ÉTUDES FRAGMENTAIRES DIVERSES
1545. Deux Captifs enchaînés.
Vienne. Collection Albertine, 421.
A la craie noire et blanche et au bistre. H. 35, L. 47,
Deux homines nus sont liés par les bras à des pièces de bois. L'un est étendu horizontalement et lève les yeux vers le haut, ses jambes sont repliées; l'autre est suspendu, la tête retombant sur la poitrine, l'une jambe étendue, l'autre repliée. Autour d'eux, un casque, un bouclier, des lances, une masse d'armes, un tambour, un canon, une bombe.
Ce dessin est une étude pour un trophée d'armes ou pour les accessoires d'un triomphe. Rubens ne l'a utilisée dans aucun de ses tableaux connus.
Photographie: A. Braun.
1546. Une Étude pour un combat de cavalerie.
Vienne. Collection Albertine, 5ioa.
Dessin à la plume, lavé de bistre. H. Bg.S, L. 27.5.
Deux cavaliers vivement mouvementés et combattant, l'un de la lance, l'autre de l'épée ; un cavalier de moindre dimension, dans le haut; deux fantassins qui dirigent leurs lances vers le précédent personnage ; un troisième fantassin au milieu; une tête de cheval, dans le haut: tout cela entremêlé, sans cohésion réelle, de proportions différentes.
C'est une étude pour un combat de cavalerie que Rubens n'a pas utilisée. Le dessin est signé: Rubens 1620. La signature est fausse, le dessin nous paraît appartenir à une époque antérieure, 1610 environ.
Photographie : Cari Haack.
1547. Un Homme qui tient son épée.
Vienne. Collection Albertine, 485.
Au crayon noir et à la sanguine. H. 36, L. 28.
Un homme, jeune encore, vu jusqu'à la ceinture, la tète levée vers le ciel et vue de profil, le buste nu, une draperie jetée sur les épaules, la main droite au pomineau d'une épée.
Photographie: A. Braun.
1548. Une Étude de trois Tètes.
Paris. Louvre, 20201. Dessins expose's, n° 559. A la pierre noire. H. 28.7, L. 24.6.
Étude de trois têtes: la première, en haut, une tête de femme, vue de face et riant, le côté gauche de la figure terminé, le contour du côté droit omis; la seconde en bas, à gauche, une tête d'enfai:it vue presque de profil, tournée vers la droite, la figure terminée, les cheveux indiqués seulement; la troisième, en bas, à droite, une tête d'homme à longue barbe, vue de profil, tournée à gauche, un couteau entre les dents, très sommairement esquissée.
Photographie : A. Braun.
i549- Trois têtes de Capucins.
Les comptes de la succession de Rubans mentionnent: - Trois têtes de Capucins, numérotées 11° gi6, n° 998 et n° 99g, dessinées par feu le peintre, y cédées de commun accord à Hélène Fourment pour la somme de 48 florins (i).
Il existe une tète de capucin gravée par N. Cochin fils. Le moine a la tête inclinée, vue de trois quarts, tournée vers la droite, la face souriante ; le capuchon et la partie du froc couvrant les épaules sont représentés. Nous ignorons où se trouve l'original de cette gravure.
Gravure non citée: N. Cochin filius se. P. P. Rubens del.
i55o. Une Tète de Vieillard.
Londres. British Muséum.
A la plume.
Une tête d'homme âgé, à la barbe longue et aux cheveux retombant sur le front et le long des joues. Expression chagrine et pleurarde. Gravure: Anonyme, reproduite dans VArt, 1877, II, 267. Photographie: Praetorius.
i55i. Une Tète de Vieillard.
Vienne. Collection Albertine, 460.
A la craie noire et blanche sur papier verdàtre. H. 26, L. 26.5.
Tête de vieillard, au front chauve, à la barbe longue, vue de trois quarts. La tête est baissée, la mine refrognée est vue en raccourci. La figure rappelle vaguement celle de Borée dans le tableau Borée qui enlève Orythie (notre 11° 578).
