‹ L'œuvre de P.-V. GallandChapitre 36 sur 54 · LK VOLEUR ÜE FRUITS · texte numérisé non relu

LK VOLEUR ÜE FRUITS

Peinture décorative.

iM. Dumas. Il plaidait toutefois les circonstances atténuantes en faveur des professeurs, qui ne pouvaient être rendus responsables des lacunes de leur éducation, puisque celle-ci ne les avait pas préparés à se rendre compte des exigences de l’Art Décoratif. « 11 n’en sera plus ainsi dorénavant, ajoutait-il, si la mesure soumise aux délibérations du Conseil est adoptée. »

La seule objection sérieuse fut soumise au ministre par AI. Lefuel. 11 signalait le danger qu’il y aurait à imposer aux diverses catégories d’élèves des épreuves uniformes; car, en raison même de la disparité des études, les capacités ne pouvaient être égales. 11 constatait que, dans un concours où le dessin de la figure constituerait l’élément principal, les architectes seraient infailliblement battus par les peintres ou par les sculpteurs, alors que, dans un concours où l’ornement dominerait, les avantages seraient en faveur des architectes.

M. Guillaume s’empressait de rassurer Al. Lefuel et de lui promettre que les concours seraient institués de façon à sauvegarder tous les intérêts. L’accord semblait donc parfait et le ministre « se félicitait vivement de l'accueil favorable fait par le Conseil au projet, dont le Directeur venait d’exposer les termes avec tant d’élévation, et dont l’opportunité se trouvait démontrée à ses propres yeux par la décadence des Arts Décoratifs ». Après cela, comment supposer qu’une décision si goûtée, si unanimement adoptée, échouerait misérablement ?

Alallieureusement, les ministres passent; les membres du Conseil supérieur se renouvellent; seuls les professeurs nommés à vie demeurent, et, dans l’enseignement comme dans le reste, le dernier mot appartient à ceux qui ne s’en vont pas.

(ialland l’apprit à ses dépens. Découragé par ces résistances qu’il .«entait ne pouvoir vaincre, il olfi il de nouveau sa démission, elle fut une seconde fois refusée. Plus tard, pour lui donner une sorte de compensation, un arrêté rattacha son cours h V Emeiijnemenl simullaiié des trois arts, mais sans qu’il obtînt les autres satisfactions qu’il réclamait et, par conséquent, sans que le nombre de ses élèves s’accrût beaucoup. Du reste, avec les années, il avait pris, en apparence au moins, son parti de cet abandon. 11 continua jusqu’à son dernier jour de faire, pour quelques disciples fidèles, ce cours dont les conséquences, s’il eût été plus suivi, auraient pu être si fécondes. Le matin même de sa mort, le Directeur de l’Ecole l’ayant informé qu’on lui réservait, dans l’hôtel de Chimay, un nouvel atelier, mieux installé et plus confortable que celui oü il avait professé jusque-là, recevait une lettre de lui, renfermant ces mots : « Tout est pour le mieux !» Il faut avouer qu’on ne pouvait guèi'e se montrer plus optimiste.

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