Diane et Calisto. Photographié par A. Braun
603. Diane et ses Nymphes surprises par les Satyres. Nous avons revu le tableau après sa restauration. Il est entièrement de la main de Rubens, mais il a beaucoup souffert et a probablement subi plus d'un nettoyage fâcheux.
604. La Mort de Didon. Adolf Rosenberg (Kunstchronik, 1889-1890, p. 263) croit pouvoir identifier ce tableau avec une Cléopâtre mourante, appartenant au roi de Prusse et exposée à Berlin, en i8go. Selon cet auteur, ce dernier tableau parait être un travail de la main de Rubens. Il est loin d'être attrayant, dit-il, et n'est terminé que dans le modelé du visage, du cou, du sein et des bras, qui sont d'une facture magistrale , tandis que la draperie et le fond ne montrent qu'une première couche de peinture grossière. Les carnations déjà couvertes de la pâleur de la mort de cette femme grasse, ayant depuis longtemps dépassé la jeunesse, prouvent que seul le maitre pouvait atteindre le degré de perfection exigé pour rendre supportable et même admirable un sujet si repoussant.
5o6. Erichtoniiis dans sa corbeille. Gravure sur bois par Scheu, dans W. Bode : Liechtensteinsche Galerie.
6 10=*. Fanne pressant une grappe de raisins.
Vienne. Galerie Lieciitenstein, 523.
Panneau. H. 40, L. 3i.
Un satyre, coiffé d'un bonnet rouge orné de trois plumes, l'une blanche, l'autre jaune, la troisième bleue, presse des raisins dans la main. A côté de lui, un enfant ouvre la bouche pour recueillir le jus. Un petit satyre, à droite, mange des raisins ; une tigresse allaite trois jeunes.
C'est une petite pièce, moitié esquisse, moitié travail terminé, qui, par sa composition, concorde en grande partie avec le tableau de Dresde gravé par Vorsterman (n° 610). Le catalogue de la Galerie Liechtenstein l'attribue à Jordaens. Elle ne rappelle d'aucune façon la manière de cet artiste, mais bien plutôt celle de Rubens et semble être une œuvre de l'époque italienne du maitre.
611. Faune tenant une corbeille de fruits et Satyresse. Photographié par Loewy.
Tome II, page g5. Faune ivre dans une grotte. Vienne. Musée de l'Académie des Beaux-Arts. A ajouter: ^ N° ySô. Toile. H. i58, L. 217. "
6i2. Ganymède reçoit d'Hébê la coupe des Dieux. Dans une pièce de vers intitulé: '^ Ad Clarissimum et Ornatissimum virum D. Petrum Rubenium Principem pictorum hujus sévi - et composée entre i5ii et i6i3, Dominicus Baudius décrit, en ces termes, un exemplaire du Ganymède de Rubens :
" lUic Ephebum raptat uncis unguibus
Jovis satelles et minister fulminis.
Puer pavens anhelat exanguis metu,
Trepidare visus, at canes latratibus
Auras fatigant, et suum spectant herum
Ululante questu. Nescit haec Pius pater (i). -^
614. Les trois Grâces. Dans le tableau du musée de l'académie, à Vienne, comme dans celui de Stockholm, les figures sont de la main de Rubens, les fleurs de celle de Jean Breughel. Les deux pièces datent de 1620 environ.
61 5. Les trois Grâces. Le tableau a encore été gravé par Testi.
620. Hercule et Omphale. Une copie du tableau se trouve au musée de l'académie des Beaux-Arts, à Vienne, n° 346 (Panneau. H. 74, L. 5S).
Un tableau traitant le même sujet fut adjugé dans la vente sir Thomas Lawrence (Londres, i83o), à i5o livres i3 shellings.
636. La Tête de Méduse. La peau est d'une pâleur livide, aux nuances fauves et bleuâtres; les yeux sont injectés de sang, les narines et la bouche en sont teintés, le cou en est inondé. Les vipères se tordent autour de la tête, l'une d'elle mord le front, deux autres se mordent mutuellement; des araignées et des lézards courent sur la terre. L'effet de la lumière qui frappe la face est saisissant.
Suivant l'inventaire de la galerie impériale de 1718, les animaux sont de la main de Snijders; après avoir vu le tableau, nous persistons â les attribuer à Jean Breughel. L'œuvre date de 1620 environ.
