L'ÉDUCATION DE LA VIERGE
Tableau brûlé.
|l y avait jadis à l'église des Carmes chaussés, à Bruxelles, une Education de la Vierge, placée au retable de l'autel des procureurs. On prétendait que c'était le premier tableau peint par Rubens pour la ville de Bruxelles. Les figures étaient de grandeur naturelle et le sujet différait peu de celui qu'on voyait aux Carmes déchaussés à Anvers (i).
Une note de Baert, bibliothécaire du marquis de Chasteler, énumère ce tableau parmi ceux qui périrent lors du bombardement de Bruxelles, en lôgS. L'auteur de la note croyait le tableau gravé.
S'il en était ainsi, ce ne pourrait être que le modèle de la gravure de Corn, van Caukercken. Elle représente Ste. Anne assise, les yeux levés au ciel, tenant, dans la droite, la main de sa fille et posant le bras gauche sur l'épaule de la Vierge. Celle-ci est debout, regardant le spectateur, et ressemble beaucoup à la jeune Marie du tableau d'Anvers. Sur un des côtés de la
(i) MOLS : Notes manuscrites. SySS, f. 459.
composition, les roses grimpantes fleurissent ; de l'autre, on voit deux colonnes, auxquelles est attaché un rideau qui occupe la partie supérieure du tableau.
Gravures : V. S. i5, C. van Caukercken ; i5, Petr. Schenk ; 17. N. Pecoul.
Le cabinet des Estampes de la bibliothèque nationale de Paris possède une épreuve de l'estampe de van Caukercken retouchée par Rubens.
Il existe une gravure non décrite et anonyme éditée par Nicolas Le Cat, où Ste. Anne et la Vierge sont les mêmes que les figures correspondantes de la gravure de van Caukercken. La seule différence est que, dans la première estampe, la Vierge jette les yeux sur un livre posé sur les genoux de sa mère. Les fonds diffèrent également : dans la gravure anonyme, on ne voit ni colonnes ni rideau ; mais, dans le haut, deux anges tiennent une couronne et répandent des fleurs.
L'Education de la Vierge.
Vienne. Galerie du prince de Liechtenstein, 122 {n° 196 du catalogue). Esquisse. Panneau. H. 64, L. 49.
Marie est debout devant sa mère qui lui pose une main sur la tête. St. Joachim lève les yeux au ciel en montrant sa petite-fille, comme s'il voulait la vouer au Seigneur. Un grand ange aux ailes étendues se tient derrière la Vierge ; cinq petits anges, avec ou sans ailes, se trouvent près des personnages, deux autres planent dans les airs. Le ton est d'un gris fin.
Le travail me paraît être attribué erronément à Rubens ; la touche et le dessin trahissent plutôt la main de Van Dyck.
Sainte Anne cl la Vierge.
Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers. (Voir n° 20.)