JOB RÉTABLI DANS SES BIENS
Face postérieure des volets.
Nous ne connaissons les deux dernières compositions que par la mention de Mois, que nous reproduisons.
Le triptyque fut commandé à Rubens, en 1612, par la confrérie des musiciens, à Bruxelles, pour leur autel dans l'église de St. Nicolas. Il fut achevé en i6i3 et payé i5oo florins. Il était admiré de tous les amateurs. Le grand-duc de Toscane, peu avant le bombardement de lôgS, en fit offrir, dit-on, 3o,ooo florins ; il voulait, en outre, faire rebâtir en marbre l'autel des musiciens et y faire placer une copie du triptyque, peinte par le meilleur maître de l'époque. La confrérie refusa d'aliéner son retable.
Voici ce que Mois dit de ce triptyque (i) :
" i6i3. — Le fameux tableau de St. Job sur le fumier, dans l'église de St. Nicolas de Bruxelles. Ce tableau étoit compté pour un des chefs-d'œuvre de Rubens. Il étoit à volets. Le grand tableau représentoit le saint patriarche assis sur le fumier, élevant une main vers le ciel et s'Ôtant de l'autre le pus qui sortoit de ses plaies avec un morceau de pot cassé (2). D'un côté,
(1) MOLS : Annotations manuscrites sur Rubens. Bibliothèque royale de Bruxelles. Manuscrit
5725, fo 65.
(2) Dans la gravure de Krafft, Job e'iève une main et s'appuie sur l'autre C[ui est posée sur le fumier.
sa femme le provoquoit et de l'autre ses amis qui tâchoient de le consoler. Sur l'un des volets, on voioit un messager qui en grande hâte venoit annoncer à Job la destruction de ses biens, et sur l'autre on voioit Job livré à Satan qui le tourmentoit d'une étrange façon. Quand ces volets sont fermés, on voioit Job rétabli dans ses biens. Il étoit placé comme un riche seigneur et vieillard sur un perron, au bas duquel, d'un côté, on lui présentoit des fruits, et de l'autre, on lui amenoit plusieurs enfants. Le tableau étoit d'une telle force de coloris, d'une si grande expression de caractère que les descendants en parlent encore avec admiration.
V II fut fait pour la confrérie des musiciens qui ont ce saint pour leur patron. Il fut placé dans l'autel en i6i3, et Rubens reçut, pour prix de son travail, i5oo florins en huit paiemens, dont le premier fut fait en i6i3 et le dernier en 162 1.
T On prétend que l'archiduc Albert eut tant de goût pour ce tableau qu'il fit offrir 4000 florins pour l'avoir, mais les confrères trouvèrent moyen d'éluder ses offres avec honnêteté. Il en fut de même quand le grand-duc de Toscane P'erdinand vint dans le pays. Il fut tellement frappé de ces tableaux qu'il en fit offrir jusqu'à trente mille florins, de leur faire faire une copie du meilleur peintre du pays et outre cela de leur donner un autel neuf tout en marbre, r,
Mois, qui tira ces renseignements d'un catalogue des tableaux de Rubens, rédigé par Smeyers (Manuscrit 5733, f. i52), reproduit ailleurs (Manuscrit 5736, f. 7g) une annotation transcrite d'un ancien registre et conçue en ces termes :
« Par accord passé entre Rubens et la confrérie des musiciens de Bruxelles, il entreprit de leur peindre l'histoire du patriarche Job, pour leur autel dans l'église de Saint-Nicolas. Cette entreprise a été consommée en i5i2, car, en i6i3, il a reçu à compte, suivant l'accord, du premier payement fl. i5o ; en 1614, i5o ; en i6i5, i5o ; en i5i6, i5o ; en 1617, 3oo ; en i6ig, 3oo ; en 1620, i5o ; en 1621, i5o ; total i5oo florins, pour lesquels il avoit entrepris de peindre le tableau de St. Job, leur patron, avec les volets. «
Mois croit que ce registre a péri, avec le triptyque, en 1695.