Photographie: Cari Haack.
(i) Item soo heeft de voors. Rendante aenveert, by gemeynen consente, op daenschattinge van Franchois Snyers, Jan Wildens ende Jacques Moermans, schilders alhier, de naevolgende stucken schilderyen te wetene :
LXII. Dry Trognien van Capucinen, geteeckent n° gi6, n° 998 ende n» 999, by den heer afflyvigen geteeckent voor gl. 48 (Bulletin des Archives d Anvers. II, 87).
i552. Une Tète de Vieillard.
Vienne. Collection Albertine, 454.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 22.9, L. 18. 5.
La tête est vue presque de profil, la barbe et les cheveux sont longs, les traits réguliers, les yeux baissés. Le sommet du crâne est coupé par l'encadrement. Le dessin porte la signature P. P. Rubbens qui se rapproche beaucoup des signatures des dessins authentiques, mais qui n'est pas tracée de la même main.
Photographie : Victor Angerer.
i553-i564. Petites Tètes d'étude.
i553. Vienne. Collection Albertine, 462.
A la craie noire et au bistre. H. ir, L. 10. 5.
Tête de vieillard, vue presque de front, crâne chauve, très large barbe, figure maigre et osseuse, expression anxieuse. Photographie: Cari Haack.
1554. Ibid. 463. A la craie noire. H. 11.2, L. 11.7.
Tète de vieillard, au fi'ont presque chauve, à la barbe longue, au nez aquilin vu de profil, tournée vers la gauche et baissée. Photographie: Cari Haack.
i555. Ibid. 464. A la craie rouge et noire. H. i3, L. 23.
Tête de vieillard, front chauve, immense barbe, vue dans deux poses différentes : la première légèrement inclinée, la seconde renversée; toutes les deux tournées de trois quarts.
Gravure : la première des deux têtes a été lithographiée par Eduard Kaiser.
Photographie: Cari Haack.
i556. Ibid. 465. A la craie noire et au bistre. H. 11.8, L. 11.8.
Tête d'homme âgé, vu de trois quarts, tournée à gauche, le regard baissé, l'expression sombre ; les cheveux forment boucles sur le front, le nez est long, la barbe pleine. Dans le cou, on voit une draperie baillante.
Gravures: Portraits V. S. 32g, Bonnet; 33o, Anonyme; non citée: I^duarr] Kaiser, lithographie.
Photographies: A. Braun; Cari Haack.
1557. Ihid. 46(). A la siingiiiiie et à la craie blanche. H. i5.8, L. 17.4.
Tête d'homme âgé, vue de deux manières différentes, chaque fois presque de profil, tournée vers la droite et le regard levé au ciel; tête chauve, barbe pleine, recourbée par le bout.
Photographie: A. Braun.
i558. Ibid. 467. A la craie noire. H. 11, L. 10. 5,
Tête de vieillard, tournée vers la droite, vue de trois quarts, crâne chauve, très large barbe, tête baissée, expression sombre. Photographie: Cari Haack.
1559. Ibid. 468. A la pierre noire. H. 12, L. 11. 5.
Tête de vieillard, vue de deux tiers, tournée vers la gauche, front élevé et chauve, long nez, cheveux et barbe en boucles ; les traits du visage sont peu distincts.
Photographie: Cari Haack.
i56o. Ibid. 469. A la pierre noire. H. 11.2^ L. 10.8.
Tête d'homme d'âge mùr, vue de trois quarts, tournée vers la droite, s'inclinant, les yeux baissés, la barbe pleine et soyeuse, l'expression sévère. Gravure non citée: Eduard Kaiser, lithographie. Photographie: Cari Haack.
i56[. Ibid. 470. A la pierre noire. H. 12, L. 10.7.
Tête d'homme âgé, vue de profil, inclinée, le cou tendu en avant, le front fuyant.
Photographie : Cari Haack.
i562. Ibid. 471. A la pierre noire. H. 9.2, L. 8.4.
