FRONTISPICES DES ŒUVRES DE HUBERT GOLTZIUS
L'édition primitive des œuvres de Hubert Goltzius fut publiée au 16*^ siècle: Vivœ omnium fere imperatoruin iinagines, à Anvers, en iSSy; Julius Cœsar, Bruges, i553 ; Fasti Magistratinim et Triumphoruni Roinanoruin, Bruges, i566; Cœsar AugiistiLs, Bruges, 1674; Sicilia et Magna Grœcia, Bruges, iSyô.
Les quatre derniers volumes étaient pourvus de frontispices gravés sur cuivre.
Lorsque Jacques De Bie réédita une partie des œuvres de Hubert Goltzius, il conserva les frontispices gravés des Fasti et de Sicilia et Magna Grœcia et en fit graver de nouveaux par Michel Lasne pour deux volumes : Niimisviata imperatoruin romanoruin publié en 1617 et Grœciœ luiiversœ Asiœque minoris et Insularum nnmismata veterum, publié en 1618, dont les planches avaient été gravées, mais non publiées par Hubert Goltzius.
Nous croyons pouvoir attribuer à Rubens le dessin des frontispices de ces deux derniers ouvrages.
Lorsque, en 1644-1645, Balthasar Moretus publia une nouvelle édition des œuvres de Hubert Goltzius, il conserva les quatre frontispices de l'édition de Jacques De Bie et en fit faire encore deux nouveaux. L'un est un titre général pour la collection, qui dans cette édition se compose de cinq volumes; le second est un titre pour le cinquième volume, renfermant les portraits des empereurs romains, volume qui ne se trouve pas dans l'édition de Jacques De Bie, parce que les bois des médaillons des empereurs romains de l'édition de Goltzius s'étaient perdus. Balthasar Moretus les fit graver de nouveau par Christophe Jegher. Rubens dessina donc, à des époques différentes, quatre frontispices pour les œuvres de Goltzius. Nous en faisons suivre la description.
1270. Frontispice de Jacobus Bicciis, Nimiisuiaia imperatoniui roinaiioriiui aiirea argentea a C. Julio Cœsare usquc ad Valeiitinianuin Aiig. Antvcrpiaj, 1617. In-folio.
Le génie de Rome siège sur un piédestal tenant d'une main le glaive, de l'autre le globe terrestre. La Victoire, debout à ses côtés, tend une couronne au-dessus de sa tète. A gauche et à droite, des trophées d'armes. Dans le bas, la Louve romaine avec Romulus et Remus ; à gauche et à droite, un captif enchaîné. Signé M. Asinius Spiil. La facture est entièrement rubénienne.
Gravure: V. S. 48, 4g, Michel Lasne. La planche fut utilisée trois ans plus tard pour Ludovici Noiinii Comuicntarius in Numisinaia Imp. Julii Aiigiisti et Tiberii Hubcrto Goltzio scalptore. Antverpise apud Hieronymum Verdussium. M.DC.XX.
1271. Frontispice de Grœciœ Universœ Asiœqiie minoris et insularuni numismata veterum Huberto Goltzio quondain scalptore nunc deiniiin in lucem prolata cum indice geographico. Antverpise, apud Jacobum Bieum. M.DC.XVIIL
Le titre se lit sur la face antérieure d'un monument sépulcral ; il est entouré d'une guirlande de fruits. Dans le fronton, un médaillon. Le monument est couronné par un aigle tenant la foudre, symbole de Jupiter, un hibou, attribut de Minerve, et deux pigeons qui se becquètent, attribut de Vénus. A droite, la peau de lion, la massue, le trident, le carc^uois, attributs d'Hercule, de Neptune et de Diane; à gauche, un autel, un lyre, une thyrse, une trompette et d'autres instruments du culte païen. Dans le bas, tenues par deux griffons, les armoiries de l'archiduc Albert, à qui le livre est dédié.
Gravure: V. S. 24, M. Lasne.
1272. Frontispice général des œuvres de Hubert Goltzius dans l'édition plantinienne : Romance et Grœciœ antiquitatis monumenta e priscis niimisinatibus eruta per Hubcrtum Goltzium Herbipolitam Venlonianum, civem Romanum.- Antverpiœ, ex ofiicina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XLV. Li-folio.
Ce frontispice est une des rares compositions de ce genre, dont le peintre ou l'un de ses amis nous a donné une explication. Nous croyons utile de traduire en entier ce document, parce qu'il nous permet de saisir sur le vif combien d'ingéniosité Rubens mettait dans ces compositions, dont parfois certains détails restent pour nous inexplicables.
Voici ce que nous lisons dans les liminaires du premier volume des œuvres de Hubert Goltzius :
Explication de la table préliminaire ou du frontispice.
r> Le frontispice composé et dessiné par le chevalier Pierre-Paul Rubens, l'Apelles de notre siècle, représente la Renaissance de l'Antiquité. Du côté gauche, dans le haut de la planche, se trouve le Temps, sous la forme d'un vieillard ailé, tenant une faux, et, à côté de lui, la Mort qui précipitent dans l'abime des âges les représentants des monarchies de Rome, de la Macédoine, de la Perse, de la Médie.
r> La monarchie romaine est représentée par une déesse casquée et renversée qui, dans la main gauche, tient une statuette de la Victoire, dans la main droite, une lance sans fer. C'est ainsi que Rome est représentée dans les anciennes monnaies.
■n La monarchie de la Macédoine ou de la Grèce est représentée par une figure d'Alexandre, casqué et cuirassé, tenant la foudre de la main droite; tel que, selon Pline (lib. XXXV, cap. X), il a été autrefois peint par Apelles.
r, Le royaume des Perses est représenté par la tête de Darius, coiffée du diadème. Alexandre assis sur le dos de ce roi, l'écrase.
y Le royaume des Mèdes est rappelé par la figure d'un prince, coiffé d'un turban, tenant l'arc et le carquois renversés, vêtu d'habits amples et lâches, tels que les Mèdes en portaient, et près de disparaître dans le gouffre obscur et ténébreux du temps.
r, A droite de la grotte se tient Mercure,' coiffé du pétase, qui, d'une main, tient une houe, dont il s'est aidé pour déterrer les bustes en marbre de généraux romains et grecs, qui se trouvent près de lui. De l'autre main, il retire de la grotte la statue presqu'intacte d'un ancien empereur romain, couronné de lauriers et vêtu du manteau militaire. Un peu plus haut, Hercule, vêtu des dépouilles du lion, tend un grand vase rempli de monnaies à un esclave légèrement vêtu.
r> Minerve, la déesse des arts, casquée, tient un flambeau, explique et déchiffre les monnaies déterrées des rois et des empereurs.
r. Au milieu du frontispice, on voit le buste de l'Antiquité voilée, couronnée de lauriers et ornée d'une chaîne formée de diverses monnaies. Un livre ouvert, posé sur sa poitrine fait allusion à l'histoire et' à l'interprétation des monnaies.
•^ Sur la tète de rAntic|uité est perché le Phénix, symbole de la Renaissance et de l'Eternité (i). "
Le titre est inscrit sur une tablette carrée, autour de laquelle ces diverses figures forment un encadrement.
Les motifs de cette composition prodigieusement compliquée ont sans nul doute été fournis à Rubens par son ami Gaspar Gevartius et c'est le même savant qui nous a fourni l'explication que nous venons de transcrire et sans laquelle nous craindrions bien n'avoir pu déchiffrer cet amalgame allégorique. La planche est signée : Pet. Paul Rubeinns invenit. Corn. Galleus sculpsit.
Le dessin fut payé à Rubens 20 florins. Bien qu'il ne fût utilisé cju'en 1645, le frontispice a été dessiné et gravé avant i632. Le 28 juin de cette
(i) Tabulœ Prœliminaris sire Frontispicii Explicatio.
Tahella Prœliminaris. a Petro-Paullo Rubenio, Equité, ^vi nostri Apelle, designata & delineata, Antiquitatis Reviviscentis Typum exhiber
Ad sinistrum Tabulœ latus, in superiori parte, Tempus est, Senis alati habitu, Falcem tenons, unaque Mors adstans, qui prisca Romanœ, Macedonicœ, Persicœ & Medicœ, Monarchiarum Simulacra in profundum vEvi Specum prœcipitant.
Romanam Monarchiam désignât Deœ Galeatœ inversœ Effigies, quœ Victoriolœ signum lœva, hastam puram dextra gestat. Qua forma in priscis Nummis Roma spectatur.
Macedonicam, sive Grœcam, dénotât Alexandri galeati & thoracati Figura, dextra Fulmen tenentis: quo habitu ipsum ab Apelle olim depictum esse refert Plinius lib. XXXV. cap. X.
Persicani reprœsentat Diadematum Caput Darii, cujus dorso insidens incumbensque Alexander Regem eumdem opprimit.
Medicam refert Imago Principis Vittati, Arcum & pharetram inversam gestantis, laxaque & fluida veste (qualis erat Medorum) amicti, atque in obscurum caligantemque M\'\ Specum jam prope immersi.
Dextro Specus lateri adstat Mercurius more suo Petasatus, altéra manu ligonem tenens, cui eruderata Grœcorum, Romanorumque Ducum marmorea Capita adjacent. Altéra manu Mercurius prope integram prisci Imperatoris Statuam Laureatam & Paludatam e specu educit.
PauUo supra Hercules, Leonis exuviis amictus. Vas ingens Numismatibus plénum servo succincto tradit.
Pallas Galeata, Artium Prœses Dea, Facem admovens, effossa priscorum Regum Cœsarumque Numismata illustrât & interpretatur.
Media Tabulœ parte, ipsa Antiquitatis Velatœ & Laureatœ, variisque Numismatibus concatenatis circumdatœ spectatur Effigies. Liber apertus, pectori ejus appositus, Historiam & Interpretationem Numismatum désignât.
Antiquitatis vertici Phœnix insidet, lia.liyyivEaic/.z, id est, Reviviscentiœ & Perennitatis Symbolum.
année, Balthasar Moretus pa5^a la gravure loo florins à Théodore Galle (i).
Le dessin original se trouvait dans la collection Mariette (Catalogue, n° loio). Il est exécuté à la pierre noire, mêlée d'encre de Chine et de blanc, et fut vendu i3i livres.
Gravure: V. S. 60, Corneille Galle, le père. Les figures de ce frontispice ont été copiées par Gaspar Bouttats pour servir d'encadrements à plusieurs des portraits qui se rencontrent dans Historia de la Vida y Hechos del cmperador Carlos V por el maestro don Fray Prndencio de Sandoval. Amberes, Geronymo Verdussen, 1681. In-folio. Le cuivre se conserve au musée Plantin-Moretus.
Voir planche 365.
1273. Frontispice de Icônes Iniperatortini Ronianornni, ex priscis nnniisniatibns ad viviim delineatœ et brevi Narratione Jiistorica illustratœ per Hubertnni Goltzinm. Antverpiœ, ex ofhcina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XLV. In-folio.
Le titre est inscrit sur un piédestal circulaire, cjui se trouve devant une niche et sur lequel est assis Jules César, tenant une statuette de la Victoire dans l'une main et un globe terrestre dans l'autre. A côté du piédestal sont debout l'empereur Constantin, tenant le labarum, et l'empereur Rodolphe I, tenant le glaive. Dans les coins supérieurs, le soleil et la lune, symboles de l'or et de l'argent; dans le bas, les emblèmes de l'Autorité, du Gouvernement et de l'Éternité.
La planche est signée: Pet. Paul Rnbeniiis invenit. Corn. Galle sen. scnlpsit. Elle fut dessinée par Erasme Quellin. Le dessin original, appartenant au musée Plantin-Moretus (Salle II, n" 3g), est signé: - E. Quellinius invent. » (Dessin à la plume, rehaussé de blanc et de noir. H. 2g, 5, L. 20). Après l'année iÇ)3j, Rubens ne dessina plus lui-même les frontispices ; il abandonna ce travail à son élève Erasme Quellin qu'il assista d'ordinaire de ses conseils. La mention de son nom sur la planche gravée semble indiquer que pour ce frontispice encore il en a agi ainsi.
La gravure fut faite en i638. Le g septembre de cette année, Corneille Galle l'envoya de Bruxelles à Balthasar Moretus (2).
(i) i632. Den 28 Juni Cornelis gesneden den tytel in folio voor de Medalien Rubbens. fl. 100 (Arciiives du musée Plantin-Moretus. Comptes de The'odore Galle).
(2) Ick sende UL. nu desen titel gedaen, die wat langhe onderhanden heeft geweest door myn sieckte want ick 5 ofte 6 weken met een tertiaire ofte derdendaegsche coortse gequelt ■ben geweest (Aixbives du musée Plantin-Moretus. Lettre du 9 septembre i638 de Corneille Galle à Balthasar Moretus).
Gravure: V. S. 3r, Corn. Galle, le vieux. Le cuivre de cette gravure appartient au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n" 66) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d après Rubeiis pour l'imprimerie plantinienne . En 1708, Verdussen, ayant acquis des Moretus les exemplaires restants de l'édition des Œuvres de Goltzius, les mit dans le commerce avec son adresse; tout comme, en 1644-1645, Balthasar Moretus II avait mis son adresse sur les exemplaires qu'il avait achetés des quatre premiers volumes de ces oeuvres, publiées par Jacques De Bie. Dans l'édition de Verdussen, le nom de cet imprimeur remplace sur les frontispices celui de Moretus.
Voir planche 366.
1274. Médaillons des empereurs romains pour le 5*^ volume des Œuvres de Hubert Goltzius : Icônes imperatoriim rojnanorum. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XLV.
De i53i à i533, Balthasar Moretus fit graver de nouveau par Christophe Jegher les médaillons des empereurs romains, parce que les bois de l'édition primitive s'étaient perdus. Dans son avertissement au lecteur, il affirme que plusieurs de ces médaillons, spécialement ceux des empereurs de la maison d'Autriche, ont été dessinés par Rubens (i).
Voorhelm Schneevoogt (Portraits 145, 146) désigne les médaillons de Charles V et de Ferdinand II comme étant gravés d'après les dessins de Rubens. Il n'y a pas de raison pour croire que ce soient plutôt ceux-là que d'autres que Rubens aurait dessinés.
Frontispice de Apostolicaruin PU qiiinti Pont. Max. Epistolarum libri quinque niinc primiim in liicem editi opéra et cura Francisai Goubau. Antverpiae, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XL. In-40.
Le titre se trouve au milieu du frontispice. Dans le haut, le médaillon de Pie V qui reçoit l'inspiration du Saint Esprit. A gauche, un ange qui
(i) Quasque Tomo V spectantur Imperatorum Icônes, novas omnino damus: ac nonnullas ex ils, & prœsertim Romano-Austriacorum Imperatorum Imagines a prasstantissimi Rubenii manu sunt delineatae (Balthasar Moretus lectori, page XIII des liminaires du tome I des Œuvres de Goltzius).
délivre les esclaves des Mahométans; à droite, des armes et des symboles de la guerre. Sans nom de graveur et de dessinateur.
Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent la composition de cette planche à Rubens. Elle est d'Érasme Quellin, à qui Balthasar Moretus la paj^a 24 florins, le 25 mai lôSg (i).
Le dessin original se conserve au musée Plantin- Moretus (Salle II, n° 46), il est signé: - E. Quellinius " (Bistre. H. ig, L. 12,8).
Gravure: V. S. 5, Corneille Galle, le père (2).
1275. Frontispice de Regia via Criicis, atidore D. Benedido Haefteno Ultrajectino. Antverpiœ, ex ofFicina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXV. In-8°.
Le titre est inscrit sur un bloc de rocher de forme assez régulière. Au-dessus, le Christ agenouillé, portant sa croix et engageant par un signe de la main le disciple de gauche à le suivre. Celui-ci porte une croix; un second, à gauche, et un troisième, à droite, portent également leur croix, les yeux tournés vers le Christ. Dans le bas, entre des branches épineuses, le signe du labarum. La planche est sans nom de dessinateur et de graveur.
Le dessin fut fait par Rubens, comme le prouvent les extraits suivants des lettres adressées par Balthasar Moretus à Bernard Van Haeften.
Le 8 juin 1634, il lui écrit: - J'ai reçu les livres de la Regia via Crucis ; je demanderai bientôt à la cour l'autorisation de les imprimer et me mettrai sans délai au travail, persuadé de satisfaire ainsi à votre désir. J'aurai soin également des estampes. Quand elles seront gravées et corrigées à mon goût, je vous les enverrai de nouveau à l'examen; j'avertirai également Rubens pour qu'il termine à temps le dessin du frontispice. y>
Le II juillet suivant, il lui mande que Rubens a promis le titre à bref délai; le 16 août, il a reçu le dessin de Rubens et, le 28, il l'a envoyé au graveur Corneille Galle, que Rubens, dit-il, préfère à tout autre pour graver ses dessins. Le 3 novembre, il ne reste plus qu'à graver les lettres; le 7 décembre, le frontispice est imprimé (3). Le dessin fut payé à Rubens 8
(i) i63g. 25 Meij. Item een tytel van den boeck van Goubau. 24 fl.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Facture d'Erasme Quellin).
(2) Adi 3 September \63q. Cornelio Galleo senior! voor titel van epistolas Pii V. 3o fi. (Ibid. Bijiondere ititgaven, 1637-1667).
(3) Regiœ Vize Crucis libros accepi : cudendi licentiam ab aula jam postulabo, et mox
florins (Voir notre n" 882). T. a f^ravurc fut payée 28 florins à Jean Galle, le 21 octobre i534 (i).
Gravure: V. S. 5/, Anonyme (Corneille Galle le père).
1275. Frontispice de Francisci Harœi Annales ducum seu pnncipnm Brabanliœ Totmsqne Belgii tomi très. Antverpiœ, ex officina plantiniana apud Balthasarem Moretum et Viduam Joannis Moreti et Jo. Meursium. M.DC. XXIII. In-folio.
