‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 128 sur 216 · Cf. Dejfence et Ilhistralioii... Ed. Ch.miard, page · texte numérisé non relu

Cf. Dejfence et Ilhistralioii... Ed. Ch.miard, page

imite chez Lucien plutôt que la finesse. Dans tous les casque nous avons examinés, nous avons vu que les thèmes traités sobrement chez Lucien se développent et s'amplifient au caprice d'une verve très différente de celle du modèle grec par son caractère réaliste et pittoresque. L'iiillucnce de Lucien sur la forme même de la plaisanterie rabelaisienne semble peu appréciable.

A i Macrok.

Une tradition déjà ancienne recommandait Macrobe à l'étude de tous les Humanistes, au xvi'^ siècle. Le Commentaire sur le Soiii^e lie Scipioii ùvïa un des traités d'astronomie les plus précieux que le Moyen-At^e eut reçus de l'antiquité classique. C'est une des sources du Roman lie la Rose '. Au w'^ siècle, Mllon cite Macrobe comme un docteur en sagesse :

Tire toy près [des vieilles] et ne te hobes

Tu trouveras là que Macrobes

Oncques ne fit tels jugements. {Testament, \. 1547).

Peut-être tait-il allusion aux Saturnales si riches en renseignements sur la vie religieuse, les traditions et la vie privée des anciens. — C'est par ce caractère documentaire que Macrobe intéressa les Humanistes de la Renaissance. Les éditions des œuvres complètes et les éditions partielles abondent. A Paris, en 1)15 Jt). Privius donne un Macrobe complet : Maerohius Inleger. (Josse Bade). En 1524, nouvelle édition chez Josse Bade. A Bàle, autre édition en 1 5 5 > (Hervag). A Lyon, de 1522 à 1542 Sébastien Grvphe n'en publie pas moins de cinq éditions.

Les Saturnales par la singularité des questions qu'elles examinent, par la variété des documents qu'elles fournissent sur la vie antique devaient intéresser Rabelais. Il leur fait de nombreux emprunts :

GtirgiiNlihi, 3. Le mot de u Julie, fille de l'empereur Oct.ivian », est dans les SciliiiiJiitfs, II, 5. — Dans le même passage se trouve le mot de Populie cité à la fin du chapitre 3, m. L. i, p. 18.

Tiers Livre, 3, M. L. 11, p. 27. La <> chaîne Homericque » est mentionnée

1. Cf. E. Langlois. Origines et sources du roiimit de lu Rose, Paris, 1891.

J.iiis M.Krobc, In Soiiiiiitim 5ivy'/(V//.(, I, 14. — Par le nicnie chapitre du traité de Macrobe, Rabelais pouvait connaître les idées du philosophe Petron, dont il parle au même passage : prenez u le 78^... monde de Petron. » Par le même chapitre encore, le « firmament dit aplane » dont il parle au début du l'Aiita- ^ iiii-l.

Tiers Livre, 2, M. i . 11, p. 24. La liste des lois « cœnaires et soniptuaires « est empruntée à Macrobe, Siiliini., i, 17, ainsi que (ibiil.) l'origine et le sensdu mot Protervie, Saliini., u, 2.

Tiers Livre, 3, M. L. 11, p. 28. « Mercure plus ne sera leur Camille, comme en langue Hétrusque estoit nommé, n Siitiirnales, m, 8. « Statius TuUianus de vocahulis rerum libro primo ait dixisse Callimachum, Thuscos Camillum appellare Mercurium, quo vocabulo significavit prceniinistrum deorum. »

Tiers Livre, 13. Le développement sur les deux portes des songes, de corne et d'ivoire, est emprunté au Soige Je Siipicii, 1, 3.

'Tiers Livre, 16, M. L. Il, p. 84. Panurge appelle les vieilles « Mouettes comme la Juno des Romains. " Ce surnom de Juiion est rapporté dans Macrobe, Siiluni.. I, 12 (p. 128, Ed. Canierariub, B.ile, 1)3))-

Tiers Livre, 18, .\i. l. 11, p. 92. " Les deu.x Palices. » L'origine de ces deux personnages est expliquée par Macrobe, Sattini., j, 19. La nvmphe Thalie tut cachée par Jupiter dans le sein de la Terre, jusqu'au jour où son enfantement étant proche, la terre s'entr'ouvrit et elle accoucha. Les Palices ont donc eu urfe double naissance.