Tête d'homme âgé, vue de front, cheveux et barbe bouclés, yeux levés en haut, expression très accentuée d'angoisse. Photographie : Cari Haack.
i563. Ibid. 472. A l'encre et au bistre. H. 9. 5, L. 10.4.
Tête d'homme barbu, vue de profil, tournée vers la gauche, coiffée d'un turban.
Photographie: Cari Haack.
1564. Ibid. 474. A. la pierre noire et à la sanguine. H. 12, L. 11. 5.
Tête de jeune femme, vue presque de front, un peu tournée vers la droite et inclinée à gauche, les yeux baissés; une tresse de cheveux roulée sur le haut de la tête, un voile descendant dans le cou. Aspect de Madone, ressemblant à celle que possède le musée de l'Ermitage (notre n° i8g).
Gravure non citée: Eduard Kaiser, lithographie.
Photographie: Cari Haack.
i565. Une tête d'Homme.
Une tête d'étude, semblant être la même que celle de n° 465, mais tournée autreinent et vue presque de face, a été gravée par un anonyme comme pendant de celle que possède la collection Albertine sous le n° 465.
Gravure: V. S. Portraits 32g, Bonnet; 33o, Anonyiïie.
Des deux autres études gravées par Bonnet (V. S. Portraits 329), la première est une tête de Satyre vue presque de profil ; la seconde, deux têtes, l'une d'un diable qui enfonce la patte dans le cou d'un damné; l'autre, celle d'un dainné aux traits crispés, les cheveux rejetés en haut, les yeux dirigés dans la même direction. Ces deux têtes se retrouvent dans un groupe de la Chute des Anges (notre n° g3). Les quatre études sont signées: Rubenes de!. Bonnet f.
i565. Deux jeunes B^emmes.
Vienne. Collection Albertine, 459.
A la pierre noire et à la plume. H. 29, L. 23.5.
Deux jeunes feinmes, dont l'une est vue en buste, de profil, tournée vers la droite, la tête un peu penchée, les yeux légèrement baissés ; ses cheveux gracieuseinent arrangés retombent en partie sur le front et sont relevés en partie sur l'oreille, un bandeau passe sur le haut de la tête, le cou est nu ;
elle porte les manches courtes, les mains posées l'une sur l'autre, un petit chien sur le bras. L'autre est vue presque de face, les yeux tournés vers sa compagne, contre le front de laquelle elle appuie la tête; les cheveux retombent en une tresse bouclée le long de la joue; le buste n'est pas dessiné.
Groupe charmant, de facture exquise, tètes délicatement teintées.
Photographie: A. Braun ; photolithographie publiée par le Journal des Beaux-Arts, à Bruxelles.
Voir planche 427.
1567. Une Femme tenant une corbeille.
Vienne. Collection Albertine, 487.
A la craie noire. H. 3i.3, L. 23.3.
Figure de femme, vue en buste, presque de front, la tète penchée en avant, l'épaule droite nue jusqu'au-dessous du sein, une draperie sur l'épaule gauche. De la main droite, elle tient l'anse d'un panier.
Tracé à grands traits, sans souci du détail.
Photographie: Cari Haack.
i568. Une jeune Femme portant un vase.
Vienne. Collection Albertine, 482.
A la craie noire et blanche. H. 35.3, L. 34.
Une jeune femme en buste et en profil perdu, la tète tournée vers la gauche, les 3^eux levés au ciel, avec une expression d'adoration, les longs cheveux dénoués retombant sur le dos, une lourde draperie sur l'épaule. L'avant-bras est nu, la main tient un vase aux bords larges et plats.
Figure d'expression et de touche délicates.
Photographie : A. Braun.
iSôg. Un Buste de jeune Femme.
St-Petersbourg. Musée de rErmitage.
A la pierre noire.
Une jeune femme, vue de profil, tournée vers la gauche, les cheveux retombant en partie en boucles sur le front, ramenés en partie sur le derrière
de la tête où ils sont réunis en une tresse. L'expression est placide et pensive, le vêtement consistant en une robe unie et un fichu sont modestes ; la facture est soignée.