Le titre du premier volume des Annales de Harœus, qui est aussi le titre de tout l'ouvrage, est inscrit sur la face antérieure d'un piédestal, sur lequel est assise l'Histoire, symbolisée par une femme, tenant d'une main un livre ouvert sur le genou, de l'autre un flambeau appuyé sur le globe terrestre. A sa gauche, deux anges déroulent les annales de l'Histoire; à sa droite se trouvent deux autres anges, dont l'un embouche la trompette de la Renommée et dont l'autre tient le serpent qui se mord la queue, symbole de l'Immortalité. A gauche du piédestal, un guerrier antique, symbolisant la Guerre ; à droite, une femme tenant d'une main le caducée, éteignant de l'autre une torche, dont la flamme est appuyée sur un casque posé à terre. Dans le bas, à droite, est assis le génie de la Belgique, coiffé d'une couronne murale, l'une main appuj'ée sur un lion couché, symbole du pays; à gauche, un dieu maritime, tenant une corne d'abondance, emblème des bienfaits de la Navigation. Entre ces deux personnages, un cartouche dans lequel est inscrite l'adresse de l'imprimeur.
La planche ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur.
cudendo operi me accingam. In quo R. V. desiderio ac voto satisfacturum me confido; et ne in imaginibus minas fiât, curabo. Qux ubi sculpta: omnes fuerint, et pro sensu meo emendatee R. V. judicio denuo perpendendas mittam. D. Rubeniuni item monebo, tituli delineationem tempestive ut paret (B. Moretus Bénédicte ab Haeften, 8 junii 1634).
Dominus Rubenius frontispicii delineationem brevi addixit (Id. eid., 11 juli 1634).
Frontispicium libri vestri a D. Rubenio depictum mitto, priusquam mcidi eu rem ; siquid forsan in eo minus R. V. placeret (Id. eid., 16 aug. 1634).
Titulus jam a Gallaeo incisus est, verba tituli incidenda restant (Id. eid., 3 nov. 1634).
(i) A" 1634. Den 21 october. Co. Galle, gesneden tijtel de via crucis voor snijden en coper . . . . . . . . . . . . . 28 fi.
(Archives du muse'e Plantin, comptes de Jean Galle).
Le dessin de ce frontispice fut payé 20 florins à Rubens (Voir notre n" 882). Le 5 avril 1622, Théodore Galle porte en compte à Moretus yS florins pour la gravure faite par Corneille Galle (i).
Gravure: V. S. 25, Anonyme (Corneille Galle, le père).
Le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n" 62) et a été utilisé dans le livre Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour rimprimerie plantinienne.
Cette planche a été copiée avec quelques modifications pour servir de frontispice à Basis Monarchica seu Noniosophica divinaruin liuinanaruinque legum Analysis. AutJiore D. Joanne Carainuel Lobkowitz.
Elle a encore été copiée pour servir de frontispice à Historia de las guerras civiles que lia avido en los estados de F landes des del aho i55g, Jiasta el de 1609, y las causas de la rébellion de dichos estados. Recopilada y escrita por el Coutador Antonio Caruero. En Brusselas, en casa de Juan de Meerbeque, i625. Le globe, sur lequel l'Histoire appuie son flambeau, a été remplacé par l'écusson des armes d'Espagne. Le cartouche, sur lequel se lisait l'adresse de l'imprimeur a été remplacé par les armoiries de l'auteur.
Gravure: V. S. 28, Anon3'me.
Elle a enfin été copiée pour servir de passe-partout à plusieurs portraits de Prudencio de Sandoval, Historia de la Vida y Hechos del emperador Carlos V . En Amberes por Geronymo Verdussen, 1641.
1277. Frontispice du troisième volume de Francisci Harœi Annales Diicum seu principum Brabantiœ Totiusqne Bclgii. Tonius tertius. Antverpise, ex oflîcina plantiniana. M.DC.XXIIL In-folio.
Le frontispice représente la façade du temple de Janus. Le titre et l'adresse de l'imprimeur sont inscrits sur un rideau suspendu dans l'ouverture de la porte, dont la Fureur, la Discorde et les génies de la Destruction ouvrent les battants. Le buste de Janus surmonte le linteau de la porte. Dans le bas, une hydre à sept têtes, symbole de la Guerre et de l'Insurrection, renverse
(1) A" 1622. Den 5 april gesneden den lytel in-folio voor de hertoghen van Brabcint van Cornelis gesneden, naer Rubhens met cooper ailes te samen . . , yS tî.
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de The'od. Galle).
les objets du culte, les instruments et les œuvres des Beaux-Arts. La planche ne porte ni le nom du dessinateur ni celui du graveur.
Elle a été dessinée par Rubcns et lui fut payée 20 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). Elle fut gravée par Lucas Vorsterman. La gravure fut payée 75 florins à Théodore Galle, le 10 février i523 (i).
Le dessin original sur papier colorié, au bistre, lavé d'encre de Chine et rehaussé, passa par la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754, n^' 437) et fut adjugé à 18 florins à F'ouket dans la vente Gérard Hoet (La Haye, 1760 n° 462).
Rubens a utilisé plus tard le principal motif de cette composition dans le Temple de Jantis (notre n° 784), une des scènes de VEiUrée solennelle du Cardinal-Infant Ferdinand à Anvers en 1035.
Gravure: V. S. 25, Anonyme (Lucas Vorsterman). Le musée Plantin- Moretus conserve le cuivre de cette planche (Salle XIX, n° 73), qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour r imprimerie plantinienne. Cette planche fut copiée pour servir d'encadrement à plusieurs des portraits de Prudencio de Sandoval, Historia de la Vida y HecJios del emperador Carlos V. En Amberes par Geronymo Verdussen. 1641.
Voir planche 368.
1278. Frontispice de Obsidio Bredaiia Armis Pliilippi IIII Auspiciis Isabellœ ductu Ambr. Spinolœ perfecta. Scribebat Hermannus Hugo Societatis Jesu. Antverpise, ex officina plantiniana. M.DC.XXVI In-folio.
Le titre est imprimé dans un cartouche, entouré d'une guirlande de feuillage. A droite du cartouche. Hercule, vêtu de la peau du lion, tenant d'une main une pelle, personnification du Travail; de l'autre côté, la déesse de la Vigilance, casquée, le bouclier attaché sur le dos, une main appuyée sur sa lance, l'autre sur un socle, le bras gauche entouré d'un serpent, un coq à côté d'elle. Dans le haut, appuyé sur le cartouche, l'écusson des armes d'Espagne, au-dessus duquel deux génies tiennent des palmes et une couronne de paille entourée de roses. Dans les coins. Borée et Zéphir dissipant les nuages. Dans le bas, devant un soubassement rustique, sur lequel le cartouche
(i) A» 1623. Den 10 fehruarij gesneden nieu titel van Lucas voor die hertoghen van Brabant ofce Haereus met cooper en ailes yS fl.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
est placé, ' le génie de la ville de Breda est assis sur l'écusson de la cité, sur des insignes et des drapeaux hollandais. La personnification de la Faim, une figure de femme décharnée, étreint la ville à la gorge. Tout en bas, l'adresse de l'imprimerie. La planche ne porte ni le nom du dessinateur ni celui du graveur.
La composition est de Rubens. Le dessin lui fut payé 20 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure est de Corneille Galle. Le 16 décembre i625, l'imprimeur écrivit à l'auteur: ^ Corneille Galle gravera très bien ici le titre de votre livre dessiné par Rubens (i). -^ Le 3i décembre, il lui écrit: - Rubens n'a pas encore été ici, et je n'ai pas vu le frontispice, qu'il serait temps de faire commencer par Corneille Galle, pour qu'il soit terminé le premier février (2). '^ Le 7 janvier 1626: - Je veux absolument que le titre, tel que Rubens l'aura dessiné, soit gravé par Corneille Galle qui se trouve ici (3). -^ Le 21 janvier enfin, le dessin est terminé. - Je reçois le dessin du frontispice, •- écrit Moretus à l'auteur, - et le remets avec le cuivre sur lequel il doit être gravé. Le dessin est un peu trop grand, il devra être réduit à la dimension indiquée par des lignes rouges sur le papier ci-joint (4). 7^
La gravure du frontispice n'est pas mentionnée dans les comptes des Galle à Moretus. Mais la gravure de onze des planches qui se rencontrent dans l'ouvrage y figure (5). De la correspondance de l'imprimeur, il ressort que l'un des Bolswert a travaillé à ces planches (5).
(i) Frontem libri a Rubenio delineatam optime isthic Corn. Gallaeus incidet (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus à Herman Hugo du 16 décembre 1625).
(2) D. Rubenius hactenus haud adfuit, nec frontem libri vidi, quam jam tempus sit a Cornelio isthic Galleo inchoari ut ad kalendas februarias absolvatur (Ibid. 3i décembre 1625).
(3) At vero titulum, ut Rubenius delinearit, a Corn. Gallœo, qui isthic adest, omnino cœlatum velim. (Ibid. 7 janvier 1626).
(4) Tituli delineationem jamnunc recipio et remitto, una cum lamina in qua incidatur. Sed paullo major est delineatio, redigenda ad formam, lineis rubris in charta adjuncta designatam (Ibid. 21 janvier 1626).
(5) 1626. Den 4" februari gesneden vier groote plaeten van bredael soo van herteckenen
en cooper ailes te samen a 28 gui. stuck 112
Noch gesneden 6 heele pagien tôt i5 gui. stuck 90
Noch een half pagie a 7 gui. 10 str. de eerste tôt brussel 7.10
Correctien aen den tytel gedaen 6 gui. ende 4 gui. voor het cooper te s. 10
(Ibid. Comptes de Théod. Galle).
(6) D. Bolswerto satisfactum credebaro, at hactenus pro solutione haud venisse a D. Meursio
Il existe deux dessins originaux de ce frontispice. Le premier, sommairement exécuté, à la plume, lavé d'encre, se trouve à la National Gallery de Londres (H. 3i, L. 19,5). Il est dans le sens de la gravure et de ce fait son authenticité devait inspirer des doutes. Nous le croyons cependant authentique et le regardons comme un premier projet. Les armoiries du roi d'Espagne sont laissées en blanc, ainsi que celles de Breda. Sur l'ccusson vide de cette ville, Rubens a écrit: Brcda, et au-dessous de l'écusson : Wapen. Ce dessin a appartenu à Mariette qui dans son Abcccdario (V, 143-144) annote.- ^ Obsidio Bredana. J'en ay le dessin original, mais il n'est certainement poini de Rubens. Je le crois de quelqu'un de ses disciples sur quelques légères esquisses du maitre. - Plus tard, il revient sur cette appréciation et annote : " Après l'avoir examiné plus attentivement, je change de sentiment. Le dessein est de Rubens ; ce qu'il y a mis à la plume ne permet pas de le méconnoitre. y Le dessin fut adjugé dans la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1026) à 12 florins
I sou à Beaufort. Le second exemplaire appartient au musée de Dijon. Il est à la pierre noire, relevé d'encre, plus terminé que le précédent et en sens inverse de la gravure. L'écusson du roi d'Espagne est en blanc, mais celui de la ville de Breda est rempli. C'est un travail de la main de Rubens, fait pour le graveur.
Gravure: V. S. 5o, Anonyme (Corneille Galle, le père). Le cuivre de ce frontispice appartient au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 76) et a servi dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l' imprimerie plantinienne.
II a également servi dans les éditions postérieures de l'ouvrage, c'est-à-dire dans l'édition espagnole (Plantin, 1627), dans la seconde édition latine (Plantin, 1629) et dans l'édition française (Plantin, i53i). Dans les deux derniers états de la planche. Corneille Galle 3^ a mis son nom.
Le groupe de la Faim étreignant la ville de Breda a été gravé séparément par P. Spruyt.
Photographie des dessins originaux : (Exemplaire de la National Gallery) Morelli ; (Exemplaire du musée de Dijon) Schahl.
intelligo (Lettre de Balth. Moretus à Hermannus Hugo, du 26 mars 1626. Archives du musée Plantin-Moretus).
Per R. P. Tserjants 80 florenos recte accepi, et annumeratis quos Galleo et Bolswardio Suivit, de 81 exemplarium Osbidionis Bredanœ pretio mihi satistactum agnosco et gratias ago (Ibid. 4 juli 1626).
Frontispice de De Militia equestvi aniiqiia et nova ad regein Philippum IV libri quinqiLe, audore Herinaniio Hngone Societatis Jesit. Antverpiae, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXX. In-folio.
Le titre est gravé sur une draperie, suspendue devant une tour, portée par un élépliant; dans cette tour, on voit cinq guerriers, dont quatre sont coiffés d'un turban, le cinquième d'un casque. Au-dessus d'eux. St. Georges, à cheval, traverse les nuages. Sur les côtés, on voit un centaure et un chevalier monté sur un chameau ; en bas, une amazone, un chevalier, armé de pied en cap, et un char de combat, attelé de deux chevaux et monté par un cocher portant un bonnet hongrois. La planche est signée Corn. Galleus sculpsit.
C'est à tort qu'on l'attribue communément à Rubens. La composition n'est pas digne de lui. Elle a été dessinée et gravée pendant son absence en 162g. Le 3o mars de cette année, la gravure fut payée 100 florins à Corneille Galle (i).
Les archives de l'imprimerie plantinienne ne font aucune mention du dessinateur, qui est évidemment un élève de Rubens, peut-être Abraham Van Diepenbeeck.
Gravure: V. S. 45, Corn. Galle, le père.
Frontispice de Cornélius Jansenius, Augustinus. Lovanii, typis et sumptibus Jacobi Zegeri, 1640. In-folio.
Au-dessus du cartouche, dans lequel le titre et l'adresse sont inscrits, on voit St. Augustin debout, tenant d'une main le cœur enflammé, de l'autre un livre et une plume. Il foule aux pieds les hérétiques Pelage,' Julien, Cselestius. A côté de lui sont assis ou debout St. Zosime, St. Célestin, St. Innocent et St. Boniface, papes. Le titre est attribué, sans fondement sérieux, à Rubens, par Basan et par Voorhelm Schneevoogt.
Le même frontispice servit pour l'ouvrage anti-Janséniste Mathieu Houzeur, Anatomia totius augustissimœ doctrinœ Augustini. Paris, 1646, in-folio (V. S. 2).
Gravure: V. S. 3o, Anonyme.
(i) Anno 1629, den 3o meert, Corn, gesneden tytel in folio de Militia Herm. Hugo a 100 fl. (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de The'odore Galle).
Frontispice de Tlicsnnnis Moral is R. P. Fnincisci Labntœ, Societath Jcsn. Antverpiœ. ApuJ liicronymum Verdussium. M.DC.LII. In-folio.
C'est le même frontispice cjui a servi pour Mudzaert, Générale Kerckelycke Historié (Voir cette planclie sous le w^ 1294). Dans l'état qui a servi pour le présent ouvrage, les mots Centur. Magdcb., qui se trouvaient primitivement inscrits sur les livres posés par terre, à droite, ont été effacés et les mots Consensus S. S. Patniin ont été ajoutés sous les pieds de la femme c[ui tient la chaîne de médaillons, à droite du titre.
Frontispices de Corn, a Lapide, Commentaria in Pentateuchiun Mosis, in duodeciin Proplietas, etc. Antverpiœ. Apud Haeredes Martini Nutii. Anno M. DC. XVIII.
Les frontispices qui ornent les différents volumes des commentaires de la Bible par Cornélius a Lapide, sont mentionnés par Basan et par Voorhelm Schneevoogt dans l'œuvre de Rubens, mais n'ont aucun droit d'y figurer.
Gravures: V. S. 11, Anonyme; 14, Corn. Galle; i5. Corn. Galle; 16, Corn. Galle.
Frontispice de Histoire curieuse de tout ce qui c'est passé à l'Entrée de la Reyne Mère du Roy trèschrestien dans les villes des Pays-Bas; Par le S"" de la Serre Historiographe de France. A Anvers, en l'imprimerie plantinienne de Balthasar Moretus. M.DC.XXXII. In-folio.
Le titre est écrit sur une draperie, tenue par deux anges. Dans la partie inférieure du frontispice, on voit Marie de Médicis et l'archiduchesse Isabelle qui se rencontrent et s'embrassent. Derrière la reine, les génies de la Justice, de l'Equité et de la Guerre lui offrent chacun une couronne. Derrière l'Archiduchesse, un ange montre une couronne de laurier, tenue par un bras qui passe à travers les nuages.
La planche est signée: Corn. Galle sculp.
Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent la composition de ce frontispice à Rubens. En réalité, il a été dessiné, comme les autres planches du livre, par Nicolas Van der Horst. Le musée Plantin-Moretus conserve deux des dessins de ces planches, l'Entrée de Marie de Médicis à Bruxelles et le Portrait de Marie de Médicis (Salle II, n°^ 22 et 23), signées: - N. Van der Horst. - Le
ly octobre i63i, Balthasar Moretus paya à cet artiste, pour le frontispice et une autre planche, 48 florins (i).
Gravure: V. S. 27, Corneille Galle, le père.
127g. Frontispice de De Justitia et Jure ceterisque Virtutibus Cardinalibus libri quatuor, auctore Leonardo Lessio e Societate Jesu. Editio qiiarta. Antverpiae ex officina plantiniana, Apud Balthasarem et Joannem Moretos fratres. M.DC.XVII. In-folio.