77iv,( Livre, 19. i< Pourtant lent Apollo dieu de vaticination surnommé .Voïii;. « Macrobe, Siiliini., i, 17, cherche à expliquer ce surnom. Il en propose trois interprétations, mais ne mentionne pas celle que donne ici Rabelais.

Ouiirt Livre. A Mgr Odet, M. L. il, p. 248. La parole de Julie à « Octavian Auguste son père » est rapportée dans les Satiiniales, 11, ;.

Ccnsoriuits. A la suite des auvres de Macrobe, nous trouvons dans presque toutes les éditions du xvi'= siècle l'ouvrage de Censorinus, obscur grammairien du i\" siècle, sur le Dics Nnlalis. Rabelais le connaît et le cite parmi les auteurs qui ont parlé de l'enfantement au onzième mois. Gar:^., 3, m. 1.. 1, p. 17.

Martial.

Nous relevons trois emprunts à Martial dans l'œuvre de Rabelais :

Giiri'aiiltHi, 23. « S'ecourait les dens avecques un trou deLentisce. » Martial, Ep. XIV, 22. Deiilisùilpiiiiii.

Lentiscuni melius ; sed si tibi frondea cuspis Defuerit, dentés penna levare potest.

2i6 l'humanisme

'l'iers Litre, 25, m. l. m, p. 12 (. (■ L'n vrai Glus de Mnrtial. » Martini a écrit contre un brouillon, au nom de Olus, une épigramnie, vu, 10.

Tiers Livre, 26, M. i.. 11. p. 151. I.éandre, de Abvde en Asie, est un souvenir de Mnrtial. De Sjurliiiiilis, épi};. 25.

(àim peteret dulcis audax Leandrus aniores Ht fessus tumidis jam premeretur aquis ; Sic miser instantes affatus dicitur undas ; Parcite, dum propero ; mergite, duni redeo.

M art 'ht uns Ciipclla.

L'auteur cki Dr Xiipliis pl}ilolo.;iœ cl Mcrciirii qui avait joui d'une grande faveur au nioyen-age commençait à être délaissé au début du x\ !"■ siècle. Kabelais le cite une fois, Oiiarl Livre, 27, à propos de la durée de la vie des Hamadryades, probablement d'après un intermédiaire.

Nicaudrc.

Nicandre est cité quatre fois dans Rabelais :

I, 23, parmi les livres apportés à la table de Gargantua ;

m, 25... Kicander la ile tamaris) nomme divinatrice;

IV, 24... Scolopendre. Serpent a\ant cent pieds comme le décrit le sage ancien Nicander (r/jc/vura, 812);

IV, 62. I .\ propos de l'aymant) découvert en Phrvgie, par un nommé Magnes, «comme atteste Nicander » (d'après Pline. H. \. 56, 16).

Nicandre été traduit en latin par Leonicenus. Nicaiidri Thcr'taca et Ah'xiplmniitu'ii ciiin scboliis interprète Johannc Leomccno. Cologne. Soter. 1531. Il était exploité par tous les ouvrages des naturalistes.

La vertu divinatrice du tamaris est mentionnée, d'après Nicandre, dans H. Corneille Agrippa, à propos de la divination et par C;vlius Rhodiginus, Lectiotics anticjtuv, w , 29. - L'origine de l'aimant, découvert par Magnes, est également dans Pline. H. N. 36. 16.

/j Ovide.

On trouve chez Rabelais quelques réminiscences des Métamorphoses :

yVi'j.ï I.iiii', 15, M. I.. II, p. 70. Morplicus, Icclou, Phantasus et Pliobetor lii^iircm dans les Mélaiiiorphpsi's, xi, 633, sq. Mais Rabelais cite iiicxactemcm ; il l'ait dlcelon et de Phobetor deux personnages, alors qu'ils ne sont que deux noms dillérents d'une seule divinité :

« Hune Icelon superi, mortale Phobetora vulgus « Nominat. »

Oiiiirt Livre, 33, M. L. 11, p. 387. « Vous doibvez paour avoir de Pyrceis, Heous, ,Kthon, Phlégon, célèbres chevaux du soleil llammivomes, qui rendent l'eu par les narines. »

Ovide. Miiii, 11, 153-155.

M Interea volucres Pvrœis, Eous et ^ïtlion Solis equi, quartusque Phlegon hinnitibus auras Flamniiteris coniplent, pedibu.sque repagula puisant. » Oiiait Livif, 55, .M. L. 11, p. 465. La tète et la Ivre d'Orphée voguant et se lamentant sur l'Hébre et la mer, sont décrites par Ovide. Meta, xi, 50.

