PORTRAITS
1497. Le comte d'Arundel.
Bruxelles. Collection du comte Duchastel-Dandelor.
A la pierre noire et à la sanguine, à la plume et au lavis. H. 28, L. ig.
Thomas Howard, comte d'Arundel et de Surrey, est représenté en buste, la tête vue de trois quarts, tournée vers la droite, les cheveux relevés sur le front et retombant en boucles sur les oreilles et dans le cou, les sourcils en broussaille, le nez forteinent busqué, la barbe pleine et rare. Il porte un col blanc uni et mou, un pourpoint à petits boutons; un large ruban descend sur la poitrine, un manteau à fourrure couvre les épaules. La médaille attachée au ruban est invisible. Les traits énergiques de la figure sont tempérés par la douceur du regard.
Le modèle peut être âgé de 5o ans environ. Il est évidemment plus âgé que sur l'effigie que possède de lui le comte de Warwick (notre n° 890) et sur le portrait de famille que possède la Pinacothèque de Munich (notre n° 888). Le comte d'Arundel naquit en i585; le dessin doit donc avoir été fait vers i635, lors d'un voyage du célèbre collectionneur sur le continent; il a probablement servi d'étude pour le tableau que possède le comte de Carlisle (notre n° 889).
Gravure: V. S. 233, J. L. Krafft. Sur la gravure, on lit: Cornes Arundelhis a P. P. Rtibenio memoriter designatum non coram. Nous ignorons sur quel fait Krafft s'est basé pour déclarer que le dessin ne fut point fait d'après nature. Selon nous, il porte tous les caractères d'un travail fait, le modèle présent.
Photographie: Alexandre.
1498. Le Nain du comte d'Arundel.
Stockholm. Musée National.
Le dessin forme une étude pour le nain qui se trouve dans le tableau de la Pinacothèque de Munich le comte et la comtesse Thomas d'Arundel (notre n° 888). II a été fait d'après nature et au témoignage de la lettre que nous avons citée sous le numéro 888, il était esquissé le 17 juillet 1620. Le nain est représenté debout, en pied, vu presque de profil, nu-tête, la main gauche sur la hanche, la main droite levée à la hauteur de l'épaule-; cette main, qui est sommairement indiquée, doit porter un faucon, dont le dessin ne présente pas de trace. Il est habillé d'un col mou, montant haut dans le cou, d'une jaquette unie, d'un pantalon bouffant, dont le bas est attaché par des nœuds au-dessus du mollet; un manteau, dont le bord inférieur est orné de raies horizontales, est jeté sur ses épaules.
Rubens a inscrit sur le dessin quelques notes, indiquant les couleurs du costume. Tout en haut, à gauche, on lit: hct Wambuys vermach ivesen root sattyn ende de brocck root flonweel (le pourpoint peut être de satin rouge et la culotte de velours rouge) ; plus bas, à la hauteur du justaucorps: Tannyt flouweel (velours brun foncé) ; plus bas, avec renvoi au pantalon, lés mêmes mots; pour le nœud autour de la jambe: root (rouge); pour les bas: Geel (jaune) ; pour le nœud des souliers : root (rouge) ; pour les souliers : swart (noir); pour la doublure du manteau: Geel voeyringe (doublure jaune).
Le peintre a indiqué, par la première de ces notes, la couleur à laquelle il s'était arrêté pour les parties principales du costume, en remplacement du brun foncé qu'il avait indiqué d'abord.
Le dessin porte dans le bas les mots : P. P. Rubens. 1122, tracée probablement de la main de Crozat.
Photographie: Anonyme.
1499- Isabelle Brant.
Londres. National Gallery, lo.
A hi pierre noire et à la sanguine. H. 25.5, L 19.
Isabelle Brant, en buste, vue de trois quarts, le visage tourné vers la gauche, les cheveux relevés au sommet de la tète et ornés au chignon de quelques fleurs ou pendant en petites boucles le long des joues et dans le cou. Elle porte un collier de perles fines. La robe est fortement décolletée; une fraise en dentelle relevée entoure le cou, le corsage est serrant, les manches bouffantes. Le visage est placide et serein, les pommettes très saillantes, le menton en pointe.
C'est une étude pour le portrait d'Isabelle Brant de la Galerie royale de Windsor (notre n° 895). Dans le tableau, le modèle est exécuté jusqu'à mi-corps, les mains sur la ceinture; dans le dessin, le buste seul est vu, les bras manquent.
