilium. Dans le haut, Notre Dame de la Treille au-dessus de la ville de Lille. Des deux côtés, un ange tenant un lis.

La planche est signée Rubbens in. C. Galle f.

La signature de Rubens, mal orthographiée et gravée d'une autre main que le reste de la planche, est apocryphe ; la composition n'est nullement de lui.

Gravure: V. S. Sg, C. Galle.

Frontispice de Andreœ Gnlielmi Dietelii Canonici Wratislaviensis Exercitatio Theologica pro Doctoratii, Ferdinando III dicata. Antverpise, ex officina plantiniana. M.DC.XXXI. In-folio.

Le titre est inscrit dans la baie d'une porte entourée d'une arcade, audessus de laquelle, on voit deux génies couronnant un globe, entouré d'un Zodiaque avec l'inscription : Austriacum ad spécimen si se componeret orbis Irent obliqua sidéra niilla via. La planche ne porte pas de nom. Le même ouvrage renferme un portrait de Ferdinand III à cheval. Basan et Voorhelm Schneevoogt rangent le frontispice dans l'œuvre de Rubens. Il ressort de la correspondance de Balthasar Moretus que le dessin fut fait par un autre artiste.

Il fut d'abord question d'imprimer les thèses sur une seule grande feuille, comme cela se faisait ordinairement pour ces sortes de travaux, feuille qui aurait été ornée d'un encadrement gravé. Balthasar Corderius, qui servait d'intermédiaire entre l'auteur et l'imprimeur, avait fait parvenir un dessin d'un pareil encadrement et avait demandé que Rubens voulût le revoir. Le 23 août i53o, Moretus lui répond que Rubens admire l'esprit de la composition, mais qu'il refuse de retoucher le travail d'un- autre; qu'il préférerait exécuter quelque peinture plutôt que de refaire ce dessin (i). Le projet fut abandonné et on résolut de faire imprimer les thèses en forme de volume, avec un frontispice gravé et un portrait de Ferdinand III. En ce moment, il fut

(i) Remitto Emblema pro Thesibus, quod non nisi intra annum, aut paullo miner incidatur; et quidem pretio mille sexcentorum circiter florenorum. D. Rubenius laudat ingenium delineationis ; at manum alieno operi apponere récusât ; imo malit picturam aliquam depingere, quam delineationem istam refingere, pretium hauddubie praeter R. V. mentem, et amici cui operam hanc navat. (Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondence de Balthasar Moretus, 33 août i63o).

encore question de faire dessiner ces deux planches par Rubcns. I.e i3 septembre i63o, Moretus écrit à Cordicr: - J'ai reçu les thèses théologiques et les ferai imprimer avec élégance et sans délai. Quant aux gravures, je ne sais trop comment les faire exécuter. Rubens refuse de les dessiner, si on ne lui accorde trois mois pour les faire. J'ai moi-même l'habitude de le prévenir six mois d'avance, quand je veux avoir un frontispice, pour qu'il ait le temps d'y refléchir et de l'exécuter à loisir. Il ne consacre à ce travail que les jours fériés et ne s'y mettrait pas les jours ouvrables, à moins qu'on ne lui pa3'!\t cent florins pour un seul dessin. Je ferai donc faire le dessin par un autre. Jusqu'à présent, je n'ai pas encore vu une effigie authentique du roi Ferdinand ; si donc il en existe une par ici en peinture ou en gravure, je vous prierai de me l'envoyer (i). »

Ce ne fut donc pas Rubens qui dessina les deux grandes planches de l'ouvrage; cependant, comme nous l'apprend une lettre de Balthasar Moretus à Balthasar Cordier, datée du 14 février i63i, on les soumit à son examen et elles ne furent imprimées qu'après avoir reçu son approbation (2).

Le portrait de Ferdinand III fut gravé par Corneille Galle. Le 17 janvier i63i, IMoretus paya 86 florins pour ce travail. En inscrivant cette dépense dans ses registres, il annota que le dessin en était fait par Pierre De Jode (3).

Gravure: V. S. 19, Anonyme.

(i) Thèses theologicas accepi quas eleganter et cito excusas curabo. At de imaginibus laboro qui absolvantur. Rubenius delineare eas récusât, nisi ad trimestre delineatio ditferri possit. Et solet fere a me prœmoneri sex mensibus, ut titulum aliquem meditetur, et describat cum plenissimo otio, et diebus fere sacris; nam profanes operi tali liaud impendit; aut centum florenos pro unica delineatione exigeret. Itaque per alium delineari curabo : sed hactenus veram Ferdinand! Régis imaginem iiaud vidimus ; si isthic extet vel picta vel sculpta, opéras pretium sit eam transmitti (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Correspondance de Balthasar Moretus. Lettre du i3 septembre i63o).

(2) Imagines tandem ahsolutœ atque adeo hoc ipso vespero quo has scribo. In sequentem septimanam trecenta quinquaginta exemplaria excusa curabo, et mittam quot licebit per cursorem hic prœfectum ; imo per Dominam Viduam Baronis de Tassis, quœ huic imperat, et nescio quam legem nuperrime indixit ne minoris folia impressa quam ipsas epistolas LBStimaret. Caeterum imagines placituras spero ; quas non semel refingi atque emendari curavit donec mihi et Apelli nostro Rubenio placèrent, adeo ut tempore acquisita bonitas facile omnem moram compense! (Id. Id. 14 février i63i).

(3) i63r. Den 17 Januari. Cornelis gesneden Ferdinandus te peerde in folio

de Jode geteckent met verhelpen en cooper ailes te samen. gui. 86.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Compte des Galle).