Bellori signale le tableau comme une des bonnes productions de Rubens (i); mais il ne doit l'avoir connu que par la gravure d'un des volets par Vorsterman.
Dans une note sur les tableaux brûlés à Bruxelles, en 1695, Baert dit qu'il existe une copie de VHistoire de Job dans l'église d'un village près de Louvain. Des informations prises auprès de M. F. Wilrycx, curé de Wesemael,
(i) Bellori : Op. cit. I, 229.
le village en question, il résulte que, suivant la tradition de l'endroit, anciennement l'église de cette paroisse possédait un triptyque qui représentait l'histoire de Job et avait beaucoup de réputation. Malheureusement, il a péri dans un incendie. Actuellement, l'église possède une peinture de St. Job sans valeur artistique.
Dans l'œuvre de Rubens formé par Mariette et conservé au Cabinet des Estampes, à Paris, se trouve une gravure anonyme à l'eau-forte, représentant Job assis sur le fumier et fouetté de vipères par des diables à tête de monstres. A droite se trouvent sa femme qui, la main sur la hanche, l'invective et un ami qui le plaint. Dans le fond, sa maison est dévorée par l'incendie. Sous la gravure, on lit : 5. Joh propheta Wesemaliensis ecdesiœ patronus. La composition nous parait être de Rubens. C'est à faire croire que cette gravure reproduit le tableau qui jadis ornait l'autel de Wesemael.
Gravures: (le panneau central) V. S. 21, J. L. Krafift, d'après un dessin de Horst ; (le volet Job tourmenté par les diables) 17, Luc Vorsterman ; 18, Anonyme (A. Sweerts exe.) ; 19, Anonyme.
La gravure de J. L. Krafft a été faite d'après le dessin d'un artiste, que le graveur nomme Horst, mais qui, probablement, n'est autre que Nicolas Van der Horst, un peintre contemporain de Rubens.
La gravure de Vorsterman a été évidemment faite d'après un modèle modifié par Rubens. En effet, à en juger d'après l'estampe de Krafft, le panneau central avait en largeur les trois quarts de sa hauteur, le volet gravé par Vorsterman n'aurait donc dû avoir, en largeur, que les trois huitièmes de sa hauteur. Or la gravure mesure 3/ X 25 centimètres, c'est-à-dire que sa largeur est égale aux deux tiers de sa hauteur. Le modèle reproduit a donc été considérablement élargi. Il s'en suit aussi que les différentes reproductions, peintes ou gravées, de ce volet ont été faites, non pas d'après le tableau, mais pour ou d'après la gravure. Celle de Munich a exactement la largeur de l'estampe et est un peu moins haute. C'est probablement le modèle qui a servi au graveur.
Voir planche 3q.
i3o. DANIEL DANS LA FOSSE AUX LIONS.
Hamilton. Galerie du duc de Hamilton.
Toile. H. 229, L. 33o.
|aniel est assis dans la fosse, sur un rebord de la paroi, taillée dans le rocher. Il est nu, n'ayant qu'un linge blanc autour des reins et un manteau rouge sous lui. Les jambes sont croisées, les mains jointes élevées à la hauteur de l'épaule, la tête tournée vers le jour. On lit l'angoisse dans ses yeux et dans sa pose ; le geste éloquent de ses mains exprime le désespoir suppliant. Autour de lui sont groupés sept lions et deux lionnes, partie couchés, partie debout. Les bêtes féroces ne touchent point le prophète et semblent ne pas remarquer sa présence. Une seule, la plus rapprochée de lui, ouvre la gueule et montre ses crocs. Sur le devant du tableau, une tête de mort et des ossements humains sont éparpillés.
Selon Waagen, la couleur n'est ni brillante, ni exagérée, mais plutôt d'un ton assourdi (i).
Ce qui est surtout admirable, c'est le groupe des animaux et chacun d'eux en particulier. On y voit l'étude consciencieuse que Rubens avait faite de ces fauves. Leur attitude au repos, leurs mouvements, leur expression, tout est rendu avec une vérité et une vie extraordinaires.