Dans ses Mémoires inédits, Constantin Huygens signale l'existence de ce tableau, vers i636, dans le cabinet de Nicolas Sohier, à Amsterdam (2). ■Photographie: Loewy.
(i) DOMINICI Baudii Pœmatiim nova editio. Liigd. Bat. God. Basson, 1616, p. SyS. (2) Oiid Holland. IX, 119.
537- La Chasse de Méléagre et d'Atalante. Photographié par Loevvy.
Une Chasse de Méléagre et d'Atalante, haute de 5 pieds, large de 12, aux figures un peu plus petites que nature, œuvre faible et lourde, fut exposée à Manchester en iSSy et appartenait alors à John W. Brett (1).
643. Méléagre et Atalante. L'exemplaire de la collection du duc de Marlborough fait actuellement partie de la collection de M. Rudolphe Kann, à Paris.
65o. Nymphes de Diane surprises par des Faunes. La gravure mentionnée sous le nom de Calzi a été exécutée par Gazzadi, d'après un dessin de Calzi.
65o^. Nymphes remplissant la Corne d'abondance.
La Haye. Musée, 198.
Panneau. H. 67.5, L. 107.
Une Faunesse toute nue, assise au milieu du tableau, remplit de fruits une corne d'abondance qui est tenue par une Nymphe, assise plus haut. Un amour porte une corbeille de fruits ; un autre, rampant sur le sol, tient une figue fraîche; un troisième offre une pomme. Une Nymphe, vue de dos, cueille des pommes ; une autre porte une manne de fruits appuyée sur la hanche ; une troisième un panier de fruits sur la tête. Un amour, aux ailes de papillon, fait tomber une pomme, un Faune perché dans l'arbre jette des fruits que deux Nymphes recueillent dans leur robe étendue. Une dernière Nymphe ramasse des fruits. Dans le fond, deux Satyres et cinq Nymphes regardent Hercule terrassant Acheloiis sous la forme d'un taureau.
Les figures sont de la main de Rubens, mais ont souffert par le nettoyage et ont perdu leurs glacis d'un blanc tendre ; les chaudes nuances de la carnation rosée, aux modelés d'un gris bleuâtre, ont été conservées. Une des Nymphes, la tête dans la pénombre, restée inaltérée, est fort belle. Par la disparition des glacis, le travail de Rubens a gagné un aspect de porcelaine qui le fait rassembler à une œuvre de Henri Van Balen, sous le nom duquel le tableau est mentionné dans le catalogue du musée. Le conservateur actuel, A. Bredius, l'a fait remettre sous le nom de Rubens, auquel il était attribué jadis. L'œuvre est de la même date que Adam acceptant d'Eve le fruit défendu du même musée (notre n° 97), c'est à dire de 1620 environ.
653. Nymphe, Faune, Faunesse et Génies récoltant des fruits. Le tableau n'est pas fort beau, mais il est de la main de Rubens. Sur les figures du milieu
(i) BURGER: Trésors d'Art en Angleterre, p. 186-187.
tombe une lumière claire et des ombres bleuâtres ; le Faune à droite est brun; la Nymphe sur le devant est mal dessinée et porte une draperie rouge sur les genoux. Le tableau date de 1612 à i6i5. Photographie: Heinrich Daseking.
654. Nymphes, Satyres et Tigres dans un paysage. Il est assez probable que le tableau, offert en vente à sir Dudley Carleton, est celui que Varin grava pour la galerie d'Orléans (notre n° 65i), Pan et Syrinx avec trois Tigres.
656. Nymphes qui se baignent. Le tableau de la Galerie de Sans-Souci, à Potsdam, nous paraît un pastiche rubénien habile du XVIII^ siècle. Bode le regarde comme un travail original, agrandi et repeint au siècle dernier (i).
667. Persée et Andromède (Andromède). Bode fait observer que VAndromède du musée de Berlin est une étude pour la Minerve du Jugement de Paris (notre n" 663) et pour la figure de femme dans le Persée et Andromède du musée de Madrid. Il est de fait que les trois figures sont analogues par la pose et par la facture.
Gravé par W. Unger ; Photographié par un anonyme.