Le titre est inscrit dans un cadre ovale qui occupe le milieu du frontispice. A gauche du cadre, et le tenant, le Bon Gouvernement ; à droite, l'Abondance, symbolisant les bienfaits de la Justice. Dans le haut, le Zodiaque avec les signes de la Vierge, de la Balance et du Lion, symbolisant le génie de la Justice et du Droit, équitable et fort, d'origine céleste. Dans le bas, un satyre et un homme, aux yeux bandés, sont enchaînés. Devant le premier, un arc, un carquois, une torche allumée, des fruits; devant le second, des armes et un casque, personnifications des mauvaises passions et de la barbarie domptées par le Droit et la Justice.
La planche est signée: Pet. Paul. Rubenius invent. Cor. Gallens sculpsit.
Le livre de Lessius fut imprimé dans l'officine plantinienne en 1609, 1612, 1617, 1621, 1626 et i632. La première de ces éditions porte la mention de " seconde édition, - quoique l'ouvrage eût été imprimé plus d'une fois avant cette date, notamment à Louvain, à Paris et à Venise. Le titre des deux premières éditions plantiniennes n'était pas dessiné par Rubens. En 1617, la première planche étant usée, les frères Moretus en firent dessiner une nouvelle par leur ami Rabens. Balthasar en donna avis à Lessius, dans une lettre datée du i5 juillet 1617 (2). Le dessin fut payé 20 florins à Rubens (Voir notre no 882).
En 1626, il était usé et fut retouché par Corneille Galle pour l'édition de cette année. Dans le nouvel état de la planche, la tête de la Vierge qui était en pleine lumière dans l'éditon précédente est assombrie par les nuages.
(i) A° i63i, 17 Octobre. Pour les pourtraicts du titre de l'Entrée de la Reyne Mère et de l'arbre de Ge'nération d'icelle à Van der Horst 48 fl.
(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Bj-^ondere uhgaven, i620-i636).
(2) Porro frontispicii imaginem, quia vêtus jam attrita esset, ex Rubenii nostri ingenio novam depingi curavi, quœ postremam hanc editionem aliquatenus exornet (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balth. Moretus du i5 juillet 1617).
Gravure: V. S. 34, Corneille Galle, le père. Le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n" 70) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Voir planche Sôg.
1280. Portrait de Léonard Lessius pour l'ouvrage Leoiiardi Lessii e Societate Jesu, Sacra: Theologiœ in Academia Lovaniensi quondain prof essor is Opuscula. Antverpiae, ex officina plantiniana Apud Balthasarem Moretum, et viduam Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XXVI. In-folio.
Le savant jésuite est assis dans un fauteuil, devant une table, sur laquelle est posé un pupitre. Il place une main sur la table et tient une plume dans l'autre main qui est levée, le coude étant appuyé sur le pupitre. Il médite sur ce qu'il va écrire dans le volume ouvert devant lui. Il est vêtu des habits de son ordre, y compris le bonnet carré et la toge. Contre le mur du fond, quelques livres sur une planche. Dans le bas, on lit dans un cartouche : Leonardiis Lessius e Societate Jesii S. Theologiœ in Academia Lovaniensi professer. Obijt XV Januarij, anno M.DC.XXIIL prope septuagenarius . La planche est signée Corn. Galle scnlpsit. Le portrait a très probablement été dessiné par Rubens d'après un tableau d'un autre maitre. Mais c'est bien lui qui a fourni le modèle au graveur. Le dessin du portrait de Lessius lui fut payé 12 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure fut payée yS florins à Théodore Galle, le 28 août 1626 (i).
Gravure: V. S. 262, Corn. Galle; 253, S. a Bolswert. La planche de Bolswert représente Lessius assis à une table, sur laquelle se trouvent plusieurs livres, l'une main tient une plume, l'autre repose sur le bras de son fauteuil, auquel est suspendu un rosaire. Cette gravure n'a pas été faite d'après Rubens.
Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de la planche de Galle (Salle XIX, n° y 2) qui a été 'utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P.P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
(1) A° 1626, den 28 Augusti. Cornelis gesneden het conterfeytsel van Lessius in folio, yS gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
I28i. Frontispice de Jtisti Lipsii V. C. Opcra oimiia, postremum ab ipso mida et recensita: nunc priimmi copioso reruiii indice illnstrata. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M. DC. XXXVII. In-folio.
On lit ce titre dans la baie d'une porte en style rustique, qui est surmontée du portrait en médaillon de Juste Lipse. Sur les extrémités du fronton de cette porte siègent la Philosophie et la Politique, deux des sciences dont l'auteur s'est occupé. La porte est flanquée de deux gaines, portant les têtes de Tacite et de Sénèque, les deux écrivains que Juste Lipse a commentés avec prédilection. Sur le côté gauche, Minerve et Bellone ; sur le côté droit, Mercure et la Prudence, symboles des sciences de la Guerre et de la Paix que Juste Lipse a cultivées ; dans le bas, des armes romaines et un bas-relief, représentant la Louve avec Romulus et Rémus, symbolisant ses études sur les Antiquités romaines. La planche est signée: Pet. Paul. Riibenius invemt. Corn. Galleus sciilpsit.
Le musée Plantin-Moretus conserve le dessin original, à la plume, lavé à l'encre H. 3o, L. 19,7 (Salle II, n° 36). Il fut payé à Rubens 20 florins (Voir notre no 882).
Corneille Galle, le père, le grava. Ce travail et le cuivre de la planche furent payés à Jean Galle go florins, le 11 décembre 1634 (i).
Gravure: V. S. 33, Corn. Galle, le père. Le musée Plantin-Moretus a conservé le cuivre de la planche (Salle XIX, n° 58). Il a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Ce frontispice a été copié pour servir d'encadrement à des portraits de la Historia de la Vida y Hechos del Emperor Carlos V par PruJ.encio de Sandoval.
Voir planche 870.
1282. Vignette pour le titre des Opéra Jnsti Lipsii. Plantin, 1637. In-folio.
Une vignette, dessinée par Rubens, fut employée sur les titres des tomes 2, 3, 4 et 5 des Œuvres de Juste Lipse. Elle représente la Marque
(i) A° 1634, den 11 December. Co. Galle gesneden den tijtel voor opéra Lipsii voor snyden en coper 90 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).
de l'imprimerie plantinienne. Dans un médaillon, cnlouié d'une couronne de feuillage, on voit une main sortant des nuages et tenant un compas <|ui trace un cercle sur une tablette. Entre les pieds du compas est entrelacée une banderole, sur laquelle on lit les mots: Labore et Coitstantia. Le médaillon est tenu par Hercule (Labor) et par une femme, appuyant la main sur un socle (Constantia). Le tout est entouré d'un encadrement architectural. Sur les pieds-droits, qui portent une voûte, deux lampes antiques brûlent. Rubens ne s'est pas conformé à l'intention s}'mbolique qui fit choisir cet emblème par Plantin. Le célèbre imprimeur adopta pour marque un compas appuyé sur un pied (Constantia) et tournant de l'autre (Labor). Dans la vignette de Rubens, les deux pieds reposent sur la tablette.
Le musée Plantin-Moretus conserve le dessin original (Salle II, n'^ 32) à la plume lavé d'encre (H. 20, L. 27). La vignette fut gravée par Corneille Galle le père et payée 2g florins à Jean Galle, le 10 mai i535 (i). Dans cette somme étaient comprises les modifications apportées au dessin. Les principales modifications en question sont les suivantes. Dans le dessin, il y a dans le haut un ornement se composant de feuillage et d'une banderole, qui disparaît dans la gravure. L'étoile au-dessus du médaillon au compas est placée, dans le dessin, entre deux branches de palmiers, qui manquent dans la gravure. Sous le médaillon, on voit, dans le dessin, le crâne d'un bœuf entre deux cornes d'abondance. Ce motif est remplacé, dans la gravure, par une tête d'ange avec deux guirlandes de fruits.
Il est fort probable que Rubens fit ce dessin, non pas pour servir de marque d'imprimeur en i537, mais pour être gravé dans un plat d'argent. En eftet, le 1 5 mars i53o, Balthasar Moretus paya à Théodore Galle 35 florins <^ pour avoir gravé la marque au compas dans un plat d'argent (2). ^ Dans cette hypothèse, le dessin daterait d'avant le vo3'age de Rubens à Madrid et Londres, c'est-à-dire d'avant le mois d'août 1628. En i636. Corneille Galle aurait apporté les modifications que nous venons de signaler en décrivant la vignette gravée pour les œuvres de Juste Lipse.
Gravure: V. S. gi, Anon3'me (Corneille Galle, le père). La même marque
(i) A° i636, den 10 meij. Cornelis Galle nieu gesneden eenen tvtel voor opéra Lipsii eenen passer 1/2 pagie en de teeckeninghe veranderi voor snyden en coper te saemen. 2g gui. (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).
(2) i63o, den i5 meert gesneden in een silveren talloor den passer naer Rubhens. 36 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de The'odore Galle).
a été reproduite plusieurs fois en gravure sur bois par Clnristophe Jegher (V. S. 92) et par Jean-Christophe Jegher, avec des modifications variant toujours.
Frontispice de Philippiis Prudens Caroli V. Iinp. filins Lusitaniœ, Algabriœ, Indice, Brasiliœ legiiimus rex deuionstraliis a D. Joanne Caramuel Lobkowitz . Antverpiae ex officina plantiniana Balthasaris Moreti M. DC. XXXIX. In-folio.
Dans le ciel constellé luttent deux signes du Zodiaque, le Lion, figurant le roi d'Espagne, et le Dragon, représentant les prétendants au trône du Portugal ; le premier a planté ses griffes dans la tète de son adversaire et va le tuer de son épée. La planche est signée : E. Quellinus pinxit. J. Neeffs sculpsit. " Nonobstant les mots Quellinus pinxit, y dit Voorhelm Schneevoogt, " bien des gens sont persuadés que cette compositon est de l'invention de Rubans. ^ Basan l'avait dit avant lui et y avait ajouté - Et cela n'est pas tout-à-fait hors de vraisemblance. " Cette opinion n'est ni vraie ni vraisemblable. Le dessin fut fait par Érasme Quellin. Le musée Plantin-Moretus en possède l'original signé E. Quellinius invenit. Le 14 août i538, Quellin porta en compte à Balthasar Moretus 24 florins pour le frontispice du livre du père Caramuel (i).
Gravure: V. S. 56, Jac. Neeffs.
1283. Frontispice de Summa Concilioruin ouiniiim: qiiœ a S. Petro iisque ad Gregoriiim XV. papam celebrata sunt, juxta Chronologiam Annalium III"" Card. Baronii prœcipiie, et aliornm illnstr. viroruin Ecclesiastica historicaqite monumenta. Aiidore R. P. F. Francisco Longo a Coriolano. Ordinis Fratr. Minorum S. Francisa Capncinoriun. Antverpiae, ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum, et Viduam Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XXIII. In-folio.
Le titre est écrit sur la face antérieure d'un piédestal, au-dessus duquel siège la Papauté, tenant d'une main la crosse, de l'autre un écusson aux armes de Grégoire XV. Elle est entourée par les pères de l'église; plus bas, à gauche du piédestal. St. Pierre qui tend les clefs à la Papauté; à droite, St. Paul
(i) i638. 14 Augustij. Item door order van P. M. Caramuel een voorblat voor den boeck van de probatie legit. van de croone portugael. 24 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Facture d'Érasme Quellin).
qui montre de la main l'auf^ustc assemblée à laquelle il renvoie. Dans le bas, au milieu, l'adresse de l'imprimeur; à gauche et à droite, la Fausseté et l'Hérésie enchaînées. La planche n'est pas signée.
Elle est dessinée par Rubens qui reçut 20 florins pour ce travail (\'oir notre n° 882) et gravée par Corneille Galle. Le g octobre 1622, Théodore Galle porta de ce chef en compte une somme de yS florins (i). Mariette dit qu'il a vu le dessin original de cette planche (2).
Gravure: V. S. 67, Anonyme (Corn, Galle, le père). Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris possède un exemplaire de la planche où l'inscription n'est pas encore gravée, mais inscrite de la main de Balthasar Moretus.
Le cuivre de la planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n" 67) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P.P. Rubens pour l'impriinerie plantinienne .
1284. Frontispice de Luitpraudi Subdiaconi Toletani diaconi tandem Cremonensis episcopi Opéra quae extant Chronicon et adversaria nunc primum in lucem exeiint P. Hieronyini de la Higuera Societ. Jesu presbyteri D. Laurentii Ramirez de Prado consiliarii regii notis illiistrata. Antverpise, ex oflicina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XL. In-folio.
Le titre est inscrit sur un piédestal circulaire, au-dessus duquel siège l'Histoire. D'une main, elle tient un flambeau allumé, symbole de la lumière qu'elle répand ; de l'autre, elle écrit dans un livre. A ses côtés, un phénix, perché sur le globe terrestre, personnifie l'Immortalité. A droite, se voit un olivier, auquel sont suspendues les clefs et la tiare papales. Une femme attache au tronc de cet arbre une chaîne, formée des portraits en médaillon des papes dont Luitprand a écrit la biographie. A gauche, on voit un palmier, au sommet duquel est perché un aigle, tenant une couronne de laurier dans le bec et une couronne comtale dans la serre, probableiiient une allusion au nom de l'auteur Laurent Ramirez de Prado. Mercure enroule autour du tronc une chaîne, formée des médaillons des empereurs et des rois de l'Europe dont l'auteur a
(i) A° 1622, den 9 October Cornelis gesneden den grooten tytel in-folio Somma Consiliorum j5 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
(2) Mariette : Abecedario. V, 140.
écrit l'histoire. Une banderole, portant les mots: Pace et Bello, entoure le palmier. L'arbre symbolise la Paix ; des armes déposées à son pied figurent la Guerre. L'Enlèvement d'Europe par Jupiter est figuré en bas-relief sur le soubassement du piédestal. Cette partie de la composition symbolise notre partie du monde ou vécurent les personnages dont l'auteur raconte la vie.
La planche est signée: ^ E. Quellinius delineavit. Pet. Paul. Riibenius invenit. Corn. Gallens junior sculpsit. v Rubens a donc indiqué à Quellin les motifs à traiter et celui-ci les a dessinés. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, no 38) possède le dessin original signé: E. Quellinius delin. Il est fait à la plume, lavé de bistre (H. 28, L. 18,7). Il fut payé 24 florins à Érasme Quellin, le 25 mai lôSg (i).
Gravure: V. S. 38, Corneille Galle junior.
Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de cette planche qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne .
Portrait du Comte-duc d'Olivarez pour Luitprandi opéra. Plantin. 1640. In-folio.
Ce portrait fut dessiné par Erasme Quellin d'après celui que Rubens avait peint en grisaille pour être gravé par Pontius. Les ornements qui entourent le médaillon sont simplifiés dans la présente répétition (Voir notre n° loii). Le musée Plantin-Moretus possède l'original du dessin d'Erasme Quellin (Salle II, n° 37), à la plume, lavé de bistre (H. 26,5 L. 18), qui fut payé 18 florins à Erasme Quellin, le 24 novembre i53g (2).
Gravure: V. S. Portraits, 264, Corn. Galle, le jeune.
Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de cette planche (Salle XIX, n° 77) qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
(i) A" 1639, 25 Meij. Item een boeck van del Prado. 24 fl.
(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Facture d'Érasme Quellin).
(2) 1639. 24 November. A Erasmus Quellinus voor de teeckeninghe van Conte Duca 18 fl. (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Registre By^ondere iiitgaven, 1637-1667).
1285. Frontispice de Mnphcci S. R. E. Canï. Barberini iiiiiic Urbani pp. VIII pœmata. Antvcrpiœ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti M.DC. XXXIV. In-4'\
Le titre est inscrit dans l'ouverture d'une voùtc, au-dessus de laquelle on voit Samson, découvrant une ruche d'abeilles dans la gueule d'un lion, dont il ouvre violemment les mâchoires, allusion aux trois abeilles des armes des Barberini. A gauche, une lyre contre le tronc d'un arbre; à droite, un rocher dans les crevasses duquel croit un arbre. La planche est signée Pet. Paul. Rubcns piiixit. Corn. Galle sculpsit. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n" 3i) possède le dessin original, fait à la plume (H. ig, L. 14, 5) et payé 12 florins à Rubens (Voir notre n° 882). Quoique simple, le frontispice est admirable de mouvement et de force.
Gravure: V. S. 41, Corn. Galle, le père.
Le cuivre de cette planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 82) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Voir planche Syi.
1285. Portrait du Pape Urbain VIII pour Maphœi pœmata, Plantin, 1634. In-40.
Le pape est vu de trois quarts, portant moustache et barbiche, coiffé de la calotte, vêtu de la pèlerine. Mariette [Abecedario. V, i33) dit que le portrait est fait d'après une gravure reproduisant le buste que sculpta le Bernin. La planche porte le titre Urbanus VIII . Barberimcs Pont. Max. Elle est signée Cor. Galle fe. Le dessin fut payé à Rubens 12 florins par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure de cette planche et de la précédente fut payée à Jean Galle 60 florins, le 3 février 1634 (i).
Gravure: V. S. Portraits, 22g, Corn, Galle, le père.
Le cuivre de la planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 85) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
(i) A° 1634. Den 3 Februarij. Co. Galle gesneden den Paus en eenen tytel Samson naer Rubens voor de 2 platen en coper . . . . . . . 60 fl.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).
1287. Frontispice de Legatus Frederici de Marselaer eqnitis, toparchœ de Parck COS. Brux : ad Philippiim IV Hispaniarum regem. Editio secunda ab ipso anctore aucta et recensita. Antverpiae ex officina plantiniana M.DC.LXVI. In-folio.
