‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 143 sur 216 · Tiers Livre · texte numérisé non relu

Tiers Livre

l'himanisme 267

quand on compare les romans populaires, auxquels il le rattache, à tel chapitre de Garganliin, le troisième, par exemple (naissance au onzième mois) ou le dixième (les couleurs et livréedu Géant), on s'étonne de trouver dans un livre de la famille de Fesscpinthe et des Pois lin lard, une érudition à la fois si copieuse et si naïvement étalée, dans son appareil le plus pédantesque. On comprend que Rabelais, pour soutenir l'intérêt de son récit, ait recouru aux mille curiosités qu'il trouvait dans le trésor de son érudition antique : mais que, dans cette vulgarisation de son savoir d'Humaniste, il ait montré une telle prodigalité, surtout qu'il ait donné à ses citations une escorte de références, qu'il n'ait point hésité à insérer dans sa rédaction de pures énumérations de mots techniques ou de noms propres, voilà ce qui nous cause le plus de surprise dans ce roman populaire. La profusion et l'appareil pédantesque sont les deux caractères principaux de son érudition ; nous devons, avant tout, chercher à nous les expliquer.

La Profusion de son érudition. — L'érudition antique abonde dans presque tout son roman ; elle s'étale surtout dans le Tiers et le Onnrl Livres. Là, elle alimente non seulement les digressions du conteur, mais la plupart des épisodes de la fiction principale. Le Tiers Livre peut se diviser en quatre parties : louange des « debteurs et emprunteurs », « exploration du sort fatal » du mariage de Panurge, plaidoyer de Bridoye, éloge de Pantagruélion. Nous avons vu précédemment ' quelle place tient l'érudition dans le plaidoyer de Bridoye et l'éloge de Pantagruélion. Le discours sur les « Debteurs et Emprunteurs «contient des réminiscences de Caton, des Syniposiaca et surtout du De Vilmida nsura de Plutarque. Quant à la consultation sur le mariage de Panurge par les différentes formes de la divination, elle se compose d'un certain nombre de scènes comiques (Songe de Panurge, Nazdecabre, TribouUet, la sibvUe de Panzoust) encadrées entre des considérations, des expositions et des discours dont toute la matière est d'érudition. C'est l'érudition encore qui est tantôt la substance, et tantôt l'ornement, des dissertations de Rondibilis et du P. Hippothadée.

Dans le Quart Livre, l'érudition antique fournit la matière de

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