Photographie: A. Braun.
iSyo. Un Buste de jeune Femme.
Florence. Musée.
A la sanguine.
Buste de jeune femme, vu de trois quarts, tourné vers la gauche, la tête penchée, avec une expression pensive, les cheveux crépelés, arrangés en grosses touffes sur les oreilles ; la main droite posée sur la poitrine. Le col et la manche du vêtement sont légèrement indiqués.
Admirable dessin, rappelant le type des figures de femme de Léonard da Vinci.
Photographie: A. Braun.
iSyi. Une Tète de jeune Femme.
Vienne. Collection Albertine, 456.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 23.3, L. 16.6.
Tète de jeune femme, vue de trois quarts, tournée vers la gauche, penchée sur l'épaule droite, les yeux dirigés vers le haut; les cheveux massés en grandes touffes sur les oreilles. Le personnage parait être le même que celui qui a servi de modèle pour le dessin précédent.
Dans le coin inférieur à droite, on voit la signature: P. P. Riibbens, des dessins authentiques.
Photographie : Cari Haack.
1572. Une Tète de jeune Femme.
Vienne. Collection Albertine, 455.
A la sanguine et au bistre. H. 24.6, L. 16.
Tête de jeune feinme, vue de profil, tournée vers la droite, les yeux baissés ; les cheveux flottant et disposés en petites boucles autour de la figure,
ramenés en arrière et noués en torsade sur le derrière de la tête ; dans l'oreille, un pendant orné de perles.
Charmant dessin, destiné probablement à servir d'étude pour une tête de sainte.
Photographies : A. Braun; Cari Haack.
1573. Une Tête de vieille Femme.
Paris. Louvre. Dessins expose's, 525.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 36.3, L. 27.6.
Tête de vieille femme, vue de profil, tournée à droite; les cheveu.x. ramenés en arrière et retenus sur le derrière de la tête, dans un fichu roulé ou dans un bonnet. On voit le col et une partie du vêtement qui couvre le buste.
Dessin magistral, grassement fait, reproduisant fidèlement le modelé et les plis de la peau. Il fut acheté en 1787 à la vente Berthel, à 24 livres 2 sous, par Langlier.
Le catalogue des dessins du Louvre le range dans l'œuvre de Jordaens, mais à tort. Il porte d'une manière bien prononcée le caractère des dessins de Rubens et reproduit les traits de la vieille femme qui servit à ce maitre de modèle pour la Ste-Anne et d'autres vieilles femmes qu'il faisait entrer dans ses compositions. Elle a posé pour lui spécialement de 1610 à 1620. Les dessins de jordaens sont d'une tout autre facture.
Photographie: A. Braun.
1574. Une Tète de jeune Fille
Vienne. Collection Albertine, 450.
Au.x trois crayons. H. 29, L. 22.
Tète de jeune fille, à l'expression très douce, aux traits charmants, les cheveux négligés tombant sur le front et dans le cou, les regards fixes, dirigés vers la terre, le nez fin et aquilin, la bouche entr'ouverte, les épaules nues.
La pièce porte l'inscription : P . P. Rubbeiis, des dessins authentiques.
Photographie: \'ictor Angerer.
iSjS. Un Enfant tenu par les mains de sa mère.
Stockholm. Musée.
A la pierre noire, lavé à l'encre de Chine.
Un enfant à la mine éveillée, vu en buste, la tête de profil, tournée vers la droite, la main gauche étendue, l'autre appuyée sur le côté. Deux mains le tiennent sous les bras.
Photographie: Anonyme.
iSyô. Un Enfant debout.
Vienne. Collection Albertine, 484.
Au crayon noir. H. 39, L. 26.5.
Enfant tout nu, vu de front, la tète inclinée sur la poitrine, les bras un peu écartés du corps, comme si des mains invisibles le soutenaient.
Dans le coin inférieur, à droite, la signature Rnbbens, des dessins authentiques. Photographie : Cari Haack.
iSyy. Deux tètes d'Enfants.
