‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 140 sur 216 · Panlagruel · texte numérisé non relu

Panlagruel

l'humanisme 261

de Didon ', au « rameau d'or - », à la « tempête » de Y Enéide '. Mais la plupart des citations textuelles ànVIUade, de V Odyssée et de Y Enéide que nous trouvons dans son livre ont été empruntées à des ouvrages d'érudition anciens ou modernes. Elles sont entrées dans la rédaction de son roman pour un trait de moeurs antiques ', pour un détail sur la mythologie >, pour une curiosité historique '', pour une expression pittoresque ', qu'elles avaient gravés dans sa mémoire. Elles ne sont point des indices d'un commerce mtime de Rabelais avec les poètes épiques anciens. Ceux-ci n'ont presque exercé aucune influence sur l'art de Rabelais : nous n'avons eu à signaler que deux imitations d'Homère, la longue comparaison du chap. 44 du Gargantua « Et comme vous voyez un àne..., etc. '^ » et les descriptions minutieuses des blessures des « navrés » dans les batailles du Gargantua.

Rabelais a moins de goût encore pour les tragiques grecs. Il ne connaît d'Eschyle que sa mort singulière. Il ne cite Sophocle et Euripide que d'après des ouvrages d'érudition moderne, comme Crelius Rhodiginus, ou d'après Plutarque, et encore fort rarement.

Les citations qu'il fait des comiques anciens ont une origine analogue. Il cite deux vers de Térence, qu'il connaît sans doute parles Adages d'Erasme. Sur six citations de Plaute, deux viennent des Adages, une d'Aulu-Gelle et sur les trois autres, une se trouve dans quelque ouvrage d'érudition que nous n'avons pu découvrir '\

Aristophane, lui-même, dont le génie est si semblable à celui de Rabelais, par sa verve bouffonne et la fantaisie de sa caricature, n'a exercé aucune influence sur rinvention du Gargantua et du

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