Rubens lui-même a fourni l'explication de ce frontispice. Nous traduisons son texte, qui nous fournit un second exemple, non moins remarquable que le premier, de la fécondité du peintre à créer des allégories et à mettre des allusions jusque dans les plus petits détails de ses frontispices. " Au haut de la composition, dit-il, parcourant et protégeant tout, veille l'œil de la Divine Providence, l'arbitre et le maître des ambassades. Plus bas, on voit la Politique, ou l'art de régner. La forme carrée du socle indique la stabilité de son règne; elle est coiffée de tours comme Cybèle, parce qu'elle construit des villes, les gouverne et les conserve ; dans ses cheveux passent des pavots et des épis de blé, parce qu'elle est la nourricière des peuples et procure un repos assuré aux citoyens. Le collier en forme de serpent qui entoure son cou s5'mbolise l'Éternité. C'est là une façon que les Romains donnaient parfois à leurs colliers, comme on peut le voir dans Antonius Augustinus et dans la collection de Lelio Pasqualini, à Rome, où j'ai vu moi-même et tenu en main un antique collier de cette forme, en or, fort habilement tressé.
•^ A côté de la Politique volent deux génies propices, dont l'un représente la Victoire,. L'autre le Gouvernement du monde. Sous leurs auspices, on peut présager qu'à l'intérieur et à l'extérieur tout prospérera.
j' A droite. Minerve, déesse de la Prudence, se tient debout,. car ^ la Vierge née du cerveau de Jupiter brille par la Sagesse ". Mercure lui tend la main droite, car lui ^ l'interprète et le messager des dieux, ^ maître dans l'art de bien dire et de persuader, mérite à juste titre d'être le dieu tutélaire et le chef des ambassadeurs, qui, eux, sont les envoyés des princes, les représentants des dieux sur la terre, comme lui est le messager des dieux. En effet, les conseils, obtenus dans le sanctuaire de Minerve, doivent être traduits par le langage, pour que l'ambassadeur atteigne son but et termine heureusement sa tâche difficile.
^ Le caducée dans la main de Minerve est le symbole de la Paix. Les ambassadeurs sont créés plutôt pour contracter des amitiés et conclure des traités que pour les rompre; c'est pourquoi, ils sont considérés comme sacrés et inviolables, quoique parfois ils soient impliqués dans des affaires fâcheuses. Dans la guerre de Troie, Homère aussi ne s'est servi d'aucun autre dieu que de Minerve, comme habile dans l'art de la Guerre et de la Discussion.
w Le hibou, à côté de Minerve, et le coq, à côté de Mercure, inclic^ucnt la Vigilance de l'ambassadeur.
« Sur le soubassement, au-dessous de Minerve, on voit une couronne d'olivier. Cet attribut fut décerné autrefois à la déesse et à Thémistocle dans une assemblée publique de la Grèce, en témoignage de leur Prudence. La branche de palmier, passée dans la couronne, indique la Prudence victorieuse.
" Sous Mercure, on voit une couronne civique, parce que l'action des ambassadeurs, qui s'acquittent avec honnêteté et avec zèle de leurs fonctions, procure le salut des citoyens. Cet heureux effet est désigné par le rameau d'olivier passé dans la couronne.
« La Corne d'Amalthée, pleine de couronnes, de sceptres et de fruits divers, que l'on voit sous le titre, désigne les bienfaits et les avantages que l'on peut espérer des ambassades.
n C'est à peu près la même idée que représentent les enfants jouant et s'ébattant, qui, dans les médailles et dans les marbres antiques, figurent toujours le Bonheur des Temps (i). r>
(i) In frontispicium Legati nobilissimi ac amplissimi viri D. Frederici de Marselaer, eqiiitis aurati, Toparchœ de Parck, Elexuyt, etc. P. Paiili Rubenii elitcidatio.
In suprema tabulas parte excubat vigil cuncta lastrantis ac sospitantis Divinae Providentiae oculus, Legationum arbiter ac moderator .
Infra stat Politice, sive Ars dominandi, forma quadrata stabilitatem Imperii designans : ipsa turrita instar Cybeles, quia urbes struit, régit & conservât. Papaveribus autem & aristis redimita est, quod nutrix Populorum sit, & securam civibus quietem prœstet. Torquis Anguineus collo ejus circumvolutus circulum sive jEternitatem exprimit, ab hoc ornatu non alienus : nam torques Romanorum eam reddebant figuram ; ut videre licet apud Antonium Augustinum, & egomet in Museeo Lselii Pasqualini Romœ, Torquem, inquam, aureum antiquum sabtiliter mehercle intextum hac forma vidi, & manibus meis tractavi.
Juxta Politicen duo Genii Propitii advolant, quorum unus Victoriam, alter Regimen Orbis Terrarum représentât. lUorum auspiciis cuncta domi forisque bene cessura, ad Imperium prorogandum & diu conservandum, ominari licet.
Adstat a dextro latere Prudentia; Numen Minerva, nempe
Consilio sata Virgo Jovis de vertice pollens. Hœc Mercurio dextram porrigit. Nam ille
Divum interpres, et mintiiis Hermès, Eloquii, inquam, Suadasque magister, videtur merito commeantium Legatorum Deus Tutelaris ac prœses haberi ; cum, ut ille Deorum, ita hi Principum, qui Deos in terris referunt, nuntii sint. Enimvero consilia ex adytis Minervœ probe petita per eloquium in actum producenda sunt, & aptissimis ad rem verbis exponenda, ut Legatus finem suum consequatur, & ardua quœque negotia commode perficiat.
Ce frontispice ne parut qu'en i655, longtemps après la mort de Rubens. Il était dessiné en i638. Au commencement de mars de cette année, de Marselaer écrivit à Balthasar Moretus : - Rubens a si grandiosement composé le frontispice de la nouvelle édition de notre Legatiis, qu'il est difficile de dire ce que l'on doit y admirer davantage son esprit et sa science, son obligeance et son affection ou bien son talent. Le portrait de l'ambassadeur, sa dignité, son rang se montrent aux yeux des spectateurs dans ce dessin comme résumés en une médaille. Lorsque j'obtins de lui ce dessin, après trois années de sollicitation, je me souvins de Pierre Mathieu, qui, lorsque le roi lui fit le reproche: -■ En bonne foy, vous écrivez longtemps, » répondit: " Ouy da. Monsieur, mais c'est pour longtemps (i). y
La bibliothèque de Bruxelles, département des Manuscrits, possède un exemplaire du frontispice, avec le texte explicatif, écrit de la main de Rubens.
La planche fut gravée par Corneille Galle, le fils, en i656, au prix de i5o florins, comme il ressort de la corresponda.nce de Balthasar Moretus II avec Frédéric de Marselaer (2).
Caduceus Pacis symholum est: ideoque ad conciliandas magis amicitias, & fœdera percutienda, quam ad dissolvenda, institut! videntur Legati, eaque ratione sacrosancti & inviolabiles habentur, quamquam interdum tristioribus quoque negotiis implicentur. Hinc etiam Homero solus omnium fere Deorum Mercurius in bello Trojano contentionis & pugnœ expers servatur.
Noctua & Gallus Gallinaceus Vigilantiam Legati désignant.
In basi sub Minerva Corona Oleagina est, huic Dese peculiaris, & Themistocii olim, in publico Grœciae conventu, cum elogio Prudentiœ décréta. Palma huic inserta, nempe Prudentia victrix.
Sub IVlercurio Civica Corona est, quod opéra Legatorum (quos Ramus felicis olivas indicat) probe ac strenue negotia publica tractantium cives serventur.
Cornua Amaltheae, Coronis, Sceptris, & variis fructibus reterta, bona & commoda e Legationibus speranda désignant.
Idem fere significat Lusus ille puerulorum lascivientium & exultantium, quo omnis .A.ntiquitas in marmoribus & nummis Temporum Felicitatem reprassentavit.
(i) Frontispicium novo Legato nostro cl. Rubenius sesquipedali tabella sic expressit, ut utrum ingenio ac doctrinae, an vero curœ et affectui, an denique artificio plus tribuendum sit, ambigere sane liceat. Adeo universa Legati, imago, dignitas, conditioque, ut brevi sigillo, intuentium oculis delmeata occurrit. Quam iconem dum triennio toto vix impetravi, memini modo responsi Pétri Matliei quod ad liœc increpationis Regia verba : « en bonne foy, vous escrivez long temps » reposait : « Ouy da, Monsieur, mais c'est pour long temps » (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Fréd. de Marselaer reçue le 6 mars i638).
(2) Nu teghenwordigh become door brengher deser het coper om op het selve te doen
Gravure: V. S. 3y, Anonyme (Corneille Galle, le (ils). De ce fronlispice, comme d'un grand nombre d'autres, le cabinet des estampes de la bihliotlièque nationale de l'aiis conserve un exemplaire avant (]ue les inscriptions ne fussent taillées dans la planche.
Dans le même volume, il existe une planche, dont Voorhelm Schnecvoogt attribue la composition à Rubens. C'est la représentation d'une scène de chasse, où l'infant Balthasar Charles, âgé de neuf ans, tua un sanglier d'un coup de fusil, le 26 janvier i538. Dans un pa}'sage montagneux, on voit le jeune prince, à qui son père, habillé en chasseur, tend un fusil. De l'autre côté, un page élève la peau de la bête tuée et montre dans l'intérieur l'écusson de la maison d'Espagne. Dans le haut des airs trône Jupiter avec son aigle. Dans le bas, on voit galopper le sanglier blessé et un taureau, frappé mortellement d'un coup de fusil par le même prince, dans l'amphithéâtre. Au milieu du paysage se dresse une grande plaque, couronnée des bustes de Minerve, de Diane et de Mercure, sur laquelle les hauts faits de l'Infant sont inscrits. La planche est signée: C. Galle sculp. Bruxelles, 1642.
Comme l'indique cette inscription, la planche a été gravée en 1642 ; elle a été imprimée la même année et publiée, en feuilles séparées, avec un titre et une dédicace, rédigés par Charles-Philippe de Marselaer, fris de Frédéric, tirés à 3oo exemplaires par Balthasar Moretus II. Ce travail fut
snyden het frontispicium door myn Heer Rubbens saligher gheteeckent waer toe ick niemandt bequaemer en vinde om met eere wt te voeren als S'' Cornelis Galle aen denwelcken morghen daerover dencke te sprecken ende U. E. van synen eysch te vervvittighen (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre du iS septembre i656, de Balth. Moretus à Fréd. de Marselaer).
Alsoo S'' Cornelis Galle my te kennen ghegheven hadde, dat hy aan U. E. gheschreven hadde ende den prys van het frontispicium te snyden, ende dat hy denselve estimeerde op 28 Th vlaems, soo en hebbe U. E. subiect voor desen niet gheschreven: maer nae dat U. E. brief van 27 lestleden ontfanghen hebbe, hebbe met hem over den selven pryse ghesprocken, ende met veele worden hebbe hem ghebrocht op de somme van 25 Tb vlaems, d'welck den allernaesten prys is voor denwelcken hy die . soude wiUen aenveerden te snyden ; te meer alsoo hy voor synen eyghen winckel, sooveel wercks heeft, dat seer swaerlyck iemandt anders van syne handt kan ghedienen: gelyck ick beproeve inde plaeten die hy voor myne Missalia ende Breviaria is snijdende. (Ibid. Lettre du 2 octobre i656).
. Terwylen U. E. syn werck van synen legatus met staede is oversiende, sal aen S"" Cornelis Galle de eer ende sorghen van de plaeten recommanderen. (Ibid. Lettre du 23 décembre i656).
porté en compte à Frédéric de Marselaer pour la somme de 247 florins 8 sous, le 10 mars 1642 (i).
Voici le titre de l'imprimé tel que Balthasar Moretus le rédigea ; « Serenissimi Hispaniarum Principis Balthasaris Caroli Venatio qua nono setatis anno aprum taurumque conficiens belluse fortitudinis et disciplinse pseludia dédit, icône et stylo illustrata a Carolo Philippo de Marselaer toparcha de Parcq (2). "
Lorsque la dernière édition du Legatus de Frédéric de Marselaer parut en i665, on y inséra la planche publiée par son fils Charles-Philippe en 1642. La composition ne saurait d'aucune façon être attribuée à Rubens.
Gravure: V. S. Allégories profanes, 67, C. Galle.
1288. Frontispice de Augustini Mascardi Silvaruiii libri IV. Ad Alexandrum principem Estcnsem S. R. E. Cardiualein. x^ntverpise ex officina plantiniana. M.DC.XXn. In-40.
Le titre est gravé sur un petit monument, supportant le portrait de Virgile, en médaillon, derrière lequel sont passées la flûte champêtre et la trompette héroïque. A gauche, contre un palmier, le génie de la Poésie épique, le pied appuyé sur un casque, touche de la lyre en chantant ; à droite, le génie de la poésie bucolique joue des pipeaux rustiques devant un bocage. Dans la partie inférieure, à côté de l'adresse, les masques de la tragédie et de la comédie; au-dessus, Pégase, sculpté dans un médaillon. La planche est signée: Pet. Paul. Rubenins pinxit. Th. Galleus incidit.
Le dessin du frontispice fut payé à Rubens 12 florins par Balthasar Moretus (Voir n° 882). La gravure fut payée 32 florins à Théodore Galle (3).
Gravure: V. S. 43, Théod. Galle. Le musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 83) possède le cuivre de cette planche, qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantiiiieime. La même planche servit en 1654 pour la première et en i663 pour la seconde édition plantinienne de Las Obras de Don Francisco de Borja, principe de Esquilache.
(i) Archives du musée Plantin-Moretus. Grand-Livre, 1624-1655. Fol. 55.
(2) Ibid. Correspondance, 1635-1642, p. 421-422.
(3) A° 1622, den 26 februari gesneden den tytel in-4° heel pagie naer Rubbens, Augustin! Mascardi met cooper en herteeckenen te samen 32 fl. (Archives du muse'e Plantin-Moretus, Comptes de Théodore Galle).
Planches du Missalc Rouiaiiuiii ex dccrcto sacrosancii Cuucilii Tridenlini rcsliliitiiiii PU V. pont, iiiax. jussu edituin et démentis VIII anctoritate recognilinn. Antverpise apiul societatem Librorum Officii Ecclesiastici M. DC. XXVII. Prostant apnd Hieronymum Verdtissiiini. In-folio.
Le 3 juin 1624, l'imprimeur Jean Van Keerberghen d'Anvers, obtint du pape Urbain VIII un privilège pour imprimer les Missels, Bréviaires, Diurnaux et Offices de la Vierge. Dès avant 1610, il avait exécuté des livres liturgiques. Il vint à mourir en 1626 et son fils Jean, conjointement avec Jérôme Verdussen, continua l'exploitation du privilège. Celui-ci avait été accordé au détriment de la t3'pographie plantinienne qui, jusqu'alors, en avait possédé le monopole. Jean Moretus I ne s'était pas opposé à ce que ce concurrent im-primàt les livres liturgiques et Balthasar Moretus permit au vieux Van Keerberghen de profiter en paix de la tolérance de son père ; mais il s'opposa à ce que son fils et l'associé de celui-ci continuassent à jouir de la même faveur (i). Ses réclamations furent écoutées; l'officine' plantinienne garda dans la suite, le monopole d'imprimer les livres liturgiques. S'il y a lieu de s'étonner de cette infraction, faite par le pape lui-même au privilège accordé par ses prédécesseurs à la famille de Plantin, il n'est pas moins surprenant que les éditions de la Société des Livres Ecclésiastiques soient illustrées par des compositions rubéniennes. Et pourtant, il en est ainsi. Dès que Jean Van Keerberghen le fils et Jérôme Verdussen se furent associés pour exploiter le privilège du 3 juin 1624, ils firent graver une série de planches dont ils illustrèrent un missel in-folio qu'ils publièrent en 1627 et qui comprend neuf planches, gravées pour la plupart d'après des compositions de Rubens.
(i) Keerbergius (jam a mensibus aliquot vita functus) cui parens meus p. m. ut quorumdam nescio quid melius et levioris pretii a tali typographo exspectantiam opinioni satisfaceret, libros ecclesiasticos cudendi licentiam liberaliter indulserat, haud ita pridem ante mortem, cum nomen suum passim vilere animadverteret, Societatis librorum Officii Ecclesiastici titulum, libris suis praefixit: filio suo potissimum, et Hieronymo Verdussio juniori, quiciim venditionem communicarat, dolum excogitantibus, et me velut ejusdem Societatis socium appellantibus. Nuper vero seniore Joanne Keerbergio vita functo Libellum supplicem Concilio regio exhibui ; ut in primis titulus iste Societatis in Libris omnibus Keerbergianis mandato regio toUeretur : deinde ne juniori Keerbergio eosdem cudendi, sed absolvendi tantum quos pater incepisset facultas daretur (Lettre de Balth. Moretus à Herman Hugo, du second jour de Pâques 1627; Archives du musée Plantin-Moretus. Litterse Latinœ, 1620-1628, p. 292).
io3
1289. La première est une Annonciation, où l'on voit la Vierge agenouillée devant son prie-Dieu et se relevant à l'approche de l'ange Gabriel. Celui-ci, accompagné de deux angelets, descend du ciel, l'une main étendue, l'autre montrant le St. Esprit qui plane dans le haut. Derrière la Vierge, une corbeille à ouvrage. Au-dessus d'elle, un ciel de lit. La collection Albertine de Vienne, n° 388, possède le dessin original de Rubens, d'après lequel la gravure fut exécutée. Il est fait à la plume, réhaussé de bistre, de noir et de gris (H. 3o, L. 20).
Photographie : Cari Haack.
Voir planche SyS.
'L'Adoration des Bergers reproduit le tableau de l'église de la Madeleine, à Lille, que nous avons décrit sous le n° i5i.
L'Adoration des Rois reproduit le tableau de l'église de St. Jean, à Malines, décrit sous notre n° 162.
Le Calvaire représente le Christ mort sur la croix, la tête retombant sur la poitrine; la Vierge, à gauche, les mains jointes à la hauteur de la ceinture lève les yeux vers son fils; St. }ean, une main sur la poitrine, l'autre étendue, regarde également le Sauveur avec une expression compatissante. La composition ne nous parait point être de Rubens.