Paris. Louvre, 20200. Dessins exposés, 562.
Aux trois crayons sur papier gris. H. 18.9, L, 24.2.
L'une des têtes est vue de profil et tournée vers la gauche, légèrement rejetée en arrière, le col de l'habit est visible; l'autre, plus jeune, est vue de trois quarts, tournée vers la droite, les regards dirigés en haut; toutes deux ont les cheveux ramenés sur le front.
Photographie: A. Braun.
1578. Une Etude de deux Tètes et de deux paires de Mains.
Vienne. Collection Albertine, 493.
A la craie noire et blanche. H. 39. L. 27.
Dans le haut du dessin, on trouve, à gauche, une tète de femme, vue de profil, tournée vers la gauche; à droite, une tête d'homme barbu, vue presque
de front, le cou entouré d'une fraise. Dans la partie inférieure, deux paires de mains aux doigts entrelacés.
Marqué dans le coin inférieur, à droite, de la fausse signature: P. P. Rubeiis.
PhotograpJiic : A. Braun.
iS/Q. Une Étude de Tètes et de Mains.
Vienne. Collection Albeitine, 494.
A la pierre noire. H. 34.5, L. 23.
Quatre mains et deux têtes sur une même feuille. Deux des mains, dans le coin supérieur à gauche, se touchent par le bout des doigts; les deux autres se trouvent dans le coin inférieur, à droite. Des deux têtes, l'une est vue de profil, l'autre de trois quarts, toutes deux ont les yeux levés et portent la barbe pleine.
i58o. Un buste d'Homme et un Bras.
Vienne. Collection Albertine, 486.
Aux trois crayons. H. 24.6, L. 40.2.
Le buste d'un homme nu, aux muscles fortement prononcés, semble couché sous une voûte. Un de ses bras est visible en grande partie. Au-dessus de la figure est dessiné, d'une manière plus soignée, le même bras tout entier.
Photographie: A. Braun.
Une suite d'Études pour des Têtes de différents caractères.
Sous ce titre, les iconographies rubéniennes signalent un recueil de trente et une têtes, précédé d'un frontispice sur lequel on lit: « Recueil de têtes d'Antoine Van Dyck, tirées du cabinet de M. de Crozat, et gravées par M. le C. de C. (le comte de Caylus) 1735. - Basan dit : - L'on a attribué mal-à-propos les desseins de ces Têtes à Van Dyck. A l'exception de deux, qui appartiennent à ce dernier et qu'il a faites pour son tableau de St-Augustin, toutes sont indubitablement de Rubens; et plusieurs ont été employées par
lui dans des tableaux connus. Ces desseins qui sont de toute beauté, sont entre les mains de M. Mariette. Chaque planche porte 4 pouces de haut sur 2 pouces 10 lignes de large, r,
Dans le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1024), ces dessins sont mentionnés de la manière suivante : - Vingt sept tètes de différents caractères de Vieillards et autres, très bien dessinées sur quatre feuilles ; elles sont d'une plume savante et pleine d'esprit; on les connaît gravées par le C. de Caylus, sous le nom de V. Dick ; mais c'est une erreur. «
Ces dessins furent adjugés en deux lots; douze furent achetés par M. Hall, peut-être le peintre, pour 240 livres i sou; et les i5 autres, pour 299 livres 19 sous, par Boileau.
Dans le catalogue Crozat, nous trouvons cités sous les n°'^ 837, 838, 83g, 840 : " Vingt-quatre desseins de Têtes de divers caractères à la pierre noire ou à la sanguine, que Rubens a faits d'après Nature, pour entrer dans la composition de ses tableaux ; il s'y en trouve plusieurs pour ceux de la gallerie du palais du Luxembourg. Vingt, idem : autres Têtes. Vingt-quatre, idem: autres Tètes. Vingt-six, idem: autres Têtes. Ces quatre-vingt-quatorze Têtes formaient ci-devant un volume que M. de Piles avoit apporté de Flandres, et qu'il conservoit précieusement. L'on croît qu'il l'avoit trouvé dans le même endroit que ce manuscrit singulier de Rubens, qui ayant passé entre les mains du sieur Boule a péri, avec tant d'autres curiosités, dans l'incendie de sa maison. ^
Nous ne croyons pas à l'authenticité de ces dessins ; le fait qu'ils auraient été trouvés au même endroit que le manuscrit rapporté de Flandre par de Piles et gravé par Aveline (Voir plus haut page 26) n'est pas de nature à affaiblir notre doute.
