‹ L'œuvre de P.-V. GallandChapitre 37 sur 54 · TROPHEE EN GRISAIELE EXÉCUTÉ POUR LE « LIVRE DES MODÈLES · texte numérisé non relu

TROPHEE EN GRISAIELE EXÉCUTÉ POUR LE « LIVRE DES MODÈLES

GALLAND AUX GOBELINS. — LA DIRECTION DES TRAVAUX d’aRT, ALFRED DARCEL. — ENSEIGNEMENT ET APPLICATION.

LES EXAMENS DE LA SORBONNE ET CEUX DE LA VILLE DE PARIS. SUCCÈS A l’école des BEAUX-ARTS.

l’école de tapisserie. — COMMANDES IRRÉGULIÈRES. INSPECTION IMPOSSIBLE. — RETRAITE MOTIVÉE.

E qui achève de bien déterminer la nature et le caractère des obstacles auxquels devait se heurter fatalement ce qu’on pourrait appeler l’apostolat de Galland, et de démontrer clairement que ces obstacles tenaient à des causes variées et multiples, c’est ce qui SC produisit aux Gobelins, où cependant notre grand artiste n’eut, dans les premiers temps au moins, aucune mauvaise volonté à redouter, aucune opposition systématique à vaincre.

Nous avons constaté plus haut qu’il fallait rendre cette justice au IMinistère de l’Instruction publique, et à la Direction des Beaux-Arts qu’appréciant à sa juste valeur le mérite d’un maître si convaincu et si bien inspiré, ils n’avaient point fait les choses à demi. Non seulement Galland avait été pourvu d’un cours et d’un atelier à. l’Ecole de la rue Bonaparte, mais il avait été nommé membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts, membre du Conseil de perfectionnement des Manufactures nationales de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins, et, le 19 mars 1877, directeur des Travaux d’art dans cette dernière IManufacture.

Ce dernier titre conférait à Galland la haute main, au point de vue artistique, sur le tissage et la fabrication, fonction k la fois complexe et délicate. Le nouveau directeur était chargé notamment de surveiller le travail des artistes tapissiers et de s’assurer que, dans la traduction des cartons confiés à leur talent, ils ne trahissaient pas les intentions des peintres, dont ils étaient appelés à reproduire les ouvrages.

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L’OKLVRE F)E I\-V. (ÎALLAM).

On sent tout de suite (luelle expérience était nécessaire pour qu’un pareil contrôle pût s’exercer utilement.

A la Alanufacture des Gobelins, dont la production peut passer pour presque parfaite, cette délicate fonction exigeait, plus que partout ailleurs, une valeur personnelle incontestée, une autorité indiscutée et des connaissances spéciales, permettant de donner en temps opportun les avis qui peuvent remettre dans la bonne voie l’artiste sur le point de se tromper, et de conseiller utilement celui qui se trouve arrêté par des difficultés imprévues. En outre, le directeur des Travaux d’art avait à gouverner et à inspecter l’école de dessin annexée à la Manufacture. Cette double tâche lui fut, dans le principe, rendue relativement facile par un concours exceptionnel de bonnes volontés.

L’Administrateur alors en fonctions, notre ami regretté Alfred Darcel, ne se contentait pas d’être un archéologue d’un rare savoir. Il possédait un esprit exlrêmemer.t ouvert, amoureux du progrès, décidé à, bien accueillir toutes les réformes fécondes. Ennemi né de toute complication iiiutile, il cherchait, en outre, à mettre partout la paix et à faire prévaloir la raison. Le seul reproclic qu’on eût pu lui adresser, c’était peut-être de se montrer parfois trop conciliant et d’une bienveillance exagérée. 11 connaissait Galland de longue date, il l’aimait, il estimait comme il convient ses remarquables qualités. Le nouveau directeur des Travaux d’art ne fut donc contrecarré dans son service par aucune hostilité avouée ou latente. Bien au contraire, il fut encouragé, appuyé, soutenu. Pour mieux marquer qu’il était là chez lui, à demeure, on lui disposa même un magnifique atelier, qui porte encore son nom. Aussi les résultats de tant de bons procédés ne se firent pas attendre.

Habilement secondé pour le cours de dessin, par AI. Maillard, ancien prix de Home, et pour le cours d’architecture, par un élève de AI. André, AI. Cléret, qui avait lui-même suivi les leçons de Composition décorative à l’Ecole des Beaux- Arts; pouvant compter en outre sur l’absolu concours d’une administration sulfisamment armée vis-à-vis des élèves, Galland obtint un succès indiscuté; et l’Ecole, ainsi reconstituée, ne tarda pas à produire une pépinière d’artistes de très réelle valeur, et dans l’éducation desquels il n’y avait pas de place, cette fois, pour les malentendus.

Il s’agissait, en effet, de former — tout le monde était d’accord sur ce point — un personnel d’élite pour la Alanufacture. A côté de l’enseignement, on avait placé son application directe. La classe de dessin était le corollaire des ateliers de tapisseries.

Pendant une semaine, les élèves faisaient de l’ornementation, la semaine suivante de l’architecture, la troisième semaine de la perspective appliquée, puis de la géométrie descriptive appli{[uée, et de la figure également appliquée. Ce qui distinguait cet enseignement, c’est qu’il offrait toujours une application à l’appui de chaque étude, logiquement et pratiquement développée. Une pareille éducation ne pouvait manquer de porter d’excellents fruits.

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