‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 23 sur 213 · L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

L'ENFANT PRODIGUE

NarFord. Collection Fountaine.

Panneau. H. 145, L. 92.5.

|e tableau représente l'intérieur d'une étable dans laquelle se trouvent, à droite, deux chevaux, l'un gris, l'autre brun, et, au milieu, plusieurs vaches, dont la plus rapprochée du spectateur est couchée à terre. Une grande variété d'objets propres à l'étable sont dispersés dans la place. Trois hommes se trouvent près des chevaux : l'un deux parait occupé à la crèche, le second a un chandelier à la main, un troisième garnit le râtelier de fourrage.

L'enfant prodigue se trouve à gauche, près de l'entrée de l'étable, s'appuyant sur un genou, les mains placées sur la poitrine et regardant avec une expression suppliante une servante qui, près de lui, nourrit des pourceaux. Ces animaux se précipitent avec ardeur vers l'auge.

Derrière ce groupe se voit un chariot près d'une ferme et deux hommes abreuvant des chevaux dans un étang. Le ton général indique un coucher de soleil.

Selon J. Smith, le tableau est peint avec un soin extrême et une grande préoccupation des détails ; les animaux sont correctement dessinés et possèdent leur caractère naturel. Mais le grand charme de l'ouvrage consiste dans l'expression dramatique et pathétique de l'enfant prodigue, dont la pose, la contenance et les gestes marquent énergiquement le repentir qui a envahi son âme (i). Reynolds trouvait que les couleurs manquent de variété (2).

(i) Smith : Catalogue II, 804; IX 2o5.

(2) Œuvres complètes du chevalier Josué Reynolds. Paris. 1806. II, 3o5.

Nous croyons pouvoir conclure de ces appréciations du tableau, que nous n'avons point vu, que les accessoires sont d'un aide de Rubens, probablement de Wildens, et que les figures seules sont du maître.

Le catalogue des tableaux délaissés par Rubens mentionne cette pièce sous le n" 169.

En 1771, elle était chez Mad. Spangen à Anvers (i).

En 1781, Joshua Reynolds la vit chez Pieters d'Aertselaer. Elle parut dans la première vente Stier d'Aertselaer (Anvers, 27 août 1817) et fut rachetée par le propriétaire, à 2760 florins ; dans la seconde vente Stier d'Aertselaer (Anvers, 29 juillet 1822), elle fut adjugée à Myin d'Anvers pour la somme de 3oio florins. John Smith, l'auteur du Catalogue raisonné, l'offrit en vente, en 1823-1824, au prix de 800 liv. st. En i83o, elle était la propriété de W. Wilkins ; elle fut vendue dans sa collection, en i838, au prix de 246 guinées, achetée par M. Farrer et vendue à André Fountaine à Narford.

Elle était chez ce dernier quand Waagen la vit vers 1854 ; il l'exposa dans l'Exhibition of works by old inasters, Londres, 1880.

Sir Thomas Lawrence possédait une belle étude à la craie de l'étable et des vaches de ce tableau (2).

Gravures: V. S. Suites. 52,5, S. a Bolswert.

La gravure de cette composition est toujours mentionnée parmi les grands paysages de Rubens, quoique la vue de la nature n'y occupe qu'une part minime. En réalité, c'est un sujet religieux placé dans un milieu rustique.

Voir planche 8g.

L'enfant prodigue.

Il existe une série de six planches représentant autant d'épisodes de l'histoire de l'enfant prodigue. Ces gravures se rencontrent avec l'inscription Theodor van Tulden inv. et fec. et, en sens contraire, avec P. -P. Rubens fec. Le nom de Rubens a été gravé postérieurement sur les n"^ i, 2 et 3 de la première série. Il est clair que l'apposition de ce nom sur chacune des deux suites a été faite en vue d'en faciliter le débit, pratique que nous avons encore vu se renouveler de nos jours. Ces planches sont évidemment de la

(1) Michel: Vie de Rubens, p. 36o.

(2) Smith : Catalogue. II, 804.

main de van Tulden et c'est à tort qu'on leur accorde une place dans l'œuvre de Rubans.

Gravure: V. S. 202, Th. van Tulden et Anonyme (P. v. d. Berge exe).

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