Gravure: V. S. Suites 69, comte de Caylus.
Sous le n° 70 des Suites, Voorhelm Schneevoogt mentionne une feuille remplie de plusieurs charges, gravées à l'eau-forte d'après les tableaux de Rubens par le comte de Caylus.
Il s'agit de cinq caricatures de têtes hommes, dessinées et gravées à gros traits, signées: Rubens in. C. sculp. Nous n'y voyons absolument rien de Rubens, ni dans les types ni dans l'exécution.
Gravure: V. S. Suites 70, comte de Caylus.
i58i. Une Étude d'Anatomie.
Vienne. Collection Albertine, 496.
A la plume. H. 25.3, L. 17.5.
Dessin de la moitié inférieure d'un homme, dont les muscles sont mis à nu ; la jambe droite s'avance et la partie inférieure en est répétée. Photographie: Cari Haack.
i582. Un Cheval sellé.
Vienne. Collection Albertine, 433.
A la pierre noire et à la sanguine. H. Sg.S, L. 42.5.
Un cheval sellé, vu légèrement en raccourci. A gauche, le poitrail et les jambes de devant d'un cheval lancé au galop.
Excellent dessin, ayant toute la vigueur et le coloris de la facture rubénienne. Signé dans le bas des lettres P. P. P., qui paraissent authentiques.
Photographie : A. Braun.
Voir planche 428.
i583. Un Bœuf.
Vienne. Collection Albertine, 484.
A la pierre noire et à la sanguine, relevé d'encre de Chine. H. 23, L. 44.
Le bœuf est vu dans toute sa longueur, de profil, la tête tournée vers le spectateur; le corps allongé, les jambes basses, les cornes recourbées.
Excellent dessin, du même faire que le précédent et signé de la même manière.
Photographie: A. Braun.
1584. Une Étude de Vaches.
Chatsworth. Collection du duc de Devonshire. A la plunle.
Trois vaches dans une prairie, vues dans différentes positions. L'une, à droite, est vue de profil, la tête dirigée vers la droite; celle du milieu est
vue de face, s'avançant vers le premier plan ; celle de gauche se dirige vers la gauche, la tête retournée. Dans le bas, deux autres vaches de proportions plus petites; dans le haut, encore trois croquis de fragments de vaches.
Cette feuille a été gravée par Paul Pontius dans le Livre à dessiner (notre no 1229^^), avec quelques variantes que nous avons signalées à la page 26 du présent volume.
Le dessin a passé par les ventes Neyman (Paris, 1776, no 75g), Guillaume II (La Haye, i85o, n° 3oo). Dans cette dernière vente, il fut adjugé au duc de Devonshire pour la somme de 40 florins. Un dessin de composition identique figure dans le catalogue de sir Thomas Lawrence, n° 5j et dans le catalogue Malcomb (Londres, 1876, n° 587).
Photographie : A. Braun.
i585. Une Étable a Vaches.
Dans la vente Crozat (Paris, 1741, n° 822), on adjugea, à ij livres, un dessin de Rubens, représentant une étable à vaches, gravée par Bolswert (notre n"^ ii73) et quatre autres dessins de paysages.
Un dessin de Rubens décrit en ces termes: " Une étable vue à l'intérieur dans laquelle se trouvent deux vaches debout et une vache couchée; derrière elles, une femme. H. 22, L. 20 pouces " fut adjugé à 6 florins dans la vente Van der Marck (Amsterdam, 1773).
