‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 110 sur 216 · Pline, XIX · texte numérisé non relu

Pline, XIX

4. Pline, Eod. loc, « Qiiod ad proceritaleiii qiiidciii atthiet, Rosea (eaniiahis) at^ri Sahiiii arhûruiii altititdinem a'qiiat. »

LES SCIENCES MEDICALES

de Pliiu-: celui-ci ne lui appixnait rien sur la situation de Rosea, et la mention du voisinage de Préneste (près Pmicslc) vient de quelque commentateur. En outre, U cite lui-même Théopliraste à propos de Dendromalaché. — Ses observations personnelles dépassent d'ailleurs de beaucoup tout ce que les anciens lui enseignaient sur l'aspect et la nature du chanvre. A la précision de la description du tige, « ligneux, droit, friable, crénelé quelque peu en forme de colonnes légièrement striées », à l'abondance des détails sur la forme et la disposition des feuilles, on sent qu'il a lui-même observé, patiemment et méthodiquement, la plante des « chcnevreaux », si communs dans les provinces de l'Ouest, et qui étaient cultivés sur les terres de safamille '.

Si l'on compare les détails de cette description à ceux d'une description analogue, celle du « chanvre ou cliennevis » dans L'hystoirc des piaules de Léonard Fouscli, on constate que Rabelais suit d'abord la méthode des botanistes de l'époque. Il décrit par des comparaisons avec des végétaux, non du même genre, mais de formes semblables. Il indique les plantes dont les tiges sont analogues à celle du chanvre: smyrnium, olus atrum, fèves et gentiane. — « La figure (des feuilles) peu est différente des feuilles de fresne et d'aigremoine. » C'est ainsi que Fousch en donnait l'idée : « Le chanvre cultivé porte les feuilles semblables au Fresne. » « Les feuilles de Eupatoire sont... semblables aux feuilles de quintefeuille ou de chanvre, noirâtres et déchiquetées par les bords comme une scie -. » Mais les termes de comparaison sont toujours beaucoup plus nombreux ^hez Rabelais : il n'oublie aucune des plantes présentant quelque analogie avec le chanvre et il prodigue les rapprochements, capables de préciser l'aspect de telle ou telle partie : les feuilles sont « incisées autour comme une faucille,... finissantes en pointes de sarisse Macédonique et comme une lancette dont usent les chirurgiens ».

Le détail pittoresque et l'image nette sont du goût de Rabelais; ici, ces qualités d'imagination étaient plus particulièrement à leur place. Elles étaient nécessaires pour donner au morceau .son caractère. N'oublions pas, en effet, que Rabelais nous décrit le chanvre sous le nom de Pantagruélion et que sa description

1. Cf. A. Lefranc, Rvv. El. Rah. (1903). Paiiltii;nictioii <•/ Chawi-iriiiix.

Page 1