Le tableau fut offert, au prix de 5oo florins, par Rubens à Dudley Carleton. Il figurait sur la liste que le peintre envoya au diplomate, en 1618 (2). Ce dernier l'acheta et en fit cadeau au roi d'Angleterre. Il est porté sur le catalogue de la galerie de Charles I, avec la remarque qu'il fut présenté au roi par Lord Dorchester, c'est-à-dire par Dudley Carleton (3). Il passa ensuite dans la galerie des ducs de Hamilton et fut vendu le 17 juin 1882, Au moment de l'adjuger, le directeur de la vente annonça qu'un tableau, entièrement conforme à celui-ci, se trouvait dans l'église de Godshill, près de Ryde, dans l'ile de Wight. M. Becket Denison en devint acquéreur, au prix de 4900 guinées. Après sa mort, arrivée peu de temps après, le tableau fut vendu chez Christie, à Londres, et adjugé à son ancien propriétaire, le duc de Hamilton, au prix de 2000 guinées.
(i) Waagen : Treasw-es. III, 297.
(2) Voir plus haut, p. 8.
(3) A Catalogue and Description of king Charles the Firsfs capital collection of Pictitres etc. from thc original M. S. in the Ashmolean Muséum at Oxford. London, lySy.
A l'occasion de la vente Hamilton, l'on agita dans les journaux et revues la question de savoir lequel des deux exemplaires, celui du duc écossais ou celui de l'église de Godshill, était authentique (i). Ce débat resta sans résultat, aucun critique autorisé et connaissant les deux ouvrages n'y étant intervenu. Il y a tout lieu de laisser au tableau de Hamilton palace la réputation d'originalité dont il a joui pendant si longtemps.
Gravures: V. S. 72, W. De Leeuw ; 73, R. Streater ; 74, Anon. {A. Blootelingh exe.) ; jS, Locatelli d'Alvisopoli, 1834 ; 76, Francis Lamb ; 77, W. Ward.
Dans la gravure de De Leeuw, on remarque quelques changements dans le fond ; sur le devant, les ossements humains manquent. Dans celle que Blootelingh publia, on n'aperçoit que le prophète et les quatre lions les plus rapprochés de lui. Dans celle de Locatelli, la pose de Daniel diffère ; le prophète lève une main et s'appuie sur l'autre.
La collection Albertine de Vienne (n° 499) possède une feuille d'études sur laquelle Rubens dessina dix lions dans différentes attitudes. Sept de ces lions furent utilisés dans la présente composition. Blootelingh a gravé en quatre et Hollar en deux feuilles, la plupart des lions qui figurent dans ce tableau, mais ils les ont autrement disposés.
La National Gallery de Londres possède le dessin de la Lionne vue par derrière, qui se trouve dans l'étude de l'Albertine et dans le tableau. Voir planche 40.
i3oï"s. DANIEL DANS LA FOSSE AUX LIONS.
Esquisse du nume'ro précédent.
|ans la vente de Jacques de Roore, La Haye, 1747, une esquisse de Daniel dans la fosse aux lions fut vendue 320 florins. Elle mesurait 17 pouces (44.5 cent.) de hauteur sur 22 1/2 (64 cent.) de largeur. Un dessin représentant ^ Daniel dans la fosse aux Lions, à la pierre noire et à la sanguine, lavé et rehaussé j^ parut dans la vente de Gérard Hoet, tenue à La Haye, le 25 août 1760. Suivant le catalogue de la vente, le dessin, provenant du cabinet Ter Smitten, a été gravé. Il fut acheté par Rottemont, au prix de 80 florins.
(i) Voir L'Art. Paris, 1881. II, 245; 1882. III, 33, 93.
i3i. SUSANNE ET LES VIEILLARDS.
