L'IMMACULÉE CONCEPTION
Tableau inconnu.
|a Vierge, une couronne sur la tête et un sceptre dans la droite, est debout sur le globe terrestre et écrase de son pied la tête du serpent. Sur le bras gauche, elle porte l'enfant Jésus qui, dans une main, tient le globe surmonté d'une croix et soulève l'autre, avec un geste et une expression de joie enfantine. La tête de la Vierge et celle de son enfant sont entourées de rayons. Marie est vêtue d'une tunique, sur laquelle est drapée un ample vêtement qu'elle retient de la main qui porte l'enfant.
(i) MOLS : Manuscrit cité, n^ SySS, f. 461, et n" 5733, f. 04.
(2) Catalogue de la plus précieuse collection d'Estampes de P. P. Rubens et dA. Van Djrck qui ait jamais existée. Le tout recueilli par Messire Del-Marmol. (Bruxelles) 1794.
Gravures: V. S. g, Matthias Borrekens (Dédicace: Venerandse Admodum et Religiosas Dominse Marise Parys Celeberrimi Monasterii SS. Trinitatis, Vallis Ducissse prope Audergem Ordinis S. Dominici Priorissse ac Dominse longe digniss. Mart. vanden Enden D. C. qui et excudit 1644) ; 10, M. Borrekens (le globe est remplacé par un piédestal).
L'Immaculée Conception.
Nous avons rapporté que, au dire de Pacheco, Rubens peignit, en 1628- 1629, une Immaculée Conception pour don Diego Megia qui lui portait beaucoup d'amitié (i). En admettant le fait comme vrai, nous ignorons ce que ce tableau est devenu.
Il se peut que ce soit le même qui fut donné à Philippe IV par le marquis de Leganès et qui, en i635, ornait l'autel de l'oratoire de Sa Majesté, à l'Alcazar de Madrid (2). L'inventaire des collections royales, rédigé en cette dernière année, attribue ce retable à Rubens et nous permet d'y reconnaître le même tableau qui s'est longtemps trouvé à l'Escurial dans l'anté-sacristie ou dans les appartements du prieur (3).
Dans la première moitié de ce siècle, il fut transféré au musée royal de Madrid. Les catalogues de cette galerie, publiés en 1843 et en i858, le citent encore comme une oeuvre de Rubens, tandis que les éditions postérieures de ce livre l'attribuent à Érasme Quellin. Cruzada Villaamil, ignorant ce changement, le mentionne parmi les œuvres perdues de Rubens.
Le tableau du musée de Madrid (n° i537) est-il réellement d'Erasme Quellin ? Nous ne l'affirmerons pas ; mais il nous parait impossible que Rubens l'ait fait de sa main en 1628-1629.
Waagen et Clément de Ris (4), qui l'ont vu, lorsqu'il se trouvait encore sous le nom de Rubens, en font un grand éloge. Le dessin a effectivement un mérite réel, mais le coloris est faible.
(i) Voir plus haut, p. i3i, et CRUZADA ViLLAAMIL : Op. cit., p. 143.
(2) Cruzada Villaamil : Ibid, p. 3o8.
(3) FR. de LOS SanTOS : Descripcion del real Monasterio de San Loren^o de Escorial. Madrid, 1698, f. 78. — PalAMINO VELASCO y FR. DE LOS SanTOS : Las cividades, Iglesias
y conventos en Espana. Londres, 1746.
(4) Waagen : Kleine Schriften, p. 265-266. — CLÉMENT DE RiS : Le musée royal de Madrid, p. m.
La composition se rapproche beaucoup de celle qui fut reproduite par Schelte a Bolswert ; mais elle en diffère par des détails essentiels. Ainsi, dans l'œuvre gravée, les anges et le serpent ne tiennent aucun objet ; dans le tableau du musée de Madrid, l'un des anges porte une couronne, l'autre une palme, tandis que le serpent mord dans une pomme.
Pacheco a donc commis une erreur, en affirmant que Rubens a fait une Imfnactdée Conception pour don Diego Megia, ou bien ce tableau s'est perdu.