Le dessin caractérise mieux que le tableau les traits d'Isabelle Brant ; seulement, dans l'une comme dans l'autre l'effigie, la différence des traits avec ceux que nous connaissons par d'autres peintures est très sensible, au point de nous faire douter si le portrait est bien nommé.
Le dessin provient de la collection du duc de Tallard (Paris, lySô, n° 3i5 du Catalogue, adjugé à 160 livres i sou) et de celle de sir Robert Peel. Il est toujours resté sans nom, quoique l'identité du modèle avec celui du tableau de Windsor ne souffre point de doute.
Photographie: Morelli.
i5oo. Isabelle Brant.
Le catalogue de la vente Guillaume II, roi de Hollande (La Haye, i85o), mentionne, sous le n° 284, le ^ Portrait de la première femme de l'artiste. Elle est représentée assise dans une chaise, les mains jointes, et est coiffée d'un chapeau orné d'une plume. Dessin d'un très beau faire, à la pierre d'Italie. « Il fut adjugé à sir Thomas Lawrence pour la somme de 3io florins. Il reparut dans la vente de ce dernier (Londres, 1860), et fut adjugé, avec un dessin du portrait de Rubens, à M. Tiffen pour la somme de 88 guinées.
Waagen mentionne dans la collection Stirling (Art Treasnres. IV, 45o), un portrait d'Isabelle Brant par Rubens, largement dessiné à la craie.
i5oi. Le duc de Buckingham.
Vienne. Collection Albertine, 437.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 38, L. 26,3-
Le duc est représenté de trois quarts, tourné vers la droite; les cheveux longs et bouclés, relevés sur le front et retombant par-dessus les oreilles, les yeux regardant de travers avec une expression hautaine, les fines moustaches retroussées, la barbiche en pointe. Le col, rabattu et montant haut dans le cou, est sommairement indiqué; la tête seule est terminée, mais faite avec une grande perfection.
Ce superbe dessin a servi d'étude pour le portrait peint que possède la galerie du Palais Pitti à Florence (notre n^ go5).
11 porte en haut l'inscription: Hcrtoch van Bockengom P. P. Ritbbejis, tracée à la pierre noire de la même main que celle qui authentiqua, probablement dans la maison même de Rubens, plusieurs des dessins appartenant actuellement à la collection Albertine, à Vienne.
11 fut exécuté à Paris, en i625, au moment où Rubens y rencontra le fameux favori de Charles I, venu pour épouser par procuration la princesse Henriette.
Photographie: A. Braun.
Voir planche 41g.
i5o2. La duchesse de Buckingham (née Catherine Manners).
Vienne. Collection Albertine, 438.
A la craie noire et à la sanguine. H. 37, L. 26.3.
Pendant du portrait précédent. La duchesse de Buckingham est vue de trois quarts, la tête tournée vers la gauche, le regard dirigé vers le spectateur, les cheveux ramenés en arrière au-dessus du front et formant de grosses touffes sur les ternpes ; une énorme perle en forme de poire dans les oreilles, un collier de perles rondes au cou. Les épaules sont vaguement indiquées, les traits du visage ne sont guère plus fortement accusés. Les yeux seuls, très doux d'expression, sont nettement dessinés.
Dans le haut du dessin, on lit, de la même écriture que l'inscription sur le dessin précédent, les mots: Hertoginnc van Bockcngovi P. P. Rubbens F.
Catherine Manners, fille du comte de Rutland, naquit en i5o3, et épousa le duc de Buckingham en 1620; elle avait donc 22 ans lorsque Rubcns la dessina en i625.
Photographie : Cari Haack.
i5o3. L'empereur Charles-Quint a cheval.
Paris. Louvre, 20i85. Dessins exposés, 553.
A la plume, lavé de bistre sur crayon. H. 29, L. 21. 5.
L'Empereur est vu presque de face, sa monture dessinée en raccourci est tournée vers le spectateur. Il tient d'une main les rênes, de l'autre un bâton de commandement appuyé sur la jambe. Sa tête est nue, les cheveux crépus, la barbe pleine. La poitrine et les bras sont couverts d'une cuirasse ; de larges haut-de-chausses tailladés couvrent la partie supérieure des jambes. Dans le fond sont esquissés un arbre et un peu de feuillage. La tête est dessinée sur un fragment de papier intercalé dans le dessin primitif.