Le catalogue de sir Thomas Lawrence cite le même dessin sous le n° 58.
Dans la vente du roi Guillaume II (La Haye, i85o, n° 3o5), un dessin de Rubens représentant l'intérieur d'une écurie (étable?) fut adjugé à 100 florins.
Une Ecurie.
Le cabinet des estampes du British Muséum possède une lithographie non décrite, exécutée d'après un dessin attribué à Rubens, qui représente deux chevaux et deux hommes dans une écurie.
i586. Une Vue de Ferme.
Berlin. Musée royal, 1540.
A la plume lavé d'encre de Chine, le fond colorié en bleu. H. 25, L. 48.5.
Trois bâtiments de ferme, une habitation, une grange, une remise, tels que nous les trouvons encore disposés dans les campagnes du Brabant. Contre
l'habitation, un four; près de la grange, un chariot rusti(|ue à deux roues; dans la remise, un autre chariot à cjuatre roues. Le premier plan est uni; à gauche et à droite, un grand arbre dépouillé de ses feuilles; derrière l'habitation, deux ou trois arbres plus petits.
Le dessin est lestement croqué et porte bien le cachet de la réalité, rendue avec une habileté admirable.
Sur le dos du dessin, on lit l'inscription, qui nous parait être de la main de Rubens : De liocve byet riigJien- velt (La ferme près du Champs de seigle). On appelle Rag/ien velt, ou comme on l'écrit en orthographe moderne, Roggeveld, un endroit situé, à peu de distance d'Anvers, sur la route de Deurne à Wijneghem ; l'enseigne d'une auberge a conservé le nom jusqu'à nos jours.
La signature que porte le dessin dans le bas, à gauche, est ancienne, mais fausse.
Le catalogue de la vente Mariette (Paris, lyjS, n° 1012) mentionne la « Vue d'un Village de Flandres, au milieu duquel est une baraque en bois. ^ Dessin à la plume, lavé d'indigo, adjugé à 147 frs. Sous le n° ioi3, le même catalogue mentionne une ^ autre vue d'un Hameau de Flandres, où se voit sur le devant une rivière dans laquelle se trouvent plusieurs groupes d'animaux et cavaliers, à la plume et au bistre, lavé un peu d'indigo. ^ Adjugé à 40 livres i sou. Le fait que ces deux dessins, comme celui que nous venons de décrire et les deux suivants, étaient lavés d'indigo, nous porte à croire qu'ils font partie d'une même série, qui se distingue par le format anormal et par la particularité que le fond est teinté de bleu. Rubens ne s'est pas servi ailleurs de papier d'une largeur double de la hauteur, ni employé l'indigo dans ses dessins.
Photographie: Anon3'me.
Voir planche 42g.
1587. Une Vue de Ferme.
Vienne. Collection Albertine, 587.
A la plume lavé d'encre et de couleur bleue. H. 25, L. 49-5.
Au milieu du dessin, l'habitation du fermier; à droite, la grange ; a gauche, le puits d'eau, et des arbres derrière une palissade. Près du puits, deux domestiques donnant à boire à deux chevaux, sur l'un desquels un valet est
assis. Contre la palissade, une femme assise et un paysan debout. Devant la maison, une charrette rustique.
Le dessin porte la signature apocryphe Brughel. La facture est absolument la même que celle du dessin précédent et ne rappelle d'aucune manière celle du vieux Pierre Breughel ni celle de Jean Breughel de Velours. La signature a été évidemment inscrite sur le dessin par un propriétaire, cherchant à mettre sous un nom connu le travail d'un auteur douteux. Non seulement la facture du présent dessin est identique à celle du précédent, mais le choix du sujet offre une analogie frappante ; même la dimension du papier est absolument semblable. Si donc le paysage du musée de Berlin appartient à Rubens, celui de l'Albertine ne peut lui être contesté. Reste la question de savoir si tous deux n'appartiennent pas à un maitre anversois inconnu. Nous ne nierons pas que la chose soit possible ; la main de Rubens n'y a pas laissé d'empreinte indiscutable, mais il n'existe pas de motifs suffisants pour lui enlever la paternité du présent travail, pas plus que pour lui contester celle du précédent et du suivant.
