Quurl Livre, 26, M. L. u, p
3. Tiers Livre, 26. Cette anecdote est contée dans le traite de Plutarque Sur Ici face qui opparail diiiis l'orle de la lune.
4. Sur Guillaume Bigot, voir V. L. Bourrillv, Giiiltaiitiie du Bi-llay, seigneur de LiVigey, p. 322.
LHUMAN'ISME 245
CbristiaihT philosophix pra-ludiiini. (Pars iv% p. 442)'. — Nous rexicndrons plus tard sur la traduction de ce fragment de Plutarque par Rabelais.
Rabelais a donc exploré tous les Moraulx de Plutarque. Il a étudié non seulement les dissertations morales proprement dites, mais les recueils de curiosités physiques et morales, les traités consacrés à des questions d'histoire religieuse et.les collections de sentences ou d'opinions. Aucun écrivain ancien ne lui a fourni plus de matière pour son roman. Plutarque est, avec Lucien, ' l'auteur grec auquel il doit le plus non seulement de détails d'érudition, mais d'éléments artistiques proprement dits : thèmes de descriptions ou de narrations, images et comparaisons.
PolhiK.
L'Oiioiiiasliav! de Pollux fut beaucoup pratiqué au xvi'-' siècle.
L'édition princeps est de 1502, \'enise, Aide Manuce. Il y en eut une édition en 1520 à Florence. En 1536, Gryna.'us en publia une autre à Bâle.
En 1541, paraît à Bàle la première traduction latine de l'Onomasticon : Jiilii Polliicis Omvnasiicon, hoc est instritciissimum rentm et synonyiiioniiii Dictioiiariiiiii, iiuiic prininm latiiiitate donalmn, Rodolpho Giialtik'iv Tigiirino interprète. — (Bâle, Robert Winter.)
C'est peut-être à Pollux, Livre V. chap. 5, que Rabelais a emprunté l'anecdote du chien et du renard fées (N. Prologue du Quart Livre). Pourtant Pollux ne dit point que le renard de Teumesse appartenait à Bacchus ; si cette attribiuion n'est pas une invention de Rabelais, j'ignore où il a pris ce détail.
Pollux est cité parmi les auteurs lus ou consultés à la table de Gargantua, Garg. 23, m. l. i., p. 87.
Polydore Vcrgik.
Polydore \'ergile avait publié avant Erasme (en 1498) un recueil d'Adages, réédité en 15 13 (Paris, Guillaume le Rouge) et
I. Ctirislîdtix j'iiitoiopliix Piivliutiiiiii tih. IV, opiis iiiiii ationim tum liotinnis suhstantiaiii tuciilcnlis exproiiiens exciiiplis cl rationihiis. Gutictmo Bigotio Liivatensi Autore. Toulouse, Guidon Boudeville, 154S (Privilège de 15-I9).
246 l'humanisme
en 1521 (lî.'ilc, l'robcn). Rabelais lui a-t-il fait des emprunts? Evidemment, il pratiquait plutôt le Recueil d'Erasme. — Peutêtre a-t-il utilisé aussi YAdagionim liber de Polydore Vergile. Au Qiiaii Livre, 16, fin, il cite «l'or de Tholose » et le « cheval Seian », fâcheux pour ceux qui les possédèrent. M. Delaruelle remarque que ces deux anecdotes étaient racontées par Erasme dans deux Adages placés l'un après l'autre dans son recueil. Elles se trouvaient également racontées dans les Adages 16 et 15 de Polydore Vergile. En outre, la référence au livre de Justin donnée par la Briefve Déclaration, et qui manque chez Erasme, se trouve chez Polydore \trg\\{:,AJai;e 16.
Polydore Vergile publia un autre ouvrage d'érudition : De Invcntorihns reniin, 15 13, Paris, G. Le Rouge. - 1521, Bàle, Froben. — 1528, Paris, Robert Estienne. — C'est une nomenclature très sèche des diverses inventions, et des noms des inventeurs, suivis de l'indication des autorités, rarement accompagnées de références précises. Rien dans l'reuvre de Rabelais ne permet de dire qu'il a mis cet ouvrage à contribution.
