‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 101 sur 216 · Gargantua · texte numérisé non relu

Gargantua

2. Cités par le D' Le Double, Rahehiis ditatomisle el physiologisle, p. 74.

temps, les écoles de médecine avaient cherché à vulgariser la science de Thygiène; si les escholiers et leurs régents sorbonagres n'en avaient qu'une teinture insuffisante, ce n'était pas la faute des médecins. — Dés le xiv^ siècle, Arnaud de Villeneuve avait recueilli, « déclaré et exposé » les principales règles d'hygiène de l'Ecole de Salerne. Elles étaient résumées en hexamètres latins, dans un livre qui fut populaire dans les écoles de médecine du moyen-âge : le Rfs^inicn Saiiitatis, ou Ri-giiiicn Salcrnitautim. En 1470, par exemple, de « très excellents docteurs en médecine, régens à Montpellier », le firent imprimer après l'avoir « corrigé et amendé ». Nous en avons à la Bibliothèque Nationale une rédaction de 1 301, avec « aucunes additions ' ». — Pour juger de la part d'invention de Rabelais dans la « diète » de Gargantua, il est intéressant de rappeler que quelques-uns • de ses préceptes appartiennent déjà à l'hygiène de Salerne et d'Arnauld de Mileneuve telle que nous la trouvons dans ce livre de 1301 -. ^

Ainsi, la sage prudence qu'observe Ponocrates lorsqu'il entreprend de changer « la vicieuse manière de vivre » de son élève, était une recommandation formelle du Regimen. « Pour les premiers jours, le toléra, considérant que nature n'endure mutations soudaines sans grande violence. » Cette « considération » de Ponocrates était un axiome médical de Salerne ; dans toute modification au régime, la temporisation est recommandée par le Rcgiincu, pour les raisons et presque dans les termes qu'énonce Rabelais : « Oiniiihus assuctain jubco scrvare dietain »... « Lorsqu'on veut changer et parmuer la diète, il ne faut pas le faire subitement, mais petit à petit, car toute mutation subite nuit grandement et par especial de choses accoutusmées en choses point accoutusmées. » Ailleurs: «... Les mutations subites blessent nature, coiwiwa dit Galien en la glose d'un anffbrisme. » Plus loin : « ... il ne convient pas muer les coutumes mauvaises subitement, mais de petit, car nature ne peut supporter mutations subites. »

« Après le repas, [Gargantua] s'escurait les dents avec un tron (tronçon) de lentisque. » Si le Reginwn ne spécifie pas de quelle matière doit être le curedent ', faute de connaître Martial, il

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