‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 2)Chapitre 18 sur 298 · DESSINS POUR LES GRAVURES SUR CUIVRE · texte numérisé non relu

DESSINS POUR LES GRAVURES SUR CUIVRE

d'après des tableaux.

Dans ses notes sur l'œuvre de Rubens, Mariette dit: ^ Aucunes des belles estampes de Rubens, qui ont été gravées de. son vivant, ne l'ont été d'après ses tableaux, mais d'après des desseins très terminés ou d'après des grisailles, peintes à l'huile en blanc et noir, qu'il avoit l'art de préparer et d'amener à l'effet de clair-obscur que devoit produire la gravure, qui ne tire de l'effet que de l'opposition du blanc et du noir. J'ai vu nombre de morceaux préparés par Rubens pour les gravures, et j'en possède plusieurs que M. Crozat avoit rassemblés et que Jabach avoit fait acheter autrefois à la vente du cabinet de Rubens, qui se fit après la mort de ce grand peintre. Il 3' en a deux en Hollande, chez M. Braancamp, qui lui ont coûté i35o florins d'Hollande, à la vente de Tonneman. L'un est celui de la Cène et l'autre celui de la Résurrection de Lazare, qui tous deux ont été gravés par Boëce de Bolswert. Le Bellori a écrit, dans la vie de Van Dyck, c\\ie Rubens s'étoit souvent servi de cet élève pour lui préparer ces desseins et ces grisailles, et

je suis fort porté à le croire; son pinceau délicat et facile y étoit tout à fait propre (i). ^

Ce que Mariette dit de l'existence des dessins ou grisailles faits pour servir de modèles aux graveurs de Rubens ne saurait être mis en doute. Nous avons maintefois fait ressortir les différences existant entre ses tableaux et les gravures exécutées sous sa direction. Nous ne connaissons qu'un petit nombre des grisailles, peintes par lui ou par ses élèves; il serait téméraire d'affirmer qu'il en a existé beaucoup d'autres. Des dessins, faits de sa main d'après ses tableaux, il ne s'en est conservé également qu'un nombre très restreint. La majeure partie des dessins, faits pour servir de modèles des estampes rubéniennes, sont des feuilles " très terminées, « exécutées par des élèves, ou par les graveurs eux-mêmes, d'après les tableaux du maître et parfois retouchées par lui .

Le musée du Louvre, à Paris, possède plusieurs des modèles des gravures de Vorsterman, provenant de la collection Jabach. Ils se distinguent des autres dessins du même genre par leur touche ferme et grasse, par la sûreté de main et par le coloris vigoureux. Est-ce Vorsterman qui les exécuta, est-ce un élève de Rubens? En se guidant d'après ce que l'on connaît des dessins du graveur, il faut abandonner l'idée si naturelle et que nous avons partagée longtemps nous-même que ce fut Vorsterman qui fit ces dessins. Si c'est un élève de Rubens, on se demande lequel. Bellori dit de Van Dyck: ^ Ce fut un grand bonheur pour Rubens d'avoir trouvé un élève à son goût qui sut traduire ses créations en dessins, destinés à être taillés au burin ; parmi ceux-ci nous connaissons la Bataille des Amazones, dessiné alors par Antoine. ^ Se basant sur ce texte, on est en droit de demander si Van Dyck n'est pas l'auteur de ces superbes reproductions. Les années, pendant lesquelles Vorsterman travaillait pour Rubens, coïncidant parfaitement avec celles que Van Dyck passa dans l'atelier de son maître, cette hypothèse acquiert une vraisemblance plus grande encore. Il est vrai que nous ne connaissons pas, parmi ses dessins, d'autres pièces exécutées de la même manière ; mais les qualités du plus grand élève de Rubens étaient si extraordinaires et si multiples qu'il n'y a aucune témérité à lui reconnaître le talent nécessaire pour exécuter, sous la direction du maître, la traduction en blanc et noir des créations rubéniennes.

(3) Mariette: Abecedario. V, 69.

L'Amour divin trioiiipliant dans le dogme de l'Eucharistie. (Une des pièces de la suite: Le Triomphe et les Figures de l' Eucharistie).

Paris. Louvre, 20344. Dessins exposés, n» 586.

A la pierre noire et à la sanguine, lavé d'aquarelle sur papier gris. H. 37,5. L. 39,5.

Copie du tableau, exécutée par un graveur ou par un élève. La composition primitive, telle qu'elle se voit dans le tableau et dans ce dessin, a été fortement étendue en largeur par le graveur Adrien Lommelin. L'encadrement de la tapisserie manque (Voir notre n° 45).

Photographie : A. Braun.

Le Triomphe de l'Eucharistie sur l'Idolâtrie.

Le catalogue de la vente Crozat (Paris, 1741) mentionne, sous le n° 820 : « Une allégorie sur les sacrifices de l'ancienne alliance. Dessein fait pour des tapisseries, dont les cartons sont en Espagne. "

Il est clair qu'il s'agit ici du Triomphe de l'Eucharistie sur l'Idolâtrie (notre

1324. Les Israélites ramassant la manne dans le désert.

(Une des pièces de la suite : Le Triomphe et les Figures de l'Eucharistie).

Paris. Louvre. Dessins, n" 20210.

A la plume, lavé de bistre. H. i5,8. L. 14,7.

Copie faite de la main de Rubens d'après son tableau et destinée à servir de modèle à une gravure non exécutée (Voir notre n° 47). Photographie: A. Braun.

Voir planche 16.

Les Pères de l'Église et d'autres Saints, défenseurs du dogme de l'Eucharistie.

Dresde. Musée. Collection de dessins, Rubens, n" 19.

Copie de notre n° 5i, représentant une des pièces de la suite Le Triomphe et les Figures de l'Eucharistie faite par ou pour le graveur Eynhoudts.

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