Qiiinlilien.
Gargantua, 23. La pratique de Timotliée qui demandait double salaire i ceux qui avaient été instruits sous autres musiciens est rapportée par Quintilien. Iiist. Oral., 11, 3. « Propter quod Timotheuni clarum in arte tibiarum ferunt duplices ab iis quos alius instituissct, solitum exigere merccdes, quani si rudes tradcrentur. » Rabelais pouvait la connaître par Alexanderab .\lexandro, Géniales Dies, i, 25, et par G. Budé, Aunolationes, p. 474.
— Pantagruel, 8. « Premièrement (il faut apprendre) la langue Grecque, comme le veult Qiiintilian. »
hist. Orat., i, i. « A gr;eco sermone puerum incipere malo. »
— Pantagruel, lo. Quintilian est cité parmi les auteurs d'une Latinité particulièrement élégante et " aornée. »
Oiiiiile Calahrois.
Quart Livre, 2, m. l. ii, p. 244 « sa mort (d'Achille) et exeques descriptz par... Quinte Calabrois. » C'est Quintus de Smyrne, poète grec du iv siècle après J.-C, dont les œuvres découvertes par Bessarion à Otrante en Calabre, en 1450, furent éditées par
Aide Manucc, en 1505 : Ta uiO' "();jLy,pov. 11 raconte laguerrede Troie, depuis la mort d'Hector jusqu'à la ruine de cette ville. Il était goûté de certains Hellénistes. Lascaris l'appelait « Homerissimus ».
Rdvisiiis Ttwior.
L'ouvrage de Tissier de Ravisi : Joainiis Ravisii Texloris Niverih'iisis OffifiiKi, pavtiin historiis, paitini pocticis refcrta discipliiiis, eut une première édition à Bàle, en 1503 ; à Paris, Regnault Chaudière en publia une seconde édition en 1520, et une autre en 1532. — ■ C'est essentiellement un recueil d'exemples, de singularités, coUigés dans les écrivains anciens et les érudits du xvi" siècle, particulièrement dans les recueils de Petrus Crinitus et de Cœlius Rhodiginus. Les énumérations d'exemples ne sont accompagnées d'aucun commentaire : RavisiusTextorse borne à alléguer brièvement ses auteurs.
Chaque chapitre est subdivisé. Le premier : Morini divcrùs casihiis comprendra : Mortiii siti et faïue, Conibusti, Moiiiii siispendio et cnice, Mortiii gaiidio et risii. Chaque subdivision commence par un catalogue de noms ; chacun de ces noms est repris ensuite, accompagné de quelques mots d'explications, avec références aux auteurs anciens et modernes. Le premier chapitre n'énumère pas moins de 171 morts singulières.
Outre ces « exemples » qui sont des anecdotes très brièvement résumées, YOfficuia de 1532 contient de pures nomenclatures: le Conmcopiw Ubelhis, catalogue alphabétique des lieux fameux par leurs productions :
Ex. Auro Hispania, Iberia, Celtiberia, Tolosa, etc.
.ïere Themese, Corinthus, Carystos, Dodona, etc. un catalogue alphabétique de toutes les herbes : Herhanini diversa ihvnina, simple énumération sans commentaire, ni références, un catalogue des inventeurs, etc.
Voici les principaux emprunts de Rabelais à cette compilation :
Gargantua, 10. Quart Livre, 17. Pour ses listes de morts étranges, Rabelais trouvait dans YOfficina, Mortiii diversis casihus : Chilon, Sophocle, Denys de Sicile, la mère qui mourut de joie en retrouvant son fils après la bataille de Cannes, M. Juventius Talva, Polvcrata, que Rabelais nomme Potycrale, sans se reporter à Aulu-Gelle, qui donne Potycrita.
248 l'humanisme
l'iiiil,it;iiicl, I. Tous les noms de géants anciens dans la généalogie de Pantagruel sont empruntés i VOfficiua : Gii;iiiiliim giioniiiijiiin iioiiiiiiii et nlioniiii iiiiisilaix iiiagtiiliiilinis lioiiiiiiiiiii.
Tiers Livre, 12. Allusion à Cambles, roi des Lsdiens. Ojjiciiiti. Qui !e ccddentiil, n» 105. Anecdote de Cambles, rapportée d'après Ca;lius Rhodiginus.
50. Développement tiré de la botanique. Ojjiciiia. Herhiriini diiersa noiiiiiui.
51. Victimes du Pantagruélion : Phyllis, Lycambe, etc. Officina. Moriui suspeiidio.
Oiittrl Livre, 38. Erichtonius, inventeur des coches. Officiua. Inventores diver- Siiruiii reniiii.
34. Cas singuliers d'adresse. Officina. Sagitlarii et jaculatores périt issinii.
64. Nomenclature des serpents. Officina. Nomenclature des serpents. Serpeutoniiii qiioruiiidam iiomina (39 noms. Rabelais a une liste deux fois plus longue.)
26. M. L. II, p. 369. Hérode, Sylla, Pherecydes, .Mcman morts de Phthiriasis sont énumérés avec dix autres personnages parmi les Mcrtiii tiiorbo pedicuhiri, f. 31.
Cœlius Rhodiginus.
Louis Riccliieii de Ro\igo, dit Cœliu.s Rhodiginus (1450- 1525) est l'auteur des Leclioiiiim antiqiianim Jihii triginla, l'ouvrage qui servit de modèle à la plupart des compilateurs du xvi'= siècle. Dans le cadre d'une courte dissertation sur une question quelconque, il accumule exemples, citations et références, extraits des littératures antiques. Cette compilation eut un grand succès. L'édition princeps parut à Venise en 15 16, et fut rééditée cinq fois jusqu'à la mort de Rabelais.
Les emprunts qu'il lui a faits sont nombreux : l'anecdote de Jacobe Rhodigine (Quart Livre, 58J est traduite du Rhodigin, Aiit. Lect., viii, 10. — Dans le même chapitre, les références alléguées, M. L. II, p. 473, à propos des Engastrimythes : Aristophane, Platon, Plutarque, on livre de la Cessation des Oracles, les Saincts Decretz, (cause 26, question 3), Sophocle, se trouvent au même chapitre des Laiioiics Julie/, (viii, 10). Rabelais n'y a ajouté que la mention d'Hippocrate. Hpid. 5.
Tiers Livre, 29, m. l. ii, p. i.)4. La « tétrade Pythagoricque » peut être empruntée à Cœlius Rhodiginus, xxii, 9.
Tiers Livre, 44, M. L. Il, p. 209. La critique de Tribuuiau se trouve dans les Lect. Aniiq., xxil, 20.
Tiers Livre, 51, M. L. Il, p. 236. <i Les Lsiaques revêtus de lin. .1 Lccl. .4iiliq., v, 12.
Tiers Litre, 52, M. L. il, p. 24;. C.x-sar dev.int Larignum, d'après Vitnive. Lect. Aiitiq., x, 10.
Pour donner une idée des ressources que Rabelais trouvait dans les Leclioncs Autiqnœ, nous transcrivons ici les titres des chapitres du XIV" livre, où il est traité de la divination soinniale qui fait l'objet des chap. xin et xiv du Tiers Livre.
Chap. 40. Cur aaimamibus somnia sint data. Item somniandi causic. Qux somnia liceat conjectare.
42. Afflationum species. Qui afRatorum status, dua; ad somniaudi ratioucm requirantur. Somnii laus etiam per exempla. Cur somnia matutina veriora.
45. Somniorum divinatio an sit, ex Aristotele. Itemque, an a Deo mittantur somnia.
44. Quam dixerit somniorum rationem Democritus. De motionibus soniniantium ex Arist. eodem. Item cur fatui pra;cipue motionibus excitentur.