Photographie : Angerer.
i588. Une Cour de Ferme.
Dresde. Musée.
A la plume, lavé de couleur bleue. H. 19, L. 5i.
Paysage où l'on voit cinq bâtiments rustiques ; deux ou trois habitations, une grange, une remise. Au milieu, une citerne avec le seau à puiser suspendu à une perche, qui est attachée à une pièce de bois basculant sur un arbre terminé en forme de fourche. A droite, un paysan conduisant des porcs et un autre accompagné d'un enfant et d'un chien.
De même facture que les deux dessins précédents, et lavé de couleur bleue comme ceux-ci. Ici encore le papier par le format et les dimensions anormales se rapproche beaucoup de celui des deux paysages que nous venons de décrire.
Photographie: Anonyme.
i58g. Les Moissonneurs.
Londres. British Muséum.
A la plume lavé de bistre. H. 23, L. 36.
Dans un champ de blé, dix moissonneurs, hommes et femmes, travaillent
3oo
à couper les épis de blé et à les lier en gerbes. Au milieu de la plaine, au premier plan, un arbre, deux autres à droite. Dans le fond, sur la hauteur, un château fort et des maisons de villageois.
Le dessin est d'une facture vive et sommaire, différant considérablement de celle des trois paysages précédents; les travailleurs ont une grande variété d'attitudes et sont admirablement mouvementés.
Il a été acquis en i858.
Photographie: Praetorius.
iSgo. Une Étude d'Arbres.
Paris. Lou\Te, 2028g. Dessins exposés, 56i.
Aux crayons noir et blanc, avec quelques touches de pastel sur papier gris bleu. H. 69.5, L. 49.
Un groupe de sept arbres, au premier plan, dont l'un est cassé et tombé en travers d'un ruisseau. Près de là, un léger pont traverse le même cours d'eau. Dans le fond, des bouquets d'arbres. Ceux du premier plan sont dessinés avec soin en détail, leur tronc est tordu, contourné et svelte, comme on en voit souvent dans les paysages de Rubens et de Luc Van Uden, son collaborateur. Le groupe forme un site sauvage; l'enchevêtrement de la végétation et le jeu de la lumière sont rendus avec autant de vigueur que d'aisance.
Le dessin fut adjugé dans la vente Mariette (Paris, 1775, n° 998), avec une figure d'homme (n° 999), à 12 livres.
Photographie: A. Braun.
1591. Une Étude d'arbres.
Paris. Louvre. 20212.
A la plume sur crayon. H. 58. 1, L. 48.6.
Au premier plan, un terrain ravagé, jonché de feuilles et de branchages. Sur une crête abrupte qui émerge d'une pièce d'eau, deux arbres, aux troncs tordus et mutilés, étendent furieusement leurs branches dénudées. Dans le fond, de l'autre côté de l'eau, des arbustes et des roseaux. Site sauvage, nature désolée comme si un ouragan avait passé par là.
Photographie : A. Braun.
3oi
i5g2. Une Étude d'Arbres.
Le catalogue de la vente Mariette (Paris, lyyS) mentionne sous le n° ggy: " Une étude de broussailles et troncs d'arbres, faite d'après nature, avec beaucoup d'art et de vérité, et lavée en couleurs, portant 2 pieds de largeur, sur 18 pouces de hauteur sous glace. » Adjugé à 120 livres.
T5g3. L'EscuRiAL.
Dans une lettre, écrite le i5 mars 1640 et que nous avons publiée dans un volume précédent (Tome IV, p. 385-387), Rubens fait connaître à Balthasar Gerbier qu'il a dessiné le palais de l'Escurial sur les lieux et que ce dessin a servi de modèle au peintre Pierre Verhulst pour exécuter divers tableaux de ce bâtiment.