Le travail est sommaire et bien de la main de Rubens. Dans le coin inférieur, à droite, on voit les lettres V. ci (Van Dyck). Le dessin porte le nom de l'archiduc Albert au catalogue des dessins du Louvre.
Voir le numéro suivant.
Photographie : A. Braun.
1504. L'empereur Charles-Quint a cheval.
Weimar. Musée.
A la plume, lavé de bistre. H. 66, L. 40.
Le cavalier est identique à celui du numéro précédent, de même que sa monture, sa toilette et sa pose. Le fond aussi est le mêine; seulement, dans le haut du dessin, une bande de papier a été ajoutée, sur laquelle le feuillage de l'arbre, que l'on voit à gauche, et une touffe de feuilles de palmiers, dont on n'aperçoit que les extrémités dans le dessin du Louvre, sont plus complètement représentés. La tête, qui n'est pas rapportée, présente les mêmes traits que
dans le numéro précédent ; seulement, dans ce dernier, le menton est plus carré. En général, le présent dessin est beaucoup plus terminé et semble être l'œuvre définitive à laquelle l'autre servit d'esquisse.
Il provient de la vente Guillaume II (La Haye, i85o), dont le catalogue le mentionne sous le n° 282 et le désigne comme un chef-d'œuvre. Il fut retiré de la vente et passa par héritage à la grande-duchesse de Weimar. Il a appartenu à sir Thomas Lawrence.
Photographie: A. Braun.
i5o5 Hélène Fourment.
St-Pétersbourg. Ermitage, 342.
A la pierre noire, lavé d'encre de Chine. H. 18.2, L. 14.3.
Hélène Fourment est vue presque de front; d'un côté de la tête, ses cheveux sont relevés sur l'oreille et roulés en natte ; de l'autre côté, ils sont flottants et retombent sur l'épaule. Un collier de perles, une chaîne et une broche sur le corsage, ainsi que les seins à moitié nus, sont légèrement indiqués. Le dessin est une étude pour le portrait d'Hélène Fourment que possède le musée de La Haye (notre n° g36) ; il ne montre le modèle que jusqu'à la taille et omet les mains que l'on voit dans la peinture.
Comme le tableau, il date de 1634 environ.
Photographies: A. Braun; Hans Hanfstaengl.
i5o5. SusANNE Fourment.
Vienne. Collection Albertine, 442. Dessin expose'. A la craie noire et à la sanguine. H. 34, L. 26.
Elle est vue de trois quarts, tournée vers la droite, en buste, nu-tête, les cheveux relevés et roulés en natte, le front très vaste et bombé, les yeux énormes, le nez droit et fin, aux narines bien accentuées, la lèvre supérieure très nettement dessinée, la lèvre inférieure plus molle. Dans les oreilles, des pendants en or, le col du vêtement supérieur raide et relevé, la robe faiblement indiquée. La tête n'est point belle; le bas du visage remarquablement court et étroit est en disproportion frappante avec le vaste
front et les yeux largement fendus. Ainsi que la peinture de la même personne, le dessin est fait avec une grande fermeté de touche et de tous points admirables. Dans le bas, le dessin porte l'inscription à la plume: P. P. Rnbbcns, qui se rencontre sur d'autres dessins de parfaite authenticité et qui a été tracée, non pas, il est vrai, de la main du maître, mais par quelqu'un de son entourage. Dans le haut, on lit les mots : Suster van Heer Rubbens (Sœur de Messire Rubens), écrits de la main du contemporain qui inscrivit sur les dessins le nom de plusieurs des personnages portraiturés par le maitre. Par - Sœur de Rubens, -^ il faut entendre sa belle-sœur, l'une des sœurs d'Hélène Fourment. Il s'agit ici de Susanne, qui épousa en secondes noces Arnold Lunden et qui est connue sous le nom de Mademoiselle Lunden et du Chapeau de Paille (Voir notre n° 949).
Gravure: Grandauer (lithographie).
Photographie : Cari Haack.
Voir planche 420.
i5o7. Une fille de Gerbier.
Weimar. Musée.
A la pierre noire, rehaussé de blanc.
Une enfant, âgée de trois ans environ, vue de face et jusqu'aux genoux, les cheveux séparés sur le milieu du front, les yeux très grands, un petit bijou attaché à un ruban autour du cou, tenant l'une main sur la poitrine, relevant de l'autre son tablier. Ce beau dessin, très soigné, porte le nom de « jeune fils de Rubens ; -^ il représente une jeune fille et off're une grande ressemblance, tant dans les traits que dans le costume, avec le portrait de la fille de Gerbier que possède le comte Spencer (notre no 957).