1266. Frontispice du premier volume de Opéra S. Dionysii Areopagitœ cum scholiis S. Maxiini et parapJirasi Pachymer a Balthasare Corderio Soc. Jesu Doci. Tlieol. latine interpretata et notis theologicis illustrata. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXIIII In-folio.

Le titre est gravé sur une tablette qui est posée devant St. Denis l'Aréopagite. Celui-ci est assis ; il tient d'une main la tablette, montre le texte de l'autre et lève les yeux au ciel. A ses côtés se trouvent St. Pierre et St Paul. Dans le haut du frontispice, on voit la Trinité, symbolisée par un triangle rayonnant, autour duquel un cercle d'angelets est en adoration. Entre ce cercle et les trois saints de la partie inférieure, on voit la Foi, l'Espérance et la Charité, symbolisées par trois femmes, dont la première tient un calice et une croix, la seconde une ancre et une fleur de lotus, la troisième deux enfants. Toute la composition et spécialement la personnification des trois vertus théologales est admirable.

La planche est signée: Pet. Paul Rubenius pitixit. Corn. Gallens scnlpsit.

Le dessin fut Y)3.yé 20 florins à Rubens ; la gravure 100 florins à Théodore Galle, le 18 décembre i632 (i).

Gravure: V. S. 53, Corneille Galle, le père. Le cuivre de la gravure est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 65) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P.P. Rubens pour F imprimerie plantinienne.

Voir planche 364.

1267. Vignette pour le titre du second volume de Opéra S. Dionysii Areopagit.

Sur le titre du second volumedu même ouvrage se trouve une vignette, représentant les armoiries du cardinal et prince de Dietrichtstein tenues par deux angelets volants. Cette composition est assez insignifiante et nous n'aurions jamais songé à l'attribuer à Rubens, si les comptes de Balthasar Moretus ne faisaient foi que le dessin a été payé à Rubens. La somme de 12 florins, inscrite, pour le dessin de Insignia Card. a Dietrichstein, se rapporte évidemment à cette vignette (Voir 11° 882).

Gravure non citée: C. Galle.

(i) A" i632. Den 18 december Cornelis gesneden den tytel naer Rubbens Opéra S. Dionysii. gui. 100.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Compte de Tliéodore Galle. Fol. 77 r°).

1268. Frontispice de Gclrischc Rcchtcn des Riirenmndtschen Quartiers van nieuws oversicii eiide vcrbclcrt door last van hacrc Doorluchtichste Hoocheden. Tôt Ruicmundt. Bij Jehan Hompes. M.DC.XX.

A droite d'une arcade, au-dessus de laquelle on lit l'inscription: Viroqiie c/aresccrc piilchruin, se trouve le portrait en pied de l'archiduchesse Isabelle ; à gauche, celui de l'archiduc Albert, la couronne sur la tète, une épée dans la main gauche. Dans l'ouverture de l'arcade est suspendu l'écusson des Archiducs, entouré de la chaîne avec le bijou de la Toison d'or. Derrière l'écusson, un rideau qui est tenu des deux côtés par les Archiducs et sur lequel on lit le titre du livre. Au-dessus de l'écusson, un cheval monté par un chevalier de la Gueldre en cuirasse, qui tient dans la main gauche une lance garnie d'une flamme, et dans la main droite un écusson ovale avec les armoiries de la Gueldre. Des deux côtés du cavalier, un ange volant tenant des deux mains une banderole, sur laquelle on lit la devise: Armis et iegibus. Sous l'arcade un cartouche, derrière lequel on voit une tête d'ange et sur lequel on lit l'adresse de l'éditeur. A gauche de ce cartouche, l'écusson couronné de la Gueldre; a droite, celui de la ville de Ruremonde, rattachés l'un à l'autre par une guirlande de fruits.

Lorsque, en lôig, les États de la Gueldre eurent rédigé un projet des coutumes de ce duché, ils le soumirent à l'approbation des archiducs Albert et Isabelle qui l'approuvèrent le ig septembre lôig. L'impression fut confiée à Johan Hompes de Ruremonde, qui fit exécuter le travail à Cologne.

Les États de la Gueldre eurent recours à Rubens pour faire dessiner et à Jean Cobbaert pour faire graver le frontispice de l'ouvrage. Ils payèrent au premier 12 florins et au second 55 florins, suivant le compte qui s'est conservé aux archives de Ruremonde (i).

Le cuivre de la planche se conserve aux archives de Ruremonde.

Gravure non citée : Jean Collaert.

(i) Aen het copere van de plaete 2 gl. 4 sr.

Aen "t teeckenen van den titel aen M"' Rubenio 12 » —

Aen Hans CoUart voor 't snijden 65 » —

Aen de letteren te snijden 2 » —

Aen "t papier 4 » 10 st.

Aen het coper te druclven 10 )> —

Port van brieven te besorgen 8 » —

.1 . B. SiVRÉ : Gravure naar eene onbekende teekening van Rubens (De Maasgouw. Maastricht.

10 April 1879).

I26q Frontispice de C. Gevartins, Pompa Introitiis houori Serenissimi principis Ferdinandi Aiistriaci Hispaniarum Infantis S. R. E. Card. Belgariini et Burgundionum gubernatoris a S. P. Q. Antverp. décréta et adornata. Antverpise, excudebat Joannes Meursius. M.DC.XLII. In-folio.

Nous avons donné la description et l'histoire de ce frontispice aux pages 33 1-334 d^ troisième volume de notre ouvrage.

L'esquisse en grisaille de cette composition se trouve au musée de Cambridge no 240.

Pliotographie: Lord.

Page 1