FRONTISPICE POUR « LART DECORATIF
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« N’cst-ce pas, écrit-il, se tailler une excessive besogne, que de dessiner et de peindre en grisaille, en grandeur naturelle, les motifs de mon ouvrage? C’est cependant le meilleur moyen pour arriver à faire une chose vraiment artisticiue et bien en proportion dans tous ses détails. »
La besogne n’était peut-être pas, comme il pouvait le penser, au-dessus de ses forces ; mais, pour la réaliser, il eût fallu s’y consacrer tout entier. Or déjà Galland n’était plus libre. II ne s’appartenait plus, il était pris dans l’engrenage, liientot sa famille, en s’accroissant, va lui créer encore, avec des charges et des joies nou- ^
velles, des devoirs nouveaux; et le temps qu’il consacrera à satisfaire un rêve généreux lui semblera un vol fait à ceux qu’il aime.
Ainsi, toutes ces belles et généreuses résolutions n’aboutirent /ju’à la composition de qiicl((ues modèles, à la confection de titres qui devaient servir de frontispices à ses divei’s cahiers d’ornements, à des esquisses tracées directement sur vingt-cinq pierres lithographiques, qui furent, un beau jour, reportées chez Lemercicr, et dont les dessins, demeurés à l’état d’indication, furent effaces pour faire place à d’autres. Si les procédés héliographiques, aujourd’hui si répandus, avaient alors été d’un usage courant, le projet de Galland fût devenu d’une réalisation j)resque facile.
Ce sont eux qui nous ont permis de conserver ici les trop rares feuillets sauvés de ce regrettable naufrage.
Mais n’est-il pas curieux qu’en ces années 1853 et 1851, qui marquent ses .
vrais débuts, nous voyions s’esquisser tous les événements qui auront par la suite une influence décisive sur la carrière de ce grand artiste?
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