Photographie : S chwier .
i5o8. Ferdinand de Gonzague.
Stockholm. Musée national.
A la pierre noire et à la sanguine.
Tète de jeune garçon, vue de trois quarts, tournée vers la droite, les yeux baissés, la tête allongée, les joues bombées vers le bas, les cheveux courts. Le col plat et le vêtement sont rapidement indiqués.
Le nom du modèle nous est indiqué par une inscription datant de la première moitié du 18'' siècle et ainsi conçue: Ferdinando Gonzaga Cardinale di Mantova or Duca, fatio in presenza sua da P. P. Rnbens. Plus bas on lit: Ce portrait a été donné à M. Crozat par M . le Comte de Cailus. 1726.
Suivant cette inscription, le personnage représenté par Rubens serait Ferdinand de Gonzague, second fils de Vincent I, duc de Mantoue, né le 24 mai i587, cardinal en i6o5, duc de Mantoue en 1612, après la mort de son frère. Rubens partit pour l'Italie le 8 mai 1600. En admettant qu'il ait été engagé au service du duc de Mantoue aussitôt après son arrivée et qu'il ait immédiatement dessiné les fils de son protecteur, Ferdinand aurait eu i3 ans et quelques mois. L'original du portrait que nous décrivons ne nous paraît pas avoir dix ans. En admettant donc que le dessin représente un enfant du duc de Mantoue, nous croyons qu'il est plus raisonnable d'y voir le troisième fils, Vincent II, né le 7 janvier i5g4.
Photographie: Anonyme.
iSog. François de Gonzague.
Stockholm. Musée national.
A la pierre noire et à la sanguine.
Tête de jeune garçon, vue de trois quarts, tournée vers la droite, le regard dirigé de côté, les cheveux courts, la tête enfoncée dans les épaules et fortement rejetée en arrière, le col faiblement indiqué.
L'âge est incertain; il pourrait être de i5 ans. Dans la partie inférieure du dessin, on lit l'inscription suivante, tracée dans la première moitié du 18^ siècle: Francesco Gonzaga Principe di Mantova fu da poi duca, fatto in presenza di S. A. da P. P. Rubens. Plus bas : M. le Comte de Cailus a donné ce portrait à M. Crozat. 1727.
D'après cette inscription, le jeune homme représenté serait François, fils de Vincent I, duc de Mantoue, né le 7 mai i585, qui succéda à son père en 1612, mais ne régna que dix mois. Il avait 14 ans quand Rubens arriva en Italie.
Photographie : Anonyme.
i5io. Le marquis de Leganès.
Vienne. Collection Albertine, 439.
Aux trois crayons. H. 38, L. 27.5.
Le marquis de Leganès est vu presque de face, légèrement tourné vers la droite. Ses cheveux, de moyenne longueur, forment des boucles autour du front. Il porte les moustaches relevées en croc et une petite barbiche. La figure, très régulière, est d'aspect légèrement replet dans le bas, l'expression du regard est altière. La tête est dessinée avec grand soin, admirable témoignage du talent magistral que déployait Rubens dans ces sortes de travaux.
Le dessin, fait en 1627, est évidemment une étude pour le portrait peint du Marquis (Voir notre n° 974). La fraise qui enserre et cache le cou est légèrement indiquée. Dans le bas, la main, qui a inscrit heureusement le nom sur plusieurs portraits, a tracé, à la pierre noire, les mots : Marquis del (ou de la) geness.
Photographie: A. Braun (sous la désignation: Portrait d'homme, tête vue de face, n° 835 des photographies d'après les dessins de Vienne).
Voir planche 421.
i5ii. Lucas de Leyde.
Le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1016) mentionne un portrait de Lucas de Leyde par Rubens, avec les attributs des arts qu'il professait et une branche de laurier qui en couronne la bordure. Ce portrait était dessiné au bistre, rehaussé de blanc, d'un fini précieux ; il faisait pendant à celui de Tobias Stimmer, exécuté de la même manière.
Adjugé à 35 livres i sou.
i5i2. L'Empereur Maximilien I.
Vienne. Collection Albertine, 475.
A la plume. H. 21, L. 16,8.