Madrid. Musée de l'Académie des Beaux-arts. Panneau. H. lyS, L. 225, environ.
gauche du tableau se voit une fontaine, ornée d'un dauphin monté par un génie, qui jette l'eau dans une vasque, d'où elle retombe dans un bassin. Susanne est assise sur son manteau de velours rouge. Elle a détaché son linge blanc, qu'un des vieillards prend des deux mains et cherche à enlever, tandis que Susanne le retient. L'autre personnage lubrique porte la main au dos de la femme nue et enjambe une balustrade, qui le sépare d'elle. Le premier des vieillards, vêtu d'une robe bleue, a des cheveux gris et un visage de satyre ; le second, aux cheveux crépus, porte une robe de dessous de couleur mauve et une robe de dessus jaune.
A travers la balustrade, on voit un paysage et à côté de l'estrade, sur laquelle Susanne est assise, une partie de pavement en mosaïque.
La peinture se distingue par une puissance rude : le corps de Susanne est lourd et disgracieux ; toutes les ombres sont opaques et brunes, les draperies grossièrement brossées. Tableau d'atelier, retouché par Rubens.
Photographie : J. Laurent.
i32. SUSANNE ET LES VIEILLARDS.
Tableau inconnu.
USANNE est assise sur un banc de pierre, formant le bord d'un grand bain, dans lequel on descend par trois marches. Sur le banc sont déposés son vêtement, son peigne et le cordon qui retenait sa chevelure. Sur les degrés de l'escalier se trouvent ses joyaux et un vase à parfums. Elle s'est déshabillée et a mis le pied dans l'eau ; ses cheveux dénoués lui retombent par-dessus le front ; elle croise les jambes et se couvre les seins de ses mains ; sur ses genoux s'étend une légère draperie. L'un des deux vieillards lubriques, la tête couverte d'un capuchon, cherche à lui enlever ce linge et contemple, avec un sourire d'appétit sensuel, le torse charnu de Susanne. L'autre vieillard, la tête nue, se penche et porte la main sur les seins de la baigneuse. Le fond est formé par un mur sombre et par une
échappée de vue sur le paysage. A droite, l'eau d'une fontaine tombe dans une vasque, d'où elle déborde dans le bassin.
La composition, pour autant que la gravure permet d'en juger, est fort réussie. Le groupe s'agence heureusement, l'appétit impudique des vieillards est bien rendu. Susanne est une fort belle femme, quoique de proportions trop rubéniennes. Sa crainte devant les entreprises de ses amoureux ne la trouble pas outre mesure.
Nous n'avons pas rencontré le tableau gravé par Vorsterman. Le musée d'Orléans en possède une copie moderne.
Gravures: V. S. 84, L. Vorsterman, 1620. (Dédicace: Lectissimse Virgini Annas Roemer Visschers illustri Batavise sijderi, multarum Artium peritissimae, Poetices vero studio, supra sexum celebri, rarum hoc Pudicitiae exemplar, Petrus Paulus Rubenus L. M. D. D. Cum privilegiis Régis Christianissimi, Principum Belgarum, et Ordinum Bataviae.) 85, J. Facnion ; 85, J. V(an) S(omer) ; 87, J. Simon ; 88 et 8g, Anonyme (Clément de Jonghe, J. C. Visscher ou Rombout van den Hoeye exe).
La moitié de cette dernière planche est occupée, dans le fond, par un château et, sur le devant, par un chien, un coq et des poules. La partie ajoutée est l'œuvre absolument ridicule du graveur anonyme.
La gravure de Vorsterman est une de celles que Rubens mentionne dans sa lettre à Pierre Van Veen du ig juin 1622. Il dit qu'il la range parmi les meilleures qui eussent été faites d'après lui (i). Les inscriptions de cette estampe sont remarquables à différents points de vue. Elles nous apprennent que le tableau fut fait avant 1620 ; que Rubens était lié avant cette date avec Anna Roemers Visscher et que, pour cette gravure, il obtint des privilèges du roi de France, d'x\lbert et Isabelle et des Etats-Généraux des Pays-Bas. Quant à dédier à une femme ce tableau fort peu réservé et à le recommander comme exemple d'une rare pudicité, quelques fussent les talents artistiques et poétiques d'Anna Roemers Visscher et quelque haut qu'elle fût placée au-dessus du niveau intellectuel de son sexe, il fallait des mœurs bien difficiles à effaroucher pour que Rubens pût agir et parler ainsi sans manquer aux convenances.