Tiers Livre, 50. L'anecdote de Lyncus, roi de Scvthie, qui voulut tuer Triptoléme pour lui ravir l'honneur de la découverte du Iroment, est tirée des Melii, V, 642.

Les emprunts aux Fastes sont plus nombreux : ils sont particulièrement fréquents dans les derniers chapitres du Tiers Livre et les premiers du Quart Livre :

Tiers Livre, 17. L'histoire de Hireus ou Œnopion forgé par les dieux Jt'pitcr, Neptune et Mercure, est racontée dans les Fastes, v, 499.

Tiers Livre, 49. « Les fériés des pescheurs », M. L. 11, p. 228, sont mentionnées dans les Fastes, vi, 247-250.

Le Quart Livre s'ouvre sur un emprunt aux Fastes : « On mois de juin, au jour des Festes Vestales... » Rabelais date l'appareillage de l'expédition de Pantagruel d'après les Fastes du Calendrier romain. Fastes, \i, 460-466. Il emprunte à Ovide avec la mention des Vestalia, celles de la victoire de Brutus et de la défaite de Crassus. L'épithète « avaricieux » n'a pas de terme correspondant dans le texte latin ; mais la convoitise de Crassus était bien connue.

Oiiiirt Livre, 9. L'anecdote du dévoùment des Fabiens est tirée des Fastes, II, 192-245. Rabelais \- trouvait toutes les circonstances qu'il mentionne dans sa première rédaction de 1548 : 13 février, porte Carmentale, voie Scélérate, Veientes Hétrusques.

\oiiveaii Piotogiie, M. L. Il, p. 262. Le 'l'ubilustre est une fête mentionnée par Ovide. Fastes, v.

Eod. toc, p. 264. Les ides de may étaient le jour de la naissance de Mercure comme nous l'apprennent les Fastes, v, 671.

Le nombre de ces emprunts aux Fastes s'explique par l'intérêt que présentait pour un auteur d'Alinanachs les Calendriers Antiques. Rabelais l'avait étudié et sans doute il avait sous les yeux, au moment où il rédigeait le Tiers et le Quart Livres, une de ces tables de concordance des calendriers anciens modernes,

2i8 l'humanisme

quu nous tiouvons à la suite des éditions des Fastes du xw" siècle. (Cf. l'édition de Simon de Collines, l).|i, et celle de Lyon, Geoffroy et Marcel Jk-renger, 1547.)

Au Tiers Livre, 31, nous avons une réminiscence des ^fwW/Vj Aiiioris, V, 161 : « Quand l'on demandait à 0\ ide quelle cause fut par quoy i'îit^isthus de\int adultère, rien plus ne répondait sinon parce qu'il était ocicux. »

Piiiistviias.

Les Moiiiaihiils de Pausanias sont im des ouvrages où .se délecte le vieux Gargantua, Panlag., 8. — Les Humanistes de la Renaisgance goûtaient ce livre pour les documents qu'il leur donnait sur la géographie et l'histoire religieuse de la Grèce. — \'ers 1498, Domitius Calderinus donne une traduction latine du premier livre, l'Allique. — Pausanias Historiens. Doiiiilitis Cahieriiiuis e Graro traduxil. Altieœ deseriplio.

Aide Manuce publie en 15 16 le texte des œuvres complètes par les soins de Marc Musurus. Paiisanix eovnnentarii Grœeiain deserilviites. Hoc est, Allicain, Corinthiaeaiii, Lacoiiicam, Messeniaeam, Eleaiii, Achaïcani, Areadieain, Bwoliain, Phcceiiseinqiie regioiieni.

En 1541, édition d'une traduction latine de D. Calderinus à B.ile, comprenant les deux premiers livres seulement.

En 1547 parait à Rome et à B.ile la traduction latine des œuvres complètes par Roiinilo Aiiuiseo. Elle est rééditée à Florence en 1551.

Rabelais cite Pausanias une fois dans le Tiers Livre, chap. XXXI, à propos de Priape, dont les Lampsaciens, au rapport de Pausanias, font un fils de Bacchus et de \'énus (Livre IX, chap. XXX i), et deux fois au Quart Livre : chap. xx — « les Cabires... tant célébrés par... Pausanias. «

Chap. xx\ii, à propos de la durée de la vie des Hamadryades « Pausanias in Phoci. » (Livre X, chap. xxxii.)

D'autres curiosités d'érudition viennent directement ou indirectement des œuvres de Pausanias.

Tiers Livre, 1 3. u Si en Laconie jY-t.iis dcd.ins le temple Je Ino entre Œtvle et Tlulames... »

Ciceron parle Je ce temple J'Ino : De Divin., 1, 96, et après lui H. C.

l'humanisme 219

Agrippa. De occ. pliil., m, 51, mais sans donner les noms de ces deux localités, Œtyle et Thalanies, qui sont mentionnées dans Pausanias, m, 26.

Qtuut Livre, ^9, M. L. 11, p. 441. u En Acropolis de Athènes jadis tomba du ciel empiré la statue de Minerve... » — Pausanias, Attiqiie, 26, 7. ït,!j.t, Sa i;

Oïdiil Livre, 50. « Ç'estait ouvrage tel que les faisait Daedalus. Encore qu'elle fut contrefaicte et mal traicte, v estoit toutesfois latente et occulte quelque « divine énergie... » Pausanias dit (11, 4) de ces statues de Dédale : (( i'ozojTîSa 'xiw Itz'.'j I; tt,v ôt^:v, £7:'.7:osTsi oà StjLt)); Ti xal Ivôsov TO".iTO'.;. » « Latente et occulte >i ne traduisent pas exactement zr.iT.^t-z:. mais sont en rapport avec l'idée générale du passage.

Quart Livre, 61. Le miracle de " la fontaine .^grie » est rapporté dans Pausanias, Arciidiiii, qui nomme la fontaine non Agrie, mais Agno. Rabelais cite d'après Leonicus, De J'ar. Hiil., i, 67 : « De fonte qui Agria; vocabatur. »

Quart Livre, 65. <> Les Amvcléens nomment Bacchus Psila, etc. » Lacciiica, 19, 6. a ... A'.ôvuïjv. DoQÔTa-a i'j.0'. ooxsTv '^fX^ya, i— '>vo;j.à^ovTs; • '^îXa vàp ■/aXfjÛT'.v ûî Awp'.tï; -à TTSoi, àv6&tô— o--»; oè oîvo; izaisEï zz /a: iv3xo*j'f!r='. y'^waT.v O'Josv T'. î.Tîov T, opvifla; — -£pà. •»

Quart Livre, 62, M. t.. 11, p. 490. Le temple de Juno enSamosest mentionné dans Pausanias, vu, 4, qui rapporte qu'il fut construit par les Argonautes. Leonicus, De ]\ir. Hist., 11, 73, transcrit ce renseignement du texte de Pausanias.

Perse.

La grande édition de Perse à 1 époque de Rabelais était celle de Josse Bade, 1523. Atdi FJacci Persil Satvrici ingeiiiosissiiiii et doctissiini Satyrx niiii quiiiqne coiiunentariis et eoniin indice amplissiiiw ac salyrarum argumentis.

Rabelais n'a emprunté à ce poète que l'idée de l'apothéose de « Messer Gastere premier maistrees arts du monde ». Quart Livre, 57. «La sentence du Satyricque est vraye, qui dict Messer Gaster estre de tous ars le maistre. »

Perse, Prologue, v. 8 et sq.

« Quis expedivit piittacc suum yi'.fz.

Picasque docuit l'erhi tialra conari ?

Mai^isler artis iugeuique largitor, l'euter, iiegalas artifex sequi voces, duod si dolosi spes refulserit nummi, Corvos poêlas et poetrias picas Cantare credas Pegaseium nectar.

Certaine partie du développement du chap. 57, m. l. il, p. 471, s'inspire des détails que nous avons soulignés : « Mesme es ani-

inaiis brutaulx il apprciit ars desmces de Nature. Les Corbeanlx, IcsCays, les Papeguays... il rend poètes : Les Pics Wfaktpoél rides et leurs aprcnt languaige kuinniu proférer, parler, chanter. »

PhiJosIrale.

Phik)strate n'est cité nulle part dans le roman de Rabelais; mais Apollonius de Tvane, dont il avait écrit la vie, y est mentionné plusieurs fois.

I'iiiil(ii;riicl, ifi. Les pérégrinations d' « Apolonius Tvaneus » résumées ici, sont longuement racontées au 11' livre de Philostrate.

Tien Livre, Prologue. « Celle femme sacrée à Vénus Indique, l.iquelle fut reconnue du pliilosoplie Tvanien. »

Philostrate, 5, 5, nous raconte en effet, qu'Apollonius rencontra dans les Indes une femme dont la tète et le buste étaient blancs et le reste du corps noir : 'EvraOBa xai yjvaîw (pulv îVTET-j/T.xsvai. -àusv èvt xc'f a/.f,; ï- ax^oùî ijiéAava, Ti 'À iv. 'XTi'ioi i- T.i'.x; 'i.vjy.i -ivTi... Il l'aborda et apprit qu'elle était consacrée à l'Aphrodite Indienne. — « En compartiment de latitude par le diaphragme », est une transposition de la définition du texte, dans la langue médicale familière à Rabelais.

— Tiers Livre, >. 1 La peste telle) » que la trouva le philosophe Tvanien dedans Ephese. »

Philostrate, 4, 4-10, raconte que la peste s'étant répandue dans Ephèse, les li.ibitants mandèrent Apollonius, pour faire Loffice de médecin. Celui-ci les rassembla autour d'un vieillard en haillons et les invita à le lapider. Ils refusèrent, étonnés. Puis, sur ses instances, ils l'écrasèrent sous un monceau de pierres. Et lorsque sur l'ordre d'.\pollonius, ou eut écarté ces pierres accumulées, on découvrit à la place du vieillard un chien enragé, de la taille d'un lion.

— Tiers Livre, 18. « Il est René... comme feut Proteus, une fois de Tiiélis et secondement de la mère du philosophe Apollonius. »

Philostrate, i, 4, rapporte que la mère d'Apollonius étant enceinte, eut une vision : un dieu lui apparut. Elle lui demanda qui elle mettrait au monde, ri i-ox-j/,3oi; il répondit : Moi et se nomma : Protée, le dieu Egvptien. (Il n'est pas question dans ce passage de la première naissance de Protée, ni de sa première mère : Téthys).

Tiers Livre, 15, M. L. n, p. 68. Les préceptes « d'.\mphiaraùs, vaticinateur antique », sont rapportés dans Philostrate, Vie d'Apoiloiiiiis, 11, 57.

Tiers Livre, 25, M. L. n, p, 126. « Ressusciter un mort.., comme feist .Apollonius de Tvane envers .\chilles. » Le fait est raconté dans la Vie iVA[>oiloiiins, IV, 16.

Tiers Livre, Prologue, m. l. h, p. 15. « Tel était le brevaige contenu dedans la couppe de Tantalus représenté par figure entre les saiges Bracmanes. » Vie (rApolloiiiiis, m, 25 et 32. .c il>;:>,f,v ts too'jzwev [i-j TavTiVvj ii-ïXjii] i-ni

/o'ÔTav £v: o'.'ywvT'.. iv tF, ïTiÀjt-'jia ixi';yA3[l£v ixT.pi^O'j "ojazto;. 0'J/ i— ep^X'j^ov Tf,;

Rabelais cnipruntc-t-il directement toutes ces particularités de la vie d'Apollonius au texte même de Philostrate ? — L'ouvrage était beaucoup lu au xvi' siècle. L'apologétique chrétienne s'était occupée du philosophe thaumaturge. Il en est question souvent dans Eusèbe (Pra-paratio EvivigcIica),'Lictance, etc. En outre, les auteurs de compilations érudites et de traités de sciences occultes avaient exploité Philostrate. La rencontre d'Apollonius avec la peste à Ephèse est traduite en latin dans Fulgose (l.8,) ; la plupart des prodiges accomplis par le philosophe Tyanien sont mentionnés dans le De Occulta philosopbia de H. C. Agrippa.

PIxtriiiilits.

Garg. Prologue, m. l. i, p. 6. Rabelais lait allusion par ces « allégories » tirées de l'Iliade et de l'Odyssée au De Natiira Deormn de Phornutus. On le trouve imprimé à la suite des œuvres d'Esope dans 1 édition Aldine de 1505.

Heraclides Poulkq.

Cet auteur, cité dans le même passage du Gargantua, avait écrit un traité De AUegcriis apiid Homeniin, imprimé lui aussi à la suite de l'édition Aldine d'Esope, 1505.

Powpouiiis Mêla.

L'anecdote des Indiens « qui navigèrent en Germanie » est rapportée par Pomponius Mêla dans le De Situ Orbis, m. 5. — De Situ Orbis (Joachim \'adianus), Paris, 1530.

Platon.

Platon, « prince des philosophes » ', est un des écrivains anciens pour lesquels Rabelais manifeste le plus volontiers son

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