La Résurrection dit, Christ reproduit le Christ du Missel plantinien et les angelets qui l'entourent. Quatre grands anges soulèvent en volant la pierre du tombeau; trois soldats et un chien sont endormis par terre; ces figures accessoires ne sont point de Rubens.
La planche de VAscension manque.
La Descente dit St. Esprit montre la Vierge assise sur une estrade, élevée de trois marches, dans une salle entourée de colonnes. Deux apôtres, debout ou assis, l'entourent, la plupart étendent les mains en signe d'étonnement. La composition ne saurait être attribuée à Rubens.
La Cène. Dans une salle reproduisant exactement celle de la Cène du Missel plantinien, le Christ, levant une hostie, est assis à table, au milieu de la composition. St. Jean pose la tête sur la poitrine du Sauveur; six apôtres sont assis à droite, cinq à gauche, judas se trouve au premier plan, tournant le visage vers le spectateur et tenant une bourse. Sur la table, se trouve un agneau rôti. La composition n'est point de Rubens, quoique conçue entièrement dans son style.
L'Assomption de la Vierge reproduit le tableau du musée de Dusseldorf que nous avons décrit sous le n° 358. La gravure est rectangulaire dans le haut.
Le Christ maïKjuc; des anges qui portent la Vierge, les quatre inférieurs sont seuls conservés.
La Toussaint reproduit, dans le haut, la Trinité de la planche correspondante du Missel plantinien. Les Saints et Saintes diffèrent. Ste. Catherine est assise sur sa roue, au milieu de la composition, tenant dans les mains croisées la palme du martyre. Une autre martyre est agenouillée à droite, tenant une palme à la main. Du même côté, on distingue des moines, parmi lesquels, tout en bas, St. François d'Assise. A gauche, on remarque St. Laurent, St. Georges, St. Sébastien, St. Grégoire. La plupart de ces Saints sont empruntés au frontispice de la Gcncralc Légende dcr Heylighcn de Ribadineira et Rosweydus (Voir n° 1293), où ils sont représentés dans la même attitude.
Gravures : Les gravures de ce Missel ne sont pas décrites. Elles ne portent pas de signature. La facture fine et brillante permet d'attribuer le travail à Jean Collaert, qui a gravé de la même manière, d'après Rubens, pour Jérôme Verdussen, les frontispices de '/ Vaders boeck par Rosweydus et de De Kerckelycke Historié par Mudzaert.
1290. Frontispice de Diverses pièces pour la Défense de la Royne Mère du roy très-clirestien Louys XIII faites et reveucs par Messire Mathieu de Morgues S^ de St. Germain. Anvers. Imprimerie plantinienne, 1637. L>folio.
Le titre est inscrit sur un piédestal, au-dessus duquel siège un génie qui calme deux lions, symboles des deux personnes royales, aux dissentiments desquelles l'ouvrage est consacré. Dans le haut, à gauche, on voit une colombe rapportant la branche de l'olivier; à droite, un aigle armé de la foudre, qui va détruire un nid de reptiles. A côté du piédestal,- à droite, le Temps qui enfonce la Discorde dans un puits; à gauche, le Temps qui retire la Vérité d'un puits. Sur le soubassement du piédestal, on voit, d'un côté, le soleil grandissant dans les nuages; de l'autre côté, le même astre dont les rayons sont arrêtés par les nuages qu'il a produits lui-même; au milieu, le dragon qui périt par les flèches de Phébus-ApoUon. Autant d'emblèmes se rapportant aux calomniateurs et à l'inanité de leurs efforts pour entretenir la discorde entre Marie de Médicis et son fils Louis XI 11.
La planche n'est pas signée.
Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent la composition à Rubens ; elle a été dessinée en réalité par Érasme Quellin, son disciple; mais le maître
avait été consulté et en a probablement donné l'idée première. Le i8 juin lôSy, Balthasar Moretus paya le dessin 24 florins à Érasme Quellin. Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 5o) possède cette pièce, signée: E. Quellinius delin. (H. 28,3, L. 18). Balthasar Moretus avait lui-même suggéré l'idée de demander l'avis de Rubens. Le 10 février 1637, il écrit à Mathieu de Morgues: " J'ay parlé avec Mons'" vostre frère d'un frontispice qui se pourroit faire pour donner quelque lustre au tiltre de l'œuvre. J'attendra)' l'avis de V. R., après Mons^ Rubens pourra contribuer au dessin. -^ Le 21 mars suivant, le frère de Mathieu de Morgues, M"" Duverdier, écrit à l'imprimeur: " Encore que je scache que vous avez en singulière recommandation tout ce qui concerne le contentement de la Royne, je ne laisseray pourtant de vous supplier très humblement de vous souvenir de faire travailler à son ouvrage. M'' de St. Germain vous en prie bien fort et a assuré Sa Majesté ces jours passez qu'il y avoit quinze jours qu'on l'avoit commencé. Vous prendrez aussi la peyne de voir M"" Rubens pour le frontispice. ^ Le 3 avril, Balthasar Moretus lui répond: " Mons'' Rubens a conceu le frontispice et a donné la charge à un aultre maistre de le délinéer. ^ >
La planche fut gravée par Corneille Galle. Dans une lettre du 20 juin 1537, Balthasar Moretus écrit à l'abbé de St. Germain: ^ J'envoye les feuilles imprimées et ensemble le cra3'on du Frontispice corrigé selon vostre advis; s'il est au contentement de V. R., elle pourra le faire délivrer par Mons'" son frère au tailleur Cornille Galle (i). '■
Les corrections, dont il est question ici, sont indiquées sur de petits carrés de papier attachés au dessin original.
Gravure: V. S. 20, Anonyme (Corneille Galle, le père). Le cuivre de cette planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° jS) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour riinpriinerie plantinienne.
Une copie de ce frontispice fut faite pour une édition in-4° du livre de Mathieu de Morgues, publiée sans nom d'imprimeur et sans date.
(1) Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondance de Baltliasar Moretus avec l'abbé Duverdier et Mathieu de Morgues.
I2gi. Frontispicic de De Kcrckelycke Ilisloric van de s^Iicboortc Onses Heeren Jcsu Cliristi toi lui tegemvoordic/i jacr M.DC.XXII door F. Dioiiysiiuii Mudzaert Religicus-Canonick van 0. L. Vrouive te Tongerloo, der Ordre van Premonstreyt. Tôt Antwerpcn, bij Hieronymus Verdussen, in de K;imerstrate in deii Rooden Leeuw. M.DC.XXII. In-folio.
Le titre est gravé sur la face antérieure d'un piédestal, au haut duquel trône l'Église catholicjue. Elle tient d'une main la Croix, de l'autre la tiare; le St. Esprit plane au-dessus d'elle. A côté d'elle, sur le globe terrestre, est perché le phénix. A gauche, un ange porte le flambeau, symbole de la lumière que répand l'Église ; à droite, un second ange porte l'anneau du serpent qui se mord la queue, symbole de l'Éternité. A côté du piédestal, à gauche, la Vérité, qui appuie le pied sur trois livres intitulés: Lex, Prophetœ, Gratia et montre, dans un livre ouvert qu'elle tient, les mots : Veritas Vincit. A droite, l'Histoire, représentée par une vieille femme, qui tient un cordon auquel sont attachés les médaillons des papes. Dans le bas, l'adresse de l'imprimeur est inscrite sur une pierre, au-dessus de laquelle une tête de lion, tenant dans la gueule un anneau, auquel sont enchaînées l'Erreur et l'Hérésie. A côté de cette dernière, deux livres avec l'inscription Centur. Magdeb. désignant l'histoire de l'église écrite par les protestants (Centuriatus Magdeburgici).
La planche est signée: Pet. Paul. Riibens inv., Joan. Collaert scnlp.
Le dessin original se trouve au musée Teyler, à Haarlem. Sur le dessin, l'adresse et les figures de l'Erreur et de l'Hérésie manquent.
Gravure: V. S. 35, Jean Collaert. Le même frontispice a servi pour l'édition de 1624, avec le titre : - Générale Kerckelycke Historié van het begin der werelt tôt na de geboortc CJiristi M.DC.XXIV door F. Dionysiiim Mudzaert. Tôt Antwerpen by Hieronymus Verdussen. M.DC.XXIIII. -
Le même titre a encore servi pour: Thésaurus Moralis R. P. Francisci Labatœ Societaiis Jesn. Antverpiae apud Hieronymum Verdussium M.DC.LII (V. S. 70).
Voir planche 374.
Frontispice de Caroli Neapolis Anaptyxis ad Fastos Ovidii Nasonis. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXVHII. In-folio.
Le titre est inscrit sur le devant d'un piédestal circulaire, supportant une niche, dans laquelle est posé le médaillon de Numa Pompilius. A droite du piédestal, César, une statuette de la Victoire dans l'une et un globe terrestre dans l'autre main. A gauche, Romulus portant de longs cheveux et
une longue barbe, la main appuyée sur une haute canne ou sceptre, la tête ceinte d'une couronne de lauriers. Les deux personnages symbolisent le commencement et la fin de la république romaine. Dans le haut, sur le couronnement du monument, Apollon et Diane, assis, symbolisant le soleil et la lune; entre les deux, la tête de Janus, entourée du Zodiaque, symbole de l'Année. L'adresse de l'imprimeur est inscrite dans un cartouche, à côté duquel on voit la Louve avec Romulus et Remus et des objets appartenant aux sacrifices romains.
La planche est signée : E. Quellinus pinxit. J . Neeffs scitlpsit.
Comme pour la plupart des frontispices, faits par Érasme Quellin pour Balthasar Moretus, entre lôSy et 1640, la participation de Rubens a été invoquée pour la composition de celui-ci. Cela ressort de la correspondance de l'imprimeur avec l'auteur. Le 28 novembre 1637, Balthasar Moretus écrit à Carolus Neapolis: 'i Quant au frontispice, ainsi que moi-même, Rubens hésite encore à choisir un motif. Je vous prie de nous mdiquer plutôt ce qui vous plait à vous-même (i). « Et comme l'auteur ne voyait dans cette demande qu'un moy^en de gagner du temps, l'imprimeur lui écrit, le 8 mars i638: - Je vous prie de m'excuser lorsque je vous dis que vous vous faites une fausse idée de mon caractère et de celui de Rubens en pensant que c'est uniquement pour trainer les choses en longueur que nous vous demandons de nous dire votre avis sur le frontispice de votre livre. Nous aimons bien d'apprendre l'avis de l'auteur pour être confirmés dans le nôtre ou pour le changer. Ce que vous nous suggérez nous plait et le pinceau de Rubens le fera encore mieux ressortir (2). "
Quoique l'intervention de Rubens ait donc été promise, Érasme Quellin seul exécuta le dessin. Il lui fut payé 24 florins, le 4 mars i638. Le dessin original, à la plume et à la pierre noire, lavé de bistre (H. 29,5. L. 19) est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle II, n° 43). Il est signé E. Quellinius inventor. Dans la bandelette passée autour de la tète de Numa, on lit le nom de ce roi de Rome. Dans la gravure il est omis.
Gravure : Non citée, Jac. Neefts.
(i) At pro imagine tituli Rubenius mecum adhuc hx-ret quid argumenti seligat. Te quceso, IllnK: Domine, quid potissimum ipse malis prœscribas (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus du 28 novembre lôSy).
(2) Ignosce, 111^8 Domine, haud recte de meo vel Rubenii ingenio censés, quod fallendo tempori tuum de lihri imagine judicium requiri existimes ; libentes enim auctoris ipsius sententiam intelligimus, ut nostram deinde vel firmemus vel mutemus. Placent quas suggeris, eaque Rubenii penicillum magis illustrabit (Ibid. Lettre du 8 mars i638).
I2g2. B'rontispice de De Symbolis hcroicis libri IX. Auctorc Silveslro Petrasancia Romano c Soc. Jcsu. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasaris Morcti. M.DC.XXXIV. In-4".
Le titre est gravé dans la partie antérieure d'un autel antique, sur lec|uel la Nature^ représentée par une femme aux multiples mamelles, et l'Art, réprésenté par Mercure, entrelacent une couronne de laurier et un caducée. Au-dessus d'eux plane l'Esprit, aux ailes de papillon, qui donne la main à la Nature et reçoit de l'Art des pinceaux et une plume. D'après l'explication donnée dans la table des matières du livre, le frontispice représente l'Esprit recevant de la Nature et de l'Art la matière pour écrire les S5a"iiboles héroïques (i).
La planche est signée: Vet. Paul. Rubcniiis pinxit. Corn. Galle scidpsit.
Le dessin fut payé 12 florins à Rubens par Balthasar Moretus (V^oir notre n° 882).
Pour la gravure, 38 florins furent portés en compte par Jean Galle, le 12 avril i633 (2).
Mariette possédait le dessin original de ce frontispice (n° loog de son catalogue); il fut vendu, avec celui de Scnbanius, Politico-Cliristianus, 26 livres.
Gravure: V. S. 58, Corn. Galle.
Le musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 81) possède le cuivre de cette planche, qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne. Le même frontispice, avec une autre adresse, a servi pour l'édition des Symbola heroica, éditée chez Janssonius Waesbergen et Henri Wetstein, Amsterdam, 1682. Dans cette édition, les liminaires seuls sont réimprimées; pour le reste, elle se compose des exemplaires non vendus de l'édition plantinienne.
Frontispice de Historica theologica et moralis Terrœ Sanctœ Elucidatio auctore Fr. Francisco Quaresmio. Antverpiae, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXIX. In-folio.
Le titre est inscrit sur la face antérieure d'un monument architectural, en
(i) Titulus libri; & in eo ingenium, hinc a Natura, hinc ab Arte materiam accipiens, ad scribenda Symbola Heroica.
(2) A° i633. Den 12 Augusti Cornelis Galle gesneden den tijtel de Simbolis naer Rubens voor snyden en coper ......... 38 gui.
(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Comptes de Jean Galle).
haut duquel Dieu le père, le juge suprême, est assis entre Moïse, accompagné de trois archiprètres Israélites, d'un côté, et un groupe de moines franciscains, de l'autre. A droite et à gauche du monument, Abraham et St. B^rançois d'Assise. Dans le bas, Ste. Marie l'Égyptienne.
Ce frontispice est erronément attribué à Rubens par Basan et par Voorhelm Schneevoogt.
Le dessin en est fait par Érasme Quellin, à qui il fut payé 24 florins le 16 octobre lôSy (i).
Gravure: V. S. 29, Anonyme (Corneille Galle, le père).
I2g3. Frontispice de Peints Ribadineira en Heribertiis Rosweydus , Générale Légende der Heylighen. T'Antwerpen by Hieronymus Verdussen. M.DC.XIX. In-folio.
Le texte du titre se trouve entouré de tous côtés par des saints et par des anges. Dans le haut trône la Vierge, les mains croisées sur la poitrine, la tète entourée d'un cercle d'étoiles. A droite, St. Paul, St. Pierre, Ste. Catherine, Ste. Barbe, St. Ignace, St. Thomas d'Aquin, St. Dominique et St. François d'Assise; à gauche, St. Jean l'x^pôtre. St. Jean Baptiste, St. Etienne, St. Laurent, St. Sébastien, St. Georges, St. Grégoire, St. Ambroise, St. Jérôme. Dans le bas, l'adresse se trouve inscrite dans un cartouche. Entre le titre et l'adresse, quatre petits anges.
La plupart de ces saints sont reproduits, avec la même attitude, dans la planche, la Toussaint, qui orne le Missel de la Société des Livres liturgiques, (Voir plus haut, page io5). La Vierge est changée en une martyre.
La planche ne porte pas le nom de Rubens, mais, quoique la gravure soit quelque peu efféminée, elle nous parait bien avoir été faite d'après un dessin de Rubens.
Le dessin original se trouve dans la collection du Louvre, n° 2o3gr.
Gravure: V. S. 23, Anonyme. Le graveur est probablement Jean Collaert.
(i) Den tijtel pro explicationibus Terroe Sanctae. 24 fl.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Facture d'Érasme Quellin datée du 10 octobre lôSy).
no
1294- Frontistice de De HicraicJiia Mar'uiiia Hhri scx : in quibiis impcriitm, virtiis et noincti, B'"''^ Vi'\?- Markc dcclaraliir, et mancipionim cjiis dii^ititas ostendittir: Auctorc R. P. M. Fr. Bartholoniav de las Rios et Alareoii. Antverpia, ex officina plantiniana Ballhasaris Moreti. M.DC.XLI. In-folio.
Le titre est inscrit sur la face antérieure d'un piédestal carré, au-dessus duquel trône la Vierge avec l'enfant Jésus. A droite, Philippe IV. roi d'Espagne, s'offrant à Marie par l'intermédiaire d'un ange qui tient les liens, le signe distinctif des membres de l'ordre des " Esclaves de Marie, - fondé par Barthelémi de los Rios. Un second ange tient la couronne royale. Plus bas, un troisième porte le globe, et les liens des Esclaves de Marie; il figure les royaumes de Philippe IV offerts à la Vierge. A gauche. St. Augustin, à l'ordre duquel appartenait l'auteur, offre, d'une main, à Marie son cœur enflammé ; de l'autre, il lui montre le roi ; au-dessus de lui, un ange porte un livre. Dans le bas, un monceau de liens et de chaînes; sur le soubassement du piédestal, un bas-relief, sur lequel on voit Philippe IV et de nombreux princes et religieux, portant les liens des Esclaves de Marie, en adoration devant la Vierge.
La planche est signée: E. Qiiellinius delineavit. Pet. Paul. Rubenius invenit. Corn. Galleiis junior scidpsit.
Comme l'indique cette inscription, Rubens fournit les motifs de la planche, Érasme Quellin fit le dessin. Ce fut sur la demande expresse de l'auteur que Rubens s'occupa de ce travail. Il voulut que l'artiste montrât le roi d'Espagne, s'offrant par l'intervention ou d'après le conseil des religieux de St. Augustin, avec une obéissance d'esclave, lui et son ro3'aume, enchaînés, à la reine des cieux, ceinte d'une couronne impériale, et donnât l'exemple à tous les rois d'en faire autant (i). La composition de la planche prouve que le dessinateur s'inspira de ces idées, mais ne les suivit pas ponctuellement.
(i) Ut scilicet cl. Dnâo Vrâ agat cum Dnô Rubenio, uti libri frontispicium ea ratione delineet : ut prima fronte appareat Regem Hispanias se et régna sua singula signate expressa auxilio vel suasu ordinis D. Augustin! cœlorum Reginse, imperiali corona redimitœ, compedita mancipii obsequio offerre, regibusque omnibus idem faciendi exemplum dare, seu viam modumque ostendere. Hœc est tota conceptus substantia: modum eum exprimendi viri admirabili ingenio permitto : modo advertat valde desiderare me ut rex illuslri quadam ratione et quam fieri potest magna et magnitica figura constituatur. (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Bartolomeus de los Rios à Baltli. Moretus, du 7 mai i638).
Le i8 mai i63g, Balthasar Moretus écrivit à Bartliélemi de los Rios qu'il venait d'envoyer à Corneille Galle le frontispice, dessiné par Quellin, d'après les indications de Rubens. - Les esclaves assis par terre et enchainés des pieds et des mains ne me plaisent guère, dit-il, j'aurais mieux aimé les voir à genoux et en adoration devant la Vierge (i). ^ Les corrections recommandées par Balthasar Moretus furent adoptées. Un carré de papier, collé sur le dessin primitif par Érasme Quellin, montre les personnages dans la position indiquée par l'imprimeur et c'est ainsi qu'ils furent gravés.
Le musée Plantin-Moretus (Salle II, n"^ 44) conserve le dessin primitif (H. 28,7. L. ig). Il est fait à la plume, retouché au bistre et signé: E. Quellinius ciel.
Il fut payé 24 florins à Érasme Quellin, le 18 avril i53g (2).
La gravure fut faite, en i63g, par Corneille Galle, le jeune. Dans sa correspondance avec le graveur, Balthasar Moretus affirme que l'invention de la planche est de Rubens; l'auteur partageait cette conviction (3).
Gravure: V. S. 26, Corn. Galle, le jeune. Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre de la planche (Salle XIX, n° 61), qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie planlinienne .
I2g5. Frontispice de Générale Kerckelycke historié van de Gheboorte onses H. Jesu Christi tôt liet jaer M.DC.XXIV ... Ghemaeckt door den doorluchtichsten Cardinael Cœsar Baronius ende den Eerw. Heer Henricus Spondamis. Oversien, verrijckt ende noch vermeerdert met eeiie besondere -Kerckelycke Historié van Nederlandt.,. door Heribertus Rosweydiis priester der Societeyt Jesu. T'Antwerpen b}' Jan Cnobbaert, woonende b)' het Huys der Professen vande Societeyt Jesu, in S. Peeter. Anno M. DC. XXIII. In-folio.
Le titre est inscrit sur une draperie que tiennent, dans le haut du frontispice, deux anges, sonnant de la trompette. Au-dessus de cette draperie,
(i) Ad Galleum his diebus misi frontispicii imaginem quam Quellinus ex D. Rubenii prœscripto delineavit. Monui ut R. V. judicio suhmitleret. Mihi displicent mancipia humi sedentia, manibus et pedibus vincti : malim genu flectentia et Dominam Virginem adorantia. Nescio quid R. V. mandarit et in quem finem (Archives du musée Plantin-Moretus).
(2) A" 1639. 18 April. Eenen tytel voor den boeck van P. M. de los Rios 24 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Facture d'Érasme Quellin).
(3) Aengaende den tittel van P. de los Rios ick en heb die noch niet, maer P. Rios seijt dat Rubbens die heeft voor hem gemaeckt ^want hij heeft die gesien) en bidt U. L. die aen
l'agneau divin et le livre aux sept fermoirs sont portés sur des nuages. Du côté gauche du titre se trouve St. Pierre, étendant les clefs; du coté (Innt, St. Paul, les mains appuyées sur la garde du glaive. Dans le bas, l'Eglise catholiciuc, personnifiée par une femme coiffée de la tiare, tenant d'une main un flambeau allumé, de l'autre, un livre. Deux anges, à côté d'elle, tiennent un fiambeau et une lampe qu'ils ont allumés au flambeau de l'Église. Un troisième tient un fiambeau seulement. Dans le bas, à droite, un Indien accepte une lampe qu'un angelet lui tend et un nègre étend les mains vers l'Église. A gauche, un homme, un hérétique sans doute, ferme de ses mains les yeux pour ne pas voir la lumière qu'elle répand; un second personnage, un juif probablement, drapé dans un manteau, qui lui couvre la tête invective l'Église. L'adresse est inscrite dans le bas de la gravure sur une pancarte à moitié déroulée; sur le carquois de l'Indien, on lit: P. P. Rubens inv. L. Vorsferm. seul p.
Gravure: V. S. 22, Luc Vorsterman.
Frontispice de Vitœ patruui. De Vita et Verbis Senioruin Libri X Historiain ereineticam complectentes. Opéra et studio Heriberti Rosiveydi Ultrajectini, e Soc. jfesu Theologi. Antverpiae ex officina plantiniana Apud Viduam et Filios Jo. Moreti M.DC.XV. hvfolio.
Idem. Editio Seciinda. Antverpiae ex ofhcina plantiniana M. DC. XXVIII. In-folio.
Au frontispice de la première édition de cet ouvrage, on lit le titre dans l'ouverture d'un portique d'ordre corinthien, sur les côtés duquel on voit les ermites St. Paul et St. Antoine; dans les quatre coins de la planche, on voit, dans des bas-reliefs, le prophète Élie, St. Jean Baptiste, Ste. Eugénie et Ste. Euphrosine. La planche n'est pas signée. Le dessin et la gravure sont
Rubbens te willen eijschen ende dan hier oversenden (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Corneille Galle, le jeune, à Balth. Moretus, datée du 18 mars i63g).
Den titel van P. Bartholomeus de los Rios heeft mijn heer Rubens geinventeert : E. Quellinus sal die teeclvenen ende daer naer sal aen U. L. gesonden worden (Ibid. Lettre de Balth. Moretus à Corn. Galle, le jeune, datée du 11 avril ibSg).
Ick heb wel ontfanghen de teekeninghe met de plaete voor P. Rios. Den titel van Quellinius staet mij wel aen, maer P. Rios seijt dat hij hem niet wel aen en staet, doch hy en verstaet die const niet, en is daerm onverstandigh (Ibid. Lettre de Corn. Galle, le jeune, à Balth. Moretus du i5 mai i63g).
de Théodore Galle, à qui Balthasar Moretus les paya 73 florins, le 25 mai i6i3 (i).
Gravure: V. S. 74, Anon3a-ne (Tliéodore Galle). Le musée Plantin Moretus conserve le cuivre de cette planche (salle XIX, n° Sg), qui a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l' imprimerie plantinienne.
Dans le frontispice de la seconde édition du livre, le titre est écrit sur une draperie, suspendue aux branches d'un arbre. Dans la partie supérieure, on voit une grotte dans laquelle se trouvent deux ermites, St. Paul et St. Antoine; plus haut, le prophète Élie et St. Jean Baptiste. A droite et à gauche du titre sont étagées quatre figures sj-mboliques : le Silence, la Mortification, la Méditation et la Prière. Dans la partie inférieure de la planche, Ste. Eugénie et Ste. Euphrosine, agenouillées.
La planche est signée Corn. Galle sciilp., mais il 3^ a des épreuves non signées. Elle a été dessinée par z^braham Van Diepenbeeck, à qui Balthasar Moretus, le 12 septembre 1627, paya de ce chef 20 florins (2).
Il avait cepen dant été question de confier ce travail à Rubens et le père Rosweydus s'était déclaré en faveur de cet artiste, comme il ressort d'une lettre de Balthasar Moretus à Antoine de Winghe (3). Nous ignorons la raison qui fit préférer un autre peintre. Probablement Rubens refusa-t-il le travail, parce qu'il avait dessiné en 161 7 un titre pour l'édition flamande du même ouvrage.
La planche fut gravée par Corneille Galle et payée 90 florins à Théodore Galle, le g octobre 1627 (4).
Gravure: V. S. j5, Corneille Galle (le père). Le cuivre de la planche
(i) A° i6i5. Den 25 mey, gesneden ende van teeckenen, den tytel Vita Patrum in-folio met cooper en ailes te samen. gui. yS
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de The'od. Galle).
(2) A" 1627. 12 september, aen Abraham van Diepenheck voor teeckenen van
den nieuwen tytel van Vitos patrum. fl. 20.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Registre: Bij\ondere uitgaven. i620-i636).
(3) Quas a duabus pœne septimanis ad R. V. P. dedi, accepisse confido. Harum mihi materiam prasbent litteras ad sororium meum Gallœum scriptœ de novo Vitarum patrum titulo: quem non tantum R. P. Rosweydus, sed et R. P. ab Habbeck, R. P. V. nomine commendarunt, quasi vêtus ipsi omnino displiceret. Memini commendantibus respondisse mirare me, R. P. V. jam sublimibus Rubenii inventionibus delectari, quœ humiles aliorum prœferre olim consuevit. (Lettre du 8 décembre 1627. Archives du musée Plantin-Moretus).
(4) h° 1627, den g October. Cornelis Galle gesneden vitas patrum den tytel i5 po(nd). 90 gui. (Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
est conscnTC au niusc'C l'Iaiilin-Morctus (Salle XIX, n" 6<j) cl fut utilise dans Titres d Portrails graves d'après P. P. Riibcns pour F imprimerie plaulinicnne.
1296 Frontispice de 7 Vaders Boeck. 't Leven ende Spreucken der Vadcren besclircveu door den H. Plieronymus priester, aide andere verscheydc Aulheiiren In iliicit boecken by een vergadert door Heribertus Roswcydus Priester der Societeyt Jesu. 't Antwerpen by Hieion3nnus Verdussen indc Cammerstiaet inden royen Leeuw. Anno 161 7. In-folio.
Le titre est inscrit sur une draperie, suspendue devant l'ouverture d'une niche. Dans le haut, sur la voûte, sont assis le prophète Elie et St. Jean Baptiste. A côté du titre sont debout St. Paul et St. Antoine, ermites ; dans le bas sont agenouillées Ste. Eugénie et Ste. Paule.
La planche est signée: Pet. Paul. Rubcnius invenit. Joan. Collaert sculp.
Gravure: V. S. 72, Jean Collaert. Une copie de ce frontispice, signée Gilis Boglie fec, a servi pour l'édition du même ouvrage, publiée à Bruges, en. 1699, par Ignatius Van Pee.
1297-1301. Planches de Philippi Rubenii Electonun libri II. In quibus antiqid Ritiis, Emendationes, Censurœ. Ejitsdeni ad Justuni Lipsium Poëmatia. Antverpise, ex officina plantiniana, Apud Joannem Moretum. M.DC.VIII. In-4".
Ce volume renferme six planches.
1297. 1° Iconisnuis statuœ togatœ. La statue de Titus, au musée du Vatican, vue sous trois aspects différents, l'un de face; le second de profil, tourné à gauche; le troisième de profil, tourné à droite, pour montrer comment les Romains se drapaient dans la toge.
1298. 2° Icoiiisiniis circcnsium et Missionis Mappœ. Cette planche' représente, à gauche, le préteur jetant son mouchoir et donnant ainsi aux chars du cirque le signal du départ. A droite, un char attelé de quatre chevaux et monté par deux hommes; un troisième personnage court à côté des chevaux. La composition est emprunté à un bas-relief, trouvé près de la porte Nomentane.
129g. 3° leonisniits diiplicis statuœ tunicatœ. Elle représente une statue de Minerve assise, qui se trouvait alors dans les jardins du cardinal Cesi, et la Flore Farnèse, alors dans le palais Farnèse à Rome, actuellement au musée de Naples. Ces statues montrent la manière dont les dames romaines portaient la tunique.
i3oo. 4° Une tête de prêtre coifte de l'Apex et cette coiffure elle-même, dessinées d'après deux pierres, dont l'une se trouvait au Capitole, l'autre dans l'arc de triomphe de Fabius.
i3oi. 5° Iconismus apicis in lapide clivi Capitoliiii. La représentation de VApex et de plusieurs ustensiles des sacrifices, tels qu'ils se trouvent représentés sur un bas-relief conservé au Capitole et provenant de l'entablement du temple de la Concorde à Rome.
6° Une médaille de Faustine, face et revers, d'après un exemplaire de la collection de Nicolas Rockox.
Les planches i, 2, 3 et 5 portent la signature: Corn. Galle sctilp.
Il est certain que Pierre-Paul Rubens fournit à son frère les dessins de ces diverses planches, la dernière exceptée. Philippe Rubens l'atteste à la page 122 de son livre, en disant que non seulement la main habile, mais encore le jugement pénétrant et sur de son frère l'aidèrent dans la composition de ses Electa (i).
Il est évident, comme le remarque M. Ch. Ruelens, que Rubens, en faisant ces dessins d'après l'antique, transforme quelque peu ses modèles et leur imprime son cachet personnel (2).
Gravure: V. S. 5i, Corneille Galle (le père).
La planche Iconisnms statiiœ togatœ fut emploj^ée dans le livre d'Albert Rubens: ele Re Vestiaria Veterum (Antverpiœ, Plantin, i655. P. lôg). Une copie réduite s'en trouve dans Hieronyiniis Bossiiis, de Toga romana (Amstelodami, sumptibus Andrese Frisii, 1671. P. 82). La statue vue de face de Y Iconismus statucB togatœ, la planche 4 et le Pileus de la planche 5 sont reproduits dans Anselnius Soleriits, de Pileo (Amstelodami, Sumptibus Andrese Frisii, 1671. Pp. i58, 25o et 252).
i3o2. Portrait de Philippe Rubens pour 5. Asterii Amaseœ Honiiliœ Grœce et Latine nunc primum editœ Philippo Ritbenio interprète. Ejusdem Rubsnii Carmina, Orationcs et Epistolœ selectiores iteinqiie Aniicorum in vita fiinctum pietas. Antverpiae, ex officina plantiniana, Apud Viduam et Filios Joannis Moreti. M.DC.XV. In-40.
Le portrait est placé en tête de la Vie de Philippe Rubens par Jean
(i) Discupio enim aliquod hic exstare amoris et grati in ipsum (P. P. Rubenium) animi monimentum, qui tum artifici manu, tuin acri certoque judicio non parum in Electis me juvit. (2) Ch. Ruelens : Correspondance de Rubens. I, i3.
Brant (p. i3i). Sur un piédestal cylindrique est posé le buste de Philippe Kubens, drape à l'antique, vu de trois-quarts; cheveux bouclés, longue moustache et large barbiche. Le piédestal porte l'inscriiilion : Piis Manibus Philippi Ruhciiil sacr. Il est orné tl'une guirlantle de fruits, attachée à deux tètes d'anges, et de deux flambeaux renversés, unis par un serpent sur lequel court un lézard. Sur les bouts inférieurs des flambeaux sont perchées deux tourterelles, symboles de deuil et de veuvage, qui bccquètent les fruits. Le buste est placé dans une niche, dont la voûte est ornée d'une coquille.
La planche est signée : Corn. Gallaus sculpsit.
La gravure, faite d'après le dessin de Pierre-Paul Rubens, fut payée par Balthasar Moretus à Corneille Galle 33 florins, au commencement de l'année i5i5 (i).
Gravure: V. S. Portraits 143, Corn. Galle, le père.
i3o3. Frontispice de Mathicc Casiiniri Sarbievii e Soc. Jesn Lyricorum libri IV. Epodon liber uiiiis altcrque Epigraininatuin. Antverpise, ex officina plantiniana Balthasari Moreti. M.DC.XXXIL In-4° .
Le titre est inscrit dans la partie antérieure d'un autel antique, sur lequel Apollon pose sa l3're. Du côté droit, une Muse veille sur le jeune Hésiode au berceau, dans la bouche duquel les abeilles viennent déposer leur miel. Les armes du pape Urbain VllI, auquel le livre est dédié, sont suspendues par des guirlandes de fruits à un palmier et à un olivier. Apollon et la Muse offrent au pape, représenté par ses armoiries, la lyre et les chants du poète. A l'arrière-plan, on voit le mont Hélicon, d'où descend l'Hippocrène. Le frontispice traduit sous une forme ingénieuse la dédicace au pape de l'œuvre de Sarbievius, qui chante dans son livre, avec une insistance fastidieuse, les louanges d'Urbain VIII et des prélats de sa famille, et revient dans toutes ces pièces sur les abeilles qui figurent dans l'écusson des Barberini.
La planche est signée: Pet. Paul. Riibeniiis pinxit. Corn. Galle sculpsit.
(i) A° 161 5. Van Januari tôt den 16 Meert. Gesneden conterfeytsel van Ph. Rubbens van Cornelis naer Rubbens met cooper 33 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Théodore Galle).
Le dessin fut payé 12 florins à Rubens (Voir notre n" 882). La gravure fut payée 44 florins à Tliéodore Galle, le 8 octobre i632 (i).
Le musée Plantin-Moretus possède la composition originale faite par Rubens pour ce frontispice (Salle II, n° i3). C'est une grisaille peinte sur panneau (H. 17, 5. L. i3.8).
Gravure: V. S. 62, Corn. Galle, le père.
La mêm.e planche, avec un autre titre, servit de frontispice à Stephani Simonini sequani S. Th. et J. Can. Doct. Silvœ Urbanianœ seu gesta Urbani VIII Pont. Opt. Max. Antverpiœ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC. XXXVII. C'est avec cette inscription que le cuivre de la planche se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n" 80) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plautinienne.
Frontispice de Franciseus Schwabel a Schwalbenfeldt pragensis, Repeiitio de Donationibus.
Dans le bas, on voit une partie du globe terrestre, sur lequel est couché un lion et où l'on distinsfue les villes de Louvain et de Prague. La Justice, couchée dans les nuages, tient les balances ; à côté d'elle, un ange répand sur la terre une couronne, un sceptre, des pièces de monnaies, des colliers de divers ordres. Le motif de la Justice placée dans le Zodiaque, entre les signes du Lion et de la Justice, est emprunté au frontispice, de Lessius, de Justitia et Jure (notre n° 127g). La planche doit avoir servi de frontispice à une thèse d'étudiant de Louvain, imprimée en brochure. Il n'y a pas de raison pour en attribuer la composition à Rubens.
Gravure: V. S. 58, Corn. Galle.
1304. Frontispice de Caroli Scribanii e Societate Jesu P olitico-Christianus ., Philippo IV Hispaniarnm régi DD. Antverpiae, apud Martinum Nutium. Anno DC.XXIV. In-40.
Le titre est écrit dans un cartouche ovale, posé au milieu du frontispice.
(i) A" i632, den 8 October Cornelis gesneden tytel pro Mathei Casimir! epigram. naer Rubbens fl. .^4
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de Tiiéod. Galle).
Au-dessus de ce cartouclic, le globe, surmonté d'une cDuionnc royale, dans laquelle sont passés un sceptre et un gouvernail, liés par les replis d'un serpent : emblèmes du gouvernement fort et prudent. A côté du cartouche, à gauche, la Toliticiue chrétienne, représentée par une femme, la tête cnttjuréc d'une auréole de rayons, tenant en main un sceptre surmonté d'un ojil ouvert et prenant de l'autre main le gouvernail (jui surmonte le globe. A ses pieds, l'aigle de Jupiter, tenant les foudres, indi(|ue le caractère divin et tout puissant de cette politique. De l'autre côté, l'Abondance tenant sa corne. Une tète d'ange ailée lui souffle sur la face, un amour lui enchaîne les pieds, symboles de la faveur céleste dont elle jouit et de l'amour des peuples qui la retient sur la terre. L'adresse de l'imprimeur est inscrite dans un cartouche sous le titre.
La planche est signée : R. pinxit. Corn. Galle sciilpsit. La signature de Rubens est anormale, mais la planche est bien de lui. Elle présente, par les deux figures principales, une ressemblance frappante avec le frontispice de Lcssiiis, de Jure et Justifia (notre n° 1279). Rubens d'ailleurs en avoue la paternité dans une lettre écrite à de Valavès, le 12 décembre 1624, où il dit: « J'ai tout prêt le livre du père Scribanius, intitulé Politico-Christianus, auquel j'ai fait le dessin du frontispice (i). ^
Mariette en possédait le dessin original (2).
Gravure: V. S. 63, Corn. Galle, le père. Le même frontispice avec un autre titre a servi pour Trésor de la doctrine chrestienne par N. Tiirlot (Liège, i63i) et pour l'édition latine du même ouvrage Thésaurus doctrinœ cJiristianœ auctore R. D. Nicolao Turlot (Bruxelles. François Foppens, 1668).
i3o5-i3o7. Frontispice et planches pour L. Annœi Senecœ philosophi opéra quœ exstant omnia: a Justo Lipsio emeiidata et scholiis illustrata. Antverpise ex officina plantiniana, apud Viduam et Filios Jo. Moreti. M.DC.XV. In-folio.
La première édition du Sénèque de Juste Lipse, publiée par l'imprimerie plantinienne, date de i6o5 et contient, outre le frontispice gravé, les portraits de Juste Lipse et de Sénèque. Aucune de ces planches n'est de la composition de Rubens.
La seconde édition date de i5i5. Elle renferme le même frontispice, dont seulement un des médaillons, celui de Sénèque, est remplacé par un autre dessiné par Rubens. En outre, il y a un portrait de Juste Lipse, un
(i) Ch. RuelenS: Pierre-Paul Rubens, Documents et Lettres. P. i3. (2) Mariette: Abecedario. V, 142. Le n° 1009 de son Catalogue.
buste de Sénèque et un Sénèque mourant dans le bain, gravés d'après les dessins de Rubens. Ces mêmes planches se retrouvent dans les éditions de i632 et de i552.
Dans le frontispice de l'édition de i6i5, le titre du livre est écrit dans un encadrement architectural, dans le haut duquel on voit trois médaillons, représentant Hercule, Minerve et Ulysse. A côté du titre, les statues de Zenon et de Cléanthe ; dans le bas, au milieu, un camée antique, représentant l'Honneur et le Courage ; sur les côtés, les médaillons d'Epictète et de Sénèque. Comme nous l'avons dit, ce dernier remplace un médaillon, dans la figure duquel on avait cru voir par erreur une effigie de Sénèque.
i3o5. Le portrait de Juste Lipse représente ce savant, tel que Pierre De Jode le grava d'après un tableau d'Abraham Janssens (Voir notre n° 977). Il est entouré d'un encadrement, formé d'une guirlande de feuillage, à laquelle sont attachées deux cornes d'abondance, et couronné par le pétase de Mercure. L'une des cornes d'abondance est attachée par un serpent, symbole de la Prudence, l'autre par une banderole, portant les mots: Politica, Constantia, Philosopliia Stoica, Militia Rojnana, Espistolœ et rappelant les sciences dont s'occupait Juste Lipse. Dans le haut, deux torches sortent de derrière le médaillon du portrait. Au-dessus de cet encadrement, on voit le soleil, qui doit se voiler de nuages, pour ne pas aveugler le spectateur par l'éclat de sa face, symbole de Juste Lipse, qui nous éblouit par ses qualités morales, et dont, comme dit le distique placé sous le portrait, la peinture permet aussi peu de distinguer l'image, que le voile de Timanthe permettait de discerner les traits d'Agamemnon. Sur le socle du portrait, deux lampes antiques brûlent; sur la face antérieure, une médaille avec l'exergue Virtiis, une autre avec le mot Roina. Entre ces deux, la devise de Juste Lipse: Moribus autiquis. Plus bas, le distique:
Lipsiadse, vélum est Timantis, imago. videri Sol quoque sub picea non nisi nube potest.
Henr. d'Oultremont.
Cette planche est signée: Corn. Galle sciilp.
Très probablement, c'est un exemplaire d'une gravure de De Jode, appartenant à Jean Woverius et fournie par l'intermédiaire de Galle, dont Rubens se servit pour faire son dessin. Une lettre de Woverius à Balthasar Moretus nous semble le prouver (i).
(i) Imago, quam nuper te comitante Gallaso tradideram, in manibus elegantissimi Rubenii
l3o6. Le Sciicquc iiioui-aiil dans le bain est la ligure principale du tableau La Mort de Scnèqtic (V'oir notre n" 812). Elle reproduit la statue du pécheur africain tlu musée du Louvre; Rubens l'a placée dans une niche. Cette planche est signée : Corn. Galle sciilp.
iZoy. Le Bitsfc de Sénèque est dessiné par Rubens d'après un marbre anticjue qui se trouvait dans sa collection (Voir notre n" 8i3).
C'est la même tête que Rubens fit graver sur le frontispice, en remplacement du médaillon de Sénèque qui se trouvait sur le frontispice de l'édition de i6o5. C'est la même encore qui figure dans le tableau Juste Lipse et ses élèves (Voir notre n° 977).
Cette planche n'est pas signée.
Aucune de ces trois planches ne porte le nom du dessinateur, mais la déclaration faite par Balthasar Moretus dans les liminaires du livre nous apprend que Rubens dessina les deux portraits de Sénèque d'après l'antique. Dans une lettre écrite, le 4 août 1614, à François Lucas, Balthasar Moretus dit qu'il restait encore deux portraits de Sénèque à graver, que Rubens avait peint pour lui d'après des modèles antiques (i). Dans une lettre du 5 mars i6i5 à Hubertus Audeiantius, il déclare que, non seulement ces deux portraits mais encore celui de Lipsius, ont été dessinés par Rubens (2). Dans la préface au lecteur, il constate que Rubens dessina le portrait de Lipsius avec autant de fidélité que d'élégance, non seulement d'après son propre jugement, mais aussi d'après celui de nombreux amis de Lipsius (3).
Gravures: Le frontispice, V. S. Frontispices 64, Anonyme (Théodore Galle); le portrait de Juste Lipse, V. S. Portraits 255, Corn. Galle, le père; Sénèque
nostri nunc est, inde spero ornatiori cultu et artificiosa magis positura exibit, ut cum spectabili quoque arte in œs incidatur (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Jean Woverius à Balthasar Moretus, de 161 3j.
(i) Senecam philosophum, ex postrema Lipsii recognitione, typis nostris absolvimus, et superioribus nundinis divulgavimus. At restât etiamnunc duplex Senecœ imago, quœ ex archetypis antiquis Rubenius nobis depinxit, incidenda. quœ novam banc editionem deinceps illustret (Archives du muse'e Plantin-Moretus. Lettre de Balthasar Moretus à François Lucas, 4 août 1614).
(2) Annaeus Seneca a postrema Lipsii roù [j.xy.xoi-o-j manu, jam tandem prodit, duplici philosophi imagine, et sapientissimi interpretis effigie, a Petro Rubenio quani accuratissime expressa, insignitus (Ibid. Lettre de Balthasar Moretus à Hubert Audeiantius du 5 mars ibiS;.
(3) At Lipsiana etiam imagine, Senecœ operum titulo prêefixa, te firmari et oblectari desidero ; quam Rubenius non minus ex fide quam eleganter, nec suo unius sed plurium Lipsii cultorum judicio, formavit, aptissimoque Prudentiœ et Doctrinas parergo insignivit.
dans le bain, V. S. Histoire et allégories profanes 40, Corn. Galle, le père; la tête de Sénèque, V. S. Ibid. 41, Corn. Galle, le père.
Le musée Plantin-Moretus conserve le cuivre du frontispice et du portrait de Juste Lipse (Salle XIX, n° 78), qui ont été utilisés dans Titres et portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Frontispice de Anales de Flandes por Euianitel Sueyro. En Anvers, en casa de Pedro y Juan Beleros. M.DC.XXIV. In-folio.
Le titre est écrit sur un piédestal cylindrique, au-dessus duquel siège le génie des Pays-Bas. Derrière le génie, un trophée d'armes. A droite du piédestal, Cérès, symbole de l'Agriculture; à gauche. Mercure, personnifiant le Commerce. Dans le bas, deux dieux marins, figurant probablement l'Escaut et la Lys.
Le titre n'est pas signé. Il n'}' a pas de raison sérieuse pour l'attribuer à Rubens. Entre les liminaires et le texte du livre se trouve le portrait de l'auteur Émanuel Sueiro, gravé par Pierre De Jode, d'après Rubens, que nous avons décrit dans notre n° io55.
Gravure: V. S. 4, Anonyme (P. De Jode?).
Frontispice de Obras de Cornelio Tacito. i\mberes.
Basan et Voorhelm Schneevoogt décrivent ce frontispice en ces termes: " Ce titre est écrit sur un piédestal, sur lequel la Renommée est assise, et aux côtés duquel sont Minerve et Mars ; au bas est une caverne, dans laquelle on voit la louve romaine ; à côté de cette caverne sont deux figures représentant chacune un fleuve. -^ La planche, sans nom de graveur et de dessinateur, manque d'authenticité.
Gravure: V. S. 5i, Anonyme.
i3o8. Frontispice de De Conteinplatione divina libri sex, Auctore R. P. F. Thoiiia a Jesu Carmelitaruin excalceatorum in Belgio et Gerinania Provinciali. Antverpiae ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum, Viduam Jo. Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XX. In-8°.
Le titre est écrit sur une draperie tenue par deux anges A côté de la
draperie, la bienheureuse Thérèse de Jésus et le bienheureux Joaiines de Cruce, debout dans un paysage et contemplant le nom de Jéhovah qui brille dans le haut des airs.
La planche n'est pas signée. Le dessin fut payé 8 florins à Rubens par Balthasar Moretus (Voir notre n° 882). La gravure fut payée 25 florins à Théodore Galle (i).
Gravure: V. S. 17, Anonyme (Théodore Galle).
Frontispice de R. P. Jacobi Tiriiii Antvcrpiani e Societate Jesii Comiiientariiis in Vêtus et Novnm Testamentmn tomis tribus comprehensus . Antverpiae, apud Martinum Nutium. Anno M.DC.XXXIL In-folio.
Le titre est écrit dans un médaillon entouré des attributs des quatre évangélistes. Des deux côtés, St. Pierre et St. Paul ; dans le haut, la Vierge et les Saints, adorant la Trinité ; dans le bas, Moïse et Aaron.
La planche est signée : Corn. Galle sculp. Basan et Voorhelm Schneevoogt attribuent, à tort, la composition à Rubens.
Gravure: V. S. 71, Corn. Galle.
i3og. Frontispice de Annales Sacri et ex profanis praecipui, ab orbe coniito ad eumdem Christi passione redeniptuni: audore Augustino Torniello Congregationis S. Failli clcrico regulari: Ab codent quarta hac editione recogniti, et sexcentis lacis aiicti et locupletati. Antverpise, ex officina plantiniana, Apud Balthasarem Moretum et "V^iduam Joannis Moreti, et Jo. Meursium. M.DC.XX. 2 vol. In-folio.
Le titre est écrit sur un panneau encadré dans un motif d'architecture. A côté de ce panneau se trouvent les statues de Moïse et d'un prophète, représentant la Loi et les Prophètes. Dans le fronton, on voit, au milieu, la Trinité régnant sur l'Univers ; sur les côtés, dans des médaillons, le déluge, symbole de la Justice divine, et l'arc-en-ciel apparaissant à Noé, symbole de la paix conclue entre Dieu et les hommes. Dans le soubassement, un bas-relief représente le Christ, donnant les clefs à St. Pierre et écartant les
(i) A° 1620. Den 29 february gesneden een tytel in 8° Contemplatione divina P. Tomas. 25 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de Théodore Galle).
chefs de la synagogue, en leur disant: Auferetur a vobis regnum. Ce bas-relief symbolise l'avènement de la nouvelle et la chute de l'ancienne Loi.
La planche n'est pas signée.
Le dessin fut payé 20 florins à Rubens (Voir notre n° 882).
Il passa dans la vente Tersmitten (Amsterdam, 1754). Sous le n° 440, le catalogue le décrit de cette manière: ^ Un autre dessin pour un frontispice représentant Moïse et Aaron, à la plume, un peu lavé. «
La gravure fut faite par Théodore Galle et payée 75 florins, le 3o mars 1620 (i).
Gravure: V. S. 3, Anonyme (Théod. Galle). Le même frontispice servit pour les deux volumes de l'ouvrage. Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris en possède une épreuve avant les inscriptions imprimées. Celles-ci y sont écrites de la main de Balthasar Moretus.
Le cuivre de cette planche est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 53) et fut utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Voir planche 377.
i3io. P^RONTispiCE de La Peinture de la Se'rénissime princesse Isabelle-Claire- Eugénie, infante d'Espagne (par Jean Tristan). A Anvers, en l'imprimerie plantinienne. M. DC. XXXIV. In-4°.
Dans une lettre écrite, le 23 janvier 1634, à Philippe Chifflet, c^ui se proposait de publier l'Éloge de l'archiduchesse Isabelle, Balthasar Moretus dit qu'il est inutile de faire graver un nouveau titre pour cet ouvrage, puisqu'il peut utiliser celui que Rubens avait dessiné pour le livre de Jean Tristan (2). Dans une lettre du 29 janvier suivant, il donne l'explication de
(i) A" 1620, Den 3o Meert gesneden in den Anales Tournelli den tytel met cooper ailes 75 gui.
(Archives du musée Plantin-Moretus. Comptes de The'odore Galle).
(2) Obsidionem Ostendœ e Bibliotheca mea mitto, cui annexa Narratio Bartholomaji Casai. Addo Gallicam Tristani Picturam quam tuo elogio approbasti. Imago m eadem est Serenissirnse atque seternEe memorias Principis cum ingenioso accuratissimi Rubenii emblemate. Nulla opus alia imagine quae tuo Elogio prœfigatur : tantum delendus titulus Picturas et Elogii tui substituendus (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balth. Moretus à Philippe Chifflet du 23 janvier 1634).
cette composition rubénienne : « L'étoile du soir, dominant la t(':te de la 1res pieuse princesse, désigne l'Espagne sa patrie; le cordon de mfjnnaies, la série de ses aïeux. A droite, la couronne impériale, le laurier, le sceptre et la palme indiquent qu'elle est la fille de Philippe II, la petite-fille de Charles V et la descendante de tant d'illustres empereurs de la maison d'Autriche. Du côté gauche, une toufi"e de lis atteste que le sang royal des Valois coulait dans ses veines. Les génies des deux côtés de son portrait symbolisent, par le caducée et la foudre qu'ils portent, les guerres qu'elle a soutenues et la paix qu'elle a procurée. Au milieu se trouve un autel antique du Salut, contre lequel se dressent des serpents, comme il est représenté dans les monnaies romaines. La tourterelle, dans le bas, est le symbole du veuvage; le gouvernail et le globe sur lesquels elle est perchée, signifient que la Belgique a dû le salut à son gouvernement (i). «
Dans un premier état de la planche, le Zodiaque autour du portrait manque. Dans la lettre, dont nous venons de traduire un fragment, Moretus prie Philippe Chifïlet de demander à son frère sous quel signe l'Infante était née.. Quand il eut reçu ce renseignement, il fit graver le Zodiaque, en plaçant au-dessus de la tête de l'Archiduchesse le signe de la Vierge, se rapportant au mois d'août. Balthasar A^oretus était certes bien en droit de qualifier la composition rubénienne d'ingénieuse.
La planche est signée: Pet. Pmil. Riibcns piiixit. Corn. Galle sculpsit. On la rencontre assez fréquemment sans les inscriptions et sans les signes du Zodiaque.
(i) Imaginem Serma"-' principis. cum Tristani libel.lo inservierit, Bruxellas tuo arbitratu a Corn. Gallœo, retingendam mittam. D. Rubenius Zodiaci signum, sub quo nala esset Serma supra caput ejus collocari desiderarat, et Tristano mandaram, ut abs te vel Expert™» D. Fratre tuo horoscopium ejus inquiriret: an inquisierit ignoro. Poito ingeniosum est imaginis parergon. Hesperus capiti pientissimee principis imminens, patriam ejus Hispaniam indicat ; numismata connexa Prosapiœ seriem. A dextra, corona Caesarea, laurea, sceptrum, palma, illam Philippi II filiam, Caroli V neptem, et tôt Austriacae domus imperatorum proneptem désignant. Lilia ab ahera parte supremum Valesiorum sanguinem in illam derivari testantur. Genii utrimque Bellum et Pacem, quod sustinuit, et quam procuravit, fulmine et caduceo exprimunt. Media moles Ara salutis est cum anguibus, ut in nummis Romanorum apparet. Turtur viduitatis symbolum, Gubernaculo et Globo insidens, salutem Belgii ab ejus regimine dépendisse significat. (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettre de Balth. Moretus à Philippe ChitHet du 29 janvier 1634).
Le dessin fut payé à Rubens 12 florins; la gravure à Jean Galle 38 florins, le 2 janvier 1634 (i).
Gravure: V. S. Portraits 2o5, Corneille Galle, le père. Voir planche 378.
Frontispice de Nicolas Tiirlot, Trésor de la doctrine chrestienne et de Nie. Tiirlot, Thésaurus doctrinœ christiauœ (Voir Scribanius, Politieo-Christianus, notre n° i3o7).
i3ii. Portrait de Jean van Havre pour Arx Virtutis sive de Vera Animi Tranquillitate satyrœ très, auctore Jeanne van Havre Wallœi toparcha. Antverpiae, ex officina plantiniana. M. DC. XXVII. In-4°.
Jean van Havre est vu de trois quarts ; il est 0018*6 d'une petite calotte serrante, porte les moustaches retroussées, au menton la barbe déployée en éventail. Au cou, il a une haise tuyautée; une quadruple chaîne d'or se voit sur la poitrine, sous le vêtement supérieur, ouvert et garni de fourrures. Le portrait est entouré d'un encadrement de feuillage, retenu dans le haut par des rubans. Sur une tablette, au-dessous du portrait, on lit: D. Joannes van Havre, Wallœi toparclia, vir consularis Gand. Sur cette tablette sont posées deux lampes antiques allumées. Dans le haut de la planche, on lit la devise de Jean van Havre : Nescit labi Virtus. La planche n'est pas signée. Elle est gravée par Corneille Galle et fut payée à Théodore Galle 44 florins (2).
Quoique le dessin ne figure point sur la liste de ceux que Balthasar Moretus lui paya, il n'y a point à douter qu'il ne soit réellement de Rubens.
Gravure: V. S. Portraits, 25i, Anonyme (Corn. Galle). Le musée Plantin- Moretus (salle XIX, 84) conserve le cuivre de cette planche, qui a servi dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour l'imprimerie plantinienne.
Voir planche 37g.
(i) A° 1634, Den 3 Januari, Co. Galle gesneden tytel pinture de infante voor vercleynen, snyden en coper fl. 38.
(Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de Jean Galle).
(2) A° 1626. Den 3o mey, Cornelis gesneden het conterfeytsel van Joannes van Havre met cooper en letteren ailes te samen 44 gui.
(Ibid. Comptes de The'odore Galle).
Frontispice de P. Atigiistimis von Teylinghen, Hcl Paradys dcr Wclhistichcyt. Antweipen, bij Jan Cnohbaert, i63o, in 8°.
Basan et Voorhelm Schneevoogt décrivent ce frontispice de la manière suivante: " Ce titre flamand est écrit sur un piédestal, au-dessus duquel est l'enfant Jésus, ra3'onnant de «gloire et tenant sa croix. Aux côtés sont deux figures de femmes, dont l'une tient un miroir et l'autre un cœur enflammé. « Nous n'avons pas réussi à trouver cette pièce.
Gravure: V. S. 54, Anon)'me.
Frontispice de JoJian Angdii a Wcrdenhagen J. C. C, de Rébus publias Hanseaticis Tractatus. Francofurti, apud Math. Merianum (1641). In-folio.
Le frontispice de ce livre a été gravé d'après le tableau de la Statue de Cérès (notre n° 582) gravé par Corneille Galle (V. S. Vierges, i56). Dans la gravure, la statue de la Merge a remplacé celle de Cérès. Dans le frontispice, le titre a été mis dans la niche, au lieu de la statue. Au-dessus de la niche, on voit les armoiries de l'empereur d'/\utriche; dans le bas, les écussons des villes de Lubeck, Cologne, Brunswick et Dantzig.
Gravure: Non citée. Anonyme.
Voorhelm Schneevoogt mentionne encore dans l'œuvre de Rubens quelques frontispices gravés et imprimés longtemps après la mort de Rubens et dans la composition desquels il n'est intervenu pour rien. Ce sont :
Kerkelyke Historié door Hazart. Anvers, 1671. Gravé par Lommelin (V. S. 36).
Lux Evangelica per Henricum Engelgrave. Anvers, V*^ Jean Cnobbart, 1648. Gravé par Snyers (V. S. 40).
Philouiathi Musœ juvéniles, Anvers, Plantin, 1654 (V. S. 55).
Après avoir décrit la série des frontispices de livres connus, Voorhelm Schneevoogt en mentionne six dont les titres sont en blanc et lui sont restés inconnus. Quatre de ces frontispices (n*'^' 78 à 81) sont sans nom de peintre ni de graveur; nous en avons décrit un, le n°8o: Bresserus, de Conscientia. Pas plus que celui-ci, les trois autres n'ont à faire valoir des droits pour figurer dans l'œuvre de Rubens. Deux des six, les n°5 76 et 77, portent le nom de Rubens comme dessinateur.
Voici comment Voorhelm Schneevoogt décrit le premier (n° 76), dont il a
trouvé un exemplaire au cabinet des estampes du musée de Dresde: " Un titre en deux compartiments. Celui d'en haut renferme une représentation symbolique, où deux enfants portent une croix. Au second (c'est-à-dire dans le compartiment inférieur), deux colonnes forment un champ carré pour l'intitulé du livre; la colonne à gauche porte les symboles de la paix; celle à droite, les instruments de la passion de J. C. A gauche : P. Rubenhis inv. Sans nom de graveur. -^ C'est la description très imparfaite d'une épreuve avant les inscriptions du frontispice de l'Imitation de Jésus Christ, traduite par Philippe Chifflet et publiée pour la première fois à Anvers, dans l'imprimerie plantinienne, en 1644. La planche ne porte pas de nom de peintre. Celui qui se trouve sur l'exemplaire du musée de Dresde, y a été ajouté frauduleusement (i). Les autres planches du livre étant dessinées par Nicolas Van der Horst, il est plus que probable que le frontispice a été composé par le même artiste.
Le second frontispice (n° 77) est décrit par Voorhelm Schneevoogt en ces termes: '- Un titre en blanc. Une sainte, entourée d'un nuage et a3'ant l'hostie en mains, est debout sur un dragon, qui plane au-dessus d'une mer agitée, où l'on voit, à droite, un navire de guerre et deux planches avec l'inscription: Penitentia tabula 2" post naufragium. En bas est une coquille ouverte, environnée d'autres coquillages, qui devait probablement recevoir l'intitulé du livre. Au-dessus de la planche est écrit dans une gloire: Attende et Audi. A gauche, Rtibbens piiix. Sans nom de graveur. - C'est la description de l'état pi'imitif d'une planche qui, plus tard, subit un changement assez considérable, consistant dans le remplacement du coquillage, ouvert et montrant l'intérieur de ses deux valves, par une seule grande coquille, dans laquelle le titre est inscrit. Ce titre est: Sacrum Oratorium piaruin imaginum immaculatœ Mariœ, Auctore R. P. Petro Bivero. Antverpiœ, ex officina plantiniana Balthasaris Moreti. M. DC. XXXIV. L'inscription Rtibbens piiix. est apocryphe et tracée de la même façon et probablement par la même main que sur le frontispice de y. y. Courvoisier, Le Lys divin (V. S. Sg).
(i) M. le D'' Max Lehrs, conservateur du Cabinet des Estampes du musée de Dresde, à qui nous avions communiqué nos doutes sur l'authenticité de cette inscription, nous écrit que les mots P. Rubenius inv. ont, en effet, été inscrits à la plume sur l'estampe, mais d'une manière assez habile pour tromper l'œil le plus e.xercé.
i3i2. La Marque pour l'imprimerie plantinienne.
En parlant des dessins faits par Rubens pour illustrer les titres des Œuvres de Juste Lipse, publiées par l'officine plantinienne, en 1637, nous avons tlécrit une marque de cette imprimerie, dessinée par Rubens. En faisant ce dessin, il dut se conformer à la symbolique de l'ancien emblème du compas dont l'une pointe est immobile et dont l'autre tourne. La principale innovation qu'il apporta dans la vignette, c'est de faire tenir le médaillon, non plus par un laboureur s'appuyant sur une bêche et par une femme portant une croix, symbolisant le Travail et la Constance, mais, par un Hercule, armé de sa massue, et par une femme, appuyant l'une main sur un socle et l'autre sur l'encadrement du médaillon.
Pareille marque, différente de celle des Opéra Lipsii, se rencontre pour la première fois, en petit format, en i63i, dans Fuligattus, Vita Roberti Bellarmini; une autre gravure, signée par Christophe Jegher, du même dessin, mais en largeur, tandis que le premier est en hauteur, se trouve, la même année, dans Liberti Fromoiidi Labyrinthus; une troisième reproduction, celle-ci également en largeur, mais en format plus petit, se rencontre sur le titre du troisième volume du même ouvrage, publié en 1634; une quatrième, plus petite encore, dans J. d'Assignies, Antidotum contra pestiferos morbos malœ linguœ, imprimé en i633.
Après la mort de Rubens, la marque à l'Hercule, plus ou moins modifiée, dessinée par Erasme Quellin et gravée par Jean-Christophe Jegher, continue à être employée dans l'imprimerie plantinienne. En 1641, nous en trouvons une dans Eusebius Niereinbergius, Theopoliticus ; en 1643, une autre dans Recueil des Traitez de paix; la même année, une troisième dans de Arriaga, Dispiitationes Theologicœ ; une quatrième en hauteur dans les Biblioriun Concordantiœ de 1642.
La marque rubénienne, telle qu'elle est employée dans les œuvres de Lipsius fut reproduite sur bois par Christophe Jegher et se rencontre dans Breviariiun Romamiin, pars œstiva, de 1770; gravée sur bois par Jean-Christophe Jegheir, on la trouve dans Goltzitis, Romanœ et Grœcœ Antiqidtates , tome I, publié en 1644. En format plus grand, gravé sur bois par un des Jegher, mais non signée, on la trouve dans Francisciis Vekenus, Dispuiationes Theologicœ de i655.
Gravure: V. S. 92, l'une des marques gravées par Christophe Jegher.
i3i3. Marque de l'imprimerie de van Keerberghen.
Un cartouche, dans lequel est représenté le globe terrestre, ceint d'une couronne de laurier, éclairé par le soleil qui est représenté sous la forme d'une tête de femme, entourée de rayons qui percent les nuages et des mots: Fovet et Ornât. Comme encadrement, dans le bas, deux cornes d'abondance et deux guirlandes de fleurs ; dans le haut, deux ailes étendues.
La gravure est signée : Pet. Paul Ritbenius invent. Joan. Collaert sciilpsit.
Gravures: V. S. 88, J. Collaert; 8g, Anonyme, sans l'inscription. La même composition a encore été gravée sur bois par un anonyme.
i3i4. La Marque de l'imprimerie de Jean Van Meurs.
Cette marque se compose d'un cartouche, dans lequel on voit une poule couvant ses œufs. Cet emblème est bordé de deux palmes et entouré d'un cadre, composé d'une tète de Minerve, d'un hibou, attribut de cette déesse et symbole de la nuit, d'une tète de Mercure et du coq, symbole du jour. Dans le haut, une lampe antique allumée, symbole de la lumière que la presse répand; en bas, le caducée et une trompette entrecroisés, symboles du Commerce et de la Renommée. Dans la partie supérieure, une banderole, entrelacée parmi les motifs allégoriques, porte la devise de Van Meurs, à laquelle toute la composition fait allusion : Noctu iiicubando diuque (Couvant nuit et jour). Le tout est représenté sur une draperie attachée dans le haut, flottante dans le bas.
La gravure est signée : Pet. Paul. Rubenius pinxit. Corn. Galle sculpsit.
L'original de ce dessin se conserve au musée Plantin-Moretus (Salle II, n° lo). C'est une grisaille peinte sur panneau de ig centimètres de haut sur 20,5 centimètres de large, peinte d'une main légère mais sûre.
Jean Van Meurs fut l'associé des frères Balthasar et Jean Moretus, de 1618 à i52g. C'est entre ces deux dates que la marque doit avoir été peinte. Il est probable que c'est de la grisaille du musée Plantin-Moretus qu'il s'agit dans l'article suivant du compte de Rubens à Balthasar Moretus: -^ Pour compte de la peinture de Jean Van Meurs cincquante fi. « (Voir notre n° 882).
La marque se rencontre pour la première fois dans Serenissimi principis Ferdinandi Hispanianini infantis S. R. E. Cardinalis triumphalis Introitus in Flandriœ Metropolim Gandaviini. Auctore Giiilielino Bccauo. Antverpise, ex officina Joannis Meursii. Anno M. DC. XXXVI.
Gravures: V. S. 86, Corn. Galle, le père; 87, Alexandre Voet. Nous connaissons en outre cinq reproductions de cette composition gravées sur bois par Christophe Jegher (i). La composition gravée par Christophe Jegher, assez sérieusement modifiée dans la disposition de ses éléments, fut employée par Jacques Van Meurs, fils de Jean, dans les Acta Sanctoriim, en i658.
La marque de Meursius a encore été gravée par Corneille Galle, dans un riche encadrement. Dans le haut, deux anges tenant des palmes et une couronne et deux génies des vents; à gauche, à côté du cartouche. Hercule, tenant Cerbère enchaîné; à droite, Minerve, ayant à côté d'elle une chimère; dans le bas, des instruments de mathématiques et d'astronomie.
La marque de l'imprimerie de Van Parijs.
Yoorhelm Schneevoogt mentionne encore sous le n° go, et d'après Basan (n° 77), un cul de lampe, composé d'un cartouche, dans lequel est un pélican. L'on voit, dans le fond, un St. François qui reçoit les stigmates et une banderole sur laquelle on lit l'inscription: Verus Pelicanus alit siio sanguine.
Le pélican avec cette divise est la marque d'imprimerie de Guillaume Van Parys et de sa veuve qui s'en servirent de i5jo à i58g. La composition ne saurait donc être attribuée à Rubens. Il est vrai que dans les marques employées par cette firme, que nous avons vues, le St. François ne se rencontre pas.
Vignettes diverses.
Le même auteur décrit sous les n°s 84 et 85, d'après Basan (n°^ 71 et 72): " Une vignette pour un livre dédié à Urbain VIII. Le cartouche, qui a pour supports St. Pierre et St. Paul, est couronné d'une tiare et de deux clefs passées en sautoir. - Cette vignette a été dessinée pour l'imprimerie plantinienne par Erasme Quellin. Le dessin original se conserve au musée Plantin-Moretus (salle II, n° 34). La gravure fut employée, avec les armes de Clément XI, sur le titre du Psautier plantinien de 1713.
Gravures: V. S. 84 et 85, Anonyme (Corn. Galle, le fils).
(i) Voir G. \"AN Havre: Marques typographiques des imprimeurs et libraires anversois II, pp. 33-43.
Sous le n° g3, Voorhelm Schneevoogt décrit une vignette: « Dans un ovale est représenté, au sein des nues, l'Amour versant son philtre dans un vase. Aux côtés de l'ovale sont deux enfants jouant de la flûte; la flûte de gauche est entourée d'épis de blé, celle de droite, d'un pampre. Sous l'ovale est écrit: Materiam superavit opus. Au bas, le titre: Dms amor opère... maximum semet dédit, r,
Gravure: V. S. g3, Anon3'me.
Sous le n° 8g (Histoire et Allégories profanes), il mentionne des armoiries portant pour blason une levrette et deux cors de chasse. Il y a deux femmes servant de supports et deux enfants au-dessus, qui tiennent chacun un cartouche armoirié; sur celui à gauche on lit: Logica; sur celui à droite, PJiysica; dans les armoiries : Confidenter.
Gravure: V. S. 8g, Lommelin.
Sous le n° go : - Armoiries portant pour blason trois coquilles, à chaque côté du cartouche, il y en a quatre autres, avec un arbre et un panier de fruits. " Probablement du même graveur que le numéro précédent. Pas plus que pour la précédente, il n'existe de raison pour attribuer cette pièce à Rubens.
Gravure: V. S. Histoire et Allégories profanes, go. Anonyme.