Le 28 avril 1618, Rubens offrit à Lord Dudley Carleton, en échange de ses marbres antiques, " Une Susanne faite par un de ses élèves, mais retouchée entièrement de sa main, haute de 7 pieds, large de 5 pieds ^.
(i) RUELENS : P. -P. Rubens. Documents et lettres. P. 83 et 143.
Ce tableau, évalué par l'artiste à 3oo florins (i), fut acquis par lord Dudley Carleton. Vu la date où Vorsterman grava sa planche, on peut présumer qu'il travailla d'après cette peinture.
Hookham Carpenter affirme qu'une représentation de ce sujet par Rubens, de dimensions à peu près semblables, figurait jadis dans Houghton Collection. Il ajoute, ce qui est inexact, qu'elle se trouve actuellement à St. Pétersbourg.
i33. SUSANNE ET LES VIEILLARDS.
Stockholm. Musée, 596. (?) Panneau. H. 221, L. 214.
droite du tableau se trouve une vasque, dans laquelle un amour sculpté verse de l'eau, qui déborde dans un bassin. Susanne est sur le point d'entrer au bain ; elle est assise d'une jambe sur un trépied, tandis que l'autre est appuyée sur le sol. Une draperie rouge et un tissu blanc glissent à côté d'elle. L'un des vieillards, la tête coiffée d'un bonnet de velours, la regarde fixement et enlève le linge qui la couvre encore en partie; l'autre, au crâne chauve, attire également le linge à lui et touche le dos de la jeune femme. Celle-ci est peu alarmée de ces privautés ; elle retourne la tête vers les vieux impudiques et se couvre les seins de ses mains croisées. Dans le fond, le berceau de verdure que Rubens a placé dans plusieurs de ses tableaux et un pavillon en pierre de taille.
Le tableau du musée de Stockholm est une copie, ou bien, si l'ouvrage est original, il a été entièrement repeint, après avoir été énergiquement frotté. Il provient de la collection de Gustave III.
Gravures : V. S. 90, Pontius, 1624 ; g3, Michel Lasne (même dédicace à Anna Roemers Visscher que sur la Susanne de Vorsterman; 92, même planche, avec une inscription française.
Photographie : Joh. Jaeger.
La gravure de Pontius reproduit à peu près exactement le tableau de Stockholm ; seulement celui-ci est écourté dans le haut. Par contre, il est plus développé du côté du berceau. Il est à peu près carré, tandis que la gravure est sensiblement plus haute que large. Dans le fond, la gravure diffère quelque
(i) Una Susanna fana de un mio discipolo pero ritocca de mia mano tutta. Fiorini 3oo. 4,5 W. Hookham Carpenter: Op cit. P. 174.
peu du tableau. Le perroquet, qui, dans ce dernier, est perché sur le bord de la vasque, manque dans la gravure. D'autres variantes se remarquent dans le fond.
Suivant M. H. Hymans, Michel Lasne grava d'après Rubens de 1617 à 1620. Ce fut donc lui qui, le premier, reproduisit la Susanne et le tableau date de cette époque (i). Son travail présente, dans le fond, des différences considérables avec la gravure de Pontius et avec le tableau de Stockholm. Il représente le vieillard au bonnet de velours posant une main sur l'épaule de Susanne et enlevant seul le linge.
Une composition semblable, sauf quelques variantes dans le fond, reproduisant à peu près complètement l'estampe de Lasne, a été gravée par Quirin Marx, d'après un dessin, appartenant, à cette époque, au prince de Galitzin (V. S. 91).
Le Louvre possède un dessin (Dessins n° 20217) de la main de Rubens, représentant Diane au bain. Dans cette composition, une des nymphes est entièrement conforme à la Susanne de la présente composition. Voir planche 42.