L'Empereur est vu de profil, tourné à droite, les cheveux longs, coupés en brosse sur le front, tombant dans le cou et se retournant en boucles, le
nez long et effilé, le menton proéminent. Le prince est couvert d'une armure sommairement dessinée. Le dessin porte la signature P. P. Rubbeiis f., ancienne, mais non authentique.
Photographie: Cari Haack.
i5i3. Théodore Mayerne.
Londres. British Muséum.
On a exposé depuis peu, dans les galeries du British Muséum, un portrait de Théodore Mayerne, dessiné par Rubens, probablement une étude pour le portrait peint mentionné sous notre n° gg3.
i5i4. Marie de Médicis.
Paris. Louvre, 20224. Dessins exposés, 554.
Aux crayons rouge, noir et blanc, sur papier gris. H. 35.6, L. 27.8.
La reine est vue presque de front, légèrement tournée vers la gauche; ses cheveux sont relevés sur le front et sur les tempes; elle porte un collier de perles et des pendants d'oreille, formés, chacun, d'une grosse perle. Le haut des épaules est seul indiqué. Le dessin est très caressé et d'exécution magistrale. Il a évidemment servi d'étude pour les tableaux de la galerie de Médicis, dans lesquels la reine est généralement représentée avec la coiffure et les bijoux qu'elle porte dans le présent dessin. Il doit donc avoir été fait au moment où Rubens commença à peindre l'Histoire de Marie de Médicis, c'est à dire en 1622.
Lorsque le dessin fut gravé par Paul Chenay, il faisait partie de la collection du comte Nils Bark ; il fut acquis par le musée du Louvre, en i853, au prix de 2000 frs.; antérieurement, il avait fait partie des collections Crozat et comte de Tessin.
Gravure: V. S. 164, Paul Chenay. Le dessin est reproduit dans la Gazette des Beaux-Arts, 1884, I, 33.
Photographie: A. Braun.
Voir planche 422.
i5i5. Marie de Médicis.
Vienne. Collection Albertine, 440. Dessin exposé.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 3o.5, L. 22.
La tète de la reine est vue de profil, les yeux légèrement levés vers le ciel, la coiffure et les bijoux sont les mêmes que dans le dessin précédent ; la naissance de la poitrine et du dos est indiquée par un simple trait. Dans le bas du dessin, on lit les mots: La Reyne Mère de France, tracés à la pierre noire de la même main qui inscrivit les noms sur plusieurs portraits dessinés par Rubens.
Le dessin est exquis, exécuté avec une grande délicatesse de modelé et de contour. Il est évident que Rubens, après avoir pris l'effigie de Marie de Médicis de trois quarts la dessina, immédiatement après, de profil, afin de pouvoir peindre la reine dans différentes attitudes.
Photographie : A. Braun.
i5i6. Marie de Médicis.
Londres. British Muséum.
A la plume. H. 6.5, L. 3.9.
La reine est vue de profil, jusqu'au milieu du cou, le regard dirigé droit devant elle, les cheveux relevés en une haute coiffure. Le dessin provient des collections Joshua Reynolds et Payne Knight.
Photographie: Morelli.
Michel Ophovius.
Weimar. Muse'e.
A la craie noire et à la sanguine, lavé d'encre de Cliine. H. 3o, L. 18. 3.
Ophovius, que l'on désigne d'habitude comme le confesseur de Rubens, est assis dans un fauteuil, les mains posées sur les bras du siège. Il est plus âgé que dans son portrait peint du musée de La Haye (notre n° ioi3).
Dans ce dernier, il porte le costume de dominicain; ici, il a revêtu celui d'évêque, le camail sur les épaules, la croix épiscopale sortant de dessous ce vêtement. Il est vu presque de front, jusqu'à mi-corps et a la mine souriante.
Nous ne saurions admettre l'authenticité du dessin ; il est de facture trop lourde, trop inhabile, comparé aux dessins authentiques du maître, toujours légers et gracieux.
Le dessin provient de la vente James Hazard (Bruxelles, 178g, n° 77) où il fut adjugé à 12 florins 5 sous. Il figura dans la collection Lawrence et dans la vente Guillaume II (La Haye, i85o, n° 2g5), où il fut retiré. Il passa par héritage dans la collection grand-ducale de Weimar.
La galerie Suermondt, à Aix-la-Chapelle, possède un portrait du confesseur de Rubens, aux crayons multicolores, légèrement touché (i